mercredi 20 février 2019

EILAND: EILAND (2018)

“EILAND is a solid surprise which will enchant your ears if you accept to travel among its many styles embroidered of complex links”
1 Eden: Ohrwurm 15:25
2 Into the Realms of Bodhicitta 4:16
3 Beyond Mind and Matter: A Spirit Odyssey 16:40

Wool-O-Disc | WED045 (CD/DDL 36:23)
(Art for Ears, Ambient, Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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I repeated it often since a few months; if you are an EM fan which refuses any bordering attachment, the invasion of the Belgian EM will fill your ears with happiness. EILAND is a trio consisted of Marcus Scheibmaier, Steve Slingeneyer and Bruno Coussée. It's to the latter that the organizers of the Full Moon Healing event have turned in 2016 to create an opening number for the performances of Gigi Masin and Laraaji. Bassist and guitarist who also plays a variety of other instruments, including the Mellotron and other synthesizers, Coussée contacts Marcus Scheibmaier, who is also a synthesizer and sequencer programmer, and the percussionist Steve Slingeneyer. He explains his musical vision of composing a sonic tale about the universe. Visual arts artist Lies Dierckx embarks on the project. His fresh vision brings a new dimension to the Coussée project. This is how EILAND was born. The four artists are working on the project that has fill the eyes and the ears of the spectators attending this Full Moon Healing. Given this success, the group decided to record the experience, both music and visual arts. This is how the album and the movie “EILAND” saw the light of day. It was not until nearly two years later that the music was taken by the Belgian label Wool-E Discs, which has become a breeding ground for local talent. The CD was released during a performance of the band at the famous B-Wave Festival of 2018. Festival which also included Pyramaxx, Erik Wollo and Michael Stearns. The show and the music were then dedicated to Patrick "Kosmos" Wille-De Wael. Audacious and constantly evolving in the different spheres of EM, the music of “EILAND” is sewn of complex links which makes it transit between good Berlin School, progressive rock ... very progressive, and drifting floating cosmic ambiences.
Lapping of water and waves roll like thunders in heavy rain. A brighter ray coming from a synth, like a sunbeam which tries to awaken a sleeping Earth. Bird chirps and piano notes which clink and resonate in an organic ambience, much like the music which rock the images of a forest awakened in documentaries of the BBC. You can hear Tibetan percussions tingling with more precision as "Eden: Ohrwurm" takes shape. A bass sculpts an upward movement which breathes and expires in a minimalist pattern. These bass chords echo at times. They amplify the tightrope walk of a music of ambiences which receives its first musical rays from the synths. Under these sound caresses, the rhythm is fluid and catchy. Exploring the sonic travels of Pink Floyd's pre-Meddle years with guitar chords which scatter among the anesthetic synth layers. The music increases in velocity, reaching a more intense dimension towards a finale whose rumblings lead to the explosion, that made me jump, of the percussions which opens "Into the Realms of Bodhicitta". A hoarse voice, which seems to hide behind a vocoder gnawed by radioactive resonances, recites an incantation that finds its fury in a musical intensity which gets more and more violent. Drums combine this intensity with arrangements of a synth whose sonic heresies flirt vigorously with the intonation of Coussée's voices. Spread out over 4 minutes! I found that annoying. In return, it is a very acceptable gateway for "Beyond Mind and Matter: A Spirit Odyssey" which is the highlight of this album. The sequencer and repetitive percussions loops pound on a mesmerizing rhythm which seduces even more with the reflections of oscillations which wave like waves in perpetual pulsations. This tide of oscillations is of an intensity which gives chills in the back. Percussions slam and the bass eats our emotions with a poise which directs the music towards a Funk and then a Jazz completely unreal. The synth multiplies its layers which are more harmonious here with an even more convincing sibylline vision. From Berlin School to Jazz, "Beyond Mind and Matter: A Spirit Odyssey" mixes the two genres perfectly up until the 10th minute when the cosmic elements attract the music towards an ambient area fed by musical, as well as mysterious, synth pads. One has this reflex to play again "Beyond Mind and Matter: A Spirit Odyssey"! And that's when we get became addicted to “EILAND”. A huge surprise that my eyes can not wait to meet!
Sylvain Lupari (February 20th, 2019) *****

synth&sequences.com
Available at Wool-E Discs' Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Je le répète souvent depuis quelques mois; si vous êtes un amateur de MÉ qui refuse tout attachement frontalier, l'invasion de la MÉ Belge vous emplira les oreilles de bonheur. EILAND est un trio composé de Marcus Scheibmaier, Steve Slingeneyer et Bruno Coussée. C'est vers ce dernier que les organisateurs du Full Moon Healing se sont tournés en 2016 afin de créer un numéro d'ouverture pour les prestations de Gigi Masin and Laraaji. Bassiste et guitariste de formation qui joue aussi une panoplie d'autres instruments, dont le Mellotron et autres synthétiseurs, Coussée contacte Marcus Scheibmaier, qui est aussi un synthésiste et programmateur de séquenceur, et le percussionniste Steve Slingeneyer. Par la suite, il explique sa vision musicale qui est de composer un conte sonique à propos de l'univers. L'artiste des arts visuels, Lies Dierckx embarque dans le projet. Sa vision plus fraîche apporte une nouvelle dimension au projet de Coussée. C'est de cette façon qu'EILAND nait. Les 4 artistes travaillent sur le projet qui en a mis plein les yeux et les oreilles aux spectateurs présents lors de ce Full Moon Healing. Devant ce succès, le groupe décidait d'enregistrer l'expérience, tant le côté musique que l'aspect arts visuels. C'est ainsi que l'album et le film “EILAND” voyaient le jour. Il a fallu attendre près de 2 ans avant que la musique soit endossée par le label Belge Wool-E Discs qui est devenu une véritable pépinière de talents. Le CD est apparu lors d'une prestation du groupe au fameux Festival B-Wave de 2018. Festival qui regroupait aussi Pyramaxx, Erik Wollo et Michael Stearns. Le spectacle et la musique fut alors dédiée à Patrick "Kosmos" Wille-De Wael. Audacieuse et en constante évolution dans les différentes sphères de la MÉ, la musique de “EILAND” est cousue de liens complexes qui la fait transiter entre du bon Berlin School, du rock progressif très…progressif et des ambiances cosmiques planantes.
Des clapotis d'eau et des vagues roulent comme des tonnerres sous une pluie forte. Un rayon plus lumineux émane d’un synthé, comme un rayon de soleil qui tente d'éveiller une Terre endormie. Des gazouillements d'oiseaux et des notes de piano qui tintent et résonnent dans une ambiance organique, un peu comme ces musiques qui bercent les images d'une forêt en éveil dans les documentaires de la BBC. On peut entendre des percussions tibétaines tinter avec plus de précision alors que "Eden: Ohrwurm" prend ses formes. Une basse sculpte un mouvement ascendant qui respire et expire dans un pattern minimaliste. Ces accords de basse résonnent par instants, amplifiant la marche funambule d'une musique d'ambiances qui reçoit ses premiers rayons musicaux des synthés. Sous ces caresses sonores, le rythme est fluide et entrainant. Explorant ainsi les voyages sonores de Pink Floyd, des années pré-Meddle avec des accords de guitare qui s'éparpillent parmi les nappes anesthésiantes des synthés. La musique augmente en vélocité, atteignant une dimension plus intense vers une finale dont les grondements conduisent à l'explosion, qui m'a fait sursauter, des percussions qui ouvre "Into the Realms of Bodhicitta". Une voix rauque, qui semble se cacher derrière un vocodeur rongé par des résonnances radioactives, récite une incantation qui trouve sa fureur dans une intensité musicale qui devient de plus en plus violente. Des percussions soudent cette intensité à des arrangements d'un synthé dont les hérésies soniques flirtent avec vigueur avec l'intonation de Coussée aux voix. Étalé sur plus de 4 minutes! J'ai trouvé ça agaçant. En contrepartie, c'est une porte d'entrée fort acceptable pour "Beyond Mind and Matter: A Spirit Odyssey" qui est le point fort de cet album. Le séquenceur et des boucles répétitives de percussions tambourinent une rythmique hypnotisante qui séduit encore plus avec des reflets d'oscillations qui ondulent comme ces ondes en perpétuelles pulsations. Cette marée d'oscillations est d'une intensité qui donne des frissons dans le dos. Des percussions claquent et la basse mange nos émotions avec un aplomb qui dirige la musique vers un Funk et puis un Jazz tout à fait irréel. Le synthé multiplie ses couches qui sont plus harmonieuses ici avec une vision sibylline encore plus convaincante. Du Berlin School au Jazz, "Beyond Mind and Matter: A Spirit Odyssey" mélange à merveille les deux genres jusqu'à la 10ième minute où les éléments cosmiques attirent la musique vers une zone ambiante nourrie par des nappes de synthé aussi musicales que mystérieuses. On a ce réflexe de rejouer "Beyond Mind and Matter: A Spirit Odyssey"! Et c'est à ce moment que l'on est devenu accro à “EILAND”. Une énorme surprise que mes yeux ont hâte de rencontrer!

