dimanche 30 septembre 2018

F.D. PROJECT: Roots (2018)

“Roots is as good as Timeless II and has this something about beats that are very catchy, lively and finally very harmonious...plus the guitar”

1 Roots 9:42
2 Revolution 8:42
3 Deep Dream 6:30
4 50 Years TD...Tribute 11:51
5 Bells 7:34
6 B.T.T.R 9:17
7 Open Land 8:55
FD Project Music (CD/DDL 62:23)
(Berlin School)
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 **Chronique en français plus bas**
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Timeless II had consolidated the position of FD Project in the list of very influential musicians in the spheres of the EM of the Berlin School genre. And it's not with “Roots” that the German multi-instrumentalist will lose a centimeter of his place. Album teeming with very catchy rhythmic patterns, “Roots” proposes 7 structures laying down on movements of the sequencer which moves like a nest of rhythmic serpents. The sequences vibrate with usual tones as distorted and the percussions adjust these rhythms between phases of dance and others more sedentary while the synths and the guitar adjust their duels in a fascinating complicity which flows with so much evidence ... as if one can't go without the other in the FD Project universe.
The title-track is reminiscent of Edgar Froese. The movement of the sequencer offers a line of rhythm that zigzags between its soft tones and other with distorted sounds. Another line is grafted and then another ... "Roots" then becomes a gyratory rhythmic crossroads which ends up relying on sober percussions. It's pure Berlin School from the late 70's with a rhythmic and melodic structure that moves its loops under good effects of astral mist and solos blown from the fingertips. "Revolution" follows with a good electronic rock that is just straddling a slow and lively structure. Heavy and spheroidal, the rhythm is certainly very catchy for the feet while serving as a basis for a guitar which exploits its heavy and aerial solos without forgetting its dance of the riffs. Some big electronic rock unique to the signature of Frank Dorittke. "Deep Dream" is another very catchy title. Its minimalist structure offers a good rhythm with slightly spasmodic curves. Sober percussions add a slight stir to a rhythmic ritornello that is thirsty for Techno and whose main core freezes an ear-worm well connected to our feet. The solos are divided between those of a synth, which leaves more room for rhythmic charm, and a voracious guitar which proves the possibility of a real complicity between the synth and the guitar in the world of EM.
"50 Years TD ... Tribute" is a title that is more attached to the influences of Edgar Froese than Tangerine Dream. Its rhythm structure is just as sedentary as the others in “Roots”. It wavers between its musical and distorted tonalities while being surrounded by nebulous effects and other slightly more organic effects. I try to find the links between this title and its meaning! One thing is certain however; that's the kind of title that requires several plays before seducing unlike the other 6 tracks on this album which are literally more accessible. "Bells" is another free interpretation and especially an umpteenth tribute to the tubular works of Mike Oldfield. This time the German guitarist-synthesist is inspired by the more contemporary harmonies of Tubular Bells. Molded a bit on the style of "Deep Dream", "B.T.T.R" offers a good dizzying electronic rock which is rich of its lively and jerky sequences. The percussions give tone to this structure whose skillful mesh between the tones of the sequencer inspires a rock dance that welcomes its guitar solos after 6 minutes of enticing rhythm. "Open Land" ends this last opus of FD Project with a down-tempo approach that also relies on these patterns of intertwined and delicately convulsive rhythms which make the main charm of “Roots”. Repetitive and magnetizing, "Open Land" is spinning like an ethereal waltz while offering this delightful balance between the effects of synth and the solos of a more discreet guitar. It's very Tangerine Dream, especially the guitar with its Edgar Froese's perfumes.
The great strength of “Roots” is that it offers a music that one tames without difficulty. The rhythms are lively, catchy and melodious, even if they are conceived in the intertwining of a herd of serpents frozen at the same spot, whereas the guitar solos always have this little something inexplicable which brings out here the legendary solos of Edgar Froese. The fans of FD Project will be excited about “Roots” while other EM fans should enjoy this album without too much difficulty and maybe even get into his universe, especially since Frank Dorittke has officially opened his Bandcamp site. The download version of “Roots” is available there, while the CD will be on sale around October 20th.
Sylvain Lupari (September 30th, 2018) ****¼*
synth&sequences.com
Available at FD Project Bandcamp

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                                           CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Timeless II avait consolidé la place de FD Project dans la liste des musiciens très influents dans les sphères de la MÉ du genre Berlin School. Et ce n'est pas avec “Roots” que le multi-instrumentaliste Allemand va perdre un centimètre de sa place. Album grouillant de patterns rythmiques très entraînants, “Roots” propose 7 structures posées sur des mouvements du séquenceur qui s'agite comme un nid de serpents rythmiques. Les séquences vibrent de tonalités usuelles comme distorsionnées et les percussions ajustent ces rythmes entre des phases de danse et d'autres plus sédentaires alors que les synthés et la guitare ajustent leurs duels dans une fascinante complicité qui coule avec tellement d'évidence…comme si l'un n’allait pas sans l'autre dans l'univers de F.D. Project.
La pièce-titres est réminiscence d'Edgar Froese. Le mouvement du séquenceur offre une ligne de rythme qui zigzague entre ses tonalités douces et d'autres rongées de distorsions. Une autre ligne se greffe et puis une autre…"Roots" devient alors un carrefour rythmique giratoire qui finit par s'appuyer sur de sobres percussions. C'est du pur Berlin School de la fin des années 70 avec une structure à la fois rythmique et mélodique qui promène ses boucles sous de bons effets de brume astrale et des solos soufflés du bout des doigts. "Revolution" suit avec un bon rock électronique qui est juste à cheval entre une structure lente et vivante. Lourd et sphéroïdal, le rythme est certainement très entraînant pour les pieds tout en servant de base à une guitare qui exploite ses solos lourds et aériens sans oublier sa danse des riffs. Du gros rock électronique unique à la signature de Frank Dorittke. "Deep Dream" est un autre titre très entraînant. Sa structure minimaliste propose un bon rythme avec des rondeurs légèrement spasmodiques. De sobres percussions ajoutent un léger entrain à une ritournelle rythmique qui a soif de Techno et dont le noyau principal fige un ver-d'oreille bien connecté à nos pieds. Les solos sont divisés entre ceux d'un synthé, qui laisse plus de place au charme rythmique, et une guitare vorace qui démontre la possibilité d'une réelle complicité entre le synthé et la guitare dans l'univers de la MÉ.
"50 Years TD...Tribute" est un titre qui est plus attaché aux influences d'Edgar Froese que de Tangerine Dream. Sa structure de rythme est tout autant minimaliste sédentaire que les autres dans “Roots”. Elle vacille entre ses tonalités autant musicales que distorsionnées tout en étant entourée d'effets nébuleux et d'autres effets un peu plus organiques. J'essaie de trouver les liens entre ce titre et son sens! Une chose est certaine cependant; c'est le genre de titre qui demande plusieurs écoutes avant de séduire comme les 6 autres titres de cet album qui sont littéralement plus accessibles. "Bells" est une autre libre interprétation et surtout un ixième hommage aux œuvres tubulaires de Mike Oldfield. Cette fois-ci le guitariste-synthésiste Allemand s'inspire des harmonies plus contemporaines de Tubular Bells. Moulé un peu sur le style de "Deep Dream", "B.T.T.R" offre un bon rock électronique étourdissant qui est riche de ses séquences vives et saccadées. Les percussions donnent du tonus à cette structure dont l'habile maillage entre les tonalités du séquenceur inspire une danse rock qui accueille ses solos de guitare après 6 minutes de rythme entrainant. "Open Land" termine ce dernier opus de FD Project avec une approche d'un genre down-tempo qui s'appuie aussi sur ces patterns de rythmes entrecroisées et délicatement convulsifs qui font le principal charme de “Roots”. Répétitif et magnétisant, "Open Land" tournoie comme une valse éthérée tout en offrant cette délicieuse balance entre les effets de synthé et les solos d'une guitare plus discrète. Ça fait très Tangerine Dream, surtout la guitare et ses parfums d'Edgar Froese.
La grande force de “Roots” est qu'il offre une musique qui s'apprivoise sans difficultés. Les rythmes sont vivants et mélodieux, même si cogités dans des entrelacements d'un troupeau de serpents figés à la même place, alors que les solos de guitare ont toujours ce petit quelque chose d'inexplicable qui fait ressortir ici les légendaires solos d'Edgar Froese. Les fans de FD Project seront emballés par “Roots” alors que les autres fans de MÉ devraient apprécier cet album sans trop de difficultés et peut-être même s'introduire à son univers, surtout que Frank Dorittke a officiellement ouvert son site Bandcamp. La version téléchargeable de “Roots” y est disponible, alors que le CD sera en vente autour du 20 Octobre.

