dimanche 17 juin 2018

DASK & THANECO: Elemental (2018)

“Elemental has all it needs to satisfy the appetite of fans of sequencer-based EM, in particular of Tangerine Dream, era Virgin”
1 Earth 9:56
2 Water 13:28
3 Metal 11:42
4 Wood 8:11
5 Fire 8:44
6 Air 11:19
7 Void 7:08

SynGate Wave | DASKT01 (CD-r/DDL 70:29)
(Berlin School)
  **Chronique en français plus bas**

Riffs of orchestrations and muffled rumblings get "Earth" out of the silence. Ishhh, winds of dust and orchestrations, of which echoes form incomplete staccato impulses, adorn this introduction, for at least nebulous. Layers of voices get graft to these elements, filling an opening which grows with a dramatic approach while the first steps of the sequencer stutter a little before the point of 3 minutes. This first movement will seduce those who have lost in their memories this zigzagging approach of Edgar Froese in Drunken Mozart in the Desert. Influences which are also found on Electron Utopia, the first album of DASK. This movement of sequenced orchestrations describes large arcs on a weak bed of pulsations which slowly organize a riposte a little before the 5th minute whereas the second rhythmic skin of "Earth" hatches with a movement of bass sequences. These two movements synchronize their zigzagging ballads in a symphony for sequencers with keys which jump and frolic in conventional tones and others caramelized in a mixture of distortion and sizzle. David Marsh is part of this new generation of EM musicians who have made their mark with a series of compelling albums. At ease like a fish in the water behind an energetic sequencer, he succeeds in getting out of the bundle with a constant progression in his prototypes of rhythms which are played with additional lines of underlying rhythms. And this creative and sometimes daring approach is always very much glued to a harmonic vision. Co-written with EM Grec's musician, Thanasis (Thanos) Oikonomopoulos, “Elemental” is a seventh official album for DASK, including a fifth on the German label SynGate. Carved around the theme of sets of elements which explain the observations of life and nature, “Elemental” offers pure Berlin School structures which quietly emerge from limbo, and of its ambiances, to bite our eardrums with movements in progression which are also scented by the influences of Tangerine Dream, Chris Franke era.
"Water" proposes a more austere approach. A bank of layers of Gothic voices and of astral mists floats until reaching a dense veil of industrial organ where chthonic hummings are roaming there. A delicate melody mounted on arpeggios pinched like harp strings follows a minimalist circular ritornello played on piano. Perfumes of flutes are wandering here and there, while "Water" evolves with changes in its structure until it adopts the pulse of a sequencer which upsets the established order by structuring a new arrhythmic approach. A conveyor rolls balls which sparkle from everywhere, while the initial approach tries to keep its phlegm. This segment, and the sound effects that surround it, link the world of Chris Franke to that of Johannes Schmoelling in Wuivend Riet. The part 2 is strong and full of memories! The first 6 minutes of "Metal" reflect an almost post-apocalyptic phase with knockings which roll in their echoes through a haze nourished by voice effects. Phase by phase, these knocks join their distances to form a tasty, and quite unexpected, down-tempo under long sighs of a synth mode Vangelis' Blade Runner. The second part offers a more electronic approach with a felted and resonant movement of the sequencer to which is grafted good electronic percussions. "Metal" becomes a good electronic pop-rock driving under a virgin melody, like ELP's, hummed by a synth in mode charm. After the slightly abyssal atmospheres of "Wood", where chords and arpeggios are a little isolated, "Fire" spits a slow rhythm, at least its first half. Under pulses of powerful synth pads, the sequencer organizes a rhythm wrought on keys irradiated by distortion effects. The whole thing is very pleasant to the ear, even if the effect of déjà-heard in the structures is omnipresent, when this ambient rhythm, nicely decorated with sound and percussive effects, reaches its climax and sinks with a more fluid rhythm around the 5th minute. This second phase of "Fire" flows with a good pace in this same setting. A short interlude is also proposed to restructure another short phase of rhythm. If "Void" espouses the depths of its title, "Air" also plunges us into a pool of very ethereal atmospheres before giving itself to a delicate rhythm. The atmospheres in this title reach the dimension of its meaning with layers of sound effects radiating and convincing in their natures and minds.
Available in HQ CD-R format and downloadable from SynGate's Bandcamp website, “Elemental” has all it needs to satisfy the appetite of fans of sequencer-based EM, in particular of Tangerine Dream, era Virgin. This association with Thaneco adds a more classical depth to the ambivalent and progressive structures of DASK, even if these structures melt between our ears with an obvious sense of déjà-heard, the touch of the Greek musician adds subtleties that bring everything back into the moods that have inspired the sense and the spirit of “Elemental”.
Sylvain Lupari (16/06/18) ***¾**

