dimanche 30 septembre 2018

F.D. PROJECT: Roots (2018)

“Roots is as good as Timeless II and has this something about beats that are very catchy, lively and finally very harmonious...plus the guitar”

1 Roots 9:42
2 Revolution 8:42
3 Deep Dream 6:30
4 50 Years TD...Tribute 11:51
5 Bells 7:34
6 B.T.T.R 9:17
7 Open Land 8:55
FD Project Music (CD/DDL 62:23)
(Berlin School)
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 **Chronique en français plus bas**
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Timeless II had consolidated the position of FD Project in the list of very influential musicians in the spheres of the EM of the Berlin School genre. And it's not with “Roots” that the German multi-instrumentalist will lose a centimeter of his place. Album teeming with very catchy rhythmic patterns, “Roots” proposes 7 structures laying down on movements of the sequencer which moves like a nest of rhythmic serpents. The sequences vibrate with usual tones as distorted and the percussions adjust these rhythms between phases of dance and others more sedentary while the synths and the guitar adjust their duels in a fascinating complicity which flows with so much evidence ... as if one can't go without the other in the FD Project universe.
The title-track is reminiscent of Edgar Froese. The movement of the sequencer offers a line of rhythm that zigzags between its soft tones and other with distorted sounds. Another line is grafted and then another ... "Roots" then becomes a gyratory rhythmic crossroads which ends up relying on sober percussions. It's pure Berlin School from the late 70's with a rhythmic and melodic structure that moves its loops under good effects of astral mist and solos blown from the fingertips. "Revolution" follows with a good electronic rock that is just straddling a slow and lively structure. Heavy and spheroidal, the rhythm is certainly very catchy for the feet while serving as a basis for a guitar which exploits its heavy and aerial solos without forgetting its dance of the riffs. Some big electronic rock unique to the signature of Frank Dorittke. "Deep Dream" is another very catchy title. Its minimalist structure offers a good rhythm with slightly spasmodic curves. Sober percussions add a slight stir to a rhythmic ritornello that is thirsty for Techno and whose main core freezes an ear-worm well connected to our feet. The solos are divided between those of a synth, which leaves more room for rhythmic charm, and a voracious guitar which proves the possibility of a real complicity between the synth and the guitar in the world of EM.
"50 Years TD ... Tribute" is a title that is more attached to the influences of Edgar Froese than Tangerine Dream. Its rhythm structure is just as sedentary as the others in “Roots”. It wavers between its musical and distorted tonalities while being surrounded by nebulous effects and other slightly more organic effects. I try to find the links between this title and its meaning! One thing is certain however; that's the kind of title that requires several plays before seducing unlike the other 6 tracks on this album which are literally more accessible. "Bells" is another free interpretation and especially an umpteenth tribute to the tubular works of Mike Oldfield. This time the German guitarist-synthesist is inspired by the more contemporary harmonies of Tubular Bells. Molded a bit on the style of "Deep Dream", "B.T.T.R" offers a good dizzying electronic rock which is rich of its lively and jerky sequences. The percussions give tone to this structure whose skillful mesh between the tones of the sequencer inspires a rock dance that welcomes its guitar solos after 6 minutes of enticing rhythm. "Open Land" ends this last opus of FD Project with a down-tempo approach that also relies on these patterns of intertwined and delicately convulsive rhythms which make the main charm of “Roots”. Repetitive and magnetizing, "Open Land" is spinning like an ethereal waltz while offering this delightful balance between the effects of synth and the solos of a more discreet guitar. It's very Tangerine Dream, especially the guitar with its Edgar Froese's perfumes.
The great strength of “Roots” is that it offers a music that one tames without difficulty. The rhythms are lively, catchy and melodious, even if they are conceived in the intertwining of a herd of serpents frozen at the same spot, whereas the guitar solos always have this little something inexplicable which brings out here the legendary solos of Edgar Froese. The fans of FD Project will be excited about “Roots” while other EM fans should enjoy this album without too much difficulty and maybe even get into his universe, especially since Frank Dorittke has officially opened his Bandcamp site. The download version of “Roots” is available there, while the CD will be on sale around October 20th.
Sylvain Lupari (September 30th, 2018) ****¼*
synth&sequences.com
Available at FD Project Bandcamp

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                                           CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Timeless II avait consolidé la place de FD Project dans la liste des musiciens très influents dans les sphères de la MÉ du genre Berlin School. Et ce n'est pas avec “Roots” que le multi-instrumentaliste Allemand va perdre un centimètre de sa place. Album grouillant de patterns rythmiques très entraînants, “Roots” propose 7 structures posées sur des mouvements du séquenceur qui s'agite comme un nid de serpents rythmiques. Les séquences vibrent de tonalités usuelles comme distorsionnées et les percussions ajustent ces rythmes entre des phases de danse et d'autres plus sédentaires alors que les synthés et la guitare ajustent leurs duels dans une fascinante complicité qui coule avec tellement d'évidence…comme si l'un n’allait pas sans l'autre dans l'univers de F.D. Project.
La pièce-titres est réminiscence d'Edgar Froese. Le mouvement du séquenceur offre une ligne de rythme qui zigzague entre ses tonalités douces et d'autres rongées de distorsions. Une autre ligne se greffe et puis une autre…"Roots" devient alors un carrefour rythmique giratoire qui finit par s'appuyer sur de sobres percussions. C'est du pur Berlin School de la fin des années 70 avec une structure à la fois rythmique et mélodique qui promène ses boucles sous de bons effets de brume astrale et des solos soufflés du bout des doigts. "Revolution" suit avec un bon rock électronique qui est juste à cheval entre une structure lente et vivante. Lourd et sphéroïdal, le rythme est certainement très entraînant pour les pieds tout en servant de base à une guitare qui exploite ses solos lourds et aériens sans oublier sa danse des riffs. Du gros rock électronique unique à la signature de Frank Dorittke. "Deep Dream" est un autre titre très entraînant. Sa structure minimaliste propose un bon rythme avec des rondeurs légèrement spasmodiques. De sobres percussions ajoutent un léger entrain à une ritournelle rythmique qui a soif de Techno et dont le noyau principal fige un ver-d'oreille bien connecté à nos pieds. Les solos sont divisés entre ceux d'un synthé, qui laisse plus de place au charme rythmique, et une guitare vorace qui démontre la possibilité d'une réelle complicité entre le synthé et la guitare dans l'univers de la MÉ.
"50 Years TD...Tribute" est un titre qui est plus attaché aux influences d'Edgar Froese que de Tangerine Dream. Sa structure de rythme est tout autant minimaliste sédentaire que les autres dans “Roots”. Elle vacille entre ses tonalités autant musicales que distorsionnées tout en étant entourée d'effets nébuleux et d'autres effets un peu plus organiques. J'essaie de trouver les liens entre ce titre et son sens! Une chose est certaine cependant; c'est le genre de titre qui demande plusieurs écoutes avant de séduire comme les 6 autres titres de cet album qui sont littéralement plus accessibles. "Bells" est une autre libre interprétation et surtout un ixième hommage aux œuvres tubulaires de Mike Oldfield. Cette fois-ci le guitariste-synthésiste Allemand s'inspire des harmonies plus contemporaines de Tubular Bells. Moulé un peu sur le style de "Deep Dream", "B.T.T.R" offre un bon rock électronique étourdissant qui est riche de ses séquences vives et saccadées. Les percussions donnent du tonus à cette structure dont l'habile maillage entre les tonalités du séquenceur inspire une danse rock qui accueille ses solos de guitare après 6 minutes de rythme entrainant. "Open Land" termine ce dernier opus de FD Project avec une approche d'un genre down-tempo qui s'appuie aussi sur ces patterns de rythmes entrecroisées et délicatement convulsifs qui font le principal charme de “Roots”. Répétitif et magnétisant, "Open Land" tournoie comme une valse éthérée tout en offrant cette délicieuse balance entre les effets de synthé et les solos d'une guitare plus discrète. Ça fait très Tangerine Dream, surtout la guitare et ses parfums d'Edgar Froese.
La grande force de “Roots” est qu'il offre une musique qui s'apprivoise sans difficultés. Les rythmes sont vivants et mélodieux, même si cogités dans des entrelacements d'un troupeau de serpents figés à la même place, alors que les solos de guitare ont toujours ce petit quelque chose d'inexplicable qui fait ressortir ici les légendaires solos d'Edgar Froese. Les fans de FD Project seront emballés par “Roots” alors que les autres fans de MÉ devraient apprécier cet album sans trop de difficultés et peut-être même s'introduire à son univers, surtout que Frank Dorittke a officiellement ouvert son site Bandcamp. La version téléchargeable de “Roots” y est disponible, alors que le CD sera en vente autour du 20 Octobre.