Sylvain Lupari 30/09/18

vendredi 28 septembre 2018

ALPHA WAVE MOVEMENT: Tranquility Space (2018)

“Here is another great album from AWM which mixes the sweet tones of floating moods to some exquisite hypnotic Berlin School patterns...and more”

1 Tranquility Space 3:52
2 The Tender Sea of Space 8:26
3 Slow Voyage 7:16
4 Centauri Memories 2:31
5 Purge 6:01
6 Sailing Orion 10:42
7 Movement IV 10:18
8 A Place of Peace 7:11
9 Theta Space 5:18
10 Umbra 11:05
HRR180915 (CD-r/DDL 72:45)
(Ambient, Berlin-School, Tribal, Drone)
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 **Chronique en français plus bas**
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A new album from Alpha Wave Movement is not anodyne! Album after album, and no matter the jacket, Gregory Kyryluk excels in the art of surprising and finally of charming. Like many of his works, “Tranquility Space” needs some listening before the musicality of his tuning fork joins his filaments that connect to our emotions, to our imagination. Not that it's complex! No, I would rather say that this last opus is made in a good diversity of styles where the film genre flirts with a very good Berlin School or even the reverberating waves of the drone plains caress a very dreamlike approach. Between its phases of ambient rhythms, its panoramas of interstellar ambiances and its contrasts, “Tranquility Space” leaves sooner or later its undeniable mark on our emotions, like the great works of AWM which counts more than a good half a dozen in a discography that looks like a huge box of sonic chocolate where everything is good in its artistic form.
Buzzing and azure winds open the tonal sanctuary of "Tranquility Space". Sounds flee the skies and fall drop by drop to form a sonic cloud where are pearling these drops frozen in an oasis of serenity. "The Tender Sea of Space" proudly wears its seal with an opening filled of chimerical violins stretching their laments. Scarlet, the tones of the violins mutate into soft musical caresses where always tinkling these sounds fixed in crystal and which shimmer like pearls on a harp. The movement is slow and swaps its calm ambiances for more intense moments with a melancholic approach which is very Vangelis. A slight movement of rhythm makes oscillate the carpet of this sonic Eden with a horde of docile jolts unique to the ambient rhythms of the Berlin School. And always these synth layers scented of Vangelis' apocalyptic visions ... Nice, cinematographic and very intense in terms of emotions! We can say the same thing about "Slow Voyage", without the imprint of Vangelis. The oniric music and ambiences respond with skill to the meaning of its title. Here too, a rhythm shakes a little more the ambiences which take an oriental tint to very cosmic Kitaro. The finale is a bit abrupt. Here and in this beautiful lunar lullaby which is "Centauri Memories" with its very nice song of chimes.
"Purge" borrows a bit the organic tribal ambient style of Steve Roach. The plurality of tones remains very contagious here. "Sailing Orion" is the jewel here. Its slow introduction is woven into a sonic delight with layers of voices humming on a sound bed swinging and waltzing of its tonal imprints. Dreamlike, these moments guide us towards a splendid hypnotic rhythmic structure whose serial beats sculpt a very good Berlin School. Activated around the fourth minute, this pulsating rhythm embellishes its ornaments with a level of emotivism in the layers of voices and other interstellar layers that give a poignant aspect to this music knotted of its seraphic breezes and celestial orchestrations. A pure jewel in this musical asterism that is this last album of Alpha Wave Movement. Long reverberant effects, like drone clouds, sculpt the panorama of "Movement IV" which is a long title of atmospheres as much realistic as a sunset in the Everglades. After this vast expanse of sound space, "A Place of Peace" comes to us with a spaceship effect docking the Earth. We must not rely on this omnipresence of ambient space, since the music embraces a loop of Groove fed by a monstrous bass line. And quietly, "A Place of Peace" becomes a place of Groove with a very organic song whose tones of amphibians on a joint are murmuring in the silky layers of voices and under this very suggestive line of bass. The richness of this title is that it's as unexpected as deliciously catchy, like its synth solos that perfume the second part. I cracked on the first listen at this very cosmic Groove. After a "Theta Space" as quiet as "Movement IV", "Umbra" finishes the last 11 minutes of “Tranquility Space” with a symphony for shooting stars fixed in the blades of a huge xylophone. These chords weakened in crystal unfold, after the dark waves of the introduction, in a sound mixture that reminds a bit of the masterpieces of Michael Stearns, Chronos and M'Ocean. The notes get twist and roll like strobe spindles between isolated arpeggios, creating a delirious cannon effect where each note amplifies its astral choreography. Musical and dreamlike, "Umbra" joins the vast expanse of “Tranquility Space” and puts an end to another great musical adventure of Alpha Wave Movement who succeeds in this difficult challenge to constantly seduce while destabilizing with approaches always in search of the zenith sonic. Very good in all its senses!
Sylvain Lupari (September 28th, 2018) *****
synth&sequences.com
Available at Harmonic Resonance Recordings Bandcamp