Available via SynGate Bandcamp
Des riffs d'orchestrations et des grondements sourds sortent "Earth" du silence. Des ishhh, des vents de poussières et des orchestrations, dont les échos forment des élans de staccato incomplets, ornent cette introduction pour le moins nébuleuse. Des nappes de voix se greffent à ces éléments, remplissant une ouverture qui croît avec une approche dramatique alors que les premiers balbutiements du séquenceur bégaient un peu avant la barre des 3 minutes. Ce premier mouvement séduira ceux qui ont perdu dans leurs souvenirs cette approche zigzagante d'Edgar Froese dans Drunken Mozart in the Desert. Influences que l'on retrouve aussi sur Electron Utopia, le premier album de DASK. Ce mouvement d'orchestrations séquencées décrit de grands arcs sur un faible lit de pulsations qui lentement organisent une riposte un peu avant la 5ième minute alors que la seconde peau rythmique de "Earth" éclot avec un mouvement de basses séquences. Ces deux mouvements synchronisent leurs ballades zigzagantes dans une symphonie pour séquenceurs avec des touches qui sautillent et gambadent dans des tonalités conventionnelles et d'autres caramélisées dans un mélange de distorsion et de grésillement. David Marsh fait partie de cette nouvelle génération de musiciens de MÉ qui ont fait leurs marques avec une série d'albums convaincants. À l'aise comme un poisson dans l'eau derrière un séquenceur énergique, il réussit à sortir son épingle du jeu avec une constante progression dans ses prototypes de rythmes qui se jouent avec des ajouts additionnels d'autres lignes de rythmes sous-jacents. Et cette approche créative et parfois audacieuse reste toujours très collé à une vision harmonique. Coécrit avec le musicien de MÉ Grec, Thanasis (Thanos) Oikonomopoulos, “Elemental” est un 7ième album officiel pour DASK, dont un 5ième sur le label Allemand SynGate. Sculpté autour du thème des ensembles d'éléments pour expliquer les observations de la vie et de la nature, “Elemental” propose des structures de pur Berlin School qui sortent tranquillement des limbes, et de ses ambiances, afin de mordre nos tympans avec des mouvements en progression qui sont aussi parfumés des influences de Tangerine Dream, période Franke.
"Water" propose une approche plus austère. Un banc de nappes de voix gothiques et de brumes astrales flotte jusqu'à atteindre un dense voile d'orgue industrielle où traînent des fredonnements chthoniens. Une délicate mélodie montée sur des arpèges pincés comme des cordes d'harpe suit une ritournelle circulaire minimaliste jouée sur piano. Des parfums de flûtes errent ici et là, alors que "Water" évolue avec des modifications dans sa structure jusqu'à ce qu'elle épouse le pouls d'un séquenceur qui bouscule l'ordre établit en structurant une nouvelle approche arythmique. Un convoyeur fait rouler des billes qui pétillent de partout, tandis que l'approche initiale tente de garder son flegme. Ce segment, et les effets sonores qui y baignent, lie l'univers de Chris Franke à celui de Johannes Schmoelling dans Wuivend Riet. La 2ième partie est coriace et pleine de souvenirs! Les 6 premières minutes de "Metal" reflètent une phase quasi post-apocalyptique avec des cognements qui roulent dans leurs échos à travers une brume nourrie d'effets de voix. Phase par phases, ces cognements rallient leurs distances afin de former un savoureux, et tout à fait inattendu, down-tempo sous de longs soupirs d'un synthé en mode Vangelis Blade Runner. La 2ième partie offre une approche plus électronique avec un mouvement feutré et résonnant du séquenceur auquel se greffe de bonnes percussions électroniques. "Metal" devient un bon pop-rock électronique entrainant sous une mélodie virginale, genre ELP, fredonnée par un synthé en mode charme. Après les ambiances légèrement abyssales de "Wood", où se cachent des accords et arpèges un peu isolés, "Fire" crache un rythme lent, à tout le moins sa première moitié. Sous des élans de nappes de synthé puissantes, le séquenceur organise un rythme forgé sur des ions irradiés par des effets de distorsions. Le tout est très agréable à l'oreille, même si l'effet de déjà entendu dans les structures est omniprésente lorsque ce rythme ambiant, joliment décoré d'effets sonores et percussifs, atteint son point culminant et fonce avec un rythme plus fluide autour de la 5ième minute. Cette seconde phase de "Fire" coule avec fluidité dans ce même un décor. Un court intermède est aussi proposé afin de restructurer une autre courte phase de rythme. Si "Void" épouse les profondeurs de son titre, "Air" nous plonge aussi dans un bassin d'ambiances très éthérées avant de se donner à un rythme délicat. Les ambiances dans ce titre atteignent la dimension de son sens avec des nappes d'effets sonores irradiants et convaincants dans leurs natures.
Disponible en format CD-R HQ et téléchargeable sur le site Bandcamp de SynGate, “Elemental” a tous les ingrédients pour assouvir la faim des amateurs de Tangerine Dream, période Virgin. Cette association avec Thaneco ajoute une profondeur plus classique aux structures ambivalentes et progressives de DASK. Et même si ces structures fondent entre nos oreilles avec un sentiment évident de déjà-entendu, la touche du musicien Grec ajoute ses subtilités qui ramènent le tout dans les ambiances inspirées pour l'esprit de “Elemental”.
Sylvain Lupari 16/06/18

samedi 16 juin 2018

STEVE ROACH: Molecules of Motion (2018)

“Year after year it's the same thing. I keep asking myself if Steve Roach has still something to say outside the ambient music. Molecules of Motion says to me YES!”

1 Molecules of Motion 24:21
2 Grace Meditation 23:39
3 Phase Reverie 10:11
4 Empath Current 15:02

Projekt | PROJEKT353 (CD-DDL 73:15)
(Ambient sequencer music)
  **Chronique en français plus bas**
That old wizard of sounds! Inexhaustible and simply delicious for the ears, whether in ambient music or animated by sequencers, Steve Roach returns with another album of original music in “Molecules of Motion”. We read the title and we look at the cover, and already we have a vague idea of its content. But I never thought that the color and the design of the tones would fit to the spirit of its front cover.
The title-track gradually and slowly breaks the silence with a movement coming from beneath the ground. An immense sonic vertebra emerges and its fluid movement begins to produce a series of magnetizing sinusoidal loops. These loops undulate in a choreography for multi-colored oscillating lines with a panoply of sequences of which some possess organic tones as well as deformed shadows which play constantly on the nuances of this horizontal spiral-shaped rhythm. Unlikely, a kind of melody, ingenious weaver of earworm, gets fixed between our ears, like the effect of a kaleidoscope and its labile loops which come and go tirelessly. The rhythm is nervous in its helix structure. It's wriggled even at times like a spasmodic dance of scissors whose brief blows hatch the long sequenced vertebra which tirelessly takes back its shape, going so far as to flirt with more floating passages. Synth layers house at the top of this decor slightly influenced by a psybient kind, but a little more edible for timorous ears. These layers are much more present and their forms are more accentuated in "Grace Meditation" which takes the structure of "Molecules of Motion", but in a slightly more ambient form, even closer to the meditation. The tones of the sequences still shiver with resonant colors and the slowness of the movement allows us to hear the vast sample of sonic distortions which eventually hatches into a fascinating chaotic melody. The echo forges gyratory forms which come and go, suggesting a meditative pause. "Phase Reverie" releases an anesthetic phase with a panoply of synth veils which intertwine with different tones, including a totally buzzing, to form the basis of a morphic ballet. The signature of the ambient works of Steve Roach is more apparent here. The sizzling tones live like reclusive sounds, like sonorous hermits who go from home to home in order to find this tonal brotherhood sparkling with brightness in the first two titles of “Molecules of Motion”. A quiet and very effective title that puts us in the spirit of Structures from Silence. Despite its more hectic pace, we cannot exclude "Empath Current" of the same equation. The sequences sparkle with more vitality, cutting out the moods of continuous leaps and bounces, while the synth pads spread sleepy textures and veils of suave and floating voices. A very beautiful title which concludes an album up to the expectations that we can have with respect to Steve Roach.