Sylvain Lupari 30/09/18

vendredi 28 septembre 2018

ALPHA WAVE MOVEMENT: Tranquility Space (2018)

“Here is another great album from AWM which mixes the sweet tones of floating moods to some exquisite hypnotic Berlin School patterns...and more”

1 Tranquility Space 3:52
2 The Tender Sea of Space 8:26
3 Slow Voyage 7:16
4 Centauri Memories 2:31
5 Purge 6:01
6 Sailing Orion 10:42
7 Movement IV 10:18
8 A Place of Peace 7:11
9 Theta Space 5:18
10 Umbra 11:05
HRR180915 (CD-r/DDL 72:45)
(Ambient, Berlin-School, Tribal, Drone)
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 **Chronique en français plus bas**
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A new album from Alpha Wave Movement is not anodyne! Album after album, and no matter the jacket, Gregory Kyryluk excels in the art of surprising and finally of charming. Like many of his works, “Tranquility Space” needs some listening before the musicality of his tuning fork joins his filaments that connect to our emotions, to our imagination. Not that it's complex! No, I would rather say that this last opus is made in a good diversity of styles where the film genre flirts with a very good Berlin School or even the reverberating waves of the drone plains caress a very dreamlike approach. Between its phases of ambient rhythms, its panoramas of interstellar ambiances and its contrasts, “Tranquility Space” leaves sooner or later its undeniable mark on our emotions, like the great works of AWM which counts more than a good half a dozen in a discography that looks like a huge box of sonic chocolate where everything is good in its artistic form.
Buzzing and azure winds open the tonal sanctuary of "Tranquility Space". Sounds flee the skies and fall drop by drop to form a sonic cloud where are pearling these drops frozen in an oasis of serenity. "The Tender Sea of Space" proudly wears its seal with an opening filled of chimerical violins stretching their laments. Scarlet, the tones of the violins mutate into soft musical caresses where always tinkling these sounds fixed in crystal and which shimmer like pearls on a harp. The movement is slow and swaps its calm ambiances for more intense moments with a melancholic approach which is very Vangelis. A slight movement of rhythm makes oscillate the carpet of this sonic Eden with a horde of docile jolts unique to the ambient rhythms of the Berlin School. And always these synth layers scented of Vangelis' apocalyptic visions ... Nice, cinematographic and very intense in terms of emotions! We can say the same thing about "Slow Voyage", without the imprint of Vangelis. The oniric music and ambiences respond with skill to the meaning of its title. Here too, a rhythm shakes a little more the ambiences which take an oriental tint to very cosmic Kitaro. The finale is a bit abrupt. Here and in this beautiful lunar lullaby which is "Centauri Memories" with its very nice song of chimes.
"Purge" borrows a bit the organic tribal ambient style of Steve Roach. The plurality of tones remains very contagious here. "Sailing Orion" is the jewel here. Its slow introduction is woven into a sonic delight with layers of voices humming on a sound bed swinging and waltzing of its tonal imprints. Dreamlike, these moments guide us towards a splendid hypnotic rhythmic structure whose serial beats sculpt a very good Berlin School. Activated around the fourth minute, this pulsating rhythm embellishes its ornaments with a level of emotivism in the layers of voices and other interstellar layers that give a poignant aspect to this music knotted of its seraphic breezes and celestial orchestrations. A pure jewel in this musical asterism that is this last album of Alpha Wave Movement. Long reverberant effects, like drone clouds, sculpt the panorama of "Movement IV" which is a long title of atmospheres as much realistic as a sunset in the Everglades. After this vast expanse of sound space, "A Place of Peace" comes to us with a spaceship effect docking the Earth. We must not rely on this omnipresence of ambient space, since the music embraces a loop of Groove fed by a monstrous bass line. And quietly, "A Place of Peace" becomes a place of Groove with a very organic song whose tones of amphibians on a joint are murmuring in the silky layers of voices and under this very suggestive line of bass. The richness of this title is that it's as unexpected as deliciously catchy, like its synth solos that perfume the second part. I cracked on the first listen at this very cosmic Groove. After a "Theta Space" as quiet as "Movement IV", "Umbra" finishes the last 11 minutes of “Tranquility Space” with a symphony for shooting stars fixed in the blades of a huge xylophone. These chords weakened in crystal unfold, after the dark waves of the introduction, in a sound mixture that reminds a bit of the masterpieces of Michael Stearns, Chronos and M'Ocean. The notes get twist and roll like strobe spindles between isolated arpeggios, creating a delirious cannon effect where each note amplifies its astral choreography. Musical and dreamlike, "Umbra" joins the vast expanse of “Tranquility Space” and puts an end to another great musical adventure of Alpha Wave Movement who succeeds in this difficult challenge to constantly seduce while destabilizing with approaches always in search of the zenith sonic. Very good in all its senses!
Sylvain Lupari (September 28th, 2018) *****
synth&sequences.com
Available at Harmonic Resonance Recordings Bandcamp