Sylvain Lupari 20/02/19

mardi 19 février 2019

FORREST FANG: The Fata Morgana Dream (2019)

“Maybe his hardest to tame, but we just cannot resist to this vast array of instruments which in the end sculpts a journey into the wonderland of Forrest Fang”
1 The Mouth of the Sea 11:15
2 Matted Leaves 6:04
3 Night Procession 5:20
4 Her Fading Image 6:25
5 Lullaby for a Twin Moon 5:51
6 Remembrance Point 7:52
7 Dream of the Last Fisherman 11:34
8 To the End and Back 12:25

Projekt | PROJEKT 356 (CD/DDL 66:52)
(Folk & tribal ambient)
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  **Chronique en français plus bas**
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A dark wind, nibbled by sonic dust, rises and falls, like a waltz in two steps, to bring the introduction of "The Mouth of the Sea" to our ears. Beautiful orchestrations float there, as well as effects of rattlesnakes, bringing the winds towards the mouth of a Japanese harp. A brief festive speech follows in this Oriental tribal dance tune which is part of Forrest Fang's sonic perfumes. Multilayers of winds and drones, supported by dark voices, embrace the Koto fever, enclosing the ambiances in an ambient tumult that will even exceed the borders of "Matted Leaves". “The Fata Morgana Dream” is, and this by far, the darkest and least accessible album that the Sino-American artist has produced since I discovered his universe in 2011 with the album Unbound. Which is saying a lot! The music is darker and less melodic, except for "Lullaby for a Twin Moon", with a rage contained in the power of sound waves which carve nightmares or mirages. This doesn't mean an album to proscribe! Still very close to the territories of Steve Roach and Robert Rich, who also does the mastering, the music of Forrest Fang always has this little something special that charms the hearing. The tones of the Marxolin are quite attractive in this complex universe which responds quite well to the theme of the album; either forms of mirages which give the impression that objects float in the air. Minimalist concept, multilayer of synth drones, lines and voices. Tibetan percussions, oriental instruments and piano as well as shimmering melodious themes fill the ambiances of an album where the first 4 titles are a barrier of atmospheres which can discourage those who want to embrace the world of Forrest Fang.
"Night Procession" follows with an ambient and noisy rhythmic structure that transforms into a haunting slow-moving tribal dance, filled with the tears of a Marxolin Psaltery violin. It makes me think of the secret rhythms of Roach, Braheny & Burmer in Western Spaces. There is a fascinating intensity in this structure, both rhythmic and harmonic, because of an orchestral din as sibylline as the art of these Chinese shadows that fade here in mirages of all kinds. The sound character remains thunderous with these innumerable layers of synth which always carry these dusts of tones, these particles of sounds either deformed or resonant. "Her Fading Image" is an ambient tune without essences of rhythm. Only waves and winds which lead an evasive and melancholic melody carved by a keyboard and its pensive chords. Delicate, "Lullaby for a Twin Moon" is also very musical. Deprived of darkness coming from the charge of the breezes which have buried the first 4 tracks of “The Fata Morgana Dream”, its melody seems to be the ancestor of "Night Procession". Piano notes that break like a minimalist storm, "Remembrance Point" mixes wonderfully sweetness and anger on a melody played with such anger that it sculpts a strangely captivating pace. It sounds like Philip Glass! This is another minimalist movement projected by gongs that opens the slow march of "Dream of the Last Fisherman". More ambient and more oriental in nature, especially with the addition of a kind of Koto, the music is overwhelmed by a huge layer of voices and fog effects which go astray in some nice orchestrations. A title very sweet and less musical than "To the End and Back" which ends masterfully an album that is worth to tame. And it will come...
Sylvain Lupari (February 18th, 2019) ***½**

synth&sequences.com
Available on Projekt's Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Un vent ténébreux, grignoté de poussières soniques, monte et descend, comme une valse en deux temps, afin de porter l'introduction de "The Mouth of the Sea" vers nos oreilles. De belles orchestrations y flottent, comme des effets de crotales, amenant les vents vers la bouche d'une harpe japonaise. Une brève élocution festive s'ensuit par cet air de danse tribale orientale qui fait partie des parfums sonores de Forrest Fang. Des multicouches de vents et de drones, appuyées de voix sombres, étreignent la fièvre du Koto, enserrant les ambiances dans un tumulte ambiant qui dépassera même les frontières de "Matted Leaves". “The Fata Morgana Dream” est, et de loin, l'album le plus sombre et le moins accessible que l'artiste sino-américain ait produit depuis que j'ai découvert son univers en 2011 avec l'album Unbound. Ce qui est peu dire! La musique y est plus sombre et moins mélodique, exception faite de "Lullaby for a Twin Moon", avec une rage contenue dans la puissance des ondes sonores qui sculptent des cauchemars ou mirages. Cela n'en fait pas pour autant un album à proscrire! Toujours très près des territoires de Steve Roach et Robert Rich, qui fait aussi le mastering, la musique de Forrest Fang a toujours ce petit quelque chose de spécial qui charme l'ouïe. Les tonalités du Marxolin sont assez séduisantes dans cet univers complexe qui répond assez bien à la thématique de l'album; soit des formes de mirages qui donnent l'impression que les objets flottent dans l'air. Concept minimaliste, multicouches de bourdonnements et de voix absentes, percussions tibétaines, instruments orientaux et thèmes de mélodies pianotées et/ou carillonnées jalonnent les ambiances d'un album donc les 4 premiers titres sont des barrages d'ambiances qui peuvent décourager ceux qui veulent embrasser l'univers de Forrest Fang.
"Night Procession" suit avec une structure de rythme ambient et tapageur qui se transforme en une envoûtante danse tribale lente et bien arrosée de larmes d'un violon du genre Marxolin Psaltery. Ça me fait penser aux rythmes secrets de Roach, Braheny et Burmer ‎dans Western Spaces. Il y a une fascinante intensité dans cette structure, à la fois rythmique et harmonique, à cause d'un tintamarre orchestral aussi sibyllin que l'art de ces ombres chinoises qui s'évanouissent ici en mirages de toutes sortes. Le caractère sonore reste tonitruant avec ces innombrables strates de synthé qui transportent toujours ces poussières, ces particules de sons soit déformées ou encore résonnantes. "Her Fading Image" est un titre ambiant sans essences de rythmes, juste des ondes et des vents qui conduisent une mélodie évasive et mélancolique sculptée par un clavier et ses accords pensifs. Délicat, "Lullaby for a Twin Moon" est aussi très musical. Dénué d'obscurité par la charge des brises qui ont ensevelies les 4 premiers titres de “The Fata Morgana Dream”, sa mélodie semble être l'ancêtre de "Night Procession". Notes de piano en canon qui déferlent comme un orage minimaliste, "Remembrance Point" mélange à merveille douceur et colère avec une mélodie pianotée avec une telle hargne que ça sculpte un rythme étrangement envoutant. Ça sonne comme du Philip Glass! C'est un autre mouvement minimaliste projeté par des gongs qui ouvre la lente marche de "Dream of the Last Fisherman". Plus ambiante et plus de nature orientale, notamment avec l'ajout d'un genre de Koto, la musique est submergée par une immense nappe de voix et des effets de brume qui s’égarent dans de belles orchestrations. Un titre très doux et moins musical que "To the End and Back" qui termine de façon magistral un album qui vaut la peine que l'on dompte, et ça viendra, ce monde des formes imprécises de “The Fata Morgana Dream”.

