lundi 17 décembre 2018

MASTER MARGHERITA: Border 50 (2018)

“As always, the colors of tones are impressive and the music hits right the goal aimed, either a good ambient Dub with its load of ethereal beats and drones”
1 Eight Degrees South (Ultimae Dub) 5:03
2 Lowland Areas (First Light Mix) 8:20
3 Shruti One (Ambient Mix) 7:46
4 Geophilous (Arborescent Mix) 10:26
5 Kivalina (Border 50 Mix) 9:20
6 Alternate Pathway (Alternative 1) 5:33
7 Alternate Pathway (Alternative 2) 7:25
8 Cosmogram (Ambient Mix) 7:42
9 Border 50 (Ultimae Dub with The Positronics) 10:06
10 Extending Downwards (Border 50 Mix) 5:25

Ultimae Records ‎| Inre093 (CD/DDL 77:11)
(Psybient, Psy Dub & Dark ambient)
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 **Chronique en français plus bas**
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Who is MASTER MARGHERITA? I see his name very often on the net and I have the impression that the Swiss musician has a horde of admirers who have only his music in mind. Visibly inspired by the novel of the Russian writer Mikhail Bulgakov (The Master and Margarita), Moreno Antognini is a musician/DJ who has been making music since the early 2000's. His style flutters between abstract electronic music, he handles quite a bit the oscillating waves of the Modular systems, the Dark Ambient and the new Electronica, where the Down-Tempo patterns and the different styles of DUB serve as rhythmic melodies to his soundscapes. “Border 50” is a first album on Lyons label Ultimae Records. And his very enthusiastic welcome says a lot about the character and the worship of his admirers. And yet, his music is very well known on this side of EM fans of the Berlin School style and/or of meditative ambiences. I found that he had a lot of similarities between the music of Master Margherita and that of Steve Roach. But beyond that, I was quite seduced by the music of “Border 50” whose musical journey is quite close to the expectations created by his fans.
The soundscape of "Eight Degrees South (Ultimae Dub)" puts me in appetite. Warm waves drift into a universe conducive to meditation. Pulsations sculpt a hypnotic beat that gains a little energy when a guitar scatters its first thoughts. It's also here that metallic rustling echoes respond to the beats now muffled by sonic ornaments where my ears also hear a slight astral hum. Quiet, "Eight Degrees South (Ultimae Dub)" is no less intense with this subtle velocity which goes out in a pool of sound effects that we count at droppers. "Lowland Areas (First Light Mix)" is a first firm favorite! Its pace is slow. In fact, it's a super-slow down-tempo with a bass line which crawls while squeaking and with the strikes of a sleepy drummer on grass. Keyboard chords sound as Rick Wright's and they fall with fragility in this setting where sensuality and serenity flirt a little with the Dark Ambient style. "Shruti One (Ambient Mix)" brings an oriental breeze to this collection of titles redone by Master Margherita. Even if percussion effects play drum like a carpet of nervous beats, a Chinese flute establishes the portal of the atmospheres of this music which gets activate a little more with another good pounding bass line. The final brings this title back to square one. "Geophilous (Arborescent Mix)" is a title of meditative vibes with a very Steve Roach approach while "Kivalina (Border 50 Mix)" is in the Dark Ambient style with reverberant waves which stretch their sonorous chants with organic pulsations. Clear sequences flutter and draw oscillating axes that come and go with more velocity while my ears perceive fascinating murmurs. This extremely musical awakening of "Kivalina (Border 50 Mix)" is one of the good moments in this “Border 50”. Especially since we are in a phase of rather dark ambiences with the murmurs of drones in "Alternate Pathway (Alternative 1)" and those of "Alternate Pathway (Alternative 2)" where lurk uncertain chords and that "Cosmogram (Ambient Mix)" is really what its title means! Performed with The Positronics, a Lebanese duo doing Dub Techno Psychedelic "Border 50 (Ultimae Dub)" is a minimalist title like Plastikman. The rhythm is a slow linear race suitable to a multitude of sound effects in an Ambient Dub slightly, but slightly, Techno. The memories of Plastikman, among others, add to the charming potion of this track. "Extending Downwards (Border 50 Mix)" ends this first work of Master Margherita on Ultimae Records with a mini symphony for floating drones. A Dark Ambient ode with a slight hint of musicality! Enough in any case to make of it an always pleasant track to hear. And without reinventing anything, “Border 50” is pleasant to discover because of the diversity of styles that are welded into one and same musical address. I have not discovered anything of extraordinary or ordinary! An honest album whose Dub style is stretching to some essences of Steve Roach and that gives it all of its cachet.
Sylvain Lupari (December 16th, 2018) *****