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                                        CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Un nouvel album d'Alpha Wave Movement n'est pas chose banale! Album après album, et peu importe le veston, Gregory Kyryluk excelle dans l'art de surprendre et finalement de charmer. Comme beaucoup de ses œuvres, “Tranquility Space” a besoin de quelques écoutes avant que la musicalité de son diapason rejoigne ses filaments qui se connectent à nos émotions, à notre imagination. Pas que cela soit complexe! Non, je dirais plutôt que ce dernier opus est fait dans une belle diversité des styles où le genre cinématographique flirte avec du très bon Berlin School ou encore les ondes réverbérantes des plaines de drones caressent une approche nettement onirique. Entre ses phases de rythmes ambiants, ses panoramas d’ambiances interstellaires et ses contrastes, “Tranquility Space” laisse tôt ou tard son indéniable marque sur nos émotions, comme les grandes œuvres d'AWM qui en compte plus qu'une bonne demi-douzaine dans une discographie qui ressemble à une immense boîte de chocolat sonique où tout est bon dans sa forme artistique.
Des bourdonnements et des vents azurs ouvrent le sanctuaire tonal de "Tranquility Space". Des sons fuient les cieux et tombent goutte à goutte afin de former un nuage sonore où perlent ces gouttes figées dans une oasis de sérénité. "The Tender Sea of Space" porte fièrement ses armoiries avec une ouverture remplie de violons chimériques étirant leurs complaintes. Écarlates, les tonalités des violons mutent en de douces caresses musicales où tintent toujours ces sons figés dans du cristal et qui miroitent comme des perles sur une harpe. Le mouvement est lent et troque ses ambiances calmes pour des moments plus intenses avec une approche mélancolique qui fait très Vangelis. Un léger mouvement de rythme fait osciller le tapis de cet éden sonique avec une horde de secousses dociles unique aux rythmes ambiants de la Berlin School. Et toujours ces nappes de synthé parfumées des visions apocalyptiques de Vangelis…Beau, cinématographique et très intense au niveau des émotions! On peut dire la même chose de "Slow Voyage", sans l'empreinte de Vangelis. La musique et les ambiances oniriques répondent avec habilité au sens de son titre. Ici aussi, un rythme secoue un peu plus les ambiances qui prennent une teinte orientale à du Kitaro très cosmique. La finale est un peu abrupte. Ici et dans cette superbe berceuse lunaire qu'est "Centauri Memories" avec son chant magnifique de carillons.
"Purge" emprunte un peu le tribal ambiant organique de Steve Roach. La pluralité des tons reste très contagieuse ici. "Sailing Orion" est le bijou de “Tranquility Space”. Sa lente introduction est tissée dans un délice sonore avec des nappes de voix qui fredonnent sur un lit sonore oscillant et valsant de ses empreintes tonales. Onirique, ces instants nous guide vers une splendide structure rythmique hypnotique dont les battements en série sculptent un très beau Berlin School. Activée autour des 4 minutes, ce rythme pulsatoire agrémente sa parure avec un niveau d'émotivité dans les nappes de voix et les couches interstellaires qui donnent un aspect poignant à cette musique nouée de ses souffles séraphiques et d'orchestrations célestes. Un pur joyau dans cette astérisme musicale qu'est ce dernier album d'Alpha Wave Movement. De longs effets réverbérants, comme des nuages de drones, sculptent le panorama de "Movement IV" qui est un long titre d'ambiances aussi réalistes qu'un coucher de soleil dans les Everglades. Après cette vaste étendue d'espace sonore, "A Place of Peace" nous parvient avec un effet de vaisseau spatial accostant la Terre. Il ne faut pas se fier à cette omniprésence d'espace ambiant, puisque la musique embrasse une boucle de Groove alimentée par une ligne de basse assez monstrueuse. Et tranquillement, "A Place of Peace" devient une place de Groove avec un chant très organique dont les tonalités de batraciens sur un joint murmurent dans de soyeuses nappes de voix et sous cette ligne de basse archi suggestive. La richesse de ce titre est qu'il est aussi inattendu que délicieusement entraînant, comme ses solos de synthé qui en parfument la seconde partie. J'ai craqué à la 1ière écoute sur ce Groove très cosmique. Après un "Theta Space" aussi tranquille que "Movement IV","Umbra" termine les dernières 11 minutes de “Tranquility Space” avec une symphonie pour étoiles filantes figées dans les lames d'un immense xylophone. Ces accords fragilisés dans du cristal défilent, après les ondes sombres de l'introduction, dans une mixture sonore qui rappellent un peu les œuvres maitresses de Michael Stearns, Chronos et M'Ocean. Les notes se contorsionnent et roulent comme des fuseaux stroboscopiques entre des arpèges isolés, créant une délirant effet de canon où chaque note amplifie sa chorégraphie astrale. Musical et onirique, "Umbra" rejoint les vastitudes de "Tranquility Space" et met un terme à un autre belle aventure musicale d'Alpha Wave Movement qui réussit ce difficile pari de constamment séduire tout en déstabilisant avec des approches toujours à la recherche du zénith sonique. Très bon dans tous ses sens!

Sylvain Lupari (27/09/18)

mercredi 26 septembre 2018

PETER BALL: Bohemia (2018)

“Calm music on an alternative soundscape, Bohemia is another way to tame ambient music which renews its vows of serenity”
1 Bohemia / Desert Fruit 14:48
2 Drawn from Sleep (Slow Colours Mix) 6:53
3 Sunless 6:39
4 Epiphany 14:59
5 Fragile Settings 9:10
6 Into Nothingness 18:06
(Ambient with a zest of experimental)
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 **Chronique en français plus bas**
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An Australian musician-farmer who lives in the city of Lismore in northern New South Wales, Peter Ball is a well-respected name in Australia's arts and music scene. Recognized for his minimalist approach, he also likes to explore a universe of atmospheres with sound elements that take up the challenge of intriguing our imagination. Don't look for his discography, the man is discreet and rather offers his services at the technical level. He made an experimental ambient music album with Kerry Norman, South in 1993, and then nothing else is found. “Bohemia” appears some 25 later on the Ultima Thule Ambient label and also proposes an esoteric journey in a universe where the sounds are melted into some inert masses, a little like the crystals in the Jell-O. Can the comparison be lame? Not really! Since if we look at everything through a microscope, it is a multicolored and enchanting universe unfolds before our eyes. Here, it's through our both ears.
And as if to give weight to these notes, "Bohemia / Desert Fruit" opens “Bohemia” with chords in suspension that hang in a sound mass stigmatized by the many echo effects of other chords and of various tinkles. This salad of tones offers all the colors imaginable in a strange ballet for broken bodies where an ambient melody emerges and whose harmonies meet some whispers around 8 minutes. Whispers and rustling concoct a sound canvas that clings to fragile orchestrations while the finale of "Bohemia / Desert Fruit" flirts nevertheless with a good dose of paranoia, especially when the percussions hammer a heavy and lifeless rhythm. "Drawn from Sleep (Slow Colors Mix)" aptly wears the colors of its title. Wavy synth lines weave a panorama as bright as the reflections of a river burned by the sun. Voice effects surf with these reflections that pour out their musicality with a sweet contemplative vision. "Sunless" is another title where the music breathes tranquility but with a more discreet and darker approach. Like a breeze in a lifeless cave, the breaths float with tones forged by the stigmas as our ears wonder if a guitar extends its spectrum or if it's a synth that melts its floating harmonies in a world forgotten in a cave. It's very serene while "Epiphany" is more in mode exploratory ambient. Let's take the hues of "Bohemia / Desert Fruit" and hang them on a Techno structure for pickled Zombies and we get this wonderful piece of music that alone is worth the price of uploading “Bohemia”. Set apart the humming from this horde of zombies, some simply enchanting sound effects decorate the 15 minutes of this splendid title. We can hear avian squeaks of an unlisted forest and delicious organic elements which give quite a panorama to a music that takes refuge in discretion, not without having reached the limits of a new form of ambient music. Superb! "Fragile Settings" is a quiet track based on guitar chords spread in the enchanting thin threads of a bluish mist. "Into Nothingness" completes this Peter Ball's album with another experimental ambient approach. Multiple bubbles of sounds sparkle in the void, while others clump and knock together such as magical impulses above a soundscape as quiet as a starry night on the shore of an ocean. This is the image I get from these 18 minutes of idle contemplation where the music of “Bohemia” and of Peter Ball brought me to such exquisite territories as totally unknown to my ears.
Sylvain Lupari (September 25th, 2018) ***½**
synth&sequences.com
Available on Ultima Thule Ambient Media