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                                        CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Un nouvel album d'Alpha Wave Movement n'est pas chose banale! Album après album, et peu importe le veston, Gregory Kyryluk excelle dans l'art de surprendre et finalement de charmer. Comme beaucoup de ses œuvres, “Tranquility Space” a besoin de quelques écoutes avant que la musicalité de son diapason rejoigne ses filaments qui se connectent à nos émotions, à notre imagination. Pas que cela soit complexe! Non, je dirais plutôt que ce dernier opus est fait dans une belle diversité des styles où le genre cinématographique flirte avec du très bon Berlin School ou encore les ondes réverbérantes des plaines de drones caressent une approche nettement onirique. Entre ses phases de rythmes ambiants, ses panoramas d’ambiances interstellaires et ses contrastes, “Tranquility Space” laisse tôt ou tard son indéniable marque sur nos émotions, comme les grandes œuvres d'AWM qui en compte plus qu'une bonne demi-douzaine dans une discographie qui ressemble à une immense boîte de chocolat sonique où tout est bon dans sa forme artistique.
Des bourdonnements et des vents azurs ouvrent le sanctuaire tonal de "Tranquility Space". Des sons fuient les cieux et tombent goutte à goutte afin de former un nuage sonore où perlent ces gouttes figées dans une oasis de sérénité. "The Tender Sea of Space" porte fièrement ses armoiries avec une ouverture remplie de violons chimériques étirant leurs complaintes. Écarlates, les tonalités des violons mutent en de douces caresses musicales où tintent toujours ces sons figés dans du cristal et qui miroitent comme des perles sur une harpe. Le mouvement est lent et troque ses ambiances calmes pour des moments plus intenses avec une approche mélancolique qui fait très Vangelis. Un léger mouvement de rythme fait osciller le tapis de cet éden sonique avec une horde de secousses dociles unique aux rythmes ambiants de la Berlin School. Et toujours ces nappes de synthé parfumées des visions apocalyptiques de Vangelis…Beau, cinématographique et très intense au niveau des émotions! On peut dire la même chose de "Slow Voyage", sans l'empreinte de Vangelis. La musique et les ambiances oniriques répondent avec habilité au sens de son titre. Ici aussi, un rythme secoue un peu plus les ambiances qui prennent une teinte orientale à du Kitaro très cosmique. La finale est un peu abrupte. Ici et dans cette superbe berceuse lunaire qu'est "Centauri Memories" avec son chant magnifique de carillons.
"Purge" emprunte un peu le tribal ambiant organique de Steve Roach. La pluralité des tons reste très contagieuse ici. "Sailing Orion" est le bijou de “Tranquility Space”. Sa lente introduction est tissée dans un délice sonore avec des nappes de voix qui fredonnent sur un lit sonore oscillant et valsant de ses empreintes tonales. Onirique, ces instants nous guide vers une splendide structure rythmique hypnotique dont les battements en série sculptent un très beau Berlin School. Activée autour des 4 minutes, ce rythme pulsatoire agrémente sa parure avec un niveau d'émotivité dans les nappes de voix et les couches interstellaires qui donnent un aspect poignant à cette musique nouée de ses souffles séraphiques et d'orchestrations célestes. Un pur joyau dans cette astérisme musicale qu'est ce dernier album d'Alpha Wave Movement. De longs effets réverbérants, comme des nuages de drones, sculptent le panorama de "Movement IV" qui est un long titre d'ambiances aussi réalistes qu'un coucher de soleil dans les Everglades. Après cette vaste étendue d'espace sonore, "A Place of Peace" nous parvient avec un effet de vaisseau spatial accostant la Terre. Il ne faut pas se fier à cette omniprésence d'espace ambiant, puisque la musique embrasse une boucle de Groove alimentée par une ligne de basse assez monstrueuse. Et tranquillement, "A Place of Peace" devient une place de Groove avec un chant très organique dont les tonalités de batraciens sur un joint murmurent dans de soyeuses nappes de voix et sous cette ligne de basse archi suggestive. La richesse de ce titre est qu'il est aussi inattendu que délicieusement entraînant, comme ses solos de synthé qui en parfument la seconde partie. J'ai craqué à la 1ière écoute sur ce Groove très cosmique. Après un "Theta Space" aussi tranquille que "Movement IV","Umbra" termine les dernières 11 minutes de “Tranquility Space” avec une symphonie pour étoiles filantes figées dans les lames d'un immense xylophone. Ces accords fragilisés dans du cristal défilent, après les ondes sombres de l'introduction, dans une mixture sonore qui rappellent un peu les œuvres maitresses de Michael Stearns, Chronos et M'Ocean. Les notes se contorsionnent et roulent comme des fuseaux stroboscopiques entre des arpèges isolés, créant une délirant effet de canon où chaque note amplifie sa chorégraphie astrale. Musical et onirique, "Umbra" rejoint les vastitudes de "Tranquility Space" et met un terme à un autre belle aventure musicale d'Alpha Wave Movement qui réussit ce difficile pari de constamment séduire tout en déstabilisant avec des approches toujours à la recherche du zénith sonique. Très bon dans tous ses sens!

Sylvain Lupari (27/09/18)

mercredi 26 septembre 2018

PETER BALL: Bohemia (2018)

“Calm music on an alternative soundscape, Bohemia is another way to tame ambient music which renews its vows of serenity”
1 Bohemia / Desert Fruit 14:48
2 Drawn from Sleep (Slow Colours Mix) 6:53
3 Sunless 6:39
4 Epiphany 14:59
5 Fragile Settings 9:10
6 Into Nothingness 18:06
(Ambient with a zest of experimental)
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 **Chronique en français plus bas**
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An Australian musician-farmer who lives in the city of Lismore in northern New South Wales, Peter Ball is a well-respected name in Australia's arts and music scene. Recognized for his minimalist approach, he also likes to explore a universe of atmospheres with sound elements that take up the challenge of intriguing our imagination. Don't look for his discography, the man is discreet and rather offers his services at the technical level. He made an experimental ambient music album with Kerry Norman, South in 1993, and then nothing else is found. “Bohemia” appears some 25 later on the Ultima Thule Ambient label and also proposes an esoteric journey in a universe where the sounds are melted into some inert masses, a little like the crystals in the Jell-O. Can the comparison be lame? Not really! Since if we look at everything through a microscope, it is a multicolored and enchanting universe unfolds before our eyes. Here, it's through our both ears.
And as if to give weight to these notes, "Bohemia / Desert Fruit" opens “Bohemia” with chords in suspension that hang in a sound mass stigmatized by the many echo effects of other chords and of various tinkles. This salad of tones offers all the colors imaginable in a strange ballet for broken bodies where an ambient melody emerges and whose harmonies meet some whispers around 8 minutes. Whispers and rustling concoct a sound canvas that clings to fragile orchestrations while the finale of "Bohemia / Desert Fruit" flirts nevertheless with a good dose of paranoia, especially when the percussions hammer a heavy and lifeless rhythm. "Drawn from Sleep (Slow Colors Mix)" aptly wears the colors of its title. Wavy synth lines weave a panorama as bright as the reflections of a river burned by the sun. Voice effects surf with these reflections that pour out their musicality with a sweet contemplative vision. "Sunless" is another title where the music breathes tranquility but with a more discreet and darker approach. Like a breeze in a lifeless cave, the breaths float with tones forged by the stigmas as our ears wonder if a guitar extends its spectrum or if it's a synth that melts its floating harmonies in a world forgotten in a cave. It's very serene while "Epiphany" is more in mode exploratory ambient. Let's take the hues of "Bohemia / Desert Fruit" and hang them on a Techno structure for pickled Zombies and we get this wonderful piece of music that alone is worth the price of uploading “Bohemia”. Set apart the humming from this horde of zombies, some simply enchanting sound effects decorate the 15 minutes of this splendid title. We can hear avian squeaks of an unlisted forest and delicious organic elements which give quite a panorama to a music that takes refuge in discretion, not without having reached the limits of a new form of ambient music. Superb! "Fragile Settings" is a quiet track based on guitar chords spread in the enchanting thin threads of a bluish mist. "Into Nothingness" completes this Peter Ball's album with another experimental ambient approach. Multiple bubbles of sounds sparkle in the void, while others clump and knock together such as magical impulses above a soundscape as quiet as a starry night on the shore of an ocean. This is the image I get from these 18 minutes of idle contemplation where the music of “Bohemia” and of Peter Ball brought me to such exquisite territories as totally unknown to my ears.
Sylvain Lupari (September 25th, 2018) ***½**
synth&sequences.com
Available on Ultima Thule Ambient Media