synth&sequences.com
Available at Ultimae Records Bandcamp
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                                 CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Qui est MASTER MARGHERITA? Je vois son nom très souvent sur le net et j'ai cette impression que le musicien Suisse possède une horde d'admirateurs qui n'ont que sa musique en tête. Visiblement inspiré par le roman de l'écrivain Russe Mikhail Bulgakov (The Master and Margarita), Moreno Antognini est un musicien/DJ qui fait de la musique depuis le début des années 2000. Son style volète entre la musique électronique abstraite, il manipule assez bien les ondes oscillatoires des systèmes modulaires, le Dark Ambient et la nouvelle Électronica où le Down-Tempo et différents styles du DUB servent de mélodies rythmiques à ses paysages sonores d'ambiances. “Border 50” est un premier album sur le label Lyonnais Ultimae Records. Et son accueil très enthousiasmé en dit très long sur le personnage et le culte de ses admirateurs. Et pourtant, sa musique est très bien connue de ce côté-ci des amateurs de MÉ de style Berlin School et/ou d’ambiances méditatives. J'ai trouvé qu’il avait beaucoup de similitudes entre la musique de Master Margherita et celle de Steve Roach. Mais au-delà de ce fait, j'ai été passablement séduit par la musique de “Border 50” dont le voyage musical est assez près des attentes crées par ses fans.
Le paysage sonore de "Eight Degrees South (Ultimae Dub)" me met en appétit. Des ondes chaleureuses dérivent dans un univers propice à la méditation. Des pulsations sculptent un battement hypnotique qui gagne un peu de d'énergie lorsqu'une guitare éparpille ses premiers songes. C'est aussi à cet endroit que des échos de froissement métallique répondent aux battements assourdis maintenant par des ornements soniques où mes oreilles entendent aussi un léger fredonnement astral. Tranquille, "Eight Degrees South (Ultimae Dub)" n'en n'est pas moins intense avec cette subtile vélocité qui s'éteint dans un bassin d'effets sonores que l'on compte au compte-gouttes. "Lowland Areas (First Light Mix)" est un premier coup-de-cœur! Son rythme est lent. En fait, c'est un splendide down-tempo hyper lent avec une ligne de basse qui rampe en couinant et de bonnes frappes d’un percussionniste endormi aux fines herbes. Des accords de clavier qui font très Rick Wright tombent avec fragilité dans ce décor où sensualité et sérénité flirte un peu avec le Dark Ambient. "Shruti One (Ambient Mix)" apporte une brise orientale à cette collection de titres refaits par Master Margherita. Même si des effets de percussions tambourinent comme un tapis de battements nerveux, une flûte chinoise établit le portail des ambiances de cette musique qui s’active un peu plus avec une autre bonne ligne de basse palpitante. La finale ramène ce titre à sa case départ. "Geophilous (Arborescent Mix)" est un titre d'ambiances méditatives avec une approche très Steve Roach alors que "Kivalina (Border 50 Mix)" est dans le Dark Ambient avec des ondes réverbérantes qui étirent leurs chants sonores avec des pulsations organiques. Des séquences limpides se mettent à voleter et dessiner des axes oscillatoires qui vont et viennent avec plus de vélocité alors que mes oreilles perçoivent de fascinants murmures. Cet éveil extrêmement musical de "Kivalina (Border 50 Mix)" en fait un des bons moments dans ce “Border 50”. Surtout que nous sommes dans une phase d'ambiances plutôt ténébreuses avec les murmures de drones dans "Alternate Pathway (Alternative 1)" et ceux de "Alternate Pathway (Alternative 2)" où rôdent des accords incertains et que "Cosmogram (Ambient Mix)" est vraiment ce que son titre veut dire! Performé avec The Positronics, un duo Libanais qui fait dans le Dub Techno Psychédélique "Border 50 (Ultimae Dub)" est un titre minimaliste du genre de Plastikman. Le rythme est une lente course linéaire propice à une multitude d'effets sonores dans un Dub Ambient un peu, mais légèrement, Techno. Les souvenirs de Plastikman, entre autres, ajoutent à la potion charmique de ce titre. "Extending Downwards (Border 50 Mix)" termine ce premier album de Master Margherita sur Ultimae Records avec une mini symphonie pour drones flottants. Un titre de Dark Ambient avec un léger soupçon de musicalité! Assez en tout cas pour en faire un titre toujours agréable à entendre. Et sans réinventer quoique que ce soit, “Border 50” est agréable à découvrir de par la diversité des styles qui se soude dans une seule et même adresse musicale. Je n'ai rien découvert d'extraordinaire ni de bien ordinaire! Un album honnête dont le style Dub étiré jusqu'à certaines essences de Steve Roach lui donne tout son cachet.

Sylvain Lupari 16/12/18

samedi 15 décembre 2018

MARTIN NONSTATIC: Ligand Remixes (2018)

“Ligand Remixes does more in the fury of sounds with a much more noisy vision, and also more accessible, than in the original version”
1 Parallel Thoughts (Erot remix) 6:20
2 Variegation (Floating Machine remix) 6:53
3 Ligand (Roel Funcken remix) 4:17
4 Parabolic View (Scann-Tec remix) 6:41
5 Methodical Random (Miktek  on AES Dana remix) 7:57
6 Harmonices Mundi (AES Dana remix) 7:54
7 Ligand (re-edit) 7:20

Ultimae Records ‎| Inre094 (CD/DDL 47:25)
(Dub Ambient, IDM, PsyDance

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 **Chronique en français plus bas**
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Released at the end of 2017, Ligand was an album that
Martin NonStatic offered to ears a little more curious than usual. A year later, some DJ artists from the Ultimae Records label have decided to reopen half a dozen of its tracks to offer their visions and remixed versions of Ligand. “Ligand Remixes” does more in the fury of sounds with a much more noisy vision, and also more accessible, than in the original version. In fact, there are few changes in the rhythms which are still evanescent and elusive. It's at the level of the ambiences that the fate of Ligand depends. For a bit that we love a lush fauna of these sounds where the futuristic and organic flourish in a cosmic axis, I see us tiny in a Pinball, this “Ligand Remixes” takes us even further into the universe of Dub Ambient and of Psychedelic Techno with heavy, ambient and sometimes danceable rhythms which are always redefining the world of IDM.
With more white noises and even more detailed percussive effects, Erot gives a second breath to "Parallel Thoughts". Not that the title needed it! Floating between moods and pulsating passages without consequences, this new version repeals the riffs of the acoustic guitar to focus a little more on the new fauna of percussive elements. We dance as we float, but it was the case with the first version! Let's say that here, the ears are treated with all small details. And it's everywhere so! Martin van Rossum is also reviewing some of the titles of his original Ligand, including "Variegation (Floating Machine remix)" which puts more emphasis on the Dub with a much sustained rhythm. The sound effects, the water-saturated hoops which get intertwine and get splash, and the percussive effects are also present with a lot of emphasis here. Title fragmented into several ends and which get fix in a mosaic whose power and velocity weaves its ambient rhythmic din, the remixed version of "Ligand
" from Roel Funcken is more intense while "Ligand (re-edit)" from Martin NonStatic is more danceable here than in its original version. I hardly recognize "Parabolic View" here, so much Scann-Tec brings it to a higher level. Intense, both in terms of its rhythm and its sound cocoon, the music is also more danceable here than on the original version. Already very good in its Dub Ambient version, "Methodical Random" is also heavier in this version remixed by AES Dana and performed by Miktek. The synth layers are very enveloping while the sequencer is on the alert of the Berlin School style. The rhythmic explosion here has nothing to do with the original version of Martin NonStatic. I still can not determine what it is the best version of "Harmonices Mundi". That of Martin NonStatic in the original Ligand was tasty and closer to Berlin School moods while that of AES Dana is more violent and closer to the Dub Ambient style. In the end, both are very justifiable to my tastes. A story of remixes that ends well!
Sylvain Lupari (December 14th, 2018) *****