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                                       CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Musicien-fermier Australien qui réside dans la ville de Lismore au nord de New South Wales, Peter Ball est un nom très respecté dans le milieu des arts et de la musique en Australie. Reconnu pour son approche minimaliste, il aime aussi explorer un univers d'ambiances avec des éléments sonores qui relèvent le défi d'intriguer notre imagination. Ne cherchez pas pour connaître sa discographie, l'homme est discret et prête plutôt ses services au niveau technique. Il a fait un album de musique ambiante expérimentale avec Kerry Norman, South en 1993, et puis on ne trouve rien d'autre. “Bohemia” apparait donc quelques 25 plus loin sur étiquette Ultima Thule Ambient et propose aussi un voyage ésotérique dans un univers où les sons se fondent à des masses inertes, un peu comme les cristaux dans le Jell-O. La comparaison peut être boiteuse? Pas vraiment! Puisque si l'on regarde le tout au travers un microscope, c'est un univers multicolore et enchanteur qui se déroule devant nos yeux. Ici, c'est à travers les deux oreilles.  
Et comme pour donner du poids à ces notes, "Bohemia / Desert Fruit" ouvre “Bohemia” avec des accords en suspension qui traînent dans une masse sonore stigmatisée par les nombreux effets d'écho d'autres accords et de divers tintements. Cette salade de tons propose toutes les couleurs imaginables dans un étrange ballet pour corps rompus où se dessine une mélodie ambiante dont les harmonies rencontrent des chuchotements autour des 8 minutes. Chuchotements et bruissements concoctent une toile sonore qui s'accroche à de fragiles orchestrations alors que la finale de "Bohemia / Desert Fruit" flirte néanmoins avec une bonne dose de paranoïa, surtout lorsque les percussions martèlent un rythme lourd et sans vie. "Drawn from Sleep (Slow Colours Mix)" porte avec justesse les couleurs de son titre. Des nappes de synthé ondoyantes tissent un panorama aussi lumineux que les reflets d'une rivière brûlée par le soleil. Des effets de voix surfent avec ces reflets qui déversent leur musicalité avec une douce vision contemplative. "Sunless" est un autre titre où la musique respire la tranquillité mais avec une approche plus discrète et plus sombre. Comme une brise dans une grotte sans vie, les souffles flottent avec des tonalités forgées par les stigmates alors que nos oreilles se demandent si une guitare étend son spectre ou si c'est un synthé qui fond ses harmonies flottantes dans un monde oublié dans une grotte. C'est très serein alors que "Epiphany" est plus en mode musique d'ambiances exploratrice. Prenons les teintes de "Bohemia / Desert Fruit" et accrochons-les sur une structure de Techno pour Zombies marinés et nous obtenons ce magnifique morceau de musique qui vaut à lui seul le prix du déchargement de “Bohemia”. Hormis les fredonnements de cette horde de zombies, des effets sonores tout simplement enchanteurs décorent les 15 minutes de ce splendide titre. On peut entendre des couinements aviaires d'une forêt non-répertoriée ainsi que de délicieux éléments organiques qui donnent tout un relief à une musique qui se réfugie dans la discrétion, non sans avoir atteint les limites d'une nouvelle forme de musique ambiante. Superbe! "Fragile Settings" est un titre calme axé sur des accords de guitare répandu dans les filets enchanteurs d'une bruine bleutée. "Into Nothingness" termine cet album de Peter Ball avec une autre approche ambiante expérimentale. De multiples bulles de sons pétillent dans vide, alors que d'autres s'agglutinent et s'entrechoquent comme dans des élans de féérie au-dessus d'un paysage sonore aussi tranquille qu'une nuit étoilée sur le rivage d'un océan. C'est l'image que je retire de ces 18 minutes de contemplation oisive où la musique de “Bohemia” et de Peter Ball m'a amené dans des territoires aussi exquis que totalement inconnu à mes oreilles.
Sylvain Lupari 25/09/18

lundi 24 septembre 2018

ALBA ECSTASY: Where are the Quiet Saturdays? Vol.2 (2018)

"To me, those EM gigs of Saturdays are  still one of the best way to get yourself introduced to the world of Berlin School's EM style"

1 Part 4 16:39
2 Part 5 18:39
3 Part 6 12:04
Alba Ecstasy Music (DDL 47:23)
(Berlin School)
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 **Chronique en français plus bas**
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After an absence of 3 years, Alba Ecxtasy seems to be resuming its series Where are the Quiet Saturdays? Three weeks separate this part from the last one and the music is still quite interesting. To me, it's still one of the best way to get yourself introduced to the world of Berlin School's EM style. "Part 4" offers a good romantic vision with a hopping movement of the sequencer. The keys gambol with a fluidity reminiscent of those delicate moments of dreamy rhythmic evasion of Klaus Schulze in the years 86 to 88 or yet Remy in his monumental Exhibition of Dreams. This procession of bouncy loops unfolds under a sonic sky scribbled with sound graffiti, intersideral whale songs and a synth whose solos intertwine their ethereal dances with high tones and rather musical bass lines. It flows very well! After an introduction specific to the universe of EM ambiences, "Part 5" brings us into the territories of a lively Berlin School with this motorik movement of ghost train and two lines of sequences which structure an exciting rhythm. Electronic percussions embellish rather well this network of convergent sequences of "Part 5" which offers a decor of ambiances more aggressive than that of "Part 4". Apart from these sequences which add up in saccades in a harmonic vision, the cosmic mists and breezes built a panorama tinted of nebulosity while the synth always throws these good refined solos while bringing "Part 5" to a more exploratory finale of ambiences elements. Again, it's impossible to feel a void in the creativity of Mihail Adrian Simion, whose ability to compose Berlin School is even praised by Indra. I bring the name of Indra, because "Part 6" can't be dissociable of him! Composed live on the same day of its release on Bandcamp with the use of a single synthesizer, the Access Virus Ti2, "Part 6" begins with a gentle floating introduction and a soft introduction to a beat which beats a hectic measure. Alba Ecxtasy only adds 3 additional patch, and sonic squiggles, on this structure that evolves within this range of 3 patch. We note here a rhythmic trance approach that we hear in the series Tantric Celebration, an approach that Mihail Adrian Simion initially realized when he worked on special sound bank for the Access Virus Ti2. And some of these complex patches have been used by Indra. In the end, and as usual, “Where are the Quiet Saturdays? Vol.2” is a good honest album with a beautiful EM to which is tasted with the ears in mode; I love to be charmed!
Sylvain Lupari (September 24th, 2018) ***¾**
synth&sequences.com
Available on Alba Ecstasy's Bandcamp