Sylvain Lupari 18/02/19

dimanche 17 février 2019

SERGE DEVADDER: Taxon (2018)

“This is a fascinating album where the styles of Steve Roach and Robert Rich go along with the darker mind of Redshift and of Tangerine Dream”
1 Chimära 8:26
2 Salamander 8:22
3 Alraune 8:08
4 Nixen 6:14
5 Perlboot 4:42
6 Vipern 9:02
7 Conchilien 14:20

Groove | GR-260 (CD/DDL 59:11)
(Ambient & Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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The Belgian invasion invades more and more my musical tastes! This time it is with the music of Serge Devadder who goes by the Groove Unlimited label to offer us an amazing album that deserves our attention. “Taxon” is the sixth solo album of the Brussels' musician and proposes a music influenced by works of arts of a particular character, zoology and the paintings of the German painter Birgit Schweimler who has already realized the covers of the Cambrian and Ganda albums as well as the one of “Taxon”. The works of the biologist and philosopher Ernst Haeckel, the cabinet of curiosities from the Dutch zoologist and pharmacist Albertus Seba and finally of the American photographer Henry Horenstein and his illustrations of his book Aquatics are also the numbers of influences which helped to design the essences of this amazing album where our ears will discover a fascinating universe which is closely related to these influences.
It's through a waltz of carillon that begins the exploration of “Taxon”. Tibetan bells weave their timbres collections in an ambient movement which looks like the gait of a pistorello wandering the main street of a new village in the Wild West. Synth layers cover this rather harmonic bells choir of "Chimära" which sounds like a fusion of Robert Rich and Sensitive Chaos with a little of Loren Nerell's lubricant to add a touch of drama to this ballad for a hundred bells under a sky to the colors of despair. There is a world of imagination and a lot of complexity behind the making of this music as well as on "Nixen" which is much in the same genre, but more captivating. "Salamander" adopts a bit the stormy ambiences, by the intensity of the tonal colors, of "Chimära". The decor is gloomier with implosions of bass lines which crash like sound waves while creating a climate of intrigue. Short lines of sequencer emerge between these sibylline shadows and make run 3 to 4 keys that come and go at regular intervals throughout the 8 minutes of the play. Their presence is more heard in the last third of "Salamander" weaving a Berlin School decor. Speaking of Berlin School, "Alraune" is a heavy one. As heavy as these sequences which vibrate and throb with resonances in the universe of Redshift. Percussive tinklings pass between the slits of this amphibian rhythmic structure where the synth spits lines as much raucous and gloomy than elephant which are crying of fright when they got encircled by a herd of giant lionesses. It's a very intense title, but there is more! "Vipern" for example, which is a solid Berlin School. The sequences are nervous and flutter on the spot in bass tones which restore a dark ambience, a bit like the Near Dark soundtrack of Tangerine Dream. These titles are monuments of the genre. After two minutes of Steve Roach vibes, "Perlboot" shakes its tonal torpor with sequences which dance like crazy chimes, but without tones, in soft synth pads which vaguely remind me of Tangerine Dream's Silver Scale. "Conchilien" is the quietest, the most meditative title of “Taxon”. The synth pads, or the breezes of big flutes, sound like boat whispers as the ambiances murmur these waters crashing on rocks.
I enjoyed discovering the world of “Taxon”. Despite the styles, we feel the tonal signature very aesthetically dark of Serge Devadder who succeeds in weaving the paintings of a world at once mysterious and attractive. The balance between the rhythm structures and the ambient phases is just perfect, albeit those have a little something very seductive. A very beautiful and poetic album which carries all of its dimension over the listening.
Sylvain Lupari (February 16th, 2019) ***¾**

synth&sequences.com
Available at Groove
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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L'invasion Belge envahit de plus en plus mes gouts musicaux! Cette fois-ci c'est avec la musique de Serge Devadder qui passe via le label Groove Unlimited afin de nous offrir un étonnant album qui mérite notre attention. “Taxon” est le 6ième album solo du musicien de Bruxelles et propose une musique influencée par des œuvres d'arts aux caractères particuliers, soit la zoologie et les toiles de la peintre allemande Birgit Schweimler qui a déjà réalisé les jaquettes des albums Cambrian, Ganda et puis de ce “Taxon”. Les œuvres du biologiste et philosophe Ernst Haeckel, le cabinet des curiosités du zoologiste et pharmacien Hollandais Albertus Seba et finalement du photographe américain Henry Horenstein et de ses illustrations de son livre Aquatics sont aussi aux nombres des influences qui ont aidé à concevoir les essences de cet étonnant album où nos oreilles découvriront un fascinant univers qui est étroitement lié à ces influences.
C'est par une valse de carillonnements que débute l'exploration de “Taxon”. Des cloches tibétaines trimballent leurs collections de timbres dans un mouvement ambiant qui ressemble à la démarche d'un pistorello déambulant la rue principale d'un nouveau village de l'Ouest sauvage. Des nappes de synthé recouvrent cette chorale de clochettes plutôt harmonique de "Chimära" qui sonne comme une fusion de Robert Rich et de Sensitive Chaos avec un peu de lubrifiant Loren Nerell pour ajouter une touche de drame à cette ballade pour une centaine de clochettes sous un ciel aux couleurs du désespoir. Il y a tout un monde d'imagination et de complexité derrière cette musique, ainsi que sur "Nixen" qui est beaucoup dans le même genre, mais en plus envoûtant. "Salamander" épouse un peu les ambiances houleuses, de par l'intensité des couleurs tonales, de "Chimära". Le décor est par contre plus lugubre avec des implosions de lignes de basse qui s'écrasent comme des ondes sonores tout en créant un climat d'intrigue. Des courtes lignes de séquences émergent entre ces ombres sibyllines et font courir 3 à 4 ions qui vont et reviennent à intervalle régulier tout au long des 8 minutes de la pièce. Leurs présences se font plus entendre dans le dernier tiers de "Salamander", tissant un décor de Berlin School. Parlant Berlin School, "Alraune" en est un lourd. Aussi lourd que ces séquences qui vibrent et palpitent avec des résonnances dans les univers de Redshift. Des tintements percussifs défilent entre les fentes de cette structure de rythme amphibien qui crache des nappes de synthé aussi rauques et lugubres que des barrissements d'éléphants encerclés d'un troupeau de lionnes géantes. C'est un titre très intense, mais il y a plus! "Vipern" par exemple qui est un solide Berlin School. Les séquences sont nerveuses et papillonnent sur place dans des tonalités basses qui restituent une trame d'ambiances ténébreuses, un peu dans le genre Near Dark de Tangerine Dream. Ces titres sont des monuments du genre. Après deux minutes d'ambiances à la Steve Roach, "Perlboot" secoue sa torpeur tonale avec des séquences qui dansent comme des carillons en folie, mais sans tonalité, dans des légers coussins de synthé qui me rappellent vaguement le décor de Silver Scale de Tangerine Dream. "Conchilien" est le titre le plus tranquille, le plus méditatif de “Taxon”. Les nappes de synthé, ou les brises de grosses flûtes, sonnent comme des murmures de bateau alors que les ambiances chuchotent ces eaux qui se fracassent sur des rochers.
J'ai bien aimé découvrir l'univers de “Taxon”. Malgré les styles, on sent la signature tonale très esthétiquement sombre de Serge Devadder qui réussit à tisser les toiles d'un univers à la fois mystérieux et attirant. La balance entre les structures de rythme et les phases d’ambiances est juste parfaite, quoique ces dernières ont un petit quelque chose de très séduisant. Un très bel album étonnement poétique qui prend toute sa dimension au fil des écoutes.

Sylvain Lupari 14/02/19

vendredi 15 février 2019

WINTHERSTORMER: D.E.S.H. (2018)

“D.E.S.H. is a rough album where Berlin School is reinvents in so many musical genres, including art music for daring ears”
1 d.e.s.h. 14:06
2 Lunger er for unger det er gjeller som gjelder 9:17
3 Intermezzo 4:43
4 Nitrogen 24:52