After Skeleton's work, I wondered what would be Steve Roach's next step? Would he still be able, after all these years of creativity, to surprise an audience that simply asked to be reassured by his presence and his works? We must believe that yes since “Molecules of Motion” is a splendid album from first to last note. This album is teeming with these ambient and semi-ambient rhythms which are the signature of Steve Roach. Except that here the movements of quarrel between this fascinating variety of tones in the arpeggios which sculpt these oscillating discords are simply enjoyable for the ears. As in the tones of Skeleton Keys. So, Steve Roach still has this gift to surprise again. And I still have this feeling of repeating myself when I talk about a new album from the Arizona's Wizard of sounds. Brilliant!
Sylvain Lupari (June 14th, 2018) *****
Available on TimeRoom's Bandcamp store
Ce vieux sorcier des sons! Intarissable et tout simplement délicieux pour les oreilles, que ce soit en mode musique d'ambiances ou animée par des séquenceurs, Steve Roach revient avec un autre album de musique originale en “Molecules of Motion”. On lit le titre et on regarde la pochette, et déjà on a une vague idée de son contenu. Mais jamais j'aurais pensé que la couleur et la conception des tons épouseraient l'esprit de sa pochette.La pièce-titre brise graduellement et très lentement le silence avec un mouvement venant sous terre. Un immense vertébré sonique émerge et son déplacement fluide entreprend de fabriquer une suite de boucles sinusoïdales magnétisantes. Ces boucles ondulent dans une chorégraphie pour lignes oscillatrices aux formes bariolées avec une panoplie de séquences dont certaines possèdent des tonalités organiques ainsi que des ombres déformées qui jouent constamment sur les nuances de ce rythme en forme de colimaçon horizontale. Invraisemblablement, un genre de mélodie, ingénieusement tisseuse de ver-d'oreille, se fixe entre nos oreilles, comme l'effet d’un kaléidoscope et ses boucles labiles qui vont et viennent inlassablement. Le rythme est nerveux dans sa structure hélix. Il est se trémousse même par moments comme une danse spasmodique de ciseaux dont les brefs coups hachurent menu le long vertébré séquencé qui reprend infatigablement sa forme, allant jusqu'à flirter avec des passages plus flottants. Des nappes de synthé logent tout en haut de ce décor légèrement influencé par un genre psybient, mais un peu plus comestible pour les oreilles frileuses. Ces nappes sont nettement plus présentes et leurs formes sont plus accentuées dans "Grace Meditation" qui reprend la structure de "Molecules of Motion", mais dans une forme légèrement plus ambiante, même plus près de la méditation. Les tonalités des séquences frissonnent encore de couleurs résonnantes et la lenteur du mouvement nous permet d'entendre le vaste échantillon de distorsions soniques qui finit par faire éclore une fascinante mélodie chaotique. L'écho forge des formes giratoires qui vont et viennent, suggérant une pause méditative. "Phase Reverie" libère une phase anesthésiante avec une panoplie de voiles synthétisées qui s'entrelacent avec différentes tonalités, dont une totalement bourdonnante, afin de constituer les bases d'un ballet morphique. La signature des œuvres ambiantes de Steve Roach ressort plus ici. Les tonalités grésillantes vivent comme des sons reclus, comme des ermites sonores qui vont de foyer en foyer afin de retrouver cette confrérie tonale qui pétillait avec éclat dans les 2 premiers titres de “Molecules of Motion”. Un titre tranquille et très efficace qui nous remet dans l'esprit de Structures from Silence. Malgré son rythme plus agité, on ne peut exclure "Empath Current" de la même occasion. Les séquences y pétillent avec plus de vitalité, découpant les ambiances de bonds et de rebonds continuels, alors que les nappes de synthés étendent des textures endormitoires et des voiles de voix suaves et planantes. Un très beau titre qui conclut un album à la hauteur des attentes que l'on peut avoir en égard de Steve Roach.
Après les travaux de Skeleton, je me demandais quelle serait la prochaine étape de Steve Roach? Est-ce qu'il serait encore capable, après toutes ces années de créativité, de surprendre un public qui demandait simplement d'être rassuré par sa présence et ses œuvres? Il faut croire que oui puisque “Molecules of Motion” est un album splendide de la première à la dernière note. Cet album grouille de ces rythmes ambiants et semi-ambiants qui sont la signature de Steve Roach. Sauf qu'ici les mouvements de bisbille entre cette fascinante variété de tonalités dans les arpèges qui sculptent ces discordes oscillatrices sont tout simplement jouissif pour les oreilles. Comme dans les tons de Skeleton Keys. Ainsi, Steve Roach possède encore ce don de surprendre encore. Et j'ai toujours cette impression de me répéter lorsque je parle d'un nouvel album du sorcier des tons de l'Arizona. Brillant!
Sylvain Lupari 14/06/18

jeudi 14 juin 2018

ERIK WOLLO: Threshold Point (2018)

"Erik Wollo has this gift to surpass himself from an album to another one and this Threshold Point is no exceptions. It's this kind of opus that you will play tirelessly"
1 Behind the Clouds 4:18
2 Traverse 8:45
3 Arches 6:08
4 Mosaic of Time I; Route Diverge 7:14
5 Mosaic of Time II; Threshold Point 8:42
6 Ravel Peak 4:09
7 Mosaic of Time III; Hidden Path 8:09
8 Eon 6:27
9 Mosaic of Time IV; Bridge Crossing 6:42

Projekt ‎– PROJEKT351 (CD-DDL 60:39)
(Mix of Berlin School & World Beats)
  **Chronique en français plus bas**