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                                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Musicien-fermier Australien qui réside dans la ville de Lismore au nord de New South Wales, Peter Ball est un nom très respecté dans le milieu des arts et de la musique en Australie. Reconnu pour son approche minimaliste, il aime aussi explorer un univers d'ambiances avec des éléments sonores qui relèvent le défi d'intriguer notre imagination. Ne cherchez pas pour connaître sa discographie, l'homme est discret et prête plutôt ses services au niveau technique. Il a fait un album de musique ambiante expérimentale avec Kerry Norman, South en 1993, et puis on ne trouve rien d'autre. “Bohemia” apparait donc quelques 25 plus loin sur étiquette Ultima Thule Ambient et propose aussi un voyage ésotérique dans un univers où les sons se fondent à des masses inertes, un peu comme les cristaux dans le Jell-O. La comparaison peut être boiteuse? Pas vraiment! Puisque si l'on regarde le tout au travers un microscope, c'est un univers multicolore et enchanteur qui se déroule devant nos yeux. Ici, c'est à travers les deux oreilles.  
Et comme pour donner du poids à ces notes, "Bohemia / Desert Fruit" ouvre “Bohemia” avec des accords en suspension qui traînent dans une masse sonore stigmatisée par les nombreux effets d'écho d'autres accords et de divers tintements. Cette salade de tons propose toutes les couleurs imaginables dans un étrange ballet pour corps rompus où se dessine une mélodie ambiante dont les harmonies rencontrent des chuchotements autour des 8 minutes. Chuchotements et bruissements concoctent une toile sonore qui s'accroche à de fragiles orchestrations alors que la finale de "Bohemia / Desert Fruit" flirte néanmoins avec une bonne dose de paranoïa, surtout lorsque les percussions martèlent un rythme lourd et sans vie. "Drawn from Sleep (Slow Colours Mix)" porte avec justesse les couleurs de son titre. Des nappes de synthé ondoyantes tissent un panorama aussi lumineux que les reflets d'une rivière brûlée par le soleil. Des effets de voix surfent avec ces reflets qui déversent leur musicalité avec une douce vision contemplative. "Sunless" est un autre titre où la musique respire la tranquillité mais avec une approche plus discrète et plus sombre. Comme une brise dans une grotte sans vie, les souffles flottent avec des tonalités forgées par les stigmates alors que nos oreilles se demandent si une guitare étend son spectre ou si c'est un synthé qui fond ses harmonies flottantes dans un monde oublié dans une grotte. C'est très serein alors que "Epiphany" est plus en mode musique d'ambiances exploratrice. Prenons les teintes de "Bohemia / Desert Fruit" et accrochons-les sur une structure de Techno pour Zombies marinés et nous obtenons ce magnifique morceau de musique qui vaut à lui seul le prix du déchargement de “Bohemia”. Hormis les fredonnements de cette horde de zombies, des effets sonores tout simplement enchanteurs décorent les 15 minutes de ce splendide titre. On peut entendre des couinements aviaires d'une forêt non-répertoriée ainsi que de délicieux éléments organiques qui donnent tout un relief à une musique qui se réfugie dans la discrétion, non sans avoir atteint les limites d'une nouvelle forme de musique ambiante. Superbe! "Fragile Settings" est un titre calme axé sur des accords de guitare répandu dans les filets enchanteurs d'une bruine bleutée. "Into Nothingness" termine cet album de Peter Ball avec une autre approche ambiante expérimentale. De multiples bulles de sons pétillent dans vide, alors que d'autres s'agglutinent et s'entrechoquent comme dans des élans de féérie au-dessus d'un paysage sonore aussi tranquille qu'une nuit étoilée sur le rivage d'un océan. C'est l'image que je retire de ces 18 minutes de contemplation oisive où la musique de “Bohemia” et de Peter Ball m'a amené dans des territoires aussi exquis que totalement inconnu à mes oreilles.
Sylvain Lupari 25/09/18

lundi 24 septembre 2018

ALBA ECSTASY: Where are the Quiet Saturdays? Vol.2 (2018)

"To me, those EM gigs of Saturdays are  still one of the best way to get yourself introduced to the world of Berlin School's EM style"

1 Part 4 16:39
2 Part 5 18:39
3 Part 6 12:04
Alba Ecstasy Music (DDL 47:23)
(Berlin School)
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 **Chronique en français plus bas**
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After an absence of 3 years, Alba Ecxtasy seems to be resuming its series Where are the Quiet Saturdays? Three weeks separate this part from the last one and the music is still quite interesting. To me, it's still one of the best way to get yourself introduced to the world of Berlin School's EM style. "Part 4" offers a good romantic vision with a hopping movement of the sequencer. The keys gambol with a fluidity reminiscent of those delicate moments of dreamy rhythmic evasion of Klaus Schulze in the years 86 to 88 or yet Remy in his monumental Exhibition of Dreams. This procession of bouncy loops unfolds under a sonic sky scribbled with sound graffiti, intersideral whale songs and a synth whose solos intertwine their ethereal dances with high tones and rather musical bass lines. It flows very well! After an introduction specific to the universe of EM ambiences, "Part 5" brings us into the territories of a lively Berlin School with this motorik movement of ghost train and two lines of sequences which structure an exciting rhythm. Electronic percussions embellish rather well this network of convergent sequences of "Part 5" which offers a decor of ambiances more aggressive than that of "Part 4". Apart from these sequences which add up in saccades in a harmonic vision, the cosmic mists and breezes built a panorama tinted of nebulosity while the synth always throws these good refined solos while bringing "Part 5" to a more exploratory finale of ambiences elements. Again, it's impossible to feel a void in the creativity of Mihail Adrian Simion, whose ability to compose Berlin School is even praised by Indra. I bring the name of Indra, because "Part 6" can't be dissociable of him! Composed live on the same day of its release on Bandcamp with the use of a single synthesizer, the Access Virus Ti2, "Part 6" begins with a gentle floating introduction and a soft introduction to a beat which beats a hectic measure. Alba Ecxtasy only adds 3 additional patch, and sonic squiggles, on this structure that evolves within this range of 3 patch. We note here a rhythmic trance approach that we hear in the series Tantric Celebration, an approach that Mihail Adrian Simion initially realized when he worked on special sound bank for the Access Virus Ti2. And some of these complex patches have been used by Indra. In the end, and as usual, “Where are the Quiet Saturdays? Vol.2” is a good honest album with a beautiful EM to which is tasted with the ears in mode; I love to be charmed!
Sylvain Lupari (September 24th, 2018) ***¾**
synth&sequences.com
Available on Alba Ecstasy's Bandcamp