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                                     CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Après une absence de 3 ans, Alba Ecxtasy semble reprendre goût à sa série Where are the Quiet Saturdays?. Trois semaines séparent ce présent volet du dernier et la musique reste toujours aussi intéressante. Pour moi, c'est toujours l'un des meilleurs moyens de se familiariser avec le genre Berlin School. "Part 4" propose une belle vision moment romanesque avec un mouvement sautillant du séquenceur. Les ions gambadent avec une fluidité qui rappelle ces délicats moments de rythmes rêveurs des années 86-88 de Klaus Schulze ou encore Remy dans son monumental Exhibition of Dreams. Cette procession de boucles sautillantes se déroulent sous un ciel sonique gribouillé de graffitis sonores, de chants de baleines intersidérales et d'un synthé dont les solos entrelacent leurs danses éthérées avec des tonalités aigues et des lignes de basse plutôt musicales. Ça coule très bien! Après une introduction propre à l'univers d'ambiances de la MÉ, "Part 5" nous amène dans les territoires d'un Berlin School vif avec ce mouvement motorik de train fantôme et deux lignes de séquences qui structurent un rythme enlevant. Des percussions électroniques enjolivent plutôt bien ce réseau de séquences convergentes de "Part 5" qui s'offre un décor d'ambiances plus agressif que celui de "Part 4". Hormis ces séquences qui s'additionnent par saccades dans une vision harmonique, des brumes et des brises cosmiques accrochent un panorama teinté de nébulosité alors que le synthé lance toujours ces bons solos raffinés tout en amenant "Part 5" dans une finale plus exploratrice des ambiances électroniques. Encore là, impossible de sentir un vide dans la créativité de Mihail Adrian Simion dont les habiletés à composer du Berlin School sont même louangé par Indra. J'amène le nom d'Indra, car "Part 6" en est indissociable! Composé en direct le même jour de sa parution sur Bandcamp, 8 Septembre 18, avec l'utilisation d'un seul synthétiseur, le Access Virus Ti2, "Part 6" débute avec une douce introduction planante et une douce introduction à un rythme qui bat une mesure trépignante. Alba Ecxtasy ajoute seulement que 3 sons supplémentaires, et des gribouillis soniques, sur cette structure qui évolue à l'intérieur de cette portée de 3 patch. On remarque ici une approche rythmique trance que l'on entend dans la série Tantric Celebration, une approche que Mihail Adrian Simion a initialement réalisé lorsqu'il a travaillé sur banque de sons spéciale pour le Access Virus Ti2. Et certains de ces patch complexes ont été utilisés par Indra. Au final, et comme d'habitude, “Where are the Quiet Saturdays? Vol.2” est un bel album honnête avec une belle MÉ qui se déguste avec des oreilles en mode; j'adore me faire charmer! 
Sylvain Lupari 24/09/18

vendredi 21 septembre 2018

MAGNETRON: Hypnosis (2017)

“Even if one knows their schema, Magnetron knows how to develop minimalist EM patterns without falling in an easy to do it”
1 Long Distance 26:32
2 Hypnosis 24:20
3 Cyro Sleep 8:18

4 Silent Running 20:03
Magnetron Music (DDL 79:13)
(England & Berlin Schools)
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 **Chronique en français plus bas**
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The recipe of Magnetron is in the purest tradition of the England School style, like RMI or Airsculpture. Slow introductions filled of yellowish or bluish smoke where an armada of electronic sounds displays its finest adornment, even in going to explore the tonal borders of a 5th dimension. Subsequently, the structures of rhythms! Mostly ambient, they also offer phases where our fingers tap, foot wriggles or our neck rolls over our shoulders. Evolutionary phases with a polyrhythmic vision where the transmutations are as subtle as a strand of hair coming off its root. It's from these elements that “Hypnosis” insidiously infiltrates this desire to savor another EM album…even if we know the game!
Breezes blowing with iodized particles, tonal dusts, reverberant distortion effects and spatial sound effects, "Long Distance" deploys an introduction of cosmic ambiances with its drifting violin layers. A spasmodic line indicates that the sequencer is in jerky rhythmic mode, hatched vividly like a skeleton on a break-dancing. This minimalist pattern accommodates other elements of sequenced pulsations and a line of sequences that unties a rhythmic language a bit harmonic. The structure is well in place to receive some multiple synth effects, including evasive lines of harmonies. There is a multiplication of layers. And the addition of new electronic effects announces a subtle bifurcation of the rhythm whose convulsive drive deviates subtly towards an approach of Tangerine Dream's brilliant Poland track. The English duo must be ingenious in order to avoid a likely effect of annoying repetitions on this long structure that still evolves with new elements, both percussive and of ambience. This is how the solos unique to Steve Humphries' signature pierce the wall of "Long Distance" which is constantly adorned by the new rhythmic bursts of Xan Alexander. Born from the 4 minutes of atmospheres of its introduction, "Long Distance" quietly runs out in the 3 minutes of its final of ambiospherical elements which are on the other hand more intense, more enveloping if not penetrating. We have here the topo of the latest opus from the duo Steve Humphries and Xan Alexander which appeared on the Bandcamp website of Magnetron in late 2017; long minimalist tracks evolving constantly in new rhythmic or ambient surroundings.
The title-track offers a more musical opening with a synth that lays down some pretty good solitary songs on a textures of reverberant atmospheres. Pulsatory, a rhythmic structure insidiously infiltrates these atmospheres of ether at the edge of the 4 minutes. This line becomes the rhythmic arsenal of "Hypnosis". Another line, more hobbling, innocently gambols under a sound sky which becomes more and more streaked by multiple drifting lines and sound effects zigzagging like a petal blown by a warm wind. Riffs frozen in the reminiscences of the Hyperborea years explode here and there in a rhythmic texture whose backdrop makes me think of Magnetic Fields III from Jean-Michel Jarre. The sequencer brings small jewels with additional sequences which pile up and jump with cohesion, a little like in the opening of Poland, embellishing a rhythmic canvas made to measure for aficionados of magnetizing electronic rhythms. The layers and solos, less acid than in "Long Distance", increase the warmer approach of "Hypnosis" which has not finished yet to surprise and charm us with the arrival of good percussive elements in his last quarter. After these two solid titles, "Cyro Sleep" leads us towards a territory arid and dry of rhythms. Effects leak out a fascinating smell of tonal strangeness with a mixture of organic sounds and of rattlesnakes that envelop a melody scattering its elusive piano notes in a texture which didn't have to bring its chthonian choir in order to instill a mood nocturnal terror, even if some layers of velvet stuffed of ether caress the possible rise of worry. "Silent Running" ends “Hypnosis” with a rhythmic texture which is apparently ambient but controlled in the same way as "Long Distance" and "Hypnosis". The sequencer play is just as tasty with this structure that seems to run among this panoply of sequenced rhythms from the album that we find condensed here. Effects and solos from synths very active at the level of riffs and layers show this very Tangerine Dream influence, era Schmoelling, on the music of Magnetron which presents an album without surprises. If only despite its long musical structures, the music of the English duo always finds a way to nail our ears to our headphones.
Sylvain Lupari (September 21st, 2018) *****
synth&sequences.com
Available on Magnetron's Bandcamp