An album from Erik Wollo is like a story painted in different paintings where the emotions of the
Norwegian are transposed on cinematographic and/or panoramic textures. The one who has accustomed us to a music of atmospheres, and its delicate floating rhythms, proposes here an album in two shades with textures of rhythms which amaze, especially coming from his side.
Threshold Point” is a title which means a new beginning. A kind of reflection (some passages here were composed while he was at the bedside of his dying sister in New York) on the metamorphosis of a soul to another form of life. It's a bit like changing of cosmic address, as Edgar Froese liked to think. Anyway, the Norwegian electronic bard offers on this last album a delightful and enticing balance between his ambiences, always at the paroxysm of the ethereal, and beats of the world as well as some rhythms well put on Berlin School's style of sequenced ritornellos.
It's in a state of mind well-thought that "Behind the Clouds" carves a place deep inside the motor of our emotions. Breezes tinged of black, almost pious, float with floating banks of clouds blown in a shady sky. It's a very nice ambient music with a distinct line which sings sadly in this mass of cavernous breezes. "Traverse" is the first rhythmic surprise of “Threshold Point”. If Erik Wollo had accustomed us to a timid universe of rhythm, as in "Arches" with his very intrusive guitar, here he exploits a good zigzagging movement with a clever mix of sequences and percussions of which the flow is as fluid as jerky. A layer of voices surrounds this rhythm which adopts an oblong sinusoidal curve. This layer trades its place with a guitar and his solos which transpierce us. Solos unique to the musical poetry of Wollo, even in those percussive moments and others frankly moving. Despite the flow of the beat, we can turn our thoughts into dreams with this beautiful piece of EM. "Mosaic of Time I; Route Diverge" is also a very pleasant surprise. The introduction offers a rhythmic structure and its frantic hundred little steps running in circles and without any specific purpose, whereas synth-trumpet pads attempt to propel winds from a colony of lost trumpeters. Drums and bass pulsations add to the depth of the initial rhythm while the trumpet chants make up the atmospheres with eurhythmies a little frayed. The rhythm is superb with its small nuances in percussions and the remodeling of the sequences whose flow became more fluid and more harmonized.
We jump from surprise to surprise with the frantic tribal rhythm of "Mosaic of Time II, Threshold Point". Nervous, the structure unleashes the spasms of manual percussions under a sky shaded by layers of a darker synth, while other layers bring a cryptic vision. Piano notes and tears of guitar adorn this rhythmic decor which continues to grow fat with the additions of sequences, percussive elements, synth riffs and others of a guitar and its spasmodic loops. Delicious and highly emotional at times, as in the golden age of Ashra. "Ravel Peak" is a rather solemn panoramic and cinematographic movement. It's an ascent described in music of a mountain of the same name in Antarctica. An in-between, I would add, which brings us to "Mosaic of Time III, Hidden Path" which, once after having conquered its moments of ambiances, bursts with a rhythm of tribal trance animated by good shamanic percussions which are joining nervous sequences. A piano crumbles its dreams while erecting chills between our ears. Another remarkable title which evolves with strength and passion. "Eon" also acts as a panoramic interlude. Except that its atmospheres are intense with a mesh of lines and voices whose contrasting tones throw a sibylline veil to dreams and sighs carved in the Gardens of Melancholy. It's very intense and powerful for a title of ambiences. Different but as beautiful as the first three parts, "Mosaic of Time IV, Bridge Crossing" offers a fusion between electronics and the acoustics of a music and its rhythms of the world. The voices of the mermaids from the Gardens of Melancholy are superb with their chants as acuities as very penetrating, while the world of the sequencer makes shimmer its keys and their silver songs which shine on a bed of nervous sequences and clan percussion. And it's already ended!

Very good from start to end to another and flawless, even moments of ambiences are offered on a tray of temptations, “Threshold Point” is a powerful album, both in terms of rhythms and ambiences. Erik Wollo imposes a new vision in his career with a metamorphosis which responds very well to the meaning, to the dimension of the album title. Available on a limited CD Digipack edition, and also in download, the lyricism of Erik Wollo is striking and extremely powerful. Indispensable to his fans, it's also the best way for others to break into a world where wonders are wisely waiting to be discovered. Enjoy yourself!
Sylvain Lupari (June 12th, 2018) ****½*
Available on Projekt Bandcamp
Une œuvre d'Erik Wollo est comme une histoire peinte en différents tableaux où les émotions du Norvégien se transposent sur des textures cinématographiques et/ou panoramiques. Celui qui nous a habitué à une musique d'ambiances, et ses délicats rythmes flottants, propose ici un album en deux teintes avec des textures de rythmes qui étonnent de sa part. “Threshold Point” est un titre qui signifie un nouveau départ. Un genre de réflexion (certains passages ici ont été composé alors qu'il était au chevet de sa sœur mourante à New-York) sur la métamorphose d'une âme vers une autre forme de vie. C'est un peu comme changer d'adresse cosmique, comme Edgar Froese aimait le penser. Quoiqu'il en soit, la barde électronique Norvégien propose sur ce dernier album une délicieuse et séduisante balance entre ses ambiances, toujours au paroxysme de l'éthéré, et des beats du monde ainsi que certains rythmes bien montés sur des ritournelles séquencées à la Berlin School.
C'est dans un état de réflexion bien sentie que "Behind the Clouds" se taille une place bien au fond du moteur de nos émotions. Des brises teintées de noir, quasiment pieuses, flottent avec flottent comme des bancs de nuages soufflés dans un ciel ombrageux. C'est de la très belle musique ambiante avec une ligne bien distincte qui chante avec tristesse dans cette masse de brises caverneuses. "Traverse" est la première surprise au niveau rythmique de “Threshold Point”. Si Erik Wollo nous avait habitué à un timide univers de rythme, comme dans "Arches" et sa guitare très intrusive, ici il exploite un bon mouvement zigzagant avec un habile mélange de séquences et de percussions dont le débit est aussi fluide que saccadé. Une nappe de voix encadre ce rythme qui épouse une oblongue courbe sinusoïdale. Elle échange tout de même sa place avec une guitare et ses solos qui nous transpercent. Des solos uniques à la poésie musicale de Wollo avec ses moments percutants et d'autres franchement émouvants. Malgré le débit du rythme, on peut perdre ses songes en rêves avec ce beau morceau de MÉ. "Mosaic of Time I; Route Diverge" est aussi une très agréable surprise. L'introduction propose une structure de rythme et ses cents pas affolés qui courent en rond et sans but précis, alors que des nappes de synthé-trompette tente de propulser des vents d'une colonie de trompettistes disparus. Des percussions et des basses pulsations ajoutent à la profondeur du rythme initial alors que les chants de trompettes maquillent les ambiances avec des eurythmies un peu éraillées. Le rythme est superbe avec ses petites nuances dans les coups de percussions et un remodelage des séquences dont le débit est devenu plus fluide et plus harmonisée.
On saute de surprise en surprise avec le frénétique rythme tribal de "Mosaic of Time II; Threshold Point". Nerveuse, la structure délie des spasmes de percussions manuelles sous un ciel ombragé par des nappes d'un synthé plus sombre, alors que d'autres nappes apportent une vision sibylline. Des notes de piano et des larmes de guitare ornent ce décor rythmique qui ne cesse de s'engraisser avec des ajouts de séquences, d'éléments percussifs, des riffs de synthé et d'autres d'une guitare et de ses boucles spasmodiques. Délicieux et hautement émouvant par moments, comme à la belle époque d'Ashra. "Ravel Peak" est un mouvement panoramique et cinématographique plutôt solennel. C'est une ascension décrite en musique d'une montagne du même nom en Antartique. Un entre-deux, j'ajouterais, qui nous amène à "Mosaic of Time III; Hidden Path" qui, une fois après avoir vaincu ses moments d'ambiances, éclate avec un rythme de transe tribale animé de bonnes percussions chamaniques qui se joignent à des séquences nerveuses. Un piano émiette ses songes tout en érigeant des frissons entre nos oreilles. Un autre remarquable titre qui évolue avec puissance. "Eon" agit aussi comme un intermède panoramique. Sauf que ses ambiances sont intenses avec un maillage de lignes et de voix dont les tonalités contrastantes jettent un voile sibyllin à des songes et soupirs sculptés dans les Jardins de la Mélancolie. C'est très intense et puissant comme titre d'ambiances. Différent mais aussi superbe que les 3 premiers volets, "Mosaic of Time IV; Bridge Crossing" propose une fusion entre l'électronique et l'acoustique d'une musique et ses rythmes du monde. Les voix des sirènes des Jardins de la Mélancolie sont superbes avec leurs chants aussi acuités que très pénétrants, alors que l'univers du séquenceur fait miroitant ses ions et leurs chants argentés qui brillent sur un lit de séquences nerveuses et de percussions claniques. Et c'est déjà fini!

