dimanche 21 avril 2019

AWENSON: Hope (2019)

“Hope is in a pure Berlin School style with some genius rhythmic frameworks and a vintage tone in the synths, sequencers and keyboards...A really good return for Awenson!”
1 Us and You 11:23
2 Galactic Humanity 9:10
3 In the Heart of Love 20:00
4 Fly High 15:10

5 Orpheus 11:18
Groove GR-262 (CD 67:01)
(Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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Electronic phweuz open the territories of "Us and You". Their resonances crumble small synthesized pads, creating an interstellar void where the echoes remain masters of the opening of this first title offered by Awenson since the end of Wizard. A sinister wave spreads its reverberations from which emerges a heavy sequencer and beating a measure of electronic rock under slow subversive waves of the synth and its lugubrious effects. Everything turns upside down in this opening until the rhythm of the sequencer draws up a fluid structure which runs with delicate shades in its rotary axis. The structure goes up and down, remaining faithful to these innumerable synth solos which are the base of an EM of the analog years. Chirps of electronic birds and discrete layers surround these solos whose harmonies remain the subjects of our imagination. It's pure old Berlin School that Awenson offers to our ears with its comeback album HOPE. Absent from the music scene for the past 9 years, the French musician Jöel Bernard had to fight his demons before finding his necessary balance to continue the conquest of our ears undertook in 2005 with Shadows. And "Us and You" picks up where the French musician has left off. This time, it's with the Dutch Groove label that Awenson weaves its return (I even let myself say that a new album was already in preparation) with an album where the Berlin School cohabit with the perfumes of the French School, either romance and cosmos in the harmonies, which cover this first title introducing us to a very good album (I was very surprised I must say) that Ron Boots has been able to seize all the nuances and dimensions in an excellent mastering. And if there is a title that could show Awenson's moods in recent years, I would opt for the static and yet tumultuous structure of "Galactic Humanity". Ambient, the rhythm is structured by underground waves whose eddies expel dark effects. The emotivity, blown by innumerable and hovering drifting synth solos, is omnipresent with a vision as abysmal as theatrical. Intense emotionally!
Western breezes spread a warm climate in the opening of "In the Heart of Love" which is a long hypnotic title where none of the 20 minutes presented seems too long. The frame of the rhythm is built on 3 movements of the sequencer which add in turn, each filling the imperfection of the previous one. The effect is very attractive and hangs instantly our attention. This unexpected symbiosis gives a rhythm faithful to the tradition of the Berlin School. Orchestral pads and splashes of white noises control the ambiances which are embellished by an organic tone of a line of rhythm and of this 3rd with its arpeggios vibrating whitish tones. This setting also benefits the synth which throws these good solos which are found throughout HOPE. The cosmic mist pads are very Klaus Schulze, Irrlicht era. The rhythm evaporates in an ambiospherical passage, a little after the 8 minutes. The arpeggios continue to glow like tonal fireflies in a choreography whose repetitive movements roll rhythmically in the banks of the metallic haze from these orchestrations of ether. And it's the 2nd movement of the sequencer which comes back to activate the rhythm of "In the Heart of Love". Rhythm which is joined soon enough by these two sequencing stooges, while the synth solos flock with the same passion and energy that Awenson shows since the opening of HOPE. The sound is very vintage in "Fly High" which starts with organ pads slightly resounding in an opening where the cosmos flirts with the abyss of the Earth. Chthonian perfumes reign there with wave of voices bordering on these atmospheres. Pulsations bite our ears after 4 minutes, creating an indecisive rhythm whose resonances evaporate with the shadows of the voices. A sequencer emerges and its upward movement, in the Berlin School genre, is quickly harpooned by a barrage of percussions. These drums beat a measure that is very Jean-Michel Jarre, period Revolutions, which flirts between rock and trance where lays down a delicious organ layer and synth solos carved in nostalgia. From what I understand, "Orpheus" is the symphonic part of an album project called Orpheus that should have appeared in 2018. So, it's very orchestral and quite ambient. The sound and slow winged movement of the orchestrations remind me of Synergy, Games and even Sequencer. It's a solid contrast with the moods of HOPE which is in a pure Berlin School style with some genius rhythmic frameworks and a vintage tone in the synths, the sequencers and keyboards. In short, a superb album that continues where Wizard had brought us ... and even further. A very good return for Awenson!
Sylvain Lupari (April 22nd, 2019) ****¼*
Available at Groove NL
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Des phweuz électroniques ouvrent les territoires de "Us and You". Leurs résonnances émiettent de petits pads synthétisés, créant un vide intersidéral où les échos restent maitres de l'ouverture de ce premier titre offert par Awenson depuis la fin de Wizard. Une sinistre onde étend ses réverbérations d'où émerge un séquenceur lourd et battant une mesure de rock électronique sous de lentes vagues subversives du synthé et de ses effets patibulaires. Tout chamboule dans cette ouverture jusqu'à ce que le rythme du séquenceur dresse une structure fluide qui court avec de délicates nuances dans son axe rotatoire. La structure monte et descends, restant fidèle à ces innombrables solos de synthé qui sont la base de la MÉ des années analogues. Pépiements d'oiseaux électroniques et nappes discrètes entourent ces solos dont les harmonies restent les sujets de nos imaginations. C'est du pur Berlin School à l'ancienne qu'Awenson offre à nos oreilles avec son album retour HOPE. Absent de la scène musicale depuis les 9 dernières années, le musicien français Jöel Bernard a dû combattre ses démons avant de retrouver son équilibre nécessaire afin de poursuivre la conquête de nos oreilles entreprise en 2005 avec Shadows. Et "Us and You" reprend là où il avait laissé. Cette fois-ci, c'est avec le label Néerlandais Groove qu'Awenson tisse son retour (je me suis même laisser dire qu’un nouvel album était déjà en préparation) avec un album où le Berlin School cohabite avec les parfums de la French School, soit romance et cosmos dans les harmonies, qui tapissent ce premier titre nous introduisant à un très bel album (j'ai été très surpris je dois dire) dont Ron Boots a si bien su saisir toutes les nuances et dimensions dans un excellent mastering. Et s'il y a un titre qui pourrait démontrer les états d'âme d'Awenson au cours des dernières années, j'opterais pour la structure statique et pourtant tumultueuse de "Galactic Humanity". Ambiant, le rythme est structuré par des vagues souterraines dont les remous expulsent des effets ténébreux. L'émotivité, soufflé par d'innombrables solos et survols planés du synthé, est omniprésente avec une vision autant abyssale que théâtrale. Intense au niveau émotivité!
Des brises de l'Ouest étendent un climat chaleureux dans l'ouverture de "In the Heart of Love" qui est un long titre hypnotique où aucune des 20 minutes présentées ne paraît trop longue. L'ossature de rythme est construite sur 3 mouvements du séquenceur qui s'ajoutent à tour de rôle, chacun comblant l'imperfection de la précédente. L'effet est très séduisant et accroche instantanément. Cette symbiose inattendue donne un rythme fidèle à la tradition du Berlin School. Des pads orchestraux et des splash de bruits blancs contrôlent les ambiances qui s'embellissent par une tonalité organique d'une ligne de rythme et de cette 3ième avec ses arpèges vibrionnant de tons blanchâtres. Cette mise-en-scène profite aussi au synthé qui lance ces bons solos que l'on retrouve à la grandeur de HOPE. Les pads de bruines cosmiques font très Klaus Schulze, période Irrlicht. Le rythme s'évapore dans un passage ambiosphérique, un peu après les 8 minutes. Les arpèges continuent de scintiller comme des lucioles tonales dans une chorégraphie dont les mouvements répétitifs roulent en boucle rythmique dans les bancs de brume métallique des orchestrations d'éther. Et c'est le 2ième mouvement du séquenceur qui revient activer le rythme de "In the Heart of Love". Rythme qui qui est rejoint assez tôt par ces deux comparses du séquenceur, alors que les solos de synthé affluent avec la même passion et énergie qu'Awenson démontre depuis l'ouverture de HOPE. Le son est très vintage dans "Fly High" qui débute avec des nappes d'orgue chevrotant légèrement dans une ouverture où le cosmos flirte avec les abysses de la Terre. Des parfums chthoniens y règnent avec des ondes de voix limitrophes à ces ambiances. Des pulsations mordent nos oreilles après les 4 minutes, créant un rythme indécis dont les résonnances s'évaporent avec les ombres des voix. Un séquenceur émerge et son mouvement ascendant, dans le genre Berlin School, est vite harponnée par un barrage de percussions. Ces percussions battent une mesure qui fait très Jean-Michel Jarre, période Revolutions, qui flirte entre du rock et du trance où s'étend une délicieuse nappe d'orgue et des solos sculptés dans la nostalgie. De ce que je comprends, "Orpheus" est la partie symphonique d'un projet d'album intitulé Orpheus qui aurait dû paraitre en 2018. Donc, c'est très orchestral et assez ambiant. Le son et le lent mouvement ailé des orchestrations me font penser à du Synergy, périodes Games et même Sequencer. Ça détonne beaucoup avec la caractère de HOPE qui est dans le pur Berlin School avec des ossatures rythmiques tout à fait géniales et une tonalité vintage dans les synthés, séquenceurs et claviers. Bref, un superbe album qui continu là où Wizard nous avait amené…et même plus loin encore. Un très bon retour pour Awenson!