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Available at Ultimae Records Bandcamp

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                                 CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Paru à la toute fin de 2017, Ligand était un album que Martin NonStatic offrait à des oreilles un peu plus curieuses que d'habitude. Une année plus tard, quelques artistes DJ du label Ultimae Records ont décidé de rouvrir une demi-douzaine de ses titres afin d'offrir leurs visions et leurs versions remixées de Ligand. “Ligand Remixes” fait plus dans la fureur du son avec une vision nettement plus tapageuse, et aussi plus accessible, que dans la version originale. En fait, il y a peu de modifications aux structures de rythmes qui sont toujours aussi évanescents et fuyants. C'est au niveau des ambiances que le sort de Ligand dépend. Pour un peu qu'on aime une luxuriante faune de ces sons où le futuriste et l'organique s’épanouissent dans un axe cosmique, je nous vois minuscule dans une Pinball, ce “Ligand Remixes” nous amène encore plus loin dans l'univers du Dub Ambient et du PsyTechno avec des rythmes lourds, ambiants et parfois dansables qui redéfinissent toujours un peu mieux l'univers de l'IDM.
Avec plus de fritures et d'effets percussifs encore plus détaillés, Erot donne un 2ième souffle à "Parallel Thoughts". Pas que le titre en avait besoin! Flottant entre des ambiances et des passages pulsatifs sans conséquences, cette nouvelle version abroge les riffs entraînants de la guitare acoustique pour se concentrer un peu plus sur la faune d'éléments percussifs. On y danse comme on y flotte, mais c'était le cas avec la première version. Disons qu'ici, les oreilles sont traitées au petit détail. Et c'est partout ainsi! Martin van Rossum revoit aussi quelques-uns des titres de son Ligand original, dont "Variegation (Floating Machine remix)" qui met plus d'emphase sur le Dub avec un rythme plus soutenu. Les effets sonores, ces cerceaux d'ondes gorgés d'eau qui s'enlacent et s'éclaboussent ainsi que les effets percussifs sont aussi beaucoup plus mis en valeur ici. Titre fragmenté en plusieurs bouts qui sont rafistolés dans une mosaïque dont la puissance et la vélocité tisse son tapage rythmique ambiant, la version remixée de "Ligand" par Roel Funcken est plus intense alors que "Ligand (re-edit)" de Martin NonStatic est plus dansable ici que dans sa version originale. Je reconnais à peine le "Parabolic View" de Ligand, tant Scann-Tec le porte à un niveau supérieur. Intense, tant au niveau de son rythme que de son cocon sonore, la musique est aussi plus dansable ici que sur la version originale. Déjà très bon dans sa version Dub Ambient, "Methodical Random" est aussi plus lourd dans cette version remixée par AES Dana et interprétée par Miktek. Les couches de synthé sont très enveloppantes alors que le séquenceur est en alerte du genre Berlin School. L'explosion rythmique ici n'a rien à voir avec la version première de Martin NonStatic. Je n'arrive toujours pas déterminer qu'elle est la meilleure version de "Harmonices Mundi". Celle de Martin NonStatic dans le Ligand original était savoureusement planante et plus près des ambiances de la Berlin School alors que celle de AES Dana est plus violente et plus près du Dub Ambient. Au final, les 2 sont très justifiables à mes goûts. Une histoire de remixes qui finit bien!

Sylvain Lupari 14/12/18

mercredi 12 décembre 2018

LOREAU/GERCHAMBEAU: Catvaratempo (2018)

“Difficult to tame, Catvaratempo remains nevertheless this kind of album which inspires the time, and which will continue to establish its mark a few decades later”

1 Eka 15:32
2 Dvi 15:01
3 Tri 15:38
4 Chatur 16:12

Spheric Music|SMCD6306 (CD 62:23)
(Retro and very progressive Berlin School)
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 **Chronique en français plus bas**
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Nearly a year later, the eclectic French duo is back on the map with a very first album on the label Spheric Music, a label known to produce interesting albums related to the Berlin School style. Retro as Neo or as very progressive! Like this “Catvaratempo”, for a collection of 4 tempos, which proposes 4 titles of a fortnight of minutes where the complexity in the movements of rhythm from Frédéric Gerchambeau welcomes the eternal romanticism of Bertrand Loreau. The result commands an open mind less demanding than in Vimanafesto but which is just as difficult to define.
The duel between the two French musicians begins in subtlety. The opening of "Eka" is carved in silk with this flute that expires a medieval melody. A wind rises and raises percussive particles that burst like big sound bud. The flute is changed into organ layers which spread its large wings in a rather heavenly harmonic vision, while the birth of the percussive effects is done in a din whose impact is diminished by the rise of a line of sequences rippling like a big snake which is fleeing the fires. The roles are swapping here! While the sequencer multiplies its harmonic loops, a beardless flute tries to establish a discordant presence. Thus, is born a musical din where a harmonious module always breaks out. When it's not the Mellotron and its flutist clothes, it's the sequencer who cuts out in thin pieces its rhythmic approach. And this rhythm, the melodies too, is twirling like a rag doll in a tornado. This is how "Eka" takes place! If sometimes we have the impression of reaching, both in rhythm and in seraphic melodies, the points of the peaks that our eyes examine on the cover, the descent is as brutal as enjoyable for the ears. "Dvi" does more in orchestral musicality with its sequences climbing glass stairs all surrounded by violin layers as tender as the first caresses of a mother. The movement of the sequencer, which is the entire backbone of the ambient rhythm of "Dvi", makes me think a lot about Remy at the top of his meditative art. Bertrand Loreau is impeccable here with synth solos that are tinged by his nostalgic imprint. Great electronic art which flirts with the hypnotic movements of Exhibition of Dreams released in 2009. Or better, with the wandering rhythms of Klaus Schulze. The first 11 minutes of "Dvi" are splendid! Subsequently, the music and its ambiences escape into a passage which flirts slightly with a dissonance that is still imbued with this very romantic touch which animates the essences of "Dvi".
The introduction of "Tri" begins with a layer of dissonances where twisted sounds and waves of reverberation wear out their heaviness in a corridor engulfed by breezes whispering its white noises. Electronic beeps sneak into these clouds of disparate tones, sculpting a phantom melody which flickers with graceful resonant movements. The sequencer sculpts its crawling rhythm with warmer tones while "Tri" delivers its charms between our ears with layers that drift between the ice floes of electronic noises cleverly preserved by the very Berliner, and also more musical, movement of Frédéric Gerchambeau. When I told you that the two artists are exchanging their roles! A bit like in "Dvi", it's layers of chthonic voices which announce the change of "Tri"s scenery, thus adopting a more anarchic vision of the tonal territorial rights of each of the two artists. Despite this discordance, the French duo is quite successful to join some short wandering phases, rather melodious I should add. It's by another phase of harmonious flute that awakens "Chatur". There is not 30 seconds passed to the meter that the synth goes for this beautiful electronic bel canto which is marked by the clock of the sequencer. This movement of boosted tick-tock bewitches as much the sense of hearing as the multiple charms of the synth and its invading songs. This short phase, more or less 4 minutes, is lost in the electronic mists from which emerges a sequencer that sways its rebellious keys. These chords click without musicality, amplifying a discordant which runs after the tail of the last chord in a soundscape filled of evanescent fog. This rebellious movement finds a cohesion in a violent dance of oscillations whose radioactive effects penetrate the intentions of a choir without souls.  Beneath the synth solos, as under the haze and the electronic effects, this movement is jumping like a cloud of metal balls on a conveyor which continues its crossing up until a final soaked by its seraphic intentions.
Accomplices in their respective visions where the Berlin School presents itself from different angles, Frédéric Gerchambeau & Bertrand Loreau succeed in creating contrasts which attract in an astonishing symbiosis came out from the left field. Difficult to tame, “Catvaratempo” remains nevertheless this kind of album which inspires the time, and which will continue to establish its mark a few decades later. Like the classics of yesterday that were avant-gardist works a few decades ago. Admittedly, the approach is more contemporary, but the result is the same. We start with "Dvi" and the rest will follow ... as if by magic.
Sylvain Lupari (December 12th, 2018) *****