Très bon d'un bout à l'autre et sans failles, même les moments d'ambiances sont offerts sur un plateau de tentations, “Threshold Point” est un album puissant, tant au niveau des rythmes et des ambiances. Erik Wollo impose un moment charnier de sa carrière avec une métamorphose qui répond très bien au sens, à la dimension du titre de l'album. Disponible en édition CD Digipack et aussi en téléchargement, le lyrisme d'Erik Wollo est percutant et extrêmement saisissant. Indispensable à ses fans, c'est aussi le meilleur moyen pour les autres de s'introduire à un univers où des merveilles attendent sagement d'être découvertes. Faites-vous plaisir!
Sylvain Lupari 11/06/18

mardi 12 juin 2018

VARIOUS DiN: Submission Vol 2 (2018)

“This compilation is a feast of tones, from analog and/or modular synths, but also a feast of rhythms as odd as quite lively”
1 Pavane K4816 7:03 (Lyonel Bauchet)
2 Crossing The Range 13:00 (Ian Boddy)
3 After the Rain 10:39 (Ian Boddy)
4 Monument 10:22 (Ian Boddy)
5 The Basement 11:40 (Boddy, Smith & Molloy)
6 Prime Blue 8:04 (Ian Boddy & Erik Wollo)
7 Arclight 11:47 (Arc)
8 Cantata 11:23 (Ian Boddy)

9 Stay 9:11 (Ian Boddy & Markus Reuter)
DiNDDL20 (DDL 93:22)
(Experimental, Ambient, England & Berlin Schools
  **Chronique en français plus bas**
And if I told you that there is a way to discover contemporary progressive electronic music without breaking the bank, would you believe it? That's the bet of Ian Boddy who year after year pushes the limits of his creativity by innovating on several fronts. DinDDL is a virtual record company which is in parallel with the activities of DiN Records. Aware that EM is an art whose engine resides in research, Ian Boddy has set up this division to expose works where the craftsmen of analog and modular synths carry the fruit of their research available to everyone. Experimental and progressive EM, yes! But there are always filaments of harmonies which are hiding there. Harmonies as elusive as the patterns of rhythms and the textures of vibes. Available on June 15, “Submission Vol 2” is built following the same ideology as Submission Vol 1, either by choosing a title among the albums 11 to 19 which have been offered for download since the very good The Secret Society from Lyonel Bauchet. Apart from this album, the nine other titles of “Submission Vol 2” are spotlights on Ian Boddy and the progression of his solo career, there are 4 of his albums, or in duet where we also find 4 albums. Ian Boddy has edited this compilation on last May and concocted an album which fills our ears with a feast of tones, from analog and/or modular synths, but also a feast of rhythms as odd as quite lively. In the end, it's an nice compilation of an amazing EM.
The album opens with a title from The Secret Society, "Pavane K4816". According to my tastes, this is not the best title of this album, I would have preferred Dawn, but Ian Boddy doesn't necessarily choose the best title on each of these albums, he wants to create a heterogeneous mosaic that meets the criteria of creativity of the label. "Pavane K4816" is a slow track. A kind of experimental ballad that is rather melodious in its colorful cocoon and evolves slowly on its ascending structure decorated with dark breaths, ominous buzzing, Tibetan percussion and other unidentified tones. A Mephistophelic mist envelops chords and synth riffs that seem lost in this avant-garde setting that remains astonishingly melodious and alive. The Secret Society was a revelation for me in 2011. Subsequently, one dives into the evolutions of DiN's boss. It's missing just over 2 minutes at "Crossing the Range", a title from the album Strange Attractors which was released in 2012 and which is the recording of a magical concert that Ian Boddy gave in the framework of the Awakenings festival in April 2011. Superb and animated with a rhythm which will explode like the best of Arc, "Crossing the Range" evolves slowly throwing between our ears a panoply of elements worthy of the hallucinatory decorations of Arc and Redshift. This is a big track in this album, as well as "Arclight", which are actually 2 albums of pure England School. "After the Rain" also comes from a live album that Ian Boddy has performed at Berlin's Basic Electricity in June 2012. This is an excerpt from a long experimental title of more than 40 minutes where Boddy pushed the limits of his Serge Modular system. The proposed excerpt flirts between atmospheres and industrial rhythms and fits very well to this mosaic whose primary purpose is to introduce you to the new horizons of EM and of the Modular systems. We can't extract more beautiful harmonies of crumpled and twisted metal here!
Then come the first 10 minutes of "Monument", a monumental title that comes from the album Sepulchre and whose music comes from a concert, more intimate, given in the studios of American university radio, University of Pennsylvania, WXPN 88.5 FM. We hear a totally unleashed Ian Boddy who proposes a furious rhythm, woven by heavy and organic sequences, which rolls under the synth spectral breezes. Heavy and attractive, this is the pinnacle of an album released at the beginning of 2013. "The Basement" is a title of sound experimentation which, placed in a context of this compilation, comes right on time in order to rest the ears which bleed in front of so much tones' aggressivity. Recorded at the very beginning of his career, with his friend Sid Smith, the album Other Rooms offered a dark and experimental universe where the sound experiences of the analogous years ended in sound cocktails as much astonishing and strange as well as sometimes strangely mesmerizing. "Prime Blue" from the album EC12, also recorded in concert, proposes an electronic rock which evolves on a good pattern of sequences and electronic percussions and where Wollo & Boddy exchange solos from a biting guitar and other dreamier synth solos. Erik Wollo is fiercely convincing here. "Arclight" is some solid Arc on stage in Liverpool 2014. "Cantata" is one of the first titles of Ian Boddy which has appeared on a cassette format, entitled Images, at the beginning of the 80's. It's an electronic rock which is very The Doors with its layers of organ tones. We recognize the essence of the England School style debut with a constant and hypnotic rhythm on which get accumulate multi-lines of synth and/or keyboard in a dark and Chthonian texture. "Stay" is the title-track of a more contemporary album released last year and made with Markus Reuter. The music concluded the album with a dark texture full of heavy buzzings which cross an area of tranquility.