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                                     CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Après une absence de 3 ans, Alba Ecxtasy semble reprendre goût à sa série Where are the Quiet Saturdays?. Trois semaines séparent ce présent volet du dernier et la musique reste toujours aussi intéressante. Pour moi, c'est toujours l'un des meilleurs moyens de se familiariser avec le genre Berlin School. "Part 4" propose une belle vision moment romanesque avec un mouvement sautillant du séquenceur. Les ions gambadent avec une fluidité qui rappelle ces délicats moments de rythmes rêveurs des années 86-88 de Klaus Schulze ou encore Remy dans son monumental Exhibition of Dreams. Cette procession de boucles sautillantes se déroulent sous un ciel sonique gribouillé de graffitis sonores, de chants de baleines intersidérales et d'un synthé dont les solos entrelacent leurs danses éthérées avec des tonalités aigues et des lignes de basse plutôt musicales. Ça coule très bien! Après une introduction propre à l'univers d'ambiances de la MÉ, "Part 5" nous amène dans les territoires d'un Berlin School vif avec ce mouvement motorik de train fantôme et deux lignes de séquences qui structurent un rythme enlevant. Des percussions électroniques enjolivent plutôt bien ce réseau de séquences convergentes de "Part 5" qui s'offre un décor d'ambiances plus agressif que celui de "Part 4". Hormis ces séquences qui s'additionnent par saccades dans une vision harmonique, des brumes et des brises cosmiques accrochent un panorama teinté de nébulosité alors que le synthé lance toujours ces bons solos raffinés tout en amenant "Part 5" dans une finale plus exploratrice des ambiances électroniques. Encore là, impossible de sentir un vide dans la créativité de Mihail Adrian Simion dont les habiletés à composer du Berlin School sont même louangé par Indra. J'amène le nom d'Indra, car "Part 6" en est indissociable! Composé en direct le même jour de sa parution sur Bandcamp, 8 Septembre 18, avec l'utilisation d'un seul synthétiseur, le Access Virus Ti2, "Part 6" débute avec une douce introduction planante et une douce introduction à un rythme qui bat une mesure trépignante. Alba Ecxtasy ajoute seulement que 3 sons supplémentaires, et des gribouillis soniques, sur cette structure qui évolue à l'intérieur de cette portée de 3 patch. On remarque ici une approche rythmique trance que l'on entend dans la série Tantric Celebration, une approche que Mihail Adrian Simion a initialement réalisé lorsqu'il a travaillé sur banque de sons spéciale pour le Access Virus Ti2. Et certains de ces patch complexes ont été utilisés par Indra. Au final, et comme d'habitude, “Where are the Quiet Saturdays? Vol.2” est un bel album honnête avec une belle MÉ qui se déguste avec des oreilles en mode; j'adore me faire charmer! 
Sylvain Lupari 24/09/18

vendredi 21 septembre 2018

MAGNETRON: Hypnosis (2017)

“Even if one knows their schema, Magnetron knows how to develop minimalist EM patterns without falling in an easy to do it”
1 Long Distance 26:32
2 Hypnosis 24:20
3 Cyro Sleep 8:18

4 Silent Running 20:03
Magnetron Music (DDL 79:13)
(England & Berlin Schools)
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 **Chronique en français plus bas**
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The recipe of Magnetron is in the purest tradition of the England School style, like RMI or Airsculpture. Slow introductions filled of yellowish or bluish smoke where an armada of electronic sounds displays its finest adornment, even in going to explore the tonal borders of a 5th dimension. Subsequently, the structures of rhythms! Mostly ambient, they also offer phases where our fingers tap, foot wriggles or our neck rolls over our shoulders. Evolutionary phases with a polyrhythmic vision where the transmutations are as subtle as a strand of hair coming off its root. It's from these elements that “Hypnosis” insidiously infiltrates this desire to savor another EM album…even if we know the game!
Breezes blowing with iodized particles, tonal dusts, reverberant distortion effects and spatial sound effects, "Long Distance" deploys an introduction of cosmic ambiances with its drifting violin layers. A spasmodic line indicates that the sequencer is in jerky rhythmic mode, hatched vividly like a skeleton on a break-dancing. This minimalist pattern accommodates other elements of sequenced pulsations and a line of sequences that unties a rhythmic language a bit harmonic. The structure is well in place to receive some multiple synth effects, including evasive lines of harmonies. There is a multiplication of layers. And the addition of new electronic effects announces a subtle bifurcation of the rhythm whose convulsive drive deviates subtly towards an approach of Tangerine Dream's brilliant Poland track. The English duo must be ingenious in order to avoid a likely effect of annoying repetitions on this long structure that still evolves with new elements, both percussive and of ambience. This is how the solos unique to Steve Humphries' signature pierce the wall of "Long Distance" which is constantly adorned by the new rhythmic bursts of Xan Alexander. Born from the 4 minutes of atmospheres of its introduction, "Long Distance" quietly runs out in the 3 minutes of its final of ambiospherical elements which are on the other hand more intense, more enveloping if not penetrating. We have here the topo of the latest opus from the duo Steve Humphries and Xan Alexander which appeared on the Bandcamp website of Magnetron in late 2017; long minimalist tracks evolving constantly in new rhythmic or ambient surroundings.
The title-track offers a more musical opening with a synth that lays down some pretty good solitary songs on a textures of reverberant atmospheres. Pulsatory, a rhythmic structure insidiously infiltrates these atmospheres of ether at the edge of the 4 minutes. This line becomes the rhythmic arsenal of "Hypnosis". Another line, more hobbling, innocently gambols under a sound sky which becomes more and more streaked by multiple drifting lines and sound effects zigzagging like a petal blown by a warm wind. Riffs frozen in the reminiscences of the Hyperborea years explode here and there in a rhythmic texture whose backdrop makes me think of Magnetic Fields III from Jean-Michel Jarre. The sequencer brings small jewels with additional sequences which pile up and jump with cohesion, a little like in the opening of Poland, embellishing a rhythmic canvas made to measure for aficionados of magnetizing electronic rhythms. The layers and solos, less acid than in "Long Distance", increase the warmer approach of "Hypnosis" which has not finished yet to surprise and charm us with the arrival of good percussive elements in his last quarter. After these two solid titles, "Cyro Sleep" leads us towards a territory arid and dry of rhythms. Effects leak out a fascinating smell of tonal strangeness with a mixture of organic sounds and of rattlesnakes that envelop a melody scattering its elusive piano notes in a texture which didn't have to bring its chthonian choir in order to instill a mood nocturnal terror, even if some layers of velvet stuffed of ether caress the possible rise of worry. "Silent Running" ends “Hypnosis” with a rhythmic texture which is apparently ambient but controlled in the same way as "Long Distance" and "Hypnosis". The sequencer play is just as tasty with this structure that seems to run among this panoply of sequenced rhythms from the album that we find condensed here. Effects and solos from synths very active at the level of riffs and layers show this very Tangerine Dream influence, era Schmoelling, on the music of Magnetron which presents an album without surprises. If only despite its long musical structures, the music of the English duo always finds a way to nail our ears to our headphones.
Sylvain Lupari (September 21st, 2018) *****
synth&sequences.com
Available on Magnetron's Bandcamp