synth&sequences.com
Available at Spheric Music
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                                 CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Près d'un an plus tard, le duo éclectique français revient sur la mappe avec un tout premier album sur l'étiquette Spheric Music, un label reconnu pour produire d'intéressants albums liés au style Berlin School. Rétro comme Néo ou encore comme très progressif! Comme ce “Catvaratempo”, pour une collection de 4 tempos, qui propose 4 titres d'une 15zaines de minutes où la complexité dans les mouvements de rythme de Frédéric Gerchambeau accueille l'éternel romantisme de Bertrand Loreau. Le résultat commande une ouverture d'esprit moins demandant que dans Vimanafesto mais qui reste tout autant difficile à cerner.
Le duel entre les deux musiciens français débute en subtilité. L'ouverture de "Eka" est sculptée dans la soie avec cette flûte qui expire une mélodie moyenâgeuse. Un vent gronde et soulève des particules percussives qui éclatent comme de gros bourgeon sonore. La flûte se change en nappes d'orgue qui déploient ses grandes ailes dans une vision harmonique assez céleste, alors que la naissance des effets percussifs se fait dans un tintamarre dont l'impact est diminué par la montée d'une ligne de séquences qui ondule comme un gros serpent fuyant les feux. Il y a permutation des rôles ici! Alors que le séquenceur multiplie ses boucles harmoniques, une flûte imberbe tente d'instaurer une présence discordante. Ainsi nait un vacarme musical où éclate toujours un module harmonieux. Lorsque ce n'est pas le Mellotron et ses habits de flûtiste, c'est le séquenceur qui hache menu-menu son approche rythmique. Et ce rythme virevolte, les mélodies aussi, comme un mannequin de chiffons dans une tornade. C'est ainsi que se déroule "Eka"! Si parfois nous avons l'impression d'atteindre, tant en rythme qu'en mélodies séraphiques, les pointes des cimes que nos yeux auscultent sur la pochette, la descente est aussi brutale que jouissive pour les oreilles. "Dvi" fait plus dans la musicalité orchestrale avec ses séquences qui grimpent des escaliers en verre tout entouré de nappes de violon aussi tendre que les premières caresses d'une mère. Le mouvement du séquenceur, qui est l'ossature entière du rythme ambiant de "Dvi" me fait penser énormément à du Remy au sommet de son art méditatif. Bertrand Loreau est impeccable ici avec des solos de synthé qui sont teintés de son empreinte nostalgique. Du grand art électronique qui flirte avec les mouvements hypnotiques d'Exhibition of Dreams paru en 2009. Ou mieux, avec les rythmes errants de Klaus Schulze. Les 11 premières minutes de "Dvi" sont splendides! Par la suite, la musique et ses ambiances s'évadent dans un passage qui flirte légèrement avec une dissonance qui reste toujours imbibée de cette touche très romantique qui anime les essences de "Dvi".
L'introduction de "Tri" débute avec une nappe de dissonances où des sons tordus et des ondes de réverbérations épuisent leurs lourdeurs dans un corridor engorgé de brises qui chuchotent ses bruits blancs. Des bips électroniques se faufilent dans ces nuages de tons disparates, sculptant une mélodie fantôme qui scintille avec de gracieux mouvements pleins de résonnances. Le séquenceur sculpte son rythme rampant avec des tonalités plus chaleureuses alors que "Tri" livre ses charmes entre nos oreilles avec des nappes qui dérivent entre les banquises de bruits électroniques savamment préservés par le mouvement très Berliner et aussi plus musicale, de Frédéric Gerchambeau. Lorsque je vous disais que les deux artistes échangent leurs rôles! Un peu comme dans "Dvi", ce sont des nappes de voix chthoniennes qui annoncent le changement de décor de "Tri", adoptant ainsi une vision plus anarchique des droits territoriaux tonals de chacun des deux artistes. Malgré cette discordance, le duo Français réussit assez bien à joindre certaines courtes phases d'errance plutôt mélodieuses. C'est par une autre phase de flûte harmonieuse que s'éveille "Chatur". Il n'y a pas 30 secondes au compteur que le synthé embarque dans ce bel canto électronique qui est marqué par l'horloge du séquenceur. Ce mouvement de tictac sur le boost ensorcèle autant l'ouïe que les multiples charmes du synthé et de ses chants envahissants. Cette courte de phase, plus ou moins 4 minutes, se perd dans les brumes électroniques d'où émerge un séquenceur qui fait dandiner des ions rebelles. Ces accords cliquent sans musicalité, amplifiant une discordante qui court après la queue du dernier accord dans un paysage sonore bourré de brume évanescente. Ce mouvement rebelle trouve une cohésion dans une violente danse d'oscillations dont les effets radioactifs pénètrent les intentions d'une chorale sans âmes. Sous les solos de synthé, comme sous la brume et les effets électroniques, ce mouvement sautant comme une nuée de billes métalliques sur un convoyeur qui continue sa traversée jusqu'à une finale imbibée de ses intentions séraphiques.  
Complices dans leurs visions respectives où le Berlin School se présente sous différents angles, Frédéric Gerchambeau & Bertrand Loreau réussissent à créer des contrastes qui s'attirent dans une étonnante symbiose venue quelques fois du champ gauche. Difficile à apprivoiser, “Catvaratempo” reste néanmoins ce genre d'album qui inspire le temps et qui continuera à établir sa marque quelques décennies plus tard. À l'exemple des classiques d'hier qui étaient pourtant des œuvres avant-gardistes il y a quelques décennies. Certes, l'approche est plus contemporaine mais le résultat est le même. On commence par "Dvi" et le reste va suivre… comme par enchantement.