Here we go! You have most of the last 7 years adventures of the DiN-DDL label. As you can see, there is everything in this compilation which exceeds 90 minutes of a creative and appetizing EM for those who still want more. It's also the best way to initiate the ears to a universe of disparate and unidentifiable tones which are not just floating. No! There are heavy and lively rhythms in this compilation which is also a superb trip in the electronic years of Ian Boddy and of his label. Available in download format only, starting this Friday, June 15, 2018.

Sylvain Lupari (June 12th, 2018) *****

Available at DinDDL Bandcamp

Et si je vous disais qu'il existe un moyen de s'initier à la musique électronique progressive contemporaine sans vous ruinez, le croiriez-vous? C'est le pari de Ian Boddy qui année après année repousse les limites de sa créativité en innovant sur plusieurs fronts. DiNDDL est une maison de disque virtuelle en parallèle des activités de DiN Records. Conscient que la MÉ est un art dont le moteur réside dans la recherche, Ian Boddy a mis cette division sur pied afin d’exposer des œuvres où les artisans des synthés analogues portent le fruit de leurs recherches où se terrent toujours des filaments d'harmonies aussi évasives que les figures de rythmes et les textures d’ambiances. Disponible le 15 Juin prochain, “Submission Vol 2” est construit selon la même idéologie que le Submission Vol 1, soit choisir un titre parmi les albums 11 à 19 qui ont été offert en téléchargement depuis le très bon The Secret Society de Lyonel Bauchet. Mis à part cet album, les neuf autres titres de “Submission Vol 2” sont des projecteurs braqués sur Ian Boddy et la progression de sa carrière en solo, on y retrouve 4 de ses albums, ou en duo où on retrouve aussi 4 albums. Ian Boddy a assemblé le tout en Mai dernier et nous a concocté un album qui remplit nos oreilles avec un festin de tons, provenant de synthés analogues et/ou modulaires, mais aussi un festin de rythmes aussi bizarroïdes. Au final, c'est une splendide compilation.
L'album ouvre justement avec un titre de The Secret Society, "Pavane K4816". Selon mes goûts, il ne s'agit pas du meilleur titre de cet album, je lui aurais préféré Dawn, mais Ian Boddy ne veut pas nécessairement choisir le meilleur titre sur chacun de ces albums, il veut créer une mosaïque hétérogène qui respecte les critères de créativité du label. "Pavane K4816" est un titre lent. Un genre de ballade expérimentale qui est plutôt mélodieuse dans son cocon bigarré et qui évolue lentement sur sa structure ascendante décorée de souffles ténébreux, de bourdonnements sinistres, de percussions tibétaines et d'autres tonalités non-identifiées. Une brume méphistophélique enveloppe des accords et des riffs de synthé qui semblent perdus dans ce décor avant-gardiste qui reste étonnement mélodieux et vivant. The Secret Society avait été une révélation pour moi en 2011. Par la suite, on plonge dans les évolutions du boss de DiN. Il manque un peu plus de 2 minutes à "Crossing the Range", un titre tiré de l'album Strange Attractors qui est paru en 2012 et qui est l'enregistrement du concert magique qu'Ian Boddy donnait dans le cadre du festival Awakenings en Avril 2011. Superbe et animé d'un rythme qui explosera comme le meilleur d'Arc, "Crossing the Range" évolue lentement en jetant entre nos oreilles une panoplie d'éléments dignes des décors hallucinatoires d'Arc et de Redshift. C'est une grosse pointure dans cet album, de même que "Arclight", qui sont en fait 2 albums de pur England School. "After the Rain" provient aussi d'un album en concert qu'Ian Boddy performait au Berlin's Basic Electricity en Juin 2012. C'est un extrait d'un long titre expérimental de plus de 40 minutes où Boddy poussait les limites de son système Serge Modular. L'extrait proposé flirte entre des ambiances et des rythmes industriels et cadre fort bien dans cette mosaïque qui a comme but premier de vous faire découvrir les nouveaux horizons de la MÉ et des systèmes modulaires. On ne peut soutirer de plus belles harmonies du métal froissé et tordu qu'ici!
Suivent les 10 premières minutes de "Monument", un titre monumental qui vient de l'album Sepulchre et dont la musique provient d'un concert, plus intimiste, donné dans les studios de la radio universitaire américaine, Université de Pennsylvanie, WXPN 88.5 FM. On y entend un Ian Boddy totalement déchainé qui propose un rythme furieux, tissé par des séquences lourdes et organiques, qui court sous les brises spectrales de synthé. Lourd et attrayant, c'est le pinacle de l'album Sepulchre qui est apparu en début 2013. "The Basement" est un titre d'expérimentation sonore qui, placé dans un contexte de compilation, arrive à point afin de reposer des oreilles qui saignent devant autant d'agressivité. Enregistré en tout début de carrière, avec son ami Sid Smith, l'album Other Rooms proposait un univers sombre et expérimental où les expériences sonores des années analogues aboutissaient en cocktails sonores aussi étonnants que bizarre et parfois même étrangement hypnotisants. "Prime Blue" de l'album EC12, aussi enregistré en concert, propose un rock électronique qui évolue sur un beau canevas de séquences et de percussions électroniques où Wollo & Boddy s'échangent des solos de guitares mordants et des solos de synthé plus rêveurs. Erik Wollo est férocement convaincant ici. "Arclight" est du solide Arc en concert à Liverpool en 2014. "Cantata" est un des premiers titres d'Ian Boddy qui figurait sur la K7 Images au début des années 80. C'est du rock électronique qui fait très The Doors avec ses nappes aux tonalités d'orgue. On reconnait l'essence du début du style England School avec un rythme constant et hypnotique où s'accumulent des multi-lignes de synthé et/ou de clavier dans une texture sombre et Chthonienne. Une des essences du modèle Anglais. "Stay" nous provient d'un album plus contemporain, soit Stay qui est apparu l'années dernière. En duo avec Markus Reuter, le titre concluait cet album avec une texture sombre et pleine de bourdonnements lourds qui traverse une zone de quiétude.
Voilà! Vous avez l'essentiel des 7 dernières années des aventures du label DiNDDL. Comme vous pouvez constater, il y a de tout dans cette compilation qui excède les 90 minutes d'une MÉ créative et appétissante pour ceux qui veulent toujours en avoir plus. C'est aussi le meilleur moyen pour initier les oreilles friandes d'un univers de tonalités disparates et non-identifiables qui ne font pas juste que flotter. Non! Il y a des rythmes lourds et vifs dans cette compilation qui se veut aussi un superbe voyage dans les années électroniques d'Ian Boddy et de son label. Disponible en format téléchargement seulement, à partir de ce vendredi 15 Juin 2018.