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                                            CHRONIQUE en FRANÇAIS
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La recette de Magnetron est dans la plus pure tradition de la England School, genre RMI ou encore Airsculpture. De lentes introductions bourrées de fumigène jaunâtre comme bleutée où les sons électroniques affichent leurs plus belles parures, allant même explorer des frontières tonales d'une 5ième dimension.  Par la suite, les structures de rythmes! Majoritairement ambiantes, elles offrent aussi des phases où nos doigts tapotent, le pied gigote ou notre cou roule. Des phases évolutives avec une vision polyrythmique où les transmutations sont aussi subtiles qu'un brin de cheveux se détachant de sa racine. C'est de ces éléments que “Hypnosis” infiltre insidieusement ce désir de savourer un autre album de MÉ…même si on connait la chanson! 
Brises aux textures iodées, poussières tonales, effets de distorsions réverbérantes et effets sonores spatiaux, "Long Distance" étire une introduction d'ambiances cosmiques avec ses nappes de violons dérivants. Une ligne spasmodique indique que le séquenceur est en mode rythme saccadé, hachuré vivement comme un squelette sur un break-dancing. Cette ossature minimaliste accueille d'autres éléments de pulsations séquencées et une ligne de séquences qui délie un langage rythmique un brin harmonique. La structure est bien en place afin d'accueillir les multiples effets des synthés, dont des lignes d'harmonies évasives. Il y a multiplication des nappes et l'ajout de nouveaux effets électroniques qui annoncent une subtile bifurcation du rythme dont l'entrain convulsif dévie subtilement vers une approche à la Poland de Tangerine Dream. Le duo Anglais doit faire preuve d'ingéniosité afin d'éviter un probable effet de répétitions agaçants sur cette longue structure qui évolue tout de même avec de nouveaux éléments, tant percussifs que d'ambiances. C'est ainsi que les solos uniques à la signature de Steve Humphries percent la muraille de "Long Distance" qui se pare constamment des nouveaux éclats rythmiques de Xan Alexander. Naissant des 4 minutes d'ambiances de son introduction, "Long Distance" s'essouffle tranquillement dans les 3 minutes de sa finale d'ambiances qui sont par contre plus intenses, plus enveloppantes sinon pénétrantes. Nous avons ici le topo du dernier opus du duo Steve Humphries et Xan Alexander qui est apparu sur le site Bandcamp de Magnetron à la fin 2017; de longues plages minimalistes évoluant constamment dans un nouvel environnement rythmique ou ambiant.
La pièce-titre offre une ouverture plus musicale avec un synthé qui étend de bons chants solitaires sur une textures d'ambiances réverbérantes. Pulsatoire, la structure de rythme infiltre insidieusement ces ambiances d'éther à l'orée des 4 minutes. Cette ligne devient l'arsenal cadencée de "Hypnosis". Une autre ligne, plus boitillante, gambade innocemment sous un ciel d'ambiances qui devient de plus en plus strié par de multiples lignes à la dérive et d'effets sonores qui zigzaguent comme un pétale soufflé par un vent tiède. Des riffs figés dans les réminiscences des années Hyperborea explosent ici et là dans une texture rythmique dont la toile de fond me faut penser à Magnetic Fields III de Jean-Michel Jarre. Le séquenceur délivre des petits joyaux avec des séquences additionnelles qui s'entassent et sautillent avec cohésion, un peu comme dans l'ouverture de Poland, enjolivant un canevas rythmique fait sur mesure pour amateurs de rythmes électroniques magnétisants. Les nappes de voix et les solos, moins acides que dans "Long Distance", augmentent l'approche plus chaleureuse de "Hypnosis" qui n'a pas fini de surprendre et de charmer avec l'arrivée de bons éléments percussifs dans son dernier quart. Après ces 2 solides titres, "Cyro Sleep" nous amène dans un territoire aride et desséché de rythmes. Des effets transpirent une fascinante odeur d'étrangeté tonale avec un mélange de sonorités organiques et des effets de crotales qui enveloppent une mélodie éparpillant ses notes de piano dans une texture qui n'avait portant pas besoin de sa chorale chthonienne afin d'insuffler une ambiance de terreur nocturne, même si des nappes de velours bourrées d'éther caressent les possibles montées d'inquiétude. "Silent Running" termine “Hypnosis” avec une texture rythmique en apparence ambiante mais contrôlée de la même façon que "Long Distance" et "Hypnosis". Le jeu du séquenceur est tout autant savoureux avec une structure qui semble courir parmi cette panoplie de rythmes séquencés de l'album que l'on retrouve en condensé ici. Des effets et des solos de synthés très actifs au niveau des riffs et des nappes démontrent cette influence très Tangerine Dream, ère Schmoelling, sur la musique de Magnetron qui présente un album sans surprises. Si ce n'est que malgré ses longues structures musicales, la musique du duo Anglais trouve toujours le moyen de nous clouer les oreilles à nos écouteurs.

Sylvain Lupari 21\09\18

dimanche 16 septembre 2018

STEVE ROACH: Slow Heat 20th Anniversary Remastered Edition (98-18)

“With time, I realized that no work by Steve Roach is the same and  that his first works  are also the most dominant”

1 Slow Heat 71:16
Timeroom Editions TM01 (CD/DDL 71:16)
(Ambient music with organic soundscapes)
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 **Chronique en français plus bas**
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With time, I realized that no work by Steve Roach is the same, even in these long and repetitive forms. I also learned that his first works of the genre are also the most dominant. First album to appear on Steve Roach's label, Timeroom Edition, “Slow Heat” is molded following the principles of The Dream Circle. Or at little things near! The movement is slow and structured on slender synth pads that oscillate repeatedly in a weightlessness effect. These layers drop sonic gases which become discrete effects of floating drones, amplifying a musical cloth that drifts by drawing cosmic arches, just like a wandering shuttle in cosmos. But we are actually in the deserts of Arizona! And the friend Steve spent 2 years, so we are close enough to the time frame of The Dream Circle, to polish an album that would redefine the panoramic ambient style. We find this repetitive and quite hypnotic model of The Dream Circle with oscillating sound waves adorned of cavernous breezes and organic sounds. But the American musician wanted to push this immersive sound experience even further.
For two summers, 97 and 98, he set up microphones at a distance of 50 feet from his studios in Tucson to record the wildlife of the Sonoran Desert in Arizona. These noises were judiciously inserted in this long symphony of Roachian ambiances by mixing adroitly with the sounds of another more electronic fauna. It's repetitive, but not boring. In order to cement our attention and our sound illusions, Steve Roach adds sonic silks that take the forms of translucent filamentary blasts or fine implosions which remind me of Chronos, a Michael Stearns album published 10 years earlier. Combined with these drones that waltz like eagles around a crippled prey, the movement is rich and powerful enough to lift us from our chair and plunge us into an endless spiral. Unlike The Dream Circle, "Slow Heat" has no rhythmic ascent, evolving in more implosive phases that bring its intensity level into wake up mode.
Remastered by Howard Givens, “Slow Heat” reaches an even more exceptional sound dimension, especially in details, because of the technological advances in audio mastering. There is a sharpness here that makes even more attractive those nighttime delights trapped by Steve Roach and especially this strange physical presence of the nightly atmospheres. A little as if the night, and its faithful darkness, could embrace our emotions.
Sylvain Lupari (September 15th, 2018) *****
synth&sequences.com
Available at Steve Roach Sound World