Sylvain Lupari 21/04/19

samedi 20 avril 2019

SON OF OHM: Paradigma (2019)

“Filled with perfumes of analog tones and with psychedelic vibes, Paradigma is another fine album from Son of Ohm who never stops to amaze with its sweet motorik beats”
1 Algorhythms 10:10
2 Cosmic Revival I 1:25
3 Pixies 11:49
4 Cosmic Revival II 1:38
5 Caravanserai 10:26
6 Cosmic Revival III 1:10

7 Spirit Flash 12:19
Son of Ohm Music (DDL 48:47)
(Analog EM with a bit of Krautrock)
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  **Chronique en français plus bas**
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Son of Ohm comes back to fill our ears with this good mix of Krautrock and Electronic in a 5th album called PARADIGMA. Involved in his projects from A to Z, Leonardo Wijma also draws these nice front artworks that still have a psychedelic aura which is also found in his music. Home product offered on his download platform, PARADIGMA is a well-made album with a pretty decent tone in 24Bits that allows us to discern the instruments used, although with EM we are sure of nothing! This last album of Son of Ohm offers a route of charms that we must collected as the 4 long titles are running. They deploy structures of ambient rhythms with a different approach between each. Structures that are in connection with the 3 other ones. In this new adventure, the one that was once Leonardo offers 7 structures, all well balanced at the level of length, which are linked in a mosaic filled with the vintage years' perfumes, with charming organic and cosmic tones whose pulsating rhythms create an addiction that we satisfy by discovering a little more the universes of Leonardo Wijma.
"Algorhythms" doesn't waste time before reaching the inexorable border where psybient, krautrock and EM coexist with all their discordant charms. A seductive organic tone from the sequencer forges some ample oscillations which make stumble a first line of rhythm in a burning rivulet of arpeggios vibrating of their strong static oscillations. A wave of mist covers this fascinating mesh. Bass sequences roll in loops in the background, while percussive elements hobble like wooden shoes a little drunk. A good bass runs 3 and 4 creeping notes and the guitar throws its kaleidoscopic circles. The circles turn into small solos and the effects are turning into the pace of a sequencer, whereas the rhythm of "Algorhythms" becomes a good retro Berlin School with a Mellotron and its perfumes of flutes. Are these sequences or riffs? This is one of the many charms of the world of Son of Ohm where everything can take the colors of his composer who never hesitates to show his great respect for the whirling and repetitive loops of Manuel Göttsching. The rhythm disjointed, like a spasmodic skeleton, attached to percussive sequences, the flute and its piercing songs, the breezes of guitar, and the waves of mist from a synth and of its astral threats; Leonardo Wijma balances a first title that requires a great exercise to our eardrums as the tones and their colors try to outwit two ears that should only focus on the listening. But it doesn't matter, "Algorhythms" puts us in confidence with an EM whose sonorous perfumes go back as far as the good period of Ashra, the first Klaus Schulze albums and the innovations on sequencers by Baumann & Franke. PARADIGMA proposes 4 long titles interspersed by 3 very short which are brief episodes based on the old cosmico-ambiant Berlin School. "Cosmic Revival I" thus presents a synth which illuminates the stars with a very Ashra sound on bass pulsations/sequences put in an ambient rhythm mode. "Pixies" gets grafting while embracing the remain of astral ashes. The rhythm is always ambient with a series of loops braided by a fusion of guitar and synth that hypnotically wave on the strata of a vampiric bass line. A sequencer invites itself to this sweet magnetizing trance by releasing keys whose diverging tonal colors go very well with this cosmic decoration. A rhythmic disorder settles down with the sweeping stubborn reverberant waves, causing "Pixies" to extinction. Its last breaths are from a very Klaus Hoffmann-Hoock guitar and sail towards the ambient and pulsating rhythm of "Cosmic Revival II" which proposes more seraphic songs of astral flutes than in "Cosmic Revival I".
This short moment prepares the arrival of the very good "Caravanserai". A title that one hooks onto from the first listen. The rhythm is quiet and pulses through nice harmonies, tinted with Arabic perfumes, and an organ which benefits from the seraphic sweetness of the sequencer. Guitar riffs fall, awakening synth pads that hatch with an iridescent color. The guitar produces riffs in series, while the setting intensifies its preference for psychedelia. Reverberation waves follow the evolution of the riffs which also receive the support of the sequencer. A great motorik beat is getting on, bringing "Caravanserai" on a hypnosis track where the light Arab perfumes take all the place by good harmonious solos of synth (or guitar) in mode 70's. A very good passage that returns to its bed of moods and rhythmic hesitations of its opening. The keyboard and the organ are small wonders in this transitional phase where guitar riffs become support elements. "Cosmic Revival III" hovers in cosmic atmospheres of the analog time, with also some organic threads (like gurgles of amphibians). The very powerful "Spirit Flash" arrives then in our eardrums! From the last breaths and breezes of "Cosmic Revival III" emerges another reverb wave from which a plethora of strange tones emerge. A jerky rhythm, a bit nasal flute, deploys its orchestral effects in a sort of cemetery garnished of muted knocks and chants of ectoplasms. Little by little, the rhythm feeds on vivacity when the dull blows become frank blows sounding like hooves on concrete. This delightfully bewitching rhythm bears this series of riffs became very melodious, while the roaring organ layers spread sound carpets which look (or sound) like the different paths in a columbarium. The winds howl timidly, carried away by these funereal chants of a Mellotron (or organ) which rooted the analog approach of the 4 long musical sites of PARADIGMA.
A very beautiful album from Son of Ohm, PARADIGMA is got to be added to a discography full of very good albums from the Netherlands musician. For a little that we love these charms of an EM drenched in psybient and animated with motorik rhythms for Zombies marinated in THC, this album is a necessity. Like all the albums of Son Of Ohm by the way! Simply very good!