Sylvain Lupari 12 Juin 2018

lundi 11 juin 2018

MYPAN: Perpetuum Musica Momentum (2018)

“Not too complicated to love with its appealing and magnetizing songs Perpetuum Musica Momentum is an album which shows a good future of Mypan”
1 Transcendens 5:43
2 Perpetuum Sensum Part 1 11:09
3 Perpetuum Cosmicum 7:02
4 Motivum Secundum Locum Africa 6:00
5 Perpetuum Musica 6:34
6 Tempestas 6:50
7 Momentum 7:11
8 Perpetuum Sensum Part 2 12:00

SynGate Wave MP01 (62:32)
(Harmonious, minimalist & New Berlin School)

  **Chronique en français plus bas**
What one can do with a Cubase 5, a handful of VST and a lot of imagination! An album like “Perpetuum Musica Momentum” of which the freshness, the candor and the spontaneity brings us to territories where the melodies become intrusive ear-worms. Mypan, Michael Stehl's project, is the latest discovery of the German label SynGate which keeps bringing new artists very interesting since Kilian Schloemp-Uelhoff took the guides in autumn 2011. His latest discovery is a passion of the genre. A self-taught musician and composer from Grebenstein, Germany, who is guided by his intuition and imagination. Evolving at ease in minimalist music settings like Philip Glass or Mike Oldfield, Mypan and his Cubase 5, as well as his few clusters of VST, concocted an album which is literally an ear-worm's weaving machine.
And it's through an intense corridor of dark and very intrusive atmospheres that "Transcendens" begins its first mission; seduce a new public adept of the Berlin School and its sub-genres. A panoply of synth lines is juxtaposed into a cathédralesque mission to form a hymn played on the organ. The multiple layers and their impulses play on the intensity of the arrangements with implosions points which are created by the slow and oblong interlacing of the multi-lines, carving a strong envelope of drama and tragedy with an attractive musical vision. It's in the minimalist coat of arms of Philip Glass that "Perpetuum Sensum Part 1" blooms between our ears. Piano chords, tampered with by a sequencer, swirl sharply in an introduction where a roaring bass line drowns the approach of the Halloween genre of the minimalist ritornello. It's the beginning of a carousel of harmonies with well-diversified tints that is organized with several series of chords, of slow orchestrations and of layers of voices which get grafted in turn, making of the taciturn ambiences of "Perpetuum Sensum Part 1" a musical box of delight where our senses go through the whole range of emotions. A superb intrusive movement which will be more lively, more in mode electronic rock in "Perpetuum Sensum Part 2".
"Perpetuum Cosmicum" is another nice track built on a rotating movement and chords with slightly nuanced shades, and in sounds and in rhythmic colors. Two lines of spheroidal rhythms, one of which is imbued of cosmic flavors, intertwine their magic while the synth weaves here dreamlike songs which float in harmony with the different gravitational effects of the rhythms. The voices of NASA add a very decorative touch to this sequenced antiphon that will stick you a couple of chills in the back. The more I listen and the more I hook onto it! Built on a suite of staccato orchestrations, "Motivum Secundum Locum Africa" is the most complex composition of Mypan on his first opus, since the second part plunges us into a tribal universe with very tight chords, it sounds like an Ichigenkin, which resonate on Tibetan chimes. The whole thing is based on an always minimalist approach. "Perpetuum Musica" is a title at the crossroads of Clara Mondshine, Memory Metropolis era, and Mike Oldfield, Platinum era, with a variegated opening of aggressive tones and where the structure of rhythm grows like this platinum disco Punkadiddle. Mike Oldfield's imprint goes all the way to "Tempestas", a nice ballad where the foggy introduction is swept away by a progressing rhythm in a well-balanced din. "Momentum" gets more electronic with a seductive lullaby which shuns a bit the minimalist approaches of “Perpetuum Musica Momentum”. The synth is quite beautiful and sings a nursery rhyme on sequenced chords that roll like a nocturnal dance of these ballerina's statuettes whose grace and nobility are frozen in our childhood memories.
With its mix of New Berlin School of the IC/Software years and its scents of Mike Oldfield, “Perpetuum Musica Momentum” is an album not too complicated to love with its appealing and magnetizing songs. This first album of Mypan suggests a great potential, because of the very harmonious vision of Michael Stehl and his desire to tread more adventurous territories without moving too far from the comfort zone of his melodies. There are little jewels of simplicity in this album that will seduce you from the first listen. The rest belongs to your imagination and its senses! Yes, the future looks promising for Mypan!