Sylvain Lupari 12/12/18

dimanche 9 décembre 2018

RUDOLF HEIMANN: TranceFusion (93-18)

 “TranceFusion requires a fairly open mind for a very diverse EM which slips quite often towards Rhythm & Groove beats”
1 Livin' on a Dream 7:01
2 Energy Fooled the Electrician 3:54
3 Fantasist's Mushroom Experience 8:36
4 Tequila Sunset 7:12
5 Trancefusion 8:08
6 On the Rebound 6:37
7 Smurfs in Space (VCO Edit) 14:07
8 Acid Drive 6:53
9 Leaving the Logic Sector 9:10
10 Track and Field 6:07

MellowJet Records|cdr-hm1802 (CD-R/DDL 77:35)
(EDM, E-Rock, Dance Music, etc...)
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 **Chronique en français plus bas**
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Inspired primarily by Mike Oldfield and by Alan Parsons' progressive rock, Rudolf Heimann's universe shifts from electronic rock to synth-pop, Funk with a catchy bass, Rhythm & Groove and a more progressive electronic rock where some perfumes smell the music of Jethro Tull. The gap is big? Hum ... Imagine now when Rap and Techno are added! We have here a macedonia of genres whose disparity of styles is always difficult to encircle. Holger Stausberg (Guitars), Marc Schreiner (Acoustic Guitar), Uta Minzberg (Flutes), Ralf Schönenberg (Tenor Sax), Wiebke Troue (Violin), Geesche Troue (Viola), Damien v. Helsing (Bass), Dirk J. Müller (Hammond) and Bernd Rasche (Programming) are the guest musicians in the creation of “TranceFusion” which is actually the 3rd album of the German musician. Originally released on the Musique Intemporelle label in 1993, founded by Bernd Kistenmacher and which is now MIR, this album came back to the surface in 2006 on the SynGate label, which included a bonus track (John's Theme), and now on the MellowJet Records label, also with one more title (Track and Field) and remastered by Bernd Moonbooter Scholl on last September. But before going further, a statement is needed; open-mindedness and patience are required here! On the other hand, in this mishmash of styles, Rudolf Heimann always imposes a harmonious writing which facilitates the domestication of “TranceFusion”.
And that begins with "Livin' on a Dream" and its oneiric introduction which fades and floats for a stroboscopic momentum before landing on a rock mould à la like Phil Collins and whose guitar is very Mike Oldfield. One can easily compares the approach here to the commercial period of the British musician, from Five Miles Out to the Islands years. The saxophone dominates this pop-rock without voice. "Energy Fooled the Electrician" immerses us in the German countryside with a quite charming bucolic vision. String instruments rule on a music that reminds me of a good Mannheim Steamroller. With a title such as "Fantasist's Mushroom Experience", we are entitled to expect a totally crazy music? Well no! In a beautiful opening just as poetic as the opening title, the music transits between these atmospheres always very rustic to a nice slow tempo with a guitar and its poignant solos. The music is heavy, well packed by good percussion and as well wrapped in the caresses of a very discreet Hammond. The music of "Tequila Sunset" reflects the essence of its title. The bass is in Funky style, so the rhythm follows this trend? Not quite, the programming is excellent here with a very diverse rhythmic progression where all the instruments give a boost, the saxophone dominates just as much, to anchor itself to the evolution of the 7 minutes of "Tequila Sunset". It's lively and melodic and it's not quite my style. The title track begins with the leaping of a half-metallic and half-wooden ball that raises a heat wave stormed by percussions rattling and hands' clapping. A line of organic sequences introduces a rhythmic croak which jumps in Techno mode supported by a bouncy and catchy bass line. A very Schmoelling piano frees two lines; one which accompanies the beat and the other which establishes the melodious parameters of "Trancefusion". Among the usual effects of EM, others focused on a more abstract music, even orchestral, and on a Funk movement. The 8 minutes of this title-piece explains what “TranceFusion” is made of.
"On the Rebound" is the Rythm & Groove title of the Rudolf Heimann's 3rd album. I searched for the presence of Earth, Wind & Fire here ... not found it! Definitely not my type! "Leaving the Logic Sector" is pretty much in the same genre with lots of vocals and vocal effects of Rap style performed by Kali Orexi, BIG B., Angie and John Paul II. "Smurfs in Space (VCO Edit)" is a good and purely EM title. The rhythm is forged on a complicity between the sequencer and electronic percussions. It skips forming hesitant zigzags and a harmonic structure, it reminds me of Peter Baumann in Trans Harmonic Nights. The structure evolves finely with good electronic assets, including a nice melancholic synth approach. Arpeggios tinkle while embracing a structure of rhythm which accelerates a little the pace without ever overflowing towards an explosive structure. This is a good electronic rock decorated very simply. All the opposite of "Acid Drive" which is a good mix of electronic rock and bucolic rock molded into a very Jethro Tull vision. The flute and the guitar are very active, we even have a very wild solo from Holger Stausberg and a softer one performed by Uta Minzberg's flute. "Track and Field" is the bonus track of this reissue of “TranceFusion” on MellowJet Records and it's really in the spirit of Bernd Scholl's EDM. The rhythm twirls like a stroboscopic spinning-top with a good play of stroboscopic sequences and percussions which are very much in the tone. The synth turns its solos into saxophone chants in a good electronic coating specific to the Moonbooter signature. This is one of the best titles of this album which, as described above, requires a fairly open mind for a very diverse EM and which slips quite often towards Rhythm & Groove beats. Me? I only keept a few titles that I inserted into my iPod!
Sylvain Lupari (January 9th, 2018) *****