Sylvain Lupari (April 19th, 2019) *****
Available at Son of Ohm's Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Son of Ohm revient remplir nos oreilles de ce bon mélange de Krautrock et d'Électronique dans un 5ième album intitulé PARADIGMA. Impliqué dans ses projets de A à Z, Leonardo Wijma dessine aussi ces belles pochettes qui possèdent toujours une aura psychédélique que l'on retrouve aussi dans sa musique. Produit maison offert sur sa plateforme de téléchargement, PARADIGMA est un album bien réalisé avec une belle tonalité en 24Bits qui nous permet de bien discerner les instruments utilisés, quoiqu'avec la MÉ on ne soit sûr de rien! Ce dernier album de Son of Ohm offre un parcours de charmes qu'il faut amasser au fur et à mesure des 4 longs titres qui déploient des structures de rythmes ambiants avec une différente approche, en lien avec les 3 autres structure, entre chaque. Dans cette nouvelle aventure, celui qui fut autrefois Leonardo propose 7 structures, tous assez bien balancées au niveau temps, qui sont attachées dans une mosaïque remplie des parfums des années vintages, de charmantes tonalités organiques et cosmiques dont les rythmes pulsatoires créent une dépendance que l'on assouvie en découvrant toujours un peu plus les univers de Leonardo Wijma.
"Algorhythms" ne perd pas de temps avant d'atteindre l'inexorable frontière où le psybient, le krautrock et la MÉ cohabitent de tous leurs charmes discordants. Une séduisante tonalité organique du séquenceur forge d'amples oscillations qui font tituber une première ligne de rythme dans un ruisselet ardent d'arpèges vibrionnant de leurs vives oscillations statiques. Une onde de brume recouvre cet étonnant maillage. Des basses séquences roulent en boucles en arrière-plan, alors que des éléments percussifs clopinent comme des sabots de bois un peu ivres. Une bonne basse coule 3 et 4 notes rampantes et la guitare lance ses cercles kaléidoscopiques. Les cercles tournent un petits solos et les effets deviennent le pas du séquenceur, alors que le rythme de "Algorhythms" devient du bon Berlin School rétro avec un Mellotron et ses parfums de flûtes. Sont-ce des séquences ou des riffs? C’est l'un des charmes de l'univers de Son of Ohm où tout peut prendre les couleurs de son compositeur qui n'hésite jamais à afficher son grand respect pour les boucles tournoyantes et répétitives de Manuel Göttsching. Le rythme décousu, comme un squelette spasmodique, fixé à des séquences percussives, la flûte et ses chants perçants, la guitare et les ondes de brume, le synthé et ses menaces astrales; Leonardo Wijma nous balance un premier titre qui demande un gros exercice à nos tympans tant les tons et leurs couleurs tentent de déjouer deux oreilles qui devraient seulement se concentrer sur l'écoute. Mais peu importe, "Algorhythms" nous met en confiance avec une MÉ dont les parfums sonores remontent aussi loin que la bonne période d'Ashra, des premiers Klaus Schulze et des innovations sur séquenceurs par Baumann & Franke. PARADIGMA propose 4 longs titres entrecoupés par 3 très courts qui sont de brefs épisodes sur le vieux Berlin School cosmique. "Cosmic Revival I" présente ainsi un synthé qui illumine les astres avec un son très Ashra sur des basses pulsations/séquences en mode rythme ambiant. "Pixies" se greffe tout en épousant ses cendres astrales. Le rythme est toujours ambiant avec une série de boucles tressées par une fusion de guitare et synthé qui ondulent hypnotiquement sur les nappes d'une ligne de basse vampirique. Un séquenceur s'invite à cette douce transe magnétisante en libérant des ions dont les divergentes couleurs tonales vont très bien avec ce décor cosmique. Un désordre rythmique s'installe avec les balayements de tenaces ondes réverbérantes, entraînant "Pixies" vers son extinction. Ses derniers souffles sont d'une guitare très Klaus Hoffmann-Hoock et voguent vers le rythme ambiant et pulsatoire de "Cosmic Revival II" qui propose des chants plus séraphiques de flûtes astrales que dans "Cosmic Revival I".
Ce court moment prépare l'arrivée du très bon "Caravanserai". Un titre qui accroche dès la première écoute. Le rythme est tranquille et pulse à travers de belles harmonies, teintées de parfums arabes, d'un orgue qui profite de la douceur séraphique du séquenceur. Des riffs de guitare tombent, éveillant des pads de synthé qui éclosent avec une couleur irisée. La guitare produit des riffs en série, alors que le décor intensifie sa préférence pour du psychédélisme. Des ondes de réverbérations suivent l'évolution des riffs qui reçoivent aussi l'appui du séquenceur. Un fabuleux rythme motorique s'installe, amenant "Caravanserai" sur une piste d'hypnose où les légers parfums arabes prennent toute la place par de bons solos harmonieux de synthé (ou guitare) en mode des années 70. Un très bon passage qui retourne à son lit d'ambiances et d'hésitation rythmique de son ouverture. Le clavier et l'orgue font des petites merveilles dans cette phase transitoire où les riffs de guitare deviennent des éléments de support. "Cosmic Revival III" plane dans des atmosphères cosmiques du temps de l'analogues, avec aussi des filaments un peu organiques (genre gargouillements de batraciens). Le très puissant "Spirit Flash" débarque alors dans nos tympans! Des derniers souffles et brises de "Cosmic Revival III" nait une autre onde réverbération d'où sort une pléthore de bruits étranges. Un rythme saccadé, un brin flûte nasillarde, déploie ses effets orchestraux dans un genre de cimetière garni de coups sourds et de chants d'ectoplasmes. Peu à peu, le rythme se nourrit de vivacité lorsque les coups sourds deviennent des coups francs sonnant comme des sabots sur du ciment. Ce rythme délicieusement ensorcelant porte cette série de riffs devenus très mélodieux, alors que les nappes d'orgue grondantes étendent des tapis sonore qui ressemble aux différents chemins dans un columbarium. Des vents hurlent timidement, emportés par ces chants funèbres d'un Mellotron (ou orgue) qui enracine l'approche analogue des 4 longs chantiers musicaux de PARADIGMA.
Un très bel album de Son of Ohm, PARADIGMA s'ajoute à une discographie jalonnée de très bons albums du musicien Néerlandais. Pour un peu que l'on aime ces charmes d'une MÉ trempée dans du psybient et animée de rythmes motoriques pour Zombies marinées au THC, cet album est une nécessité. Comme tous les albums de Son Of Ohm en passant! Simplement très bon!