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                                            CHRONIQUE en FRANÇAIS
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La recette de Magnetron est dans la plus pure tradition de la England School, genre RMI ou encore Airsculpture. De lentes introductions bourrées de fumigène jaunâtre comme bleutée où les sons électroniques affichent leurs plus belles parures, allant même explorer des frontières tonales d'une 5ième dimension.  Par la suite, les structures de rythmes! Majoritairement ambiantes, elles offrent aussi des phases où nos doigts tapotent, le pied gigote ou notre cou roule. Des phases évolutives avec une vision polyrythmique où les transmutations sont aussi subtiles qu'un brin de cheveux se détachant de sa racine. C'est de ces éléments que “Hypnosis” infiltre insidieusement ce désir de savourer un autre album de MÉ…même si on connait la chanson! 
Brises aux textures iodées, poussières tonales, effets de distorsions réverbérantes et effets sonores spatiaux, "Long Distance" étire une introduction d'ambiances cosmiques avec ses nappes de violons dérivants. Une ligne spasmodique indique que le séquenceur est en mode rythme saccadé, hachuré vivement comme un squelette sur un break-dancing. Cette ossature minimaliste accueille d'autres éléments de pulsations séquencées et une ligne de séquences qui délie un langage rythmique un brin harmonique. La structure est bien en place afin d'accueillir les multiples effets des synthés, dont des lignes d'harmonies évasives. Il y a multiplication des nappes et l'ajout de nouveaux effets électroniques qui annoncent une subtile bifurcation du rythme dont l'entrain convulsif dévie subtilement vers une approche à la Poland de Tangerine Dream. Le duo Anglais doit faire preuve d'ingéniosité afin d'éviter un probable effet de répétitions agaçants sur cette longue structure qui évolue tout de même avec de nouveaux éléments, tant percussifs que d'ambiances. C'est ainsi que les solos uniques à la signature de Steve Humphries percent la muraille de "Long Distance" qui se pare constamment des nouveaux éclats rythmiques de Xan Alexander. Naissant des 4 minutes d'ambiances de son introduction, "Long Distance" s'essouffle tranquillement dans les 3 minutes de sa finale d'ambiances qui sont par contre plus intenses, plus enveloppantes sinon pénétrantes. Nous avons ici le topo du dernier opus du duo Steve Humphries et Xan Alexander qui est apparu sur le site Bandcamp de Magnetron à la fin 2017; de longues plages minimalistes évoluant constamment dans un nouvel environnement rythmique ou ambiant.
La pièce-titre offre une ouverture plus musicale avec un synthé qui étend de bons chants solitaires sur une textures d'ambiances réverbérantes. Pulsatoire, la structure de rythme infiltre insidieusement ces ambiances d'éther à l'orée des 4 minutes. Cette ligne devient l'arsenal cadencée de "Hypnosis". Une autre ligne, plus boitillante, gambade innocemment sous un ciel d'ambiances qui devient de plus en plus strié par de multiples lignes à la dérive et d'effets sonores qui zigzaguent comme un pétale soufflé par un vent tiède. Des riffs figés dans les réminiscences des années Hyperborea explosent ici et là dans une texture rythmique dont la toile de fond me faut penser à Magnetic Fields III de Jean-Michel Jarre. Le séquenceur délivre des petits joyaux avec des séquences additionnelles qui s'entassent et sautillent avec cohésion, un peu comme dans l'ouverture de Poland, enjolivant un canevas rythmique fait sur mesure pour amateurs de rythmes électroniques magnétisants. Les nappes de voix et les solos, moins acides que dans "Long Distance", augmentent l'approche plus chaleureuse de "Hypnosis" qui n'a pas fini de surprendre et de charmer avec l'arrivée de bons éléments percussifs dans son dernier quart. Après ces 2 solides titres, "Cyro Sleep" nous amène dans un territoire aride et desséché de rythmes. Des effets transpirent une fascinante odeur d'étrangeté tonale avec un mélange de sonorités organiques et des effets de crotales qui enveloppent une mélodie éparpillant ses notes de piano dans une texture qui n'avait portant pas besoin de sa chorale chthonienne afin d'insuffler une ambiance de terreur nocturne, même si des nappes de velours bourrées d'éther caressent les possibles montées d'inquiétude. "Silent Running" termine “Hypnosis” avec une texture rythmique en apparence ambiante mais contrôlée de la même façon que "Long Distance" et "Hypnosis". Le jeu du séquenceur est tout autant savoureux avec une structure qui semble courir parmi cette panoplie de rythmes séquencés de l'album que l'on retrouve en condensé ici. Des effets et des solos de synthés très actifs au niveau des riffs et des nappes démontrent cette influence très Tangerine Dream, ère Schmoelling, sur la musique de Magnetron qui présente un album sans surprises. Si ce n'est que malgré ses longues structures musicales, la musique du duo Anglais trouve toujours le moyen de nous clouer les oreilles à nos écouteurs.

Sylvain Lupari 21\09\18

mercredi 19 septembre 2018

NOTHING BUT NOISE: Existence Oscillation Present (2017)

“A great follow-up to the 1st part, eXistence Oscillation prEsent offres huge patterns of harmonic and rhythmic oscillating loops that will find its way to your tastes of variable forms of EM”
1 diSchotomy 11:40
2 121212 10:16
3 Ostinato 7:54
4 Prophecy 9:36
5 Torch 8:43

Wool-E Discs ‎– WED009 (CD/DDL 48:06)
(Ambient, Dark and
Experimental Berlin-School)
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 **Chronique en français plus bas**
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Muted impulses kick off an album that will nail you up to your headphones, if not your speakers. They coo with an air that will make its way to the bottom of the eardrums by constantly adding various sonic elements that fatten the waltz of oscillating loops waltz of "diSchotomy". First, sequences! They are grafted little by little, adding nets of discord to oscillating lines that come and go in a rhythmic motorik scheme. The base remains harmonious and continues to roll its electronic refrain on a carpet of stubborn riffs. And the first sonorous filaments stand out. At first sight, one feels a division between two sequences of movements which reflect their oppositions. The effects of echo and reverberation sculpt a music without respite and which turns constantly on its oscillatory axis. This is the principle Manuel Göttsching on a Kraftwerk mathematical rhythmic approach. If one phase remains deliciously musical, the other pushes the nail of the deformation with shadows of distortions whereas gradually, "diSchotomy" goes towards a percussive intensity. Apart from the sequences that follow the melodious arc, others roll in loops or flutter while releasing rebellious keys that alter the perfect sequenced imperfections. Attractive, the game of sequencers invites percussions that gradually turn into a horde of Japanese percussionists. They hammer with lead in their arms an oscillating phase while the other still flows this chorus that takes an unsuspected freedom with tendrils as acrobatic as harmonics that demystify this game of rhythmic spirograph and its titanic algorithmic rotations. Second part of the Existence Oscillation trilogy from Nothing but Noise, “eXistence Oscillation prEsent” starts very strong! After the storm of "diSchotomy", "121212" follows with a swarm of pulsations and nervous sequences which evolves on the same principle of reverberations and echo. This stationary electronic rhythm basis takes the shape of a jerky structure with more spasmodic phases and other ones more in dance mode. The synths are in harmonic tendrils mode and launch lines that coo with tunes that come down from the speakers with this approach of Tomita in Snowflakes are Dancing. Less circumscribed in a minimalist setting, "121212" proposes changes in its development, keeping the listener constantly in alert mode. This is the biggest strength of this album which constantly takes unexpected turns.
In a context of exploration of the oscillations frontiers, "Ostinato" takes all of its meaning. A pulsation is at the origin of everything! It hops and its shadow finely attached to its echo makes it a stable structure on which is grafted a line of more musical sequences and experiments in the tones of the synths. The shorter title of “eXistence Oscillation prEsent” is also the one that caught my interest at the first listening. If the rhythm is also very headstrong, its ornaments are as stubborn as they are very seductive, thanks to a series of more fragile chords that jump with a more harmonic vision as well as enveloping synth layers which are sometimes tributary of spectral chants. "Prophecy" takes also a similar pattern but in a more dance version. The synth multiplies here various oscillating loops on a music whose charm comes around the 7th minute with a violoncello to which one martyrize the strings. The opening of "Torch" reminds me a bit of Plastikman's acoustic rhythms. Knocks of percussion, less powerful than in "diSchotomy", come and go on a structure whose flow of sequences gives an impression of a collection of continuous riffs, a little like in the structure of "Prophecy" by the way. In fact, the elements of ambiances and the discrete filaments of harmonies are distinguished with a vague similarity between "Torch" and "diSchotomy", because of the synth lushes which evaporate an ambient dimension, and "Ostinato", for its stubbornness rhythmic, while the scenery turns on various oscillating loops and nicely done effects of percussions. The whole thing gives the taste to re-hear this album which is located literally well in its place as a 2nd part of a fascinating and captivating series on the roles of oscillations in the evolution of modern EM. Stronger than Existence Oscillation Past and, rightly, slightly weaker than Existence Oscillation (possible) Future! But in the end, the Existence Oscillation's trilogy is worth all the weight of its gold!
Sylvain Lupari (September 17th, 2018) **** ¼*
synth&sequences.com
You will find this album on Wool-E Discs Bandcamp