synth&sequences.com
You will find this album on MellowJet Records shop
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                                 CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Inspiré principalement par le rock progressif de Mike Oldfield et Alan Parsons, l'univers de
Rudolf Heimann transite entre le rock électronique aux saveurs de synth-pop, de Funk avec une basse très accrocheuse, de Rythm & Groove et de rock électronique plus progressif où certaines essences croisent du Jethro Tull. L'écart est grand? Hum… Imaginez maintenant lorsque du Rap et du Techno s'ajoutent! Nous avons là une macédoine des genres dont la disparité des styles est toujours difficile à cerner. Holger Stausberg (Guitares), Marc Schreiner (Guitare acoustique), Uta Minzberg (Flutes), Ralf Schönenberg (Sax tenor), Wiebke Troue (Violon), Geesche Troue (Alto), Damien v. Helsing (Basse), Dirk J. Müller (Hammond) et Bernd Rasche (Programmation) sont les musiciens invités dans la création de “TranceFusion” qui est en réalité le 3ième album du musicien Allemand. Initialement paru sur l'étiquette Musique Intemporelle en 1993, fondée par Bernd Kistenmacher et qui devenu MIR aujourd'hui, l'album est revenu à la surface en 2006 sur l'étiquette SynGate, qui incluait un titre boni (John's Theme), et maintenant sur le label MellowJet Records, aussi avec un titre de plus (Track and Field) et remasterisé par Bernd Moonbooter Scholl en Septembre dernier. Mais avant d'aller plus loin, un constat s'impose; de l'ouverture d’esprit et de la patience sont requis ici! Par contre dans ce micmac des genres, Rudolf Heimann impose toujours une écriture harmonieuse qui facilite la domestication de “TranceFusion”.
Et cela débute avec "Livin' on a Dream" et son introduction onirique qui s'évanouit dans un élan stroboscopique avant d'atterrir sur un rock genre Phil Collins et dont la guitare fait très Mike Oldfield. On peut aisément comparer l'approche à la période commerciale du musicien Britannique, années Five Miles Out à Islands. Le saxophone domine ce pop-rock sans voix. "Energy Fooled the Electrician" nous plonge dans la campagne Allemande avec une vision bucolique tout à fait charmante. Les instruments à cordes dominent sur une musique qui me fait penser à un bon Mannheim Steamroller. Avec un titre tel que "Fantasist's Mushroom Experience", on est en droit de s'attendre à une musique tout à fait déjantée? Eh bien non! Dans une belle ouverture toute aussi poétique que le titre d'ouverture, la musique transite entre ces ambiances toujours très champêtres vers un beau slow avec une guitare et ses solos poignants. La musique est lourde, bien tassée par de bonnes percussions et aussi bien emmitouflée dans les caresses d'un Hammond bien discret. La musique de "Tequila Sunset" reflète l'essence de son titre. La basse est Funky, donc le rythme suit cette tendance? Pas tout à fait, la programmation est excellente ici avec une progression rythmique très diversifiée où tous les instruments donnent un coup de pouce, le saxophone domine tout autant, afin de bien s'ancrer à l'évolution des 7 minutes de "Tequila Sunset". C'est enlevant et mélodique et ce n'est pas tout à fait dans mon genre. La pièce-titre débute par le bondissement d'une bille à demi métallique et à demi en bois qui soulève une onde de chaleur prise d'assaut par les cliquetis de percussions et des effets de mains claquantes. Une ligne de séquences organiques instaure un croassement rythmique qui sautille en mode Techno soutenu par une ligne de basse bondissante et entraînante. Un piano très Schmoelling libère deux lignes; une qui accompagne le rythme et l'autre qui établit les paramètres mélodieux de "Trancefusion". Entre les effets usuels de la MÉ, d'autres axés sur une musique plus abstraite, voire orchestrale, et un mouvement Funk. Les 8 minutes de cette pièce-titre explique à elle seule de quoi est fait “TranceFusion”. "On the Rebound" est le titre Rythm & Groove du 3ième album de Rudolf Heimann. J'ai cherché la présence de Earth, Wind & Fire ici…pas trouvé! Définitivement pas mon genre! "Leaving the Logic Sector" est assez dans le même genre avec beaucoup de voix et d'effets de voix de style Rap performés par Kali Orexi, BIG B., Angie et John Paul II. "Smurfs in Space (VCO Edit)" est un bon titre purement de MÉ. Le rythme est forgé sur une complicité entre le séquenceur et les percussions électroniques et sautille en formant des zigzags hésitants et une structure harmonique, ça me fait penser à Peter Baumann dans Trans Harmonic Nights. La structure évolue finement avec de beaux atouts électroniques dont une belle approche de synthé mélancolique. Des arpèges tintent tout en épousant une structure de rythme qui accélère un peu la cadence sans jamais pour autant déborder vers une structure explosive. Il s'agit d'un bon rock électronique décoré bien sobrement. Tout le contraire de "Acid Drive" qui est un bon mélange de rock électronique et de rock bucolique moulé dans une vision très Jethro Tull. La flûte et la guitare sont très actives, on a même droit à un solo très endiablé de Holger Stausberg et un autre plus doux performé par la flûte d'Uta Minzberg. "Track and Field" est le titre boni de cette réédition de “TranceFusion” sur MellowJet Records et c'est vraiment dans l'esprit de la EDM de Bernd Scholl. Le rythme tournoie comme une toupie stroboscopique avec un bon jeu de séquences stroboscopiques et de percussions très dans le ton. Le synthé transforme ses solos en chants de saxophone dans un bel enrobage électronique propre à la signature Moonbooter. C'est un des meilleurs titres de cet album qui, comme décrit plus haut, demande une assez grande ouverture d'esprit pour une MÉ très diversifiée qui glisse assez souvent vers le Rythm & Groove. Moi? Je ne conserve que quelques titres que j'ai inséré dans mon iPod

Sylvain Lupari 09/12/18

vendredi 7 décembre 2018

ROBERT SCHROEDER: Spaceland (2018)

“From start to end this Spaceland is Robert Schroeder's best album since a good while. Period!”