Sylvain Lupari 19/04/19

jeudi 18 avril 2019

MASSERGY: Fire Opal (2019)

“When acoustics and electronics merge in symbiosis it gives unique moments of a surprising beauty, like here”
1 Vinesong 3:21
2 The Shepherdess 10:24
3 Lunar Cinema 6:25
4 Cold White Smoke 17:57
5 Fire Opal 17:17
6 El Viajero 5:25

7 La Extraña 9:25
SPM-3901 (CD/DDL 70:13)
(Ambient acoustic & electronic)
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  **Chronique en français plus bas**
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Another new name in the Spotted Peccary team! Massergy is the project of the American musician Eric Jensen, who lives in Austin, Texas. He has 5 albums to his credit and this 5th is the first to be released through the American label. Recorded mainly in the middle of the night with guitars and synths, without software or plug-ins, and a panoply of acoustic instruments, such as a great bass, percussions and flutes, FIRE OPAL takes us into an ambient territory with music that flirts with the roots of Jazz and Blues in a sanitized envelope built around the multiple dimensions of a conventional synthesizer. Creative, Eric Jensen weaves his rhythms with series of riffs and finger pickings that roll like the fruits of a sequencer, whereas there is none on FIRE OPAL. The synth shares its layers of mist and its organ tones with thin lines of voices and tender orchestrations with a such a nice melodious fingering, most of the melodies are very melancholy, that we easily mixed up easily to acoustic instruments. I'm mostly thinking here of flutes. FIRE OPAL is derived from Mexican folklore and is referred to as a stone that has healing and protective powers for those who bear it. For Spotted Peccary, it is a new sound dimension that goes in their vast catalogue and gives even more depth to this label that is constantly diversifying. In spite of the particular contexts of the recording, the sound esthetics is with the rendezvous with a good mastering from Howard Givens. Available for download and in CD format, the opus is wrapped in a nice 4-panel digipack presentation with a cover that does not reflect the nocturnal essence of an album that will require some listening, which I needed, so to grasp its full dimension.
The adventure starts with the words of an acoustic guitar left in the light of the night. The guitar is elegant with a somewhat sad approach where the echoes of the strings tremble in the light rays of synth mist. We can easily imagine Eric Jensen, alone on his veranda at night, scratching his guitar while getting carried away in order to scratch furiously the soft strings of his acoustic guitar. From soft to hard and catchy, the acoustic aubade is haloed of orchestrations and layers of sibylline voices that Massergy will add later. Short, "Vinesong" leaves an interesting business card to the listener who is not quite at the end of his surprises here. There is no sequencer in this album! And yet, the opening of "The Shepherdess" sows doubt. A repetitive suite of finger pickings sculpts a rhythmic structure, a bit like a sequencer, with semi riffs dancing fluidly in the depths of synth layers which are galvanized with pastoral atmospheres. If one discerns a little better the work of the guitar, a line of bass and a tone of organ give a mystical cachet to these atmospheres which take control of the music a little after the 3 minutes. From this moment on, the approach becomes much more seraphic with thin lines of voices coming of astral goddesses which melt in the long organ tones moaning with a subtle sonic fluid of the synth. The guitar regains its rights in this ambiospherical phase with a well-drawn bass line which tries to bring its musical partner in a duet against more anesthetic layers. This duo embraces a more cosmic phase before "The Shepherdess" gathers its chords which have jumped with fluidity in its opening. Here you have the main ingredients and the evolutionary approach in the composition style of Massergy that intersperse on his first album on Spotted Peccary. "Lunar Cinema" is a more meditative title, and especially more electronical, with a synth line moaning like a saxophone charming the night and its stars. We have reached now the core of FIRE OPAL...
After having pierced a wave of winds and reverberations, "Cold White Smoke" frees the guitar which sculpts its riffs and whose ascending movement accompanies a cavalry of bells ànd their delicate and harmonious clinkings. In the background, the synth throws sound filaments that unfurl like white ink slides in the darkness of the night. In fact, this title breathes more the beauties of the day than the mysteries of the night. Even if a rhythmic structure with a slightly sneaky air strides the panorama. The first part proposes a rhythm decorated with elements of atmospheres, whereas the 2nd part offers elements of ambiances decorated with effects and solos of guitars which are abandoned to the night. Percussive elements tingle by adding a spectral vision, making a counterweight with the sustained rhythm of the beginning which beat on the vibrations of the bass. Organ layers float in the background, preparing the return of the rhythm which has animated the opening of "Cold White Smoke". The long title-track takes back the navigation of synth waves with tonal colors of organ and of an ectoplasmic dialect. This more complex title and the less accessible in FIRE OPAL offers an opening with ambiences of a night offered to hell. Guitar and synth layers unite their Mephistophelic visions with nice abyssal colors that join the long roars of ambient drones and its sonic eyes full of threats. It's a very dark title, with some elements of tenderness that balk here and there, but not enough to remove of "Fire Opal" its veil of this night offered to the darkness. Behind long laments with dark feelings stretched to the maximum, "El Viajero" offers another semi ballad for acoustic guitar. Softer and more nostalgic than "Vinesong", the acoustic guitar scatters its notes in synth shrouds, from which the orchestral arrangements draw a few sighs in a neglected soul, and murmurs of a voice that one would like to be the accomplice of our nights. "La Extraña" goes out of tune in this environment where the electronics coexist equitably with the acoustics by proposing a slow title, almost an ambient blues. The bass line is ubiquitous with long notes all dressed of blues which sound as if one hears a double bass. The keyboard chords are falling into the sinister ambience woven by the organ tones of the synth with a tonal color that is pretty like Pink Floyd's, and the guitar lays down solos which seem unfinished and have the blues to the soul. This is one of the titles in FIRE OPAL that asked me a few listening, the same goes to the title-track, but in the end, I enjoyed this union of electronic and acoustic from Massergy. A nice and fascinating discovery from Spotted Peccary.
Sylvain Lupari (April 18th, 2019) ***½**
Available at Spotted Peccary's Web Shop