Pakusch Project Records PP1801 (CD 52:02)
(Progressive Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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Phew! It takes a lot of understanding oil, maybe even tolerance, in order to bring down the music of this “D.E.S.H.”  deep in our eardrums. Yes, an open mind towards new musical horizons is required to anchor well our ears to this first album of WintherStormer in the last 7 years. I even thought that the Norwegian group had stopped making music! Amputee of his drummer, Geir Marthin Helland left the quartet, the music of “D.E.S.H.”  does not suffer in any way because of a tight complicity between Terje Winther and Erik Stormer on synths, sequencers and other electronic instruments and the guitarist Atle Pakusch Gundersen who also plays the flute, and I even suspect that he has kept his intimacy with the Theremin and the vocoder. Presented as part of a concert in Oslo at the end of October 2018, this fifth opus of WintherStormer displays a fascinating violence which is fragmented between Berlin School style rhythmic monuments and phases of cosmic rock in a psychedelic Hard Rock envelope that is very particular to the Scandinavian countries and which is in the order of things of the Norwegian band.
It's a double rhythm movement of the sequencer which introduces the title-track. The sequences hop from one speaker to another in accordance with the pure rhythms of the Berlin School, while a tasty bass line decorates the structure with a harmonic fluidity. Guitar riffs fall and "d.e.s.h." sinks into a Berlin School heavy, hard and as jerky as the armada of riffs which become however quite musical. A gallop like those of a mini-horse in a carousel rotating too fast, the rhythm is as catchy as a solid Progressive Hard Rock, one forgets that we listen to a supposed Berlin School, where the synth solos steal the show to the rhythmic riffs and the sequencer. Redesigning speed and heaviness, the sequencer alternates the velocity of its keys which hop with a fraction of a second of gasp between each beat. "d.e.s.h." so deviates in a rather intriguing ambiospherical phase which let hear crumbling guitar solos and its cosmic bluesy tone in a finale where the indecision between violence and serenity will remain the fight of “D.E.S.H.”. The bacteriological tone of "Lunger er for unger deter gjeller som gjelder" makes jumpy our distracted ears and souls when the music bursts in a structure that seems to mock those ears. The sequencer modulates its rhythm on the organic and cold approach of the introduction, sculpting this up-and-down approach of the Berlin School style which is filled of synth and guitars solos. The latter are very corrosive and awaken this structure that spits batrachian gurgles, giving an organico-psychedelic cachet to a title which will require several listenings and which ends with a flute trying to bring our ears to reason. Even in its somewhat odd ambiospherical envelope, "Intermezzo" remains a title filled of oscillations, reverberations and dissonances. A sequencer tries to establish a more musical presence with brief appearances to undulate in an anesthetic rhythm structure. But the music continues to release this grip of discomfort. A bit like looking for a safe shelter in a Jurassic forest.
With its 25 minutes, "Nitrogen" is lining up to be the cornerstone of this “D.E.S.H.”. And with reason! The structure is evolving and changes shapes a few times, embracing both Progressive Hard Rock and Dark Berlin School. Industrial mist jets blow on a fraction of the sequencer which releases clattering of hooves on a metal sheet and a slightly pulsating rhythm which allows the guitar to drop solos with harmonic riff tones. The synth also vaporizes solos on this structure that makes me think of a coastal city about to be invaded by a horde of ghosts. The intensity is palpable until the sequencer remodulates its structure by throwing series of 3 chords which jump quickly. Synth solos weave spectral harmonies in a gloomy ambience filled of intriguing percussive effects, organ pads and chthonic chants. There is not even 9 minutes of past and already "Nitrogen" embraces its 3rd skin. This time, we are in an anti-music zone with weird cries and sound effects which are just as much, guiding our ears in a vision of psychedelic apocalypse of a rare tonal intensity. It's a necessary evil to reach the core of "Nitrogen" which moves into a kind of unfathomable cosmic blues with Luciferian choirs but where the harmonious riffs of the guitar struggle unevenly with the intriguing appearance of the vocoder. A 5th change of sonic skin starts around the 15th minute, guiding "Nitrogen" in a furious electronic rock. The sequencers make their keys dance with a relentless alternation, structuring those furious movements of an excellent drummer, in a mutant art rock with a rhythm which slides and rises and becomes the ideal catalyst for a horde of solos as many synths that a guitar always in love with these indomitable duels. Little advice here; it is best to lower the volume around the 22 minutes because the distortion effects can cause ear burns.
As you can notice, this “D.E.S.H.” which roughly means diatonic elaboration of static harmony (sic!) is a hard-rock-electronic-progressive-psychedelic-noisy album that requires some listenings before savoring the extreme efficiency of 3 musicians who like to defy the order of things. One tames the title-track and the rest will follow with some eye-strokes that will become sources of pleasure. And a bit like Mile Oldfield's Amarok, I enjoyed the experience more with my speakers because the sound range is wide and surprisingly musical for the genre.
Sylvain Lupari (February 14th, 2019) *****

synth&sequences.com
Available only on CD at the WintherStormer site
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Ouf! Ça prend beaucoup d'huile de compréhension, peut-être même de tolérance, afin de bien faire descendre la musique de ce “D.E.S.H.” tout au fond de nos tympans. Eh oui, une ouverture d'esprit vers de nouveaux horizons musicaux est requise afin de bien s'ancrer dans ce premier album de WintherStormer depuis 7 ans. Je pensais même que le groupe Norvégien avait cessé ses activités! Amputé de son batteur, Geir Marthin Helland a quitté le quatuor, la musique de “D.E.S.H.” n'en souffre nullement avec une complicité tissée très serrée entre Terje Winther et Erik Stormer aux synthés, séquenceurs et autres instruments électroniques et le guitariste Atle Pakusch Gundersen qui joue aussi de la flûte, et je soupçonne même qu'il a gardé son intimité avec le Theremin. Présenté dans le cadre d'un concert à Oslo à la fin Octobre 2018, ce 5ième opus de WintherStormer affiche une fascinante violence qui se fragmente entre des monuments de rythme du style Berlin School et quelques phases de rock cosmique dans une enveloppe de Hard Rock psychédélique très particulier des pays Scandinaves qui s'inscrit dans la suite des choses du groupe Norvégien.
C'est un mouvement double rythme du séquenceur qui introduit la pièce-titre. Les séquences sautillent d'un haut-parleur à l'autre en conformité avec les rythmes purs de la Berlin School, alors qu'une savoureuse ligne de basse décore la structure avec une fluidité harmonique. Les riffs de guitare tombent et "d.e.s.h." s'enfonce dans un Berlin School lourd, rude et aussi saccadé que l'armada de riffs qui deviennent pourtant assez musicaux. Un galop comme ceux d'une mini-cheval dans un carrousel qui tourne trop vite, le rythme est aussi entraînant que du gros Hard Rock progressif, on oublie que nous écoutons du supposé Berlin School, où les solos de synthé volent le spectacle au rythme des riffs et du séquenceur. Remaniant la vitesse et la lourdeur, le séquenceur alterne la vélocité des ions qui sautillent avec une fraction de seconde de vide entre chaque battement. "d.e.s.h." dévie donc dans une phase ambiosphérique plutôt intrigante qui laisse entendre des solos émiettés d'une guitare et sa tonalité de bleues cosmique dans une finale où l'indécision entre violence et sérénité restera le combat de “D.E.S.H.”. La tonalité bactériologique de "Lunger er for unger det er gjeller som gjelder" fait sursauter oreilles et âmes distraites lorsque la musique éclate avec une structure qui semble se moquer de ces oreilles. Le séquenceur module son rythme sur l'approche organique et enrhumée de l'introduction, sculptant cette approche de monte-et-descend de la Berlin School qui s'emplie de solos de synthés et de guitares. Ces derniers sont très corrosifs et éveillent cette structure qui crache des gargouillements batraciens, donnant un cachet organico-psychédélique à un titre qui demandera plusieurs écoutes et qui se termine par une flûte qui tente de ramener nos oreilles à la raison. Même dans son enveloppe ambiosphérique un peu bizarre, "Intermezzo" reste un titre rempli d'oscillations, d'effets de réverbérations et de dissonances. Un séquenceur tente d'instaurer une présence plus musicale avec de brèves apparitions qui ondulent dans une structure de rythme anesthésiant. Mais la musique continue de dégager cette emprise d'inconfort. Un peu comme si on cherchait un abri sécuritaire dans une forêt Jurassique.
Avec ses 25 minutes, "Nitrogen" s'enligne pour être la pierre angulaire de ce “D.E.S.H.”. Et avec raison! La structure est évolutive et change de formes à quelques reprises, embrassant autant le Hard Rock progressif que le Berlin School ténébreux. Des jets de brume industrielle soufflent sur une fraction du séquenceur qui libère des claquements de sabots sur une feuille en métal et un rythme légèrement pulsatoire qui permet à la guitare de déposer des solos avec des tonalités de riffs harmoniques. Le synthé vaporise aussi des solos sur cette structure qui me fait penser à une ville côtière sur le point d'être envahie par une horde de spectres. L'intensité est palpable jusqu'à ce que le séquenceur remodule sa structure en lançant des séries de 3 accords qui sautillent promptement. Des solos de synthé tissent des harmonies spectrales dans une ambiance glauque qui s'emplie d'effets percussifs intrigants, de nappes d'orgue et de chants chthoniens. Il n'y a pas 9 minutes d'écoulées et déjà "Nitrogen" embrasse sa 3ième peau. Cette fois-ci nous sommes dans une zone anti-musique avec des cris bizarres et des effets sonores qui le sont tout autant, guidant nos oreilles dans une vision d'apocalypse psychédélique d'une rare intensité tonale. C'est un mal nécessaire pour atteindre le cœur de "Nitrogen" qui mue en un genre de blues cosmique insondable avec chorale luciférienne mais où les riffs harmonieux de la guitare luttent à armes inégales avec l'intrigante apparition du vocodeur. Un 5ième changement de peau sonique se met en marche autour de la 15ième minute, guidant "Nitrogen" dans un furieux rock électronique. Les séquenceurs font danser leurs ions qui sautillent avec une alternance sans répit, structurant le mouvement acharné d'un excellent batteur dans un rock mutant en art rock avec un rythme qui glisse et remonte et qui devient le catalyseur idéal pour une horde de solos autant des synthés que d'une guitare toujours amoureuse de ces indomptables duels. Petit conseil; il vaut mieux baisser le volume autour des 22 minutes parce que les effets de distorsion peuvent causer des risques de brûlures aux tympans. 
Comme vous pouvez le constater, ce “D.E.S.H.” qui grosso-modo signifie élaboration diatonique de l'harmonie statique (sic!) est un album de hard-rock-électronique-progressif-psychédélique-bruyant qui nécessite quelques écoutes avant d'en savourer l'extrême efficacité de 3 musiciens qui aiment défier l'ordre des choses. On apprivoise la pièce-titre et le reste suivra avec quelques sourcillements qui deviendront sources de plaisir. Et un peu comme avec Amarok de Mile Oldfield, j'ai mieux apprécié l'expérience avec mes haut-parleurs puisque la portée sonore est large et étonnement musicale.