1 Space Discovery 12:07
2 Dream Garden 6:41
3 Terraforming 9:14
4 Ozone 6:19
5 Mineral Extractor 5:32
6 Upcoming Life 4:34
7 Dream Garden Ext 11:45
8 Transmission 13:12

Spheric Music ‎| SMCD-2039 (CD 69:28)
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 **Chronique en français plus bas**
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Already a 39th solo album, yes he also made albums in duet with Double Fantasy which later became Food For Fantasy, for Robert Schroeder! And what this “Spaceland” is made of? It's not "Space Discovery" that gives us the answer! Slow footsteps, a fence that is opened by hurting its hinges. The doors of the cosmos open with a sound explosion that lets its reverberations spread a trail of cosmic fog. "Space Discovery" puts us immediately in the vibes of “Spaceland”! With sound effects always very stylized, chimes brewed by a gentle caress and synth solos always bursting with futuristic saxophone tones; Schroeder's signature shine of its thousand sonic fires in an introduction worthy of an interplanetary tale. The solos extricate themselves from synths, always ahead of their time, and groan with songs that stretch their laments in hoarse voice effects or long acrobatic twists. The multiplicity of solos and synth effects here are as tasty as they are poisonous to my ears. If the synths are charming, hushed beats and percussive chords are just as much. They blow a smooth and floating cadence adjusted by torn sequences between rhythm and harmonies. This structure reinterprets a Berlin School that we heard moons ago. In fact, the movement of the sequencer is lunar, even if painted of a modern touch, and that puts a little life at our feet. The chthonic voices are penetrating, mesmerizing whereas this voice of an Elf of the Enchanted Woods groans to make us dream in this musical setting that gradually deviates to a phase of Chill Out, then Space Rock with strong percussive effects, shivering riffs and staccato voice effects which always reminds us that one should never takes anything for granted in the world of Robert Schroeder. The musician of Aachen likes to surprise his public by transiting between the different periods and especially the styles that he deepened, and even initiated, during his impressive career. But the common thread is good and we already know that the other 7 titles of “Spaceland” will be at our expectations. And no, "Space Discovery" is far from representative of the next 58 minutes! The mechanical fog and the remaining voices pull the finale towards the fascinating special effects of "Dream Garden" opening. Two lines of percussive sequences trace a haunting pattern where the modern and the retro merge into an opening built on relationships between different percussion approaches. One plunges easily into the fantasies of the German musician here with this vision of the intergalactic Caribbean. Fog and synth solos in mode celestial song deepening the fields of charm of this title whose percussions dominate throughout the 7 minutes. This rhythm of cosmic feast evaporates in the atmospheres of astral contaminations which ignite the first 4 minutes of "Terraforming". The introduction is intense with an opaque nebulous haze where dull knocks pulsate and where synth solos float whose astral chants drift in a zone petrified by a radioactive mass of sound. These atmospheres move gradually towards a delicate lunar ballad with charming riffs. This title evolves fairly quickly for its 9 minutes with a short approach of the kind up-tempo before returning to the ashes of its opening.
"Ozone" follows with a similar approach. This time, they are riffs of sequences that gambol lovingly in a much more oneiric context. Synth layers spread a comfortable anesthetic mist and brief incomplete arias. Percussive effects still hang in the scenery of “Spaceland” and they animate the structure of "Ozone" which goes to a sweet mid-tempo where the melody hangs even more with thin lines of seraphic voices. This 39th opus of Robert Schroeder scrolls in a beautiful musical tale without interruption. Each bridge between the 9 titles is thus decorated with meticulousness, plunging the listener into a world of sound discoveries. This is how "Mineral Extractor" is prepared! The impression of being in a cave is omnipresent with these pulsations whose echoes resound in the seeps of the walls. Percussive riffs soaked with white noises whirl deliciously between my speakers, nourishing my listening room with a contemplative richness. This brief incarnation of rhythm may last for a few breaths that I'm still under the spell when muffled beats, in mode Techno for sleeping souls, are also extinguished in a lunar sky where sparks an ambient melody which plunges my dreams in the beautiful "Upcoming Life". This charming moon lullaby presents astral songs that match their emotions with the very Bohemian synth of the one who gave us the imposing Harmonic Ascendant in 1979. Gently, this lullaby illuminated by the caress of the arpeggios in glass goes off in a dried snap (I also jumped here) in order to plunge us in the splendid universe of "Dream Garden Ext" and in the last stretch of “Spaceland”. We enter here in the period that many are fond of; the Berlin School style of the early 80's where Schroeder aligned jewels which have marked those years. Reverberant waves, sound crashes, organic and/or whimsical woods sequences, symphonic percussions and other sound effects of impressive quality; "Dream Garden Ext" progresses in a world haunted by remarkable percussive effects. The synth sharpens sonic blades which cut out the atmosphere while the rhythm follows a form of hip-hop which waddles in a strange forest of sounds. This rhythm becomes more fluid. Always remaining in the parameters of the Berlin School, it defines a similarly melodic approach that charms under immense layers of chthonic voices. Evolutionary, the movement forces a good electronic rock copiously sprinkled with solos with tones unique to Robert Schroeder. "Transmission" ends this album in splendor with a heavy and incisive movement that welcomes solos and a sweet melody whistled by a synth with multiple creative functions. "Transmission" finishes in cosmic mist banks, concluding without a doubt one of Robert Schroeder's best albums since a good while.
Sylvain Lupari (December 7th, 2018) ****½*