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Autre nouveau nom dans l'écurie Spotted Peccary, Massergy est le projet du musicien américain Eric Jensen, qui habite Austin au Texas. Il compte 5 albums à son actif et ce 5ième est le premier à voir le jour par le biais du label Américain. Enregistré principalement en pleine nuit avec des guitares, des percussions et des synthés, sans logiciels ni plug-ins, et une panoplie d'instruments acoustiques, comme les flûtes et une très bonne basse, FIRE OPAL nous amène dans un territoire ambiant avec une musique qui flirte avec les racines du Jazz et du Blues dans une enveloppe aseptisée par les multiples dimensions d'un synthétiseur conventionnel. Créatif, Eric Jensen tisse ses rythmes avec des séries de riffs et de finger pickings qui roulent comme les fruits d'un séquenceur, alors qu'il n'y en a aucun sur FIRE OPAL. Le synthé partage ses nappes de brume et ses tons d'orgue avec des filets de voix et de tendres orchestrations avec un beau doigté mélodieux, pour la plupart très mélancolique, que l'on confond aisément à des instruments acoustiques. Je pense ici aux flûtes. FIRE OPAL est tiré du folklore mexicain et est désigné comme étant une pierre qui aurait des pouvoirs de guérison et de protection à celui qui la porte. Pour Spotted Peccary, c'est une nouvelle dimension sonore qui s'ajoute et qui donne encore plus de profondeur à ce label qui se diversifie constamment. Malgré les contextes particuliers de l'enregistrement, l'esthétisme sonore est au rendez-vous avec un bon mastering d'Howard Givens. Offert en téléchargement et en format CD manufacturé, l'opus est enveloppé dans une belle présentation digipack à 4 côtés avec une pochette qui reflète peu l'essence nocturne d'un album qui demandera quelques écoutes, ce dont j'ai eu besoin, afin de saisir toute sa dimension.
L'aventure démarre avec les mots d'une guitare acoustique laissés dans les lueurs de la nuit. La guitare est élégante avec une approche un peu triste où les échos des cordes tremblent dans les légers rayons de brume du synthé. On peut aisément imaginer Eric Jensen, seul sur sa véranda la nuit, gratter sa guitare tout en s'emportant afin de gratter furieusement les tendres cordes de sa guitare acoustique. De doux à dur et entrainant, l'aubade acoustique se nimbe d'orchestrations et de nappes de voix sibyllines que Massergy ajouteras plus tard. Court, "Vinesong" laisse une carte de visite intéressante à l'auditeur qui n'est pas encore tout à fait au bout des surprises. Il n'y a pas de séquenceur dans cet album! Et pourtant, l'ouverture de "The Shepherdess" sème le doute. Une suite répétitive de finger pickings sculpte une structure rythmique, un peu comme un séquenceur, avec des semi riffs dansant avec fluidité dans les profondeurs des nappes d'un synthé qui se galvanise avec des ambiances pastorales. Si on discerne un peu mieux le travail de la guitare, une ligne de basse et une tonalité d'orgue donnent un cachet mystique à des ambiances qui prennent le contrôle du cadran un peu après les 3 minutes. Dès cet instant, l'approche devient nettement plus séraphique avec des filets de voix de déesses astrales qui se fondent dans les longues tonalités d'orgue gémissant avec un subtil fluide sonique du synthé. La guitare reprend ses droits dans cette phase ambiosphérique avec une ligne de basse bien dessinée qui tente d'amener sa comparse musicale dans un duo contre des nappes plus anesthésiantes. Ce duo embrasse une phase plus cosmique avant que "The Shepherdess" rassemble ses accords qui sautaient avec fluidité dans son ouverture. Vous avez ici les principaux ingrédients et l'approche évolutive dans le style de composition de Massergy qui jalonnent son premier album sur Spotted Peccary. "Lunar Cinema" est un titre plus méditatif, et électronique surtout, avec une ligne de synthé gémissant comme un saxophone en train de charmer la nuit et ses étoiles. Nous arrivons dans le cœur de FIRE OPAL…
Après avoir percé une onde de vent et de réverbérations, "Cold White Smoke" libère la guitare qui sculpte ses riffs dont le mouvement de galop ascensionnel accompagne une cavalerie de clochettes aux tintements délicats et harmonieux. Tout en arrière-plan, le synthé lance des filaments sonores qui se déploient comme des coulisses d'encre blanche dans l'obscurité de la nuit. En fait, ce titre respire plus les beautés du jour que les mystères de la nuit. Même si une structure de rythme avec un air légèrement sournois en arpente le panorama. La 1ière partie propose un rythme orné d'éléments d'ambiances, alors que la 2ième offre des éléments d'ambiances ornés d'effets et de solos de guitares qui sont abandonnés à la nuit. Des éléments percussifs tintent en ajoutant une vision spectrale, faisant un contrepoids avec le rythme soutenu du début qui battait sur les vibrations de la basse. Des nappes d'orgue flottent dans le fond, préparant le retour du rythme qui animait l'ouverture de "Cold White Smoke". La longue pièce-titre reprend la navigation des ondes de synthé aux couleurs tonales d'orgue et de dialecte ectoplasmique. Ce titre plus complexe et le moins accessible de FIRE OPAL propose une ouverture avec des ambiances d'une nuit offerte aux enfers. Des strates de guitare et de synthé unissent leurs visions méphistophéliques avec des couleurs abyssales qui se joignent aux longs râlements de drones ambiants et de ses regards soniques pleins de menaces. C'est un titre très sombre, avec quelques éléments de tendresse qui rechignent ici et là, mais pas assez pour enlever à "Fire Opal" son voile de cette nuit offerte aux ténèbres. Derrière de longues complaintes aux sombres sentiments étirés au maximum, "El Viajero" propose une autre semi ballade pour guitare acoustique. Plus douce et plus nostalgique que "Vinesong", la guitare acoustique éparpille ses notes dans des linceuls de synthé, dont les arrangements orchestraux soutirent quelques soupirs chez une âme délaissée, et des murmures d'une voix que l'on voudrait complice de nos nuits. "La Extraña" détonne dans cet environnement où l’électronique cohabite équitablement avec l'acoustique en proposant un titre lent, quasiment un bleues ambiant. La ligne de basse est omniprésente avec de longs notes toutes de bleues vêtues qui sonnent comme si on entendait de la contrebasse. Les accords de clavier tombent dans cette sinistre ambiances tissée par les teintes d'orgue du synthé avec une couleur tonale qui fait assez Pink Floyd, et la guitare pond des solos qui semblent inachevés et qui ont du bleues à l'âme. C'est un des titres dans FIRE OPAL qui m’a demandé quelques écoutes, ici comme sur la pièce-titre, mais au final, j'ai bien aimé ce mariage électronique/acoustique de Massergy. Une belle, et étonnante, découverte de Spotted Peccary.
Sylvain Lupari 18/04/19

mardi 16 avril 2019

ANDY PICKFORD: Biosphere (2019)

“Without a doubt, the best Andy Pickford album since his comeback in 2015!”
1 Biosphere Part 1 8:55
2 Biosphere Part 2 7:31
3 Biosphere Part 3 9:15
4 Biosphere Part 4 11:09
5 Biosphere Part 5 13:51