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                                         CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Des sourdes impulsions donnent le coup d'envoi à un album qui va vous river à vos écouteurs, sinon vos haut-parleurs. Elles roucoulent d'un air qui fera son chemin jusque dans le fond des tympans en ajoutant constamment divers éléments soniques qui engraissent la valse des boucles oscillatrices de "diSchotomy". En premier lieu, des séquences! Elles se greffent peu à peu, ajoutant des filets de discorde à des lignes oscillatrices qui vont et viennent dans un schéma rythmique motorique. La base reste harmonieuse et continue de rouler son refrain électronique sur un tapis de riffs entêtés. Et les premiers filaments sonores se détachent. À prime abord, on sent une défusion entre deux séquences de mouvements qui reflètent leurs oppositions. Les effets d'écho et de réverbérations sculptent une musique sans répit et qui tourne constamment sur son axe oscillatoire. C'est le principe Manuel Göttsching sur une approche rythmique mathématique à la Kraftwerk. Si une phase reste délicieusement musicale, l'autre enfonce le clou de la déformation avec des ombres de distorsions alors que graduellement, "diSchotomy" se dirige vers une intensité percussive. Hormis les séquences qui suivent l'arc mélodieux, d'autres roulent en boucles ou papillonnent vivement tout en libérant des touches rebelles qui altèrent les parfaites imperfections séquencées. Attrayant, le jeu des séquenceurs invite des percussions qui peu à peu se transforment en une horde de percussionnistes japonais. Ils matraquent avec du plomb dans leurs mains une phase oscillatrice alors que l'autre enfonce toujours ce refrain qui prend une liberté insoupçonnée avec des vrilles autant acrobatiques qu'harmoniques qui démystifient ce jeu de spirographe rythmique et ses titanesque rotations algorithmiques. Second volet de la trilogie Existence Oscillation par Nothing but Noise, “eXistence Oscillation prEsent” débute très fort! Après la tempête de "diSchotomy","121212" suit avec un essaim de pulsations et de séquences nerveuses qui évolue sur le même principe de réverbérations et d'écho. Cette base de rythme électronique stationnaire épouse une structure saccadée avec des phases plus spasmodiques et d'autres plus en mode danse. Les synthés sont en mode vrilles harmoniques et lancent des lignes qui roucoulent avec des airs qui descendent des haut-parleurs avec cette approche de Tomita dans Snowflakes are Dancing. Moins encarcané dans un cadre minimaliste, "121212" propose des modifications dans son développement, gardant l'auditeur constamment en mode alerte. C'est la très grande force de cet album qui prend constamment des tournures inattendues.
Dans un contexte d'exploration des barrières oscillatrices, "Ostinato" prend tout son sens. Une pulsation est à l'origine de tout! Elle sautille et son ombre finement rattachée à son écho en fait une structure stable où se greffent une ligne de séquences plus musicale et des expérimentations dans les tonalités des synthés. Plus court titre de “eXistence Oscillation prEsent”, c'est aussi celui qui a accroché mon intérêt à la première écoute. Si le rythme est très déterminé, ses ornements sont aussi entêtés que très séduisants, notamment grâce à des série d'accords plus fragilisés qui sautillent avec une vision plus harmonique ainsi que des nappes de synthé enveloppantes et parfois tributaires de chants spectraux. "Prophecy" épouse un même modèle mais dans une version plus danse. Le synthé multiplie ici différentes boucles oscillatrices sur une musique dont le charme vient autour de la 7ième minute avec un violoncelle dont on martyrise les cordes. L'ouverture de "Torch" me fait penser un peu aux rythmes acoustiques de Plastikman. Des cognements de percussions, moins puissantes que dans "diSchotomy", vont et viennent sur une structure dont l'écoulement des séquences donnent une impression d'une collection de riffs continuels, un peu comme dans la structure de "Prophecy" en passant. En fait, les éléments d'ambiances et les discrets filaments d'harmonies se distinguent avec une vague similitude entre "Torch" et "diSchotomy", à cause des nappes de synthé qui évaporent une dimension ambiante, et "Ostinato", pour son entêtement rythmique, alors que le décor tourne sur diverses boucles oscillatrices et de bons effets de percussions. Le tout donne inévitablement le goût de réentendre cet album qui se situe littéralement bien à sa place comme 2ième volet d'une fascinante et envoutante série sur le rôles des oscillations dans l'évolution de la MÉ moderne. Plus fort qu'Existence Oscillation Past et, à juste titre, légèrement moins fort qu'Existence Oscillation (possible) Future! Mais la trilogie Existence Oscillation vaut tout la pesanteur de son or!

Sylvain Lupari 19/09/18

lundi 17 septembre 2018

NOTHING BUT NOISE: Existence Oscillation Past (2016)

“Existence Oscillation Past offers an album that will please for sure to lovers of sounds, of sequences and of structures evolving in a din which is enjoyable to discover”

1 レプリカ 12:30
2 Manoeuvres Mécaniques 8:39
3 Monochrome Deux 5:43
4 eXistence Oscillation 15:34