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Available at Spheric Music
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                                 CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Déjà un 39ième album solo, oui il a aussi fait des albums en duo avec Double Fantasy qui est devenu par la suite Food For Fantasy, pour Robert Schroeder. Et de quoi est fait ce “Spaceland”? Ce n'est pas "Space Discovery" qui nous donne la réponse! Des bruits de pas lents, une clôture qu'on ouvre en faisant souffrir ses gonds. Les portes du cosmos s'ouvrent avec une explosion sonore qui laisse ses réverbérations répandre une trainée de brouillard cosmique. "Space Discovery" nous place tout de suite dans les ambiances de “Spaceland”! Avec des effets sonores toujours très stylisés, des carillons brassés par une douce caresse et des solos de synthé toujours gorgés de ces tonalités de saxophones futuristes; la signature Schroeder resplendie de ses milles feux sonores dans une introduction digne d'un conte interplanétaire. Les solos s'extirpent de synthés, toujours en avant de leurs temps, et s'égosillent avec des chants qui étirent leurs complaintes dans des effets de voix éraillées ou encore de longues torsades acrobatiques. La multiplicité des solos et des effets de synthé ici est aussi savoureuse qu'hautement toxique pour mes oreilles. Si les synthés sont de charme, les battements feutrés et les accords percussifs le sont tout autant. Ils soufflent une cadence douce et flottante ajustée par des séquences déchirées entre le rythme et les harmonies. Cette structure reluque un Berlin School que l'on a entendu il y a des lunes, en fait le mouvement du séquenceur est lunaire, même peinte d'une approche moderne, et qui met un peu de vie à nos pieds. Les voix chthoniennes sont pénétrantes, envoûtantes alors que cette voix d'Elfe des bois enchantés gémit à faire rêver dans ce décor musical qui graduellement dévie vers une phase de Chill Out, puis de Space Rock avec de solides effets percussifs, des riffs chevrotants et des effets de voix en staccato qui nous rappelle toujours qu'il ne faut jamais prendre rien pour acquis dans l'univers de Robert Schroeder. Le musicien d'Aachen aime surprendre son public en transitant entre les différentes époques et surtout les styles qu'il a approfondis, et même initiés, au fil de son impressionnante carrière. Mais le fil conducteur est bon et on sait déjà que les 7 autres titres de “Spaceland” seront à la hauteur. Et non, "Space Discovery" est loin d'être représentatif des 58 prochaines minutes! Le brouillard mécanique et des restants de voix traînent la finale vers les fascinants effets spéciaux de l'ouverture de "Dream Garden". Deux lignes de séquences percussives tracent une envoûtant pattern où le moderne et le rétro fusionnent dans une ouverture construite sur des rapports entre différentes approches de percussions. On plonge aisément dans les fantaisies du musicien Allemand ici avec cette vision des Caraïbes intergalactiques. De la brume et des solos de synthés en mode chants célestes approfondissent les champs de charme de ce titre dont les percussions dominent tout au long des 7 minutes. Ce rythme de fête cosmique s'évapore dans les ambiances de contaminations astrales qui embrasent les 4 premières minutes de "Terraforming". L'introduction est intense avec une opaque brume nébuleuse où pulsent des cognements sourds et où flottent des solos de synthé dont les chants astraux dérivent dans une zone pétrifiée par une masse sonore radioactive. Ces ambiances se déplacent peu à peu vers une délicate ballade lunaire avec des riffs charmeurs. Ce titre évolue assez rapidement pour ses 9 minutes avec une courte approche du genre up-tempo avant de revenir sur les cendres de son ouverture.
"Ozone" suit avec une approche similaire. Cette fois-ci, ce sont des riffs de séquences qui gambadent amoureusement dans un contexte nettement plus onirique. Les nappes de synthé dégagent une confortable brume anesthésiante ainsi que de brèves arias incomplètes. Des effets percussifs traînent toujours dans les décors de “Spaceland” et ils animent la structure de "Ozone" qui file vers un doux mid-tempo où la mélodie accroche encore plus avec des filets de voix séraphiques. Ce 39ième opus de Robert Schroeder défile en un beau conte musical sans interruption. Chaque pont entre les 9 titres est ainsi décoré avec minutie, plongeant l'auditeur dans un univers de découvertes sonores. C'est de cette façon que se prépare "Mineral Extractor"! L'impression d'être dans une grotte est omniprésente avec ces pulsations dont les échos résonnent dans les suintements des parois. Des riffs percussifs imbibées de bruits blancs tournoient délicieusement entre mes haut-parleurs, nourrissant ma pièce de musique d'une richesse contemplative. Cette brève incartade de rythme a beau durer le temps de quelques respirations que j'en suis toujours sous les charmes lorsque des battements sourds, en mode Techno pour âmes dormeuses, s'éteignent aussi dans un ciel lunaire où scintille une mélodie ambiante qui plonge mes rêves dans le très beau "Upcoming Life". Cette belle berceuse lunaire présente des chants astraux qui jumellent leurs émotions avec le synthé très Bohème de celui qui nous a donné l'imposant Harmonic Ascendant en 1979. Doucement, cette berceuse illuminée par la caresse des arpèges en verre s'éteint dans un claquement sec (j'ai d'ailleurs sursauté ici) afin de nous plonger dans le splendide univers de "Dream Garden Ext" et dans le dernier droit de “Spaceland”. On entre ici dans la période que plusieurs affectionnent; le style Berlin School du début des années 80 où Schroeder alignait des joyaux qui ont qui ont marqué ces années. Ondes réverbérantes, fracas sonores, séquences organiques et/ou de bois fantaisistes, percussions symphoniques et autres effets sonores d'une impressionnante qualité; "Dream Garden Ext" progresse dans un univers tarabusté par de remarquables effets percussifs. Le synthé aiguise des lames soniques qui découpent les ambiances alors que le rythme épouse une forme de hip-hop qui se dandine dans une étrange forêt de sons. Ce rythme devient plus fluide. Restant toujours dans les paramètres du Berlin School, il définit une approche tout autant mélodique qui charme sous d’immenses strates de voix chthoniennes. Évolutif, le mouvement force un bon rock électronique copieusement arrosé de ses solos aux tonalités unique à Robert Schroeder. "Transmission" conclut cet album en splendeur avec un mouvement ascendant lourd et incisif qui accueille des solos et une très belle mélodie sifflotée par un synthé aux multiples fonctions créatives. "Transmission" fini dans des bancs de brume cosmique, concluant sans aucun doute un des meilleurs albums de Robert Schroeder depuis un bail.

Sylvain Lupari 07/12/18