6 Biosphere Part 6 9:31
Andy Pickford Music (DDL 60:15)
(England School & Electronica)
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  **Chronique en français plus bas**
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The prolific Andy Pickford is back with an album, no 2 or 3 CD pack this time, which brings us with the illustrious past of the one who gave several genius shots to EM of ambient style, England School and psychedelic-progressive, especially with Binar and Spank the Dark Monkey, over his long career. The friendly English musician has delivered colossal works since 2016, either since Adagiometry. It's therefore with a certain surprise that this BIOSPHERE arrives in a 60-minute edition. But screw your hat to your head because it's very big Andy Pickford that attacks our ears. Even with its 6 paintings, the BIOSPHERE music flows into a long musical saga where peaks of intensity, moments of shivers and explosions of different angles of EM are hidden without being expected, except for these emotional orchestral rides. From good English rock to Electronica, to symphonic rock and movie music, BIOSPHERE is an EM cocktail that reminds me of the best moments, and they are many, of Binar. Offered in 24 Bits, or 16 Bits in a single mosaic without titles, this last album of AP is undoubtedly the one that his fans of the first hour have waited for a long time. Colossal, creative, melodious, rhythmic and indescribable!
It's on dusts of tinkling that chords glide sharply like these graceful and fluid aquatic movements of those insects skating on ice over the introductory surface of "Biosphere Part 1". These arpeggios advance and change direction with jolts under the caresses of the slow winged movements of the chloroform layers. The first percussions that fall make ringing sounds, so the second ones infuse tonus and structure a slow up-tempo mired in the slowness of the lazy and atmospheric layers. A melody emerges and weaves little by little its seductive earworm, which is almost invisible, but which makes its way through a panorama adorned by effects of DJ and of Breakdance. Still unconvincing, the rhythm remains nevertheless lively in a choir of violins singing with dance-music clothes unique to AP's signature. Two lines of melody navigate in the musical envelope of "Biosphere Part 1" which continues to skip until its sequences dance alone in the wake of a supersonic plane taking off on a tarmac of soft voices and effects of voices which are hanging out, like in the good times of Binar... And bang! An explosion, sonic cloud residues and electronic chirps (I'm on a Mexican Radio from Wall Of Voodoo) open up the ambiences of "Biosphere Part 2". A mass of hollow winds exports these babbles and other electronic noises to a semblance of static rhythm which oscillates with the fervor of noisy breaths. The winds become dominant, creating an ambient-spherical canvas where layers of chthonic voices, enveloping waves from a synth and of its bank of sound effects, always well arranged to the moods of each title here, get grafted to BIOSPHERE.
The winds are howling up to the territories of "Biosphere Part 3". Percussive chords sounding like bells and a line of sequences hopping eagerly greet our ears. As well as a melody blown in a felted effect! The sequences unfold their stroboscopic filaments where very discreet fuzz-wah-wah bring us back in disco with a tune forgotten in the 70's. The melody is very dominant on this 3rd act. Built in an evolutionary model, it becomes more and more carved. And this time it's by the synth, adding a more and more melodious weight to "Biosphere Part 3". The percussions are slamming and the sequencer frees a bank of keys vibrating with fervor, but the rhythm is surrounded by Babylonian orchestrations whose Arabian tunes add a cinematic vision to a structure that reaches a level of intensity that was felt to overflow since the third 3 minute. "Biosphere Part 4" chews our ears with a 9-minute clanic dance and hand percussions which beat and roll nervously on a bed of routed orchestrations. A line of quavering sound effects, a line of nervous sequences, jerky voice effects and some more punchy percussions converge on a meeting point while "Biosphere Part 4" goes into an Electronica mode, Eastern tribal dance section. The rhythm is contagious, and the sound envelope is fed by a stride of effects and of adjacent beats which culminate in a furious electronic rock worthy of the best moments of AP. The moods calm down in the reverberating waves which are flowing down to "Biosphere Part 5". Dull thumps and distortions make this opening full of creaking noises and of ectoplasmic layers that merge into orchestrations whose origins have yet to be defined. Our ears are in wait and the orchestrations are more and more sibilant while the layers of voices take a chthonian passage. There, the sequences sparkle as if we had just opened a treasure box of sounds! A line is formed and makes spin some hypnotic tendrils in this heavenly setting where a trembling voice whispers a Berber incantation. Various sonic and rhythmic elements confluence towards this circular structure where the lair of madness is measured by the dull blows and the endless whirlpools that shake the last minutes of this long title which decreases its level of intensity to cross the threshold of "Biosphere Part 6". The sequences continue to spin into small magnetizing kaleidoscopes, while the layers of voices meet these orchestrations that soothe the senses. There is a dreamlike sweetness in this opening that throbs continuously up until pouring itself into a heavy and slow symphonic rock that puts an end to BIOSPHERE. Without a doubt, the best Andy Pickford since his comeback in 2015!