Sylvain Lupari 14/02/19

mercredi 13 février 2019

SOFTWARE: Chip-Meditation Part I (1985)

 “Computer music structured by computers, Chip-Meditation Part I is the beginning of a new era in the field of Berlin School's Electronic Music”
1 Julias-Dream 8:04
2 Self Similarity-Life 11:19
3 Frontiers-Of-Chaos 5:55
4 Chip-Meditation 13:22
5 Voice-Bit 1:03
6 Byte-By-Byte 7:14
7 Winds-Of-Time 7:24
8 Short-Wave 3:05

IC 710.050 (CD/DDL 57:26)
(Ambient beats & New Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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The universe of Software is made of sound spots, of electronic cells which metamorphose into phases of near-ambient rhythms where the dematerialization of the cells generates the birth of protean structures. One looks at the artwork of “Chip-Meditation Part I” and one understands straight away that the Mergener/Weisser team takes us into a magical world where sounds have never had such a radiance. As far as I'm concerned, this is the flight of this duo who will still offer some very good albums between 1984, Beam-Scape from Mergener/Weisser, and 1989 and who would change the face of the Berlin School style, turning it into New Berlin School. “Chip-Meditation Part I” is a classic album in its genre. It's an album which had everything to age well! And that's exactly the case, since I'm still listening it some 30 years later with as much pleasure than in the 90's.
Become an unmissable title in the world of Software, "Julias-Dream" is clinging to our ears with hollow breezes. Their whistling breaths flirt with the walls of a cave and make sounding larvae burst out into another, even more sparkling mutation. A sequencer sculpts an ambient rhythm which comes by jerks, structuring a floating movement which murmurs a cosmic melody in front of a curtain of tones that made open our ears wide at that time. Digital sounds exploited by digital instruments! Pulsations, keyboard riffs and clatters give an accelerator to this structure that now makes us pat the ground softly of our feet. The Teutonic rhythm of "Julias-Dream" flows more fluidly when ectoplasmic solos float like the tentacles of a giant octopus which whispers cosmic airs. The uncertain steps which form the ambient rhythm of "Self Similarity-Life" are extricated from a dark gelatinous mass. Delicate, the rhythm is retained by synth effects which develop slowly into chloroform layers. Anesthetic mists also float like Chinese shadows of a fingerless puppet as the pace gradually accelerates the cadence. We don't stomp on the floor, but we enjoy these solos armed with a tone as cold as the cosmos and at once as honeyed as extraterrestrial sap. The sound signals which emerge from everywhere, and this in each structure of “Chip-Meditation Part I” are ears' appetizers that keep us constantly in a state of astonishment. These sound effects and these solos disperse their astral auras into the sedentary rhythm of "Frontiers-Of-Chaos", which sounds like a Morse message dictated by computer.
The long title-track leads us into the very abstruse world of Software. Its intro is modeled on the one of "Julias-Dream", except that the whispers and the organic effects are more amplified, more fed. Reverberant effects, such as singing waves, adorn this introduction, which also sees the birth of a rhythmic structure out of this lush sound mass. The movement takes the shape of castanets dance which spins like a bunch of fireflies on speed and freed from all artistic constraints. The rhythm makes wide oscillating loops which go at countercurrent of the nervousness of each particle of rhythm while the solos, always so deliciously ectoplasmic, sing like Martenot waves wedged between two rough surfaces, thus giving this exquisite sharpness in the tonality. And the rhythm frolic in an astral dance that really takes off with the addition of other sequences which deploy a spasmodic filament, thus testifying to the impact of Software in the evolution of EM. "Voice-Bit" finished this vinyl edition, that I had bought at the time, with a short 63 seconds of a German monologue.
A high-resolution CD reissue was published by the IC label in 1990 with the addition of 3 titles and 20 minutes of a highly colored EM. The formula remains the same, only the pace has become catchier! "Byte-By-Byte" is a good Berlin School, with a spheroidal structure armed of rhythmic and harmonic sequences. A little as if the sequencer would have swallowed the synthesizer, or its opposite. I lean for the opposite because of the solos. Still, it gives two lines of rhythms, even three at times, which explain themselves in a tonal flora. This title will be found in other Software collections. One can not resist the quick and jerky rhythm of "Winds-Of-Time", nor its percussive effects that brings us to another dimension of listening. And it's the same for the well-anesthetic and yet acrobatic solos that coo on this lively structure. There is a nice effect of intensity in the rhythmic evolution of this title which is one of my favorites from Software. "Short-Wave" concludes the CD reissue of “Chip-Meditation Part I” with an armada of chloroform-cosmic layers on a structure which looks a lot like Robert Schroeder. A compelling and a flagship album of what reviewers at the time will call from now on; the New Berlin School!
Sylvain Lupari (February 13th, 2019) *****

synth&sequences.com
Available at Software's download site
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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L'univers de Software se résume à des taches sonores, à des cellules électroniques qui se métamorphosent en phases de rythmes quasi ambiants où la dématérialisation des cellules engendre la naissance de structures protéiformes. On regarde la pochette de “Chip-Meditation Part I” et on comprend de facto que le duo Mergener/Weisser nous entraîne dans un monde féérique où les sons n'auront jamais eu une telle radiance. En ce qui me concerne, il s'agit de l'envol de ce duo qui offrira encore quelques très bons albums entre 84, Beam-Scape de Mergener/Weisser, et 1989 et qui allait changer la face du Berlin School. “Chip-Meditation Part I” fait partie des classiques du genre. C'est un album qui avait tout pour bien vieillir! Et c'est exactement le cas, puisque plus de 30 ans plus loin je l'écoute encore avec toujours autant de plaisir.
Devenu un titre incontournable dans l'univers de Software, "Julias-Dream" s'accroche à nos oreilles avec des brises creuses. Leurs souffles sifflants flirtent avec les parois d'une grotte et font tomber des larves sonores qui éclatent d'une autre mutation encore plus pétillante. Un séquenceur sculpte un rythme ambiant qui vient par secousses, structurant un mouvement flottant qui murmure une mélodie cosmique devant un rideau de tonalités qui faisaient écarquiller les oreilles à l'époque. Des sons digitaux exploités par des instruments digitaux! Des pulsations, des riffs de clavier et des cliquetis donnent un accélérateur à cette structure qui nous fait maintenant taper du pied. Le rythme teutonique de "Julias-Dream" coule avec plus de fluidité lorsque des solos ectoplasmiques flottant comme les tentacules d'une pieuvre géante qui susurrent des chants cosmiques. Les pas incertains qui forment le rythme ambiant de "Self Similarity-Life" s'extirpent d'une sombre masse gélatineuse. Délicat, le rythme reste retenu par des effets de synthé qui se développent lentement en nappes chloroformiques. Des brumes anesthésiantes flottent aussi comme des ombres chinoises d'un pantin sans doigts alors que le rythme accélère graduellement la cadence. On ne tape pas du pied, mais on savoure ces solos armés d'une tonalité aussi froide que le cosmos et à la fois aussi mielleux que du suc extraterrestre. Les signaux sonores qui jaillissent de partout, et dans chaque structure de “Chip-Meditation Part I” sont des amuses-oreilles qui nous tiennent constamment dans un état d'ébahissement. Ces effets sonores et ces solos dispersent leurs auras astrales dans le rythme sédentaire de "Frontiers-Of-Chaos", qui sonne comme un message morse dicté par ordinateur.
La longue pièce-titre nous amène dans l'univers très abscons de Software. Son intro est calquée sur le modèle de "Julias-Dream", sauf que les murmures et les effets organiques sont plus amplifiés, plus nourris. Des effets réverbérants, comme des ondes de chants, ornent en plus cette introduction qui voit naître aussi une structure de rythme de cette masse sonore luxuriante. Le mouvement épouse une danse de castagnettes qui volètent comme des lucioles sur du speed et libérées de toutes contraintes artistiques. Le rythme effectue de larges boucles oscillatrices qui vont à contre-courant de la nervosité de chaque particule de rythme alors que les solos, toujours aussi délicieusement ectoplasmiques, chantent comme des ondes de Martenot coincées entre deux surfaces rugueuses, donnant ainsi cette exquise tonalité acuité. Et le rythme frol dans une danse astrale qui prend véritablement son envol avec l'ajout d'autres séquences qui déploient un filament spasmodique, témoignant ainsi de l'impact de Software dans l'évolution de la MÉ. "Voice-Bit" terminait ce vinyle, que j'avais acheté à l'époque, avec un court 63 secondes d'un monologue Allemand.
Une réédition en CD, de haute résolution, a été éditée par le label IC en 1990 avec l'ajout de 3 titres et de 20 minutes d'une MÉ hautement colorée. La formule reste la même, seul le rythme est devenu plus entraînant! "Byte-By-Byte" est un bon Berlin School avec une structure sphéroïdale armée de séquences tant rythmiques qu'harmoniques. Un peu comme si le séquenceur aurait avalé le synthétiseur, ou son contraire. Je penche pour le contraire à cause des solos. Toujours est-il que cela donne deux lignes de rythmes, même trois par moments, qui s'expliquent dans une flore tonale. On retrouvera ce titre dans d'autres collections de Software. On ne peut résister au rythme vif et saccadé de "Winds-Of-Time", ni a ses effets percussifs qui nous amène vers une autre dimension d'écoute. Et c'est pareil pour les solos bien anesthésiants et pourtant acrobatiques qui roucoulent sur cette structure vive. Il y a un bel effet d'intensité dans l'évolution rythmique de ce titre qui est un de mes préférés de Software. "Short-Wave" conclut la réédition CD de “Chip-Meditation Part I” avec une armada de nappes chloroformiques-cosmiques sur une structure qui ressemble beaucoup à du Robert Schroeder. Un album convaincant et un album-phare que les critiques de l'époque nommeront comme étant désormais le New Berlin School!