5 Dust 6:32
Wool-E Discs ‎| WED003 (CD/DDL 49:00)
(Ambient, Berlin-School, Experimental)
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 **Chronique en français plus bas**
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I was blown out by my discovery of Nothing But Noise and their latest album Existence Oscillation (Possible) Future. The Belgian label Wool-O-Tapes had sent me the trilogy, but I had to first chronicle the last releases in EM before tackling the foundation of the dystonic music of Daniel Bressanutti and Dirk Bergen. “Existence Oscillation Past” is the second album of this duet resulting from the rupture of Front 242. It's also the gateway of a most creative sound trilogy where the Berlin School genre is exploited with a musical vision that exceeds the boundaries of experimental music.
A tide of keen pulsations doesn't waste time to put our ears in appetite, especially for the aficionados of sequences. The sequencer multiplies its lines of rhythms with adroitly inserted keys which end up to create a fascinating symbiosis. But we generally lose the rhythmic thread of "レ プ リ カ" with other additions of sequences. If a pulsating line guides an oscillating structure nourished mainly by bass sequences, other rhythmic filaments come and go with lively and jerky gusts that momentarily jostle a rhythm that is always vivid and limp slightly in it's heavy rhythmic cloak. Percussive effects, ingenious percussion effects by the way, and hail of sequences add to this mass of bounding sequences, giving a laboratory experimentation approach to this structure constantly nibbling by its multiple rhythmic tadpoles. Harmonies? There are few. Electronic effects of a developing video game act also like sequences and percussion. They fly over and peck "レ プ リ カ" while being more musical, especially with good orchestrations, when the music is of a relative tranquility which allows "レ プ リ カ" to have a more affordable approach. "Mechanical Maneuvers" is a dark title with stressful ambiences of a dark horror movie. The rhythm is repetitive with an ostentino action knotted by good orchestrations and deaf pulsations. These two elements plough a gloomy intensity and support a herd of electronic effects (I love this impression that a terrifying beast pretends to snore) that give even more depth to one of the most distressing structures that I've heard since a long time. A real horror movie music!
Take the bass line in the introduction of Pink Floyd's One of These Days and you have the rhythmic structure of "Monochrome Two". Muffled knockings are weighting down the rhythmic fluidity on what is the more musical structure in “Existence Oscillation Past”. In addition to the oscillating decorating loops, synth pads fly with violin wings while others adopt a more rhythmic ostentino form. The envelope shows a slightly dramatic presence with somewhat dark velvets that overflow the harmonic skirt of "Monochrome Two". We always stay in these glaucous moods with the introductive knocks in the opening of "eXistence Oscillation". These knocks come from various oscillatory effects that spin into hypnotic tendrils while gradually adding various rhythmic imperfections, always so attractive by the way. The movement gradually intensified with percussions whose progressive shelling ended up bludgeoning a rhythm and ambiances structured by these ascending sequences in Berlin School mode. An ambiospheric phase divides a rhythmic progression always overflowing with its oscillating effects around the 7th minute. Gyratory and Spirograph effects make up ambiences where the silence tries to take back some rights in a mini festival of sound effects. The rhythmic rebirth is in pain and cacophonous with very Jean-Michel Jarre percussive effects, noisy reverberant effects and synth lavas that break up into long misshapen filaments. This is the antechamber of noises. Nothing but noises! "Dust" finishes this rather attractive first chapter of Nothing But Noise's oscillating structures with a more ambient one knotted in gradations at the level of sound intensity. A music of ambiances for a film like the birth of Transformer!
Apart from the second half of "eXistence Oscillation", “Existence Oscillation Past” offers an album that will please to lovers of sounds, of sequences and of structures evolving in a din which is enjoyable to discover. There is as much frenzy in this album as sugar in a Coke! But I must admit that being charmed ay first by the boundless boundaries of Existence Oscillation (Possible) Future greatly facilitates the exploration of an album with some uncomfortable tints and whose early beginnings of conception find more their answers in the sequel and the third part of this trilogy which gets better with each album. I know to have experienced it!
Sylvain Lupari (September 17th, 2018) ***½**
synth&sequences.com
You will find this album on Wool-E Discs Bandcamp

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                                      CHRONIQUE en FRANÇAIS
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J'ai été sparatagonflé (soufflé au pouce carré) par ma découverte de Nothing But Noise et leur dernier album Existence Oscillation (Possible) Future. La label Belge Wool-O-Tapes m'avait fait parvenir la trilogie, mais je devais d'abord chroniquer les dernières parutions avant de m'attaquer au fondement de la musique dystonique de Daniel Bressanutti et Dirk Bergen. “Existence Oscillation Past” est le 2ième album de ce duo issu de la rupture de Front 242. C'est aussi la porte d'entrée d'une trilogie sonore des plus créative où le genre Berlin School est exploité avec une vision musicale qui dépasse les frontières de la musique expérimentale.
Une marée de pulsations vives ne perd pas de temps à mettre nos oreilles en appétit, surtout pour les amateurs de séquences. Le séquenceur multiplie ses lignes de rythmes avec des ions adroitement insérés qui finissent par créer une fascinante symbiose. Mais on perd généralement le fil rythmique de "レプリカ" avec d'autres ajouts de séquences. Si une ligne pulsatrice guide une structure oscillante nourrie principalement de basses séquences, d'autres filaments rythmiques vont et viennent avec des rafales vives et saccadées qui bousculent de façons passagères un rythme toujours vif et qui claudique dans son lourd manteau rythmique. Des effets percussifs, d'ingénieux effets de percussions en passant, et des mitrailles de séquences s'ajoutent à cette masse de séquences bondissantes, donnant ainsi une approche d'expérimentation laboratoire à cette structure constamment grignoter par ses multiples de rythme. Des harmonies? Il y en a peu. Des effets électroniques d'un jeu en développement agissent aussi comme des séquences et des percussions, survolant et picorant "レプリカ" tout en étant plus musicaux, notamment avec de bonnes orchestrations, lorsque la musique est d'une relative tranquillité qui permet à "レプリカ" d'avoir une approche plus abordable. "Manoeuvres Mécaniques" est un titre sombre avec des ambiances stressantes d'un film d'épouvante noir. Le rythme est répétitif avec une action ostentino noués par de bonnes orchestrations et de sourdes pulsations. Ces deux éléments labourent une intensité patibulaire et supportent un cheptel d'effets électroniques (j'adore cette impression qu'une bête terrifiante fait semblant de ronfler) qui donnent encore plus de profondeur à une des structures les plus angoissantes que j'en entendu depuis un bail. Une vraie musique de film d'horreur!
Prenez la ligne de basse dans l'introduction de One of These Days (Pink Floyd), et vous avez la structure de rythme de "Monochrome Deux". Des cognements alourdissent la fluidité rythmique qui est la plus musicale sur “Existence Oscillation Past”. En plus des boucles oscillantes décoratrices, les nappes de synthé volent avec des ailes de violons alors que d'autres épousent une forme d'ostentino plus rythmique. L'enveloppe étend une prestance légèrement dramatique avec des velours un peu sombres qui débordent du jupon harmonique de "Monochrome Deux". Nous restons toujours dans ces ambiances glauques avec les cognements introductifs dans l'ouverture de "eXistence Oscillation". Ces cognements viennent des divers effets oscillatoires qui virevoltent en vrilles hypnotiques tout en ajoutant peu à peu diverses imperfections rythmiques, toujours aussi séduisantes d'ailleurs. Le mouvement s'intensifie graduellement avec des percussions dont le pilonnage progressif fini par matraquer un rythme et des ambiances structurés par ces séquences ascensionnelles en mode Berlin School. Une période ambiosphérique divise une progression rythmique toujours débordante de ses effets oscillants autour de la 7ième minute. Des effets giratoires et spirographes maquillent des ambiances où le silence tente de reprendre quelques droits dans un mini festival d'effets sonores. La renaissance rythmique se fait dans la douleur et la cacophonie avec des effets percussifs très Jean-Michel Jarre, des effets réverbérants tapageurs et des laves de synthé qui se désagrègent en longs filaments difformes. C'est l'antichambre de bruit. Juste du bruit! "Dust" termine ce premier opus plutôt séduisant de Nothing But Noise avec une structure plus ambiante nouée dans des gradations au niveau de l'intensité sonore. Une musique d'ambiances pour un film genre la nativité de Transformer!
Mise à part la seconde moitié de "eXistence Oscillation", “Existence Oscillation Past” propose un album pour amateurs de sons, de séquences et des structures évoluant dans un tapage agréable à découvrir. Il y a autant de frénésie dans cet album que de sucre dans un Coke! Mais je dois admettre que le fait d'avoir été charmé par les frontières sans limites de Existence Oscillation (Possible) Future facilite grandement l'exploration d'un album avec quelques teintes inconfortables et dont les premiers balbutiements de sa conception trouvent plus leurs réponses dans la suite et le 3ième volet de cette trilogie qui devient meilleur à chaque album. J'en ai fait l'expérience!

Sylvain Lupari 17/09/18