Sylvain Lupari (April 16th, 2019) ****½*
Available at Andy Pickford's Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Le prolifique Andy Pickford est de retour avec un album, simple cette fois-ci, qui nous recolle avec l'illustre passé de celui qui a donné plusieurs coups de génie à la MÉ de style ambient, England School et psychédélique-progressive, notamment avec Binar et Spank the Dark Monkey, au fil de sa longue carrière. Le sympathique musicien anglais nous a livré des œuvres colossales depuis 2016, soit depuis Adagiometry. C'est donc avec une certaine surprise que ce BIOSPHERE nous arrive en une édition de 60 minutes. Mais attachez votre tuque, car c'est du très grand Andy Pickford qui attaque nos oreilles. Même avec ses 6 tableaux, la musique de BIOSPHERE coule en une longue saga musicale où les pointes d'intensité, les moments de frissons et les explosions vers différents angles de la MÉ se cachent sans qu'on s'y attende, sauf pour ces chevauchées orchestrales émotives. Du bon rock anglais à de l'Électronica en passant par du rock symphonique et des montages pour musique de films, BIOSPHERE est un cocktail de MÉ qui me fait penser aux meilleurs moments, et ils sont nombreux, de Binar. Offert en 24 Bits, ou en 16 Bits dans une seule mosaïque sans titres, ce dernier album d'AP est sans doute celui que ses fans de la première heure n'attendaient plus. Colossal, créatif, mélodieux, rythmique et indescriptible!
C'est sur des poussières de tintements que des accords glissent vivement comme ces gracieux et fluides mouvements aquatiques des gerris sur la surface introductive de "Biosphere Part 1". Ces arpèges avancent et changent de direction par secousses sous les caresses des lents mouvements ailés des nappes chloroformiques. Les premières percussions qui tombent font résonner des cliquetis, alors les deuxièmes insufflent du tonus et structurent un lent up-tempo embourbé dans la lenteur des nappes oisives et atmosphériques. Une mélodie émerge et tisse peu à peu son séduisant ver-d'oreille qui est quasiment invisible mais qui fait drôlement son chemin au travers un panorama orné par des effets de DJ et de Breakdance. Toujours pas convaincant, le rythme reste néanmoins entraînant dans une chorale de violons qui chantonnent dans des habits de dance-music uniques à la signature d'AP. Deux lignes de mélodie naviguent dans l'enveloppe musicale de "Biosphere Part 1" qui continue de sautiller jusqu'à ce que ses séquences dansent en solitaire dans le sillon d'un avion supersonique décollant sur un tarmac de voix molles et d'effets de voix qui traînassent comme dans les bons moments de Binar... Et bang! Une explosion, des résidus de nuage sonique et des gazouillis électroniques (Mexican Radio de Wall Of Voodoo) ouvrent les atmosphères de "Biosphere Part 2". Une masse de vents creux exportent ces babillages et autres bruits électroniques vers un semblant de rythme statique qui oscille avec la ferveur des respirations bruiteuses. Les vents deviennent dominants, créant une toile ambiant-sphérique où se greffent des nappes de voix chthoniennes et des ondes enveloppantes d'un synthé et de sa banque d'effets sonores toujours bien agencés aux ambiances de chaque titre dans BIOSPHERE.
Les vents hurlent jusque dans les territoires de "Biosphere Part 3". Des accords percussifs sonnant comme des cloches et une ligne de séquences sautillant vivement accueillent nos oreilles, de même qu'une mélodie soufflée dans un effet feutré. Les séquences déploient leurs filaments stroboscopiques où transitent des fuzz-wah-wah très discrets d'un titre disco oublié dans les années 70. La mélodie est très dominante sur ce 3ième acte. Calquée dans un modèle évolutif, elle devient de plus en plus découpée, cette fois-ci c'est par le synthé, ajoutant un poids de plus en plus mélodieux à "Biosphere Part 3". Les percussions claquent et le séquenceur libère une banque d'ions qui vibrionnent avec ferveur, mais le rythme est cerné par des orchestrations babyloniennes dont les airs Arabes ajoutent une vision cinématographique à une structure qui atteint un niveau d'intensité que l'on sentait déborder depuis les 3 minutes. "Biosphere Part 4" mastique nos oreilles avec un 9 minutes de danse clanique et des percussions manuelles qui roulent nerveusement sur un lit d'orchestrations en déroute. Une ligne d'effets sonores chevrotant, une ligne de séquences nerveuses, des effets de voix saccadés et des percussions plus nourries convergent vers un point de rencontre alors que "Biosphere Part 4" se met en mode Électronica, section danse tribale orientale. Le rythme est contagieux et l'enveloppe sonore est alimentée par une foulée d'effets et de rythmes adjacents qui culminent vers un furieux rock électronique digne des meilleurs moments d'AP. Les ambiances se calment dans des ondes de réverbérations qui se jettent dans "Biosphere Part 5". Des cognements sourds et des distorsions engraissent cette ouverture remplie d'effets de bruits grinçants et de nappes ectoplasmiques qui se fondent dans des orchestrations dont les origines restent à définir. Nos oreilles sont en attentes et les orchestrations sont de plus en plus sifflantes alors que les nappes de voix empruntent un passage chthonien. Là, des séquences scintillent comme si on venait d'ouvrir un coffre à trésors soniques! Une ligne se forme et tournoie en vrille hypnotique dans ce décor paradisiaque où une voix tremblante chuchote une incantation berbère. Divers éléments sonores et rythmiques confluent vers cette structure circulaire où l'antre de la folie se mesure par les coups sourds et ces tourbillons sans fin qui secouent les dernières minutes de ce long titre qui diminue son niveau d'intensité afin de franchir le seuil de "Biosphere Part 6". Les séquences continuent de tournoyer en de petits kaléidoscopes magnétisants, alors que les nappes de voix rencontrent ces orchestrations qui apaisent les sens. Il y a une douceur onirique dans cette ouverture qui palpite continuellement jusqu'à se verser dans un lourd et lent rock symphonique qui met un terme à BIOSPHERE. Sans nul doute, le meilleur Andy Pickford depuis son retour!

Sylvain Lupari 16/04/19

dimanche 14 avril 2019

INDRA: Archives-Platinum Two (2016)

“Like it or not, Indra is a phenomenon like Klaus Schulze and like him, his albums always have something attractive to put between the ears”
1 Meteor 29:20
2 From Beyond 31:11