Sylvain Lupari 12/02/19

lundi 11 février 2019

EBIA: Transmission (2019)

“There is this mix of drama and tenderness, of anger and resignation which make of this last Ebia album something of very deeply moving”
1 Transmission 13:00
2 Speed of Light 10:10
3 Receiver 10:17
4 Aliens Message 13:02
5 Re-Transmission 11:02
6 Lost Signal 10:39

SynGate CD-R EM08 (CD-r/DDL 68:10)
(Berlin School with ambient sequencing patterns)
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  **Chronique en français plus bas**
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Sadly, Jörg Bialinska died following the consequences of an autoimmune disease in January 2018. And as we say in the middle of the EM, especially since the death of Edgar Froese 4 years ago, the man behind Ebia has changed of cosmic address. A last album was being prepared and his wife kindly accepted that SynGate concludes this last opus of Ebia soberly entitled “Transmission”. Six titles of an average length of 11 minutes confirm the talent of the one to whom we owe Hunter of Worlds, the album which has opened the door to a larger audience in 2009. Moreover, light scents of Space Rock & Dance Music circulate on the structures of “Transmission” which also proposes a continuity of Herrscher im Orbit with rhythms that explode and implode under multilayers of synth which also project circular auras sometimes dramatic and/or apocalyptic. Intense and a feast for the ears, with percussion patterns suspended as dramatic actors, “Transmission” is a legacy of Ebia worthy of a final lap that makes sure that we will miss him for sure!
The title track gives us a good overview of what awaits our ears over the discovery of this album. Breaths of azure, murmurs and filtered sound rays of a synth in mode intensity feed an introduction overloaded of effects and noises that make our eardrums work. The range of sound in a listening room is quite intense and means that the production can be heard in headphones as well, it is always more nourishing for the soul, than in our speakers which release in return a wider reach. These rays of reverberation blow the shadow and the light, albeit more nuanced, in movements that come and go and awake the sequencer and its keys dancing on the spot. The scenery is apocalyptic with a repressed intensity in a sounding armament of the most intense. Bass drums add to the weight of this deep heaviness, whereas the fragile lines of the sequencer still dance while moving away from a musical paroxysm that has already stigmatized our reliance on a music that keeps us on our toes. Electronic percussions come and their bearings add an unexpected dimension to this still stationary structure. The rays of the synth, very Vangelis by the way, multiply their Dantesque presences with long groans which make think of long laments in good solos that sound like those of a guitar. Still in sedentary mode, the structure of "Transmission" oscillates between intensity and idleness with this mesh of sequences and percussions, to which adds the throbbing palpitations of a bass line, in a finale stuffed by solos from synth and guitar which are of a rare degree of intensity. Let's say that I hooked straight away to this track.
Nervous sequences and lively percussions, "Speed of Light" follows with a much more accelerated structure which runs in a phase of rock'n'dance of the synth-pop years. Shy and all in the background, a keyboard discreetly scatters bits of invisible melodies whereas, divided between its multilayer of the Ultravox years, the synth arrives to blow good solos. "Receiver" takes time to take off. Buried by another mass of layers and of noisy effects, the rhythm emerges with sequences fluttering around this dense wall of sounding reverberations. The movement brings a little nuance to its nervousness. Except that as in the title track, it flashes like crazy red lights under a black and stagnant mass of sounds. We always stay in a form of coitus interrupted here, like in "Transmission", but there is something inexplicable which makes it beautiful, probably the mourning synth layers which are of an incredible sensitivity, and which stirs up constantly the sense of hearing. Less dramatic and striking than "Transmission", this "Receiver" remains impenetrable efficiency. "Aliens Message" opens with layers which float like brown sheets in the wind. Jarre effects support this introduction which is driven by a fluid movement of the sequencer. Sound effects, like electronic chirps, wander from one ear to another, from one speaker to another, adding to the sonic weight of this title which is a very good and quite catchy cosmic rock. And "Aliens Message" runs, runs and runs beneath nice synth pads which try to break through with solos agonizing of an acceptable sobriety. Good electronic rock! Less dramatic and less turbulent than "Transmission", "Re-Transmission" offers chants of synth which coo in a mass of reverberant waves. If the drums play sober, the other ones accompany the rhythmic pattern of the sequencer and its keys jumping with a vision complementary to the harmonies of the synth in a decor filled of melancholy. The sadness is well cut out here. "Lost Signal", which is quite representative of its title, adopts a bit this structure of unfinished melody in the Herrscher im Orbit album and gives me this taste to re-hear for the nth time the tenderly poetic Sebastian im Traum by Frank Specht.
Conclusion?! There is something confusing, disconcerting in the universe of “Transmission”. There is this mix of drama and tenderness, of anger and resignation which make of this last Ebia album something of very deeply moving. The rhythm sequences are between two poles while the synths adorn this gap with an absolute tenderness, if not an apocalyptic rage. A good album which is absolutely worth the detour!
Sylvain Lupari (February 11th, 2019) *****