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                                      CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Avec le temps, j'ai compris qu'aucune œuvre de Steve Roach n'est identique, même dans ces longues formes répétitives. J'ai appris aussi que ses premières œuvres du genre sont aussi les plus dominantes. Premier album à paraître sur le label de Steve Roach, Timeroom Edition, “Slow Heat” est moulé suivant les principes de The Dream Circle. Ou à peu de choses près! Le mouvement est lent et structuré sur de longilignes nappes de synthé qui oscillent à répétitions dans un effet d'apesanteur. Ces nappes échappent des gaz soniques qui deviennent de discrets effets de drone flottant, amplifiant une étoffe musicale qui dérive en dessinant des arcs cosmiques, exactement comme une navette errant dans le cosmos. Mais nous sommes en réalité dans les déserts de l'Arizona. Et l'ami Steve a passé 2 années, donc nous sommes assez près de la plage de temps (time frame) de The Dream Circle, à peaufiner un album qui allait redéfinir le style ambiant panoramique. On retrouve ce modèle répétitif, et assez hypnotique, de The Dream Circle avec des vagues sonores oscillantes ornées de brises caverneuses et de bruits organiques. Mais le musicien américain voulait pousser cette expérience sonore immersive encore plus loin.
Pendant deux étés, 97 et 98, il a installé des micros à une distance de 50 pieds de ses studios, à Tucson, afin d'enregistrer la vie de la faune sauvage nocturne du désert de Sonoran en Arizona. Ces bruits ont été judicieusement insérés dans cette longue symphonie d'ambiances Roachiennes en se mélangeant habilement avec les bruits d'une autre faune plus électronique. On dit répétitif, mais pas ennuyant. Afin de bien cimenter notre attention et nos illusions sonores, Steve Roach ajoute des soieries soniques qui prennent la forme de de jet filamenteux translucides ou encore de fines implosions qui rappellent un peu les élans sourds de Chronos, un album de Michael Stearns paru 10 ans plus tôt. Combiné à ces drones qui valsent comme des aigles autour d'une proie éclopée, le mouvement est riche et assez puissant pour nous soulever de notre fauteuil afin de plonger dans une spirale sans fin. Contrairement à The Dream Circle, "Slow Heat" n'a aucune ascension rythmique, évoluant plutôt par phases plus implosives qui amènent son niveau d'intensité en mode réveil.
Remasterisé par Howard Givens, “Slow Heath” atteint une dimension sonore encore plus exceptionnelle, surtout au niveau des détails, à cause des avancées technologiques dans le mastering audio. Il y a une netteté ici qui rend encore plus attrayant les délices nocturnes piégés par Steve Roach et surtout cette étrange présence physique des ambiances crépusculaires. Un peu comme si la nuit, et sa fidèle noirceur, embrassait nos émotions. 

Sylvain Lupari 15/09/18

vendredi 14 septembre 2018

VARIOUS-The Sound of Syndae (2018)

“This very good compilation aimed at fans of an EM closer to the EDM than the Berlin School model, although its structures and moods remain its ramparts”
1 This is Syndae (Chris Gate)
2 Syndae's Theme (Moonbooter - Boot from Moon Mix)
3 Mystery Without Clues (Jim Ottaway)
4 Of things Impossible? (could Sleep do more?) (That Horologe Machinery Divine)
5 Syndae's Nightmare (Stan Dart)
6 Analogue Delight (Rudolf Heimann)
7 The Voice of Syndae (Sonic Chain)
8 Sunshade (y space)
9 Near Manchester (Reskimus)
10 Flight over Chryse Planitia (Dream Within)
11 Golden Mars (In Vitro)
12 GP (Stefan Erbe)
13 Golden Plain the Sound of Syndae (Stefan Schulz)
Syndae Music (CD 78:13)
(Electronic Dance Music)
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 **Chronique en français plus bas**
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A little secret? I didn't know Syndae at all! It's a completely independent website and radio podcast that has been promoting EM since that Stefan Schulz met another pioneer in the promotion of EM, Stefan Erbe. Syndae first appeared on the Web in 2008. Ten years later and nearly 450 podcasts farther, its creator has launched the idea of making of it a major event by inviting artists to submit a composition that revolves around the musical theme of the show. The idea was already attempted when Jim Kerr invited artists to compose music that revolved around the same theme in 1992 with the album The Seed. Stefan Schulz then selected a jury composed of various chroniclers on the planet, including your humble servant. I had to choose 8 titles over almost 20 ones. Without knowing anything about the Syndae universe and its musical theme, I was immersed in the adventure “The Sound of Syndae”.
Misty voice effects in an approach of nebulous ambiances, with a slight hint of psybient, the opening of "This is Syndae" extends its moods over a 2-minute journey. Chords and pulsations seek a harmonic and rhythmic direction which unblocks in an approach of EDM always stuck in layers of astral cloud. Violins wings caress this Techno still not sure of its orientation, guiding "This is Syndae" to a passage of ambient elements before the title reveals its rhythmic melody in an approach of Dance Music still not sure of its orientation. This title of Chris Gate is probably the closest to Golden Plain's, the musical theme of Podcast Syndae. It also describes this evolution of the 12 other titles that respect the rules of introduction and final of a music inspired by the old model of the Berlin School. With its more animated phases, Reskimus' "Near Manchester" builds on Chris Gate's model. Moonbooter follows with a good stroboscopic version nicely supported by great percussive effects. We are in the field of IDM here, just like with Stan Dart's "Syndae's Nightmare", which is more like Trance, and the more Dance version of Stefan Erbe, "GP". I have just discovered the world of Jim Ottaway that I find his participation in the project with "Mystery Without Clues". The music breathes the meaning of its title with a very extraterrestrial atmosphere. The ambient rhythm is set on a mesh of percussions sequenced in mode electronic tom-tom and where the stars whisper the melody of Golden Plain. It's a nice title which refines its approach in a beautiful tonal decoration with a more animated vision but which is nevertheless stifled in a web of cosmic ambiances.
The selection of the jury ensures that all areas of modern electronic music are very well represented on this compilation. "Of things Impossible? (could Sleep do more?)" by That Horologe Machinery Divine, offers the most ambiospherical view of “The Sound of Syndae”. "Analogue Delight" flies between New Berlin School a la Robert Schroeder and the usual electronic rock of Rudolf Heimann. The music is densely loaded with a variety of effects from various instruments, including slamming percussions and six-string riffs, in a fluid structure that escalates the imaginary Berliner-style mountains. The synth and the guitar throw some very harmonious solos. After its introduction filled with voice effects, "The Voice of Syndae" offers a first phase of rhythm contained in its stationary momentum by sequences that try to sound the rhythmic charge. Once again cut off from its tail, this rhythmic phase falls into a phase of atmospheres fed with solos and effects of worn out voices. Subsequently, the rhythm becomes more aggressive with a line of rhythmic sequences and another of rhythmic harmonies as well as percussions. The synth tosses some very good solos on this title from Sonic Chain. (y space) brings us into a world of Lounge Music with an approach that flirts with the known elements of Psybient. "Flight over Chryse Planitia" from Dream Within offers a completely crazy version. Sometimes ambient, like a boa digesting its prey, and sometimes alive, like a flock of disorganized rabbits, the rhythm bears its whims and the melody that swirls like a ritornello in a washing machine. Glitch, Hip-Hop and cosmic voice effects adorn a decor that also flirts with the Psybient side of new electronic music. The more it goes, the more the feet burn the ground. In Vitro relaxes the mood with "Golden Mars" which brings us into the spheres of House Ambient.
Here's the topo! There is all the information about the artists, the jurors and the approach that led to “The Sound of Syndae” on this link; The Sound of Syndae. A very good compilation that is mainly aimed at fans of an EM closer to the EDM than the Berlin School model, although its structures and moods remain the ramparts of the 78 minutes of an album that hovers honestly all genres that Berlin School engendered.
Sylvain Lupari (September 14th, 2018) ***¾**
synth&sequences.com
Available at erbemusic.com Shop