3 In the Sky (excerpt) 16:12
Indra Music (CD-R/DDL 76:44)
(Roumanian School)
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  **Chronique en français plus bas**
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Unlike Platinum One, whose music dates back to 2005, this PLATINUM TWO is an album that brings us closer and closer to the contemporary musical visions of the Romanian synthesist who offers a music composed and recorded around 2013. This album offers 3 long evolutionary intra-sensory journeys with minimalist structures which are mature to welcome the fruits of Indra's creativity.
"Meteor" begins with the chant of a nightingale stuck inside a synth which makes cooing its harmonious circles into hypnotic loops. Percussive elements make rattling their metal tone which resonates among cosmic effects and other effects with tones a bit organic. This introduction is full of a very diverse sound fauna, a new element of tonal richness in Indra's contemporary universe. A line of bass sequences pulsates its keys which jump with a tonal gradation that intensifies more and more with the company of a huge mass of atmospheric layers, worthy of the beautiful years of ether of Klaus Schulze. Deaf knocks modify the harmonic race of the cooing while the latter disappear more and more, leaving the way to cicadas playing castanets. This staging serves the cause of synths which extend as many veils of mists as faded voices, as well as good solos that sound like in the In Blue period. The rhythm is ambient and circular, and each muted knock brings a new element in the progression of "Meteor". The electronic drum structures a morphic electronic rock that is covered with pads of voices and of ether. Strangely, the chant of the electronic nightingale reappears, as does an elven voice that spreads its murmurings in the axes of clinking hoops and on the bed of seductive other percussive effects. Sequence lines are working like flights of bees preparing to leave the hive. And "Meteor" flies on a spasmodic movement where the sequences are buzzing around a rhythm always well surrounded by a good creativity at the level of percussions. The effect is of rhythmic jerks with percussions that sound like anvils and a stroboscopic aura that links the lines of rhythms into a convulsive swarm. The solos are radiating over this rhythm, which also changes its nuances after other dull knocks to exile towards a hymn of rock dance decorated with a pretty beautiful melody that hums like hummingbirds excited in unison. The movement is calm and offers a good Berlin School where nestle this opening melody that has so often change of octaves and of skins in this seductive evolution of "Meteor".
A wide layer of serenity unrolls the first moments of "From Beyond" which multiplies its celestial waves and whose pile draws a dense sonic veil flagellated by whistling shooting stars. Opaque and frozen in its status as ambient music, the structure begins to give signs of life with jerky lines which float with sparkles in what is now described as a large lake in suspension and whose water is poured in strata of fine orchestrations. The sound effects annoy a little, because the movement, and its lunar orchestrations, is of a tenderness to cry the stars which is watching over it. But they are not there for nothing! They awaken the percussions by infusing tones and musicality to an amphibian song that uses percussion to modulate its creepy charms. This strange fusion gives strong moments, like those synth tunes which multiply the chills while gently "From Beyond" awakes to flee its torpor in powerful arrangements and a soft rhythm well chewed by percussions. The orchestrations are dominant and incredibly enveloping throughout the 31 minutes of this title which has managed to evolve effectively in its slow awakening but very well calculated. A very big title of Indra! After a slow Pharaonic intro, "In the Sky (excerpt)" starts with a rhythm sculpted by sequences linked in series of riffs. Sumptuous orchestral pads, present from the first moments, encapsulate this ambient rhythm designed for neurons, but not bad for the fingers, until percussive sequences jump from one ear to another. This rhythm without really destiny moves our fingers a little, until it is swallowed by an area of effects and shimmers. It returns to finish "In the Sky (excerpt)", of which we only hear an excerpt. I would like to hear more ...
Like it or not, Indra is a phenomenon like Klaus Schulze! The differences are the era for one, the Romanian musician arrived on the chessboard in the early 90's while the use of hardware synths was in full swing, and the commercial vision clearly deficient in Romania where the artist began exporting of his works a dozen years later. But for the rest, Indra is a ball of creativity as was Klaus Schulze in his good years. A ball that contracts and dries out its energy since the end of this series, apart from a last album in 2016 with the conclusion of the Tantric Celebration series in 2016. Where am I going? Nowhere! I just said that Indra is a phenomenon like Klaus Schulze and as with the latter, his albums always have something attractive to put between the ears.
Sylvain Lupari (April 14th, 2019) ***¼**
Available at Indra's Bandcamp
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                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Contrairement à Platinum One, dont la musique remontait autour de 2005, ce PLATINUM TWO est un album qui nous rapproche de plus en plus des visions musicales contemporaines du synthésiste Roumain qui offre une musique composée et enregistrée autour de 2013. L'album propose 3 longs voyages intra sensoriels évolutifs avec des structures minimalistes qui sont mûres afin d'accueillir les fruits de la créativité d'Indra.
"Meteor" débute avec le chant d'un rossignol coincé à l'intérieur du synthétisé qui fait roucouler ses cercles harmonieux en boucles hypnotiques. Des éléments percussifs font cliqueter leur tonalité de métal qui résonne parmi des effets cosmiques et autres effets avec des tonalités un brin organique. Cette introduction regorge d'une faune sonore très diversifiée, un nouvel élément de richesse tonale dans l'univers contemporain d'Indra. Une ligne de basse séquences fait pulser ses ions qui sautillent avec une gradation tonale qui s'intensifie de plus en plus avec la compagnie d'une large bande de nappes atmosphériques, digne des belles années d'éther de Klaus Schulze. Des cognements sourds modifient la course harmonique des roucoulements alors que ces derniers s'effacent de plus en plus, laissant la voie à des cigales jouant de la castagnette. Cette mise-en-scène sert la cause des synthés qui étendent autant de voiles de brumes que de voix éteintes, de même que de beaux solos qui sonnent comme dans la période In Blue. Le rythme est ambiant et circulaire, et chaque cognement amène un nouvel élément dans la progression de "Meteor". Des percussions structurent un rock électronique morphique qui se couvre de nappes de voix et d'éther. Étrangement, le chant du rossignol électronique réapparait, de même qu'une voix elfique qui étend ses murmures dans les axes de cerceaux qui s'entrechoquent et sur le lit de séduisants autres effets percussifs. Des lignes de séquences s'activent comme des vols d'abeilles s'apprêtant à quitter la ruche. Et "Meteor" s'envole sur un mouvement spasmodique où les séquences bourdonnent autour d'un rythme toujours bien entouré par une belle créativité au niveau des percussions. L'effet est de secousses rythmiques avec des percussions qui tintent comme des enclumes et une aura stroboscopique qui lie les lignes de rythmes en un essaim convulsif. Les solos irradient ce rythme qui change aussi ses nuances après d'autres cognements sourds pour s'exiler vers un hymne de rock dansable ornée d'une assez belle mélodie qui se fredonne comme des colibris s'excitant à l'unisson. Le mouvement se calme et offre un beau Berlin School où revient nicher cette mélodie d'ouverture qui a si souvent changer d'octave et de peau dans cette séduisante évolution de "Meteor".
Une énorme nappe de sérénité déroule les premiers instants de "From Beyond" qui multiplie ses ondes célestes et dont l'amoncellement dessine un dense voile sonique flagellé par des sifflements d'étoiles sonores. Opaque et figée dans son statut de musique ambiante, la structure commence à donner signe de vie avec des lignes saccadées qui flottent avec des heurts dans ce qui est convenue de décrire maintenant comme étant un gros lac en suspension et dont l'eau est versée en de fines orchestrations. Les effets sonores agacent un peu, car le mouvement, et ses orchestrations lunaires, est d'une tendresse à faire pleurer les astres qui le surveillent. Mais ils ne sont pas là pour rien. Ils éveillent des percussions en insufflant tonus et musicalité à un chant amphibien qui se sert des percussions afin de faire moduler ses charmes rampants. Cette étrange fusion donne des moments forts, comme ces chants de synthé qui multiplie les frissons alors que doucement "From Beyond" s'éveille pour fuir sa torpeur dans de puissants arrangements et un rythme mou bien mastiquer par des percussions. Les orchestrations sont dominantes et incroyablement enveloppantes tout au long des 31 minutes de ce titre qui a su évoluer efficacement dans son éveil lent mais très bien calculé. Un très gros titre d'Indra! Après une lente intro assez Pharaonique, "In the Sky (excerpt)" se met en branle avec un rythme sculpté par des séquences liées en séries de riffs. De somptueux pads orchestraux, présents depuis les premiers instants, enrobent ce rythme ambiant conçu pour les neurones, mais pas vilain pour les doigts, jusqu'à ce que des séquences percussives sautillent d'une oreille à l'autre. Ce rythme sans vraiment de destiné fait bouger un peu nos doigts jusqu'à ce qu'il soit avalé par une zone d'effets et de miroitements. Il revient terminer "In the Sky (excerpt)", dont on entend seulement un extrait. J'aimerais entendre la suite…
Que ça plaise ou non, Indra est un phénomène comme Klaus Schulze! Les différences sont les époques, le musicien Roumain est arrivé sur l'échiquier au début des années 90 alors que l'utilisation des logiciels pour synthé battait son plein, et la vision commerciale nettement déficiente en Roumanie où l'artiste a débuté l'exportation de ses œuvres une douzaine d'années plus tard. Mais pour le reste, Indra est une boule de créativité comme l'était Klaus Schulze dans ses belles années. Une boule qui se contracte et s'assèche de son énergie depuis la fin de cette série, mis à part un dernier album en 2016 avec la conclusion de la série Tantric Celebration en 2016. Où vais-je? Nulle part! Je viens juste de dire qu'Indra est un phénomène comme Klaus Schulze et comme avec ce dernier, ses albums ont toujours quelque chose de séduisant à se mettre entre les oreilles.
Sylvain Lupari 03/04/19