synth&sequences.com
Available at SynGate's Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Tristement, Jörg Bialinska est décédé suite aux conséquences d'une maladie auto-immune en Janvier 2018. Et comme on dit dans le milieu de la MÉ, surtout depuis le décès d'Edgar Froese il y a 4 ans, l'homme derrière Ebia a changé d'adresse cosmique. Un dernier album était en cours de préparation et sa femme a gentiment accepté que SynGate conclut ce dernier opus d'Ebia sobrement intitulé “Transmission”. Six titres d'une durée moyenne de 11 minutes confirment le talent de celui à qui on doit Hunter of Worlds, l'album qui lui a ouvert la porte à un plus grand public en 2009. D'ailleurs, de légers parfums de Space Rock & Dance Music circulent sur les structures de “Transmission” qui propose aussi une continuité de Herrscher im Orbit avec des rythmes qui explosent et implosent sous de multicouches de synthé qui projettent aussi des auras circulaires parfois dramatiques et/ou apocalyptiques. Intense et un festin pour les oreilles, avec des motifs de percussions suspendues comme des acteurs dramatiques, “Transmission” est un héritage d'Ebia digne d'un dernier tour de piste qui fera en sorte qu'il nous manquera pour sûr!
La pièce-titre nous donne un bon aperçu de ce qui attend nos oreilles au fil de la découverte de cet album. Des souffles azurés, des murmures et des rayons sonores filtrés d'un synthé en mode intensité nourrissent une introduction surchargée d'effets et de bruits qui font travaillés nos tympans. La portée sonore dans une salle d'écoute est assez intense et signifie que la production s'écoute aussi bien dans des écouteurs, c'est toujours plus nourrissant pour l'âme, que dans nos haut-parleurs qui dégagent en contrepartie une portée plus intense. Ces rayons de réverbérations soufflent l'ombre et la lumière, quoique plus nuancée, dans des mouvements qui vont et viennent et qui éveillent le séquenceur et ses ions dansottant sur place. Le décor est apocalyptique avec une intensité refoulée dans un armement sonore des plus intense. Des basses percussions ajoutent au poids de la cette profonde lourdeur, tandis que les fragiles lignes du séquenceur dansent toujours tout en s'éloignant d'un paroxysmique musical qui a déjà stigmatisée notre dépendance envers une musique qui nous tient sur le qui-vive. Des percussions électroniques s'amènent et leurs roulements ajoutent une dimension inattendue à cette structure toujours stationnaire. Les rayons du synthé, très Vangelis en passant, multiplient leurs présences dantesques avec de longs gémissements qui font penser à de longues complaintes dans de bons solos qui sonnent comme ceux d'une guitare. Toujours en mode sédentaire, la structure de "Transmission" oscille entre intensité et oisiveté avec ce maillage de séquences et de percussions, auquel s'ajoute les sourdes palpitations d'une ligne de basse, dans une finale bourrée de solos de synthé/guitare qui performent avec un rare degré d'intensité. Disons que j'ai accroché tout de go à ce titre.
Séquences nerveuses et percussions entraînantes, "Speed of Light" suit avec une structure nettement plus accélérée qui court dans une phase de rock'n'dance des années de la synth-pop. Timide et tout en arrière-plan, un clavier éparpille discrètement des bouts de mélodies invisibles alors que divisé entre ses multicouches des années Ultravox, le synthé arrive à souffler de bons solos. "Receiver" prend du temps à décoller. Enseveli par une autre masse de nappes et d'effets bruiteurs, le rythme émerge avec des séquences qui papillonnent autour de cette masse de réverbérations. Le mouvement apporte un peu de nuance à sa nervosité. Sauf que comme dans la pièce-titre, il clignote comme des feux rouges en folie sous une masse sonore noire et stagnante. On reste toujours dans une forme de coït interrompu ici, comme dans "Transmission", mais il y a quelque chose d'inexplicable qui fait que c'est beau, sans doute les nappes pleureuses qui sont d'une sensibilité inouïe, et qui attise constamment l'ouïe. Moins dramatique et percutant que "Transmission", ce "Receiver" reste d'une efficacité impénétrable. "Aliens Message" ouvre avec des nappes qui flottent comme des draps bruns au vent. Des effets à la Jarre appuient cette introduction qui est chassée par un fluide mouvement du séquenceur. Des effets sonores, genre pépiements électroniques, se promènent d'une oreille à l'autre, d'un haut-parleur à l'autre, ajoutant au poids sonique de ce titre qui est un très bon rock cosmique assez entraînant. Et "Aliens Message" court, court et court sous de belles nappes de synthé qui tentent de percer avec des solos qui agonisent dans une sobriété acceptable. Du bon rock électronique! Moins dramatique et moins turbulent que "Transmission", "Re-Transmission" propose des chants de synthés qui roucoulent dans une masse d'ondes réverbérantes. Si des percussions jouent du tam-tam sobre, d'autres accompagnent le schéma rythmique du séquenceur et ses ions qui sautillent avec une vision complémentaire aux harmonies du synthé dans un décor rempli de mélancolie. La tristesse est à découper au ciseau ici. "Lost Signal", qui est assez représentatif de son titre, épouse un peu cette structure de mélodie inachevée dans Herrscher im Orbit et qui me donne ce goût de réentendre pour la ixième fois le tendrement poétique Sebastian im Traum de Frank Specht.
Conclusion?! Il y a quelque chose de déroutant, de déconcertant dans l'univers de “Transmission”. Il y a ce mélange de drame et de tendresse, de colère et de résignation qui rendent ce dernier album d'Ebia étonnement bouleversant. Les séquences de rythme sont entre deux pôles alors que les synthés ornent cet écart avec une tendresse absolue, sinon une rage apocalyptique. Un bel album qui vaut absolument le détour!

Sylvain Lupari 11/02/19

samedi 9 février 2019

REMOTE VISION: Into Light (2018)

“Into Light is a good ambient music with a strong appeal for cosmic elements drawn by many layers with contrasting tones and colors”
1 Into Light 7:12
2 Astral Artifact 6:08
3 The Garden Unveiled 7:53
4 Titan's Glade 10:00
5 The Glittercliff 6:45
6 The Sullen Gulf 4:54
7 The Quiet Barrier 7:34
8 Trial Sixteen 7:02

Exosphere | exo06 (CD/DDL 57:30)
(Cosmic Ambient Music)
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  **Chronique en français plus bas**
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Radio beeps fade into the floating movements of synth pads blowing colors of blue and of brown. A reverberant wave rises, blowing a cryptic color into a horizon where Earth and Cosmos are copulating. "Into Light" says what it means! A music of enigmatic vibes where moments of intensity raise prism particles and layers of ethereal voices barely whispering behind peevish breaths. A little as if in the light was hiding a terrible secret! Remote Vision is the solo project of Don C. Tyler, who is also Chris Bryant's accomplice in the
Ascendant project. And unlike the Californian duo's pretty Berlin School of floating sequencing patterns, Remote Vision's music is rather in the ambient style with a strong propensity for cosmic music. “Into Light” is its 2nd opus, the second in 2018, and proposes an EM whose tonal wealth manages to seduce an imposing legion of cosmic EM fans. And its title track is a good indicator of the next 50 minutes of a meditative album, but not too much because of its sonic adrenaline rushes as well as its huge pool of sound effects and of synth multilayers with contrasting effects. And if the imagination is unlocked, we go to meet a music of the 3rd kind.
"Astral Artifact" bursts into an ocean of effects where the chimes tinkle in the bowels of a choir where the intergalactic mermaids hide. It's a title of winds, mostly hollow, of sonic whispers and slight buzzes that are surrounded by sound effects probably inspired by the world of
Michael Stearns. But no matter, it's very ambient and floating and especially very cosmic. "Titan's Glade" is a bit like that, but with much more intensity, both in terms of sound and of auditory show. The finale is the apocalyptic genre of an underwater universe. "The Garden Unveiled" is the perfect example of a music which stretches its inspirations between the elements of Earth and Cosmos, much like the opening title, but with nice musical filaments that make the ear tickle. One always stays in ambient music and in panoramic atmospheres with the tranquil multi-colored and multilayered momentums of "The Glittercliff" which perfectly mixes the fragrances of Steve Roach and Tangerine Dream, in particular in the slow harmonic progression of the scarlet ice arpeggios. "The Sullen Gulf" is a dark title just like its title indicates. Looks like "The Glittercliff" has made hatched the arpeggio nest of Into Light”.  They seem to shed tears here while in "The Quiet Barrier" are breaths and synth breezes coming out of an armada of dark layers with sighs of gloom. "Trial Sixteen" concludes this 2nd Remote Vision album with the most meditative title, the most radiant of “Into Light” which has become a good ally in my iPod, music section for sleeping.
Sylvain Lupari (February 9th, 2019) *****

synth&sequences.com
Available at Exosphere's Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Des bip-bip de radiocommunications s'évanouissent dans les mouvements flottants de nappes de synthé qui soufflent le bleu et le brun. Une onde réverbérante s'élève, soufflant une couleur sibylline dans un horizon où le Terre et le Cosmos copulent. "Into Light" dit ce que ça veut dire! Une musique d'ambiances énigmatiques où les moments d'intensité soulèvent des particules prismiques et des nappes de voix éthérées qui murmurent à peine derrière des souffles râleurs. Un peu comme si dans la lumière se cachait un terrible secret. Remote Vision est le projet solo de Don C. Tyler, qui est aussi le compère de Chris Bryant dans le projet Ascendant. Et contrairement aux mouvements de séquences rotatoires assez Berlin School du duo Californien, la musique de Remote Vision est plutôt dans le style ambient avec une forte propension vers une musique cosmique. “Into Light” est son 2ième opus, les 2 en 2018, et propose une MÉ dont la richesse tonale arrive à séduire une imposante légion de fans adeptes de MÉ cosmique. Et sa pièce-titre est un bon indicateur des 50 prochaines minutes d'un album méditatif, mais pas trop à cause de ses montées d'adrénaline sonique ainsi que de son énorme bassin d'effets sonores et de multicouches de synthé aux effets contrastants. Et si l'imagination est déverrouillée, nous allons à la rencontre d'une musique du 3ième type.
"Astral Artifact" pousse ses mugissements dans un océan d'effets où les carillons tintent dans les entrailles d'une chorale où se cachent les sirènes intergalactiques. C'est un titre de vents, pour la plupart creux, de murmures soniques et de légers bourdonnements qui sont entourés d'effets sonores sans doute inspirés par l'univers de Michael Stearns. Mais peu importe c'est très ambiant et flottant et surtout très cosmique. "Titan's Glade" est un peu dans le même genre, mais avec beaucoup plus d'intensité, tant au niveau sonore que du spectacle auditif. La finale est du genre apocalyptique d'un univers sous-marin. "The Garden Unveiled" est l'exemple parfait d'une musique qui étire ses inspirations entre les éléments de la Terre et du Cosmos, un peu comme le titre d'ouverture, mais avec de beaux filaments musicaux qui font titiller l'oreille. On reste toujours dans la musique ambiante et d'ambiances panoramiques avec les tranquilles élans multicolores et multicouches de "The Glittercliff" qui mélange à merveille les fragrances de Steve Roach et de Tangerine Dream, notamment dans la lente progression harmonique des arpèges de glace écarlate. "The Sullen Gulf" est un titre sombre à l'image de son titre. On dirait que "The Glittercliff" a fait éclore le nid d'arpèges de “Into Light”. Ils semblent verser des larmes ici alors que dans "The Quiet Barrier" se sont des souffles, des brises de synthé qui sortent d'une armada de couches sombres avec des soupirs de morosité. "Trial Sixteen" conclut ce 2ième album de Remote Vision avec le titre le plus méditatif, le plus rayonnant de “Into Light” qui est devenu un bon allié dans mon iPod, section musique pour dormir.