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                                                    CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Une petite confidence? Je ne connaissais pas Syndae! Un site web et une radio podcast tout à fait indépendant qui fait la promotion de la MÉ depuis que Stefan Schulz rencontrait un autre pionnier dans la promotion de la MÉ, Stefan Erbe. Syndae est ainsi apparu sur le Web en 2008. Dix ans plus tard et près de 450 podcasts plus loin, son concepteur lance l'idée d'en faire un événement d'envergure en invitant des artistes à soumettre une composition qui tourne autour de la thématique musicale de l'émission. L'idée a déjà été tentée lorsque Jim Kerr invitait des artistes à composer une musique qui tournait autour d’un même thème en 1992 avec l'album The Seed. Stefan Schulz sélectionnait par la suite un jury composé de divers chroniqueurs sur la planète, dont votre humble serviteur. Je devais choisir 8 titres sur près d'une 20taine. Sans rien connaître de l'univers Syndae et ni de son indicatif musical, je plongeais dans l'aventure “The Sound of Syndae”.
Des effets de voix brumeuses dans une approche d'ambiances nébuleuses, avec un léger soupçon de psybient, l'ouverture de "This is Syndae" étire ses ambiances sur un parcours de 2 minutes. Des notes et des pulsations cherchent une direction harmonique et rythmique qui débloque dans une approche d'EDM toujours en nappée de nébulosité astrale. Des ailes de violons caressent ce Techno toujours pas certain de son orientation, guidant "This is Syndae" vers un passage d'ambiances avant que le titre ne dévoile sa mélodie rythmique dans une approche de Dance Music toujours pas certain de son orientation. Ce titre de Chris Gate est sans doute celui qui se rapproche le plus de Golden Plain, la thématique musicale du Podcast Syndae. Elle décrit aussi cette évolution des 12 autres titres qui respectent ainsi les règles d'introduction et de finale d'une musique inspirée par le vieux modèle de la Berlin School. Avec ses phases plus animées, "Near Manchester" de Reskimus s'appuie sur le modèle de Chris Gate. Moonbooter suit avec une belle version stroboscopique joliment appuyée par de superbes effets percussifs. Nous sommes dans le domaine de l'IDM ici, tout comme avec "Syndae's Nightmare" de Stan Dart, qui est plus dans le genre Trance, et la version plus Dance de Stefan Erbe, "GP". Je viens à peine de découvrir l'univers de Jim Ottaway que je retrouve sa participation au projet avec "Mystery Without Clues". La musique respire le sens de son titre avec une ambiance très extraterrestre. Le rythme ambiant est dressé sur un maillage de séquences percussionnées en mode tam-tam électronique, où les étoiles murmurent la mélodie de Golden Plain. C'est un beau titre qui peaufine son approche dans un beau décor tonal avec une vision plus animée mais qui reste toutefois étouffée dans une toile d'ambiances cosmiques.
La sélection du jury fait en sorte que tous les domaines de la musique électronique moderne est très bien représentée sur cette compilation. "Of things Impossible? (could Sleep do more?)", par That Horologe Machinery Divine, offre la vision la plus ambiosphérique de “The Sound of Syndae”. "Analogue Delight" volète entre le New Berlin School à la Robert Schroeder et le rock électronique usuel de Rudolf Heimann. La musique est densément peuplée d'une panoplie d'effets de divers instruments, dont des percussions claquantes et des riffs de six-cordes électriques, dans une structure fluide qui escalade les imaginaires montagnes de style Berliner. Le synthé et la guitare diffusent des solos très harmonieux. Après son introduction remplie d'effets de voix brumeuses, "The Voice of Syndae" propose une 1ière phase de rythme contenu dans son élan stationnaire par des séquences qui tentent de sonner la charge rythmique. Encore une fois coupée de sa queue, cette phase rythmique tombe dans une phase d'ambiances nourries de solos et d'effets de voix cassées. Par la suite, le rythme devient plus agressif avec une ligne de séquences rythmique et une autre de tintements harmoniques ainsi que des percussions. Le synthé lance de beaux solos sur ce titre de Sonic Chain. (y space) nous amène dans un univers de Lounge Music avec une approche qui flirte avec les éléments connus de Psybient. "Flight over Chryse Planitia" de Dream Within propose une version totalement déjantée. Tantôt ambiant, comme un boa digérant sa proie, et tantôt vif, comme un troupeau de lapins désorganisés, le rythme supporte ses caprices et la mélodie qui tournoie comme une ritournelle dans une lessiveuse. Des effets de glitch, de Hip-Hop et de voix cosmiques ornent un décor qui flirte aussi avec le côté Psybient de la nouvelle musique électronique. Plus ça avance et plus les pieds brûlent le sol. In Vitro tranquillise un peu les ambiances avec "Golden Mars" qui nous amène dans les sphères de la House Ambient.
Voilà le topo! On trouve toutes les informations concernant les artistes, les jurés et l'approche qui a conduit à “The Sound of Syndae” sur ce lien; The Sound of Syndae. Une belle compilation qui s'adresse principalement aux fans d'une MÉ plus près de la EDM que du modèle Berlin School, quoique ses structures et ses ambiances restent les remparts des 78 minutes d'un album qui survole honnêtement tous les genres que la Berlin School a engendrée. 

Sylvain Lupari 14/09/18