Sylvain Lupari 09/02/19

jeudi 7 février 2019

MENZMAN & FRIENDS: Insights (2018)

“This is a nice find out of the Manikin records shop which blends the 3 musical souls of the men behind Menzman & Friends”
1 Feuertaufe 3:55
2 Berlin I 4:34
3 Endless Time 12:26
4 Berlin II 5:51
5 Homage 5:40
6 Berlin Thoughts 6:42
7 Metrik Progression 7:22
8 Green Tea 4:59

Manikin ‎– MRCD 8010 (CD/DDL 51:25)

(New Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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A nice find from the
Manikin house! Menzman & Friends is a German trio consisting of Michael "Menzman" Menze, a Roland House specialist, Dirk Brand a renowned drummer who also plays in the Heavy Metal band Axxis and Horst Lemke a studio man and music producer who travels between New Age and a softer Electronica. A trio for the less diversified that offers us an excellent production with a first album “Insights” whose 50 minutes are a tasty incursion into the world of a contemporary Berlin School which drinks of the 3 personalities of Menzman & Friends.
A first chord ... and a sound wave invades our ears. A sequencer line emerges from it and makes frolic arpeggios which jump flutter like dragonflies in front of a feast of dipterous. Another line, more stroboscopic, delivers a jerky pattern to lead "Feuertaufe" (Baptism of Fire) in a pure New Berlin School of the 80's. The stationary rhythm, wrapped in veils of nebulosity where thin lines of voices play with our hearing, becomes more fluid, more rock with the arrival of percussion around its finale. A good entrance with a little title rather accessible. "Berlin I" takes us elsewhere with a semi-ambient structure dominated by multiple layers of percussive effects which are quite attractive. Those who love Jarre will enjoy these organic percussions that are addictive for the ears. The multiple synth layers also dominate. If one is melodious, another draws a jerky figure while others illuminate the music with effects as ethereal as sibylline. Software fragrances add to the charm of "Berlin I". Another moment of seduction; "Endless Time"! Its rhythm is dislocated by a line of sequences that make its keys frolic in all directions. The robotic percussions, armed with seductive rattling, restructure the frayed side of the rhythm which follows another tangent to follow a musical path adorned with soft synth solos. Voice effects complement the ethereal decor of this title a little more complex by its evolutionary side. "Berlin II" is slightly different with a complementary structure which takes us to the territories of the old Berlin School of the Dune years by Klaus Schulze. "Homage" is closer to the New Age with a female voice that makes her fantasies hover over a structure of rhythm animated by a mesh of circular sequences and percussive effects always very attractive in the world of Menzman & Friends. "Berlin Thoughts" is in the tradition of Broekhuis, Keller & Schönwälder. The rhythm is structured on sparkling sequences and a solid drum, aided by electronic percussion. Between heaviness and fluidity, it progresses under beautiful synth pads which are very melodious and good effects which serve as a backdrop for a solid rhythm structure. By far the best title on this “Insights”! Although "Metrik Progression" is not bad at all with its fluid structure, always animated by multi layers of percussive effects and percussions. Except that here, a line of bass sequences complements these effects with a solid presence which goes up and down as in the usual good patterns of Berlin School. The sequences are harmonic, and the rhythm is catchy. Note here the excellent work of Dirk Brand on electronic percussion. "Green Tea" ends this album with a Reggae structure in an Ashra style. This impression comes from a guitar which rolls its chords on a structure which hesitates to start. And when "Green Tea" takes off, its rhythm is jerky like those lascivious dances of traditional Reggae. The circular harmonies of this guitar and well-adjusted percussion becomes the axis of the music towards an electronic progressive rock.
In conclusion?! I spent nice minutes discovering the various orientations and influences of Menzman & Friends. There are several styles here and the fact that the structures are short facilitate the absorption of
Insights. The production and mastering from Horst Lemke are top nickel. So here we have a very musical album that should appeal to fans of Jean-Michel Jarre as well as fans of Software and Broekhuis, Keller & Schönwälder who seems to be the greatest source of inspiration of this German trio named Menzman & Friends.

Sylvain Lupari (February 7th, 2019) *****
synth&sequences.com
Available at Manikin's Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Une jolie trouvaille du côté de la maison Manikin! Menzman & Friends est un trio Allemand composé de Michael "Menzman" Menze, un spécialiste de la maison Roland, Dirk Brand un batteur de renommé qui joue aussi dans le groupe d'Heavy Métal Axxis et Horst Lemke un homme de studio et producteur de musique qui voyage entre le New Age et l'Électronica grand public. Un trio pour le moins diversifié qui nous offre une excellente production avec un premier album “Insights” dont les quelques 50 minutes sont une savoureuse incursion dans l'univers d'un Berlin School contemporain qui s'abreuve des 3 personnalités de Menzman & Friends.
Une première note… et une vague sonore envahit nos oreilles. Une ligne du séquenceur s'en dégage et fait gambader ses arpèges qui papillonnent comme des libellules devant un festin de diptères. Une autre ligne, plus stroboscopique, débite un pattern saccadé, entraînant "Feuertaufe" (Baptême de Feu) dans un pur New Berlin School des années 80. Le rythme stationnaire, enveloppé de ces voiles de nébulosité où des soupçons de voix jouent avec notre ouïe, devient plus fluide, plus rock avec l'arrivée des percussions autour de sa finale. Une belle entrée avec un petit titre plutôt accessible. "Berlin I" nous amène ailleurs avec une structure semi ambiante dominée par de multiples couches d'effets percussifs assez séduisants. Ceux qui aiment
Jarre vont se régaler de ces percussions organiques qui sont des éléments addictifs pour les oreilles. Les multiples couches de synthé dominent aussi. Si une est mélodieuse, une autre dessine une figure saccadée alors que d'autres illuminent la musique avec des effets aussi éthérés que sibyllins. Des parfums de Software ajoutent au charme de "Berlin I". Autre petit moment de séduction; "Endless Time"! Son rythme est disloqué par une ligne de séquences qui fait gambader ses ions en tous sens. Les percussions robotiques, armés de séduisants cliquetis, restructurent le côté effiloché du rythme qui épouse une autre tangente plus conforme afin de suivre une route musicale ornée de tendres solos de synthé. Des effets de voix complémentent le décor éthéré de ce titre un peu plus complexe de par son côté évolutif. "Berlin II" est légèrement différent avec une structure complémentaire qui nous amène dans les territoires du vieux Berlin School des années Dune de Klaus Schulze.

"Homage" est plus près du New Age avec une voix de femme qui fait planer ses fantasmes sur une structure de rythme animée par un maillage de séquences circulaires et d'effets percussifs toujours très séduisants dans l'univers de Menzman & Friends. "Berlin Thoughts" est dans la pure tradition de Broekhuis, Keller & Schönwälder. Le rythme est structuré sur des séquences pétillantes et une solide batterie, aidée de percussions électroniques. Entre lourdeur et fluidité, il progresse sous de belles nappes de synthé qui sont très mélodieuses et de bons effets qui servent de décor à une solide structure de rythme. De loin le meilleur titre sur ce “Insights”! Quoique "Metrik Progression" n'est pas piqué des vers avec sa structure fluide, toujours animée par des multi couches d'effets percussifs et de percussions. Sauf qu'ici, une ligne de basses séquences complémente ces effets avec une présence solide qui monte et descend comme dans les bons patterns usuels de la Berlin School. Les séquences sont harmoniques et le rythme est accrocheur. À noter ici l'excellent travail de Dirk Brand aux percussions électroniques. "Green Tea" termine cet album avec une structure Reggae dans le style Ashra. Cette impression vient d'une guitare qui roule ses accords sur une structure qui hésite à se mettre en marche. Et lorsque "Green Tea" décolle, son rythme est saccadé comme ces danses lascives du Reggae traditionnel. Les harmonies circulaires de cette guitare et les percussions bien ajustées devient l'axe de la musique vers un rock progressif électronique.
En conclusion ?! J'ai passé d'agréables minutes à découvrir les diverses orientations et influences de Menzman & Friends. On trouve plusieurs genres ici et le fait que les structures soient courtes facilitent l'absorption de “Insights”. La production et le mastering de Horst Lemke sont top nickel. Donc, nous avons ici un album très musical qui devrait plaire aux fans de Jean-Michel Jarre autant qu'aux fans de Software et de Broekhuis, Keller & Schönwälder qui semble être la plus grande source d'inspiration du trio Allemand Menzman & Friends.

Sylvain Lupari 07/02/19