Sylvain Lupari (June 10th, 2018) ***¾**
Available on HQ CD-R and on DL on SynGate Bandcamp
Ce que l'on peut faire avec un Cubase 5, une poignée de VST et beaucoup d'imagination! Un album comme “Perpetuum Musica Momentum” dont la fraîcheur, la candeur et la spontanéité nous amène vers des territoires où les mélodies deviennent d'intrusifs ver-d'oreilles. Mypan, projet de Michael Stehl, est la dernière trouvaille du label Allemand SynGate qui ne cesse d'amener de nouveaux artistes très intéressants depuis que Kilian Schloemp-Uelhoff en a pris les guides en automne 2011. Sa dernière découverte est un passionné du genre. Un musicien compositeur autodidacte de Grebenstein, en Allemagne, qui est guidé par son intuition et son imagination. Évoluant à l’aise dans des paramètres de musique minimaliste à la Philip Glass ou Mike Oldfield, Mypan et son Cubase 5, ainsi que ses quelques grappes de VST, a concocté un album qui est littéralement une machine à tisser des ver-d'oreilles.

Et c'est par un intense corridor d'ambiances ténébreuses et très intrusives que "Transcendens" débute sa première mission; séduire un nouveau public adepte de la Berlin School et de ses sous-genres. Une panoplie de lignes de synthé se juxtaposent en une mission cathédralesque afin de former un cantique joué à l'orgue. Les multiples strates et leurs élans jouent sur l'intensité des arrangements avec des points d'implosions qui se créent par les lents et oblongs entrelacements des multi-lignes, sculptant une forte enveloppe de drame et de tragédie avec une séduisante vision musicale. C'est dans les armoiries minimalistes de Philip Glass que "Perpetuum Sensum Part 1" fleurit entre nos oreilles. Des accords de piano, trafiqués par un séquenceur, tournoient vivement dans une introduction où une ligne de basse bien ronflante noie l'approche du genre Halloween de la ritournelle minimaliste. C'est le début d'un carrousel d'harmonies aux teintes bien diversifiés qui s'organise avec plusieurs séries d'accords, de lentes orchestrations et des nappes de voix qui se greffent à tour de rôle, faisant des ambiances taciturnes de "Perpetuum Sensum Part 1" un parc d'amusements musical où nos sens passent par toute la gamme des émotions. Un superbe mouvement très intrusif qui sera par contre plus animé, plus en mode rock électronique dans "Perpetuum Sensum Part 2".
"Perpetuum Cosmicum" est un autre beau titre construit sur un mouvement rotatif et des accords aux teintes légèrement nuancées, et en sons et en couleurs rythmiques. Deux lignes de rythmes sphéroïdales, dont une qui est imbibée de saveurs cosmiques, entrelacent leurs magies alors que le synthé tisse ici des chants oniriques qui flottent en harmonie avec les différents effets gravitationnels des rythmes. Les voix de la NASA ajoutent une touche très décorative à cette antienne séquencée qui va vous coller une couple de frissons dans le dos. Plus j'écoute et plus j'accroche! Monté sur une suite d'orchestrations en staccato, "Motivum Secundum Locum Africa" est la composition la plus complexe de Mypan sur son premier opus, puisque la 2ième partie plonge dans un univers tribal avec des accords très pincés, on dirait un Ichigenkin, qui résonnent sur des carillons tibétains. Le tout se fond dans une approche toujours minimaliste. "Perpetuum Musica" est un titre à la croisée de Clara Mondshine, époque Memory Metropolis, et Mike Oldfield, époque Platinum, avec une ouverture bariolée de tonalités agressives et où la structure de rythme croisse comme ce disco platine de Punkadiddle. L'empreinte de Mike Oldfield va jusque dans "Tempestas", une belle ballade où l'introduction brumeuse est balayée par un rythme progressant dans un vacarme bien dosé. "Momentum" redevient plus électronique avec une belle berceuse qui fuie un peu les approches minimalistes de “Perpetuum Musica Momentum”. Le synthé est beau et chante une comptine sur des accords séquencés qui roulent comme une danse nocturne de ces ballerines en statuettes dont la grâce et la noblesse restent figés dans nos souvenirs d'enfance.
Avec son mélange de la New Berlin School des années IC/Software et ses parfums de Mike Oldfield, “Perpetuum Musica Momentum” est un album pas trop compliqué à aimer avec ses ritournelles aussi séduisantes que magnétisantes. Ce premier album de Mypan laisse entrevoir un très beau potentiel, à cause de la vision très harmonieuse de Michael Stehl et de son désir de fouler des territoires plus aventureux sans pourtant trop s'éloigner de la zone de confort de ses mélodies. Il y a des petits bijoux de simplicité dans cet album qui va vous séduire dès la première écoute. La suite appartient à votre imagination et ses sens! Oui, l'avenir s'annonce prometteur pour Mypan!

Sylvain Lupari 10/06/18

dimanche 10 juin 2018

SVERRE KNUT JOHANSEN: The Vast Expanse (2018)

“The Vast Expanse is this kind of sonic jewels collection aiming particularly to fans of a more musical EM with melodies which remain tie to our senses all day long”
1 Origins of the Universe 9:12
2 The Vast Expanse 5:51
3 Emotion Strata 5:41
4 Space and Time 9:31
5 The Beginning 11:20
6 DNA (deoxyribonucleic acid) 4:09
7 Perfect Creation 6:33
8 Abiogenesis 6:09

Spotted Peccary | SPM-3003 (CD 58:29)
(Melodious cinematographic E-Rock
  **Chronique en français plus bas**
What a beautiful artist this Sverre Knut Johansen is! His compositions are melodious with a cinematic vision that is not unlike that of Vangelis. Flanked by David Helpling and his shadows of spectral guitars, the Norwegian multi-musician signs here a work inspired by the Big Bang theory and the writings of astrophysicist Stephen Hawking. “The Vast Expanse” is the third album of SKJ on the American label Spotted Peccary. It cements his reputation as a melodist and orchestral arranger with nearly 60 minutes of an EM where the complexity lies in nice textures of moods rich in tones but especially in orchestrations where the genres of David Wright and Mike Oldfield are only at an ear-jet.
A buzz and multicolored strata which get deform according to their tones open the ambiences decor of "Origins of the Universe". The slow waltz of the sound effects gives a feeling of slow motion to the 90 seconds of the opening where are added breaths of voices and more aggressive sound elements, including tears of synth (guitar?) which seem to put the brakes so as not to crush the origins of the universe. White noises, pulsations and organic whispers fill these moods while moving towards a very lively pulsating beat, but the race is significantly slowed by the mass of very colorful sound effects and the roars of a synth to sharp colors. It's on the edge of the 4 minutes that the rhythm runs away in a semi-dance approach with its sequences, its percussion and its rattling. The melodic skills fill the second portion of "Origins of the Universe". Always wrapped in orchestral arrangements which make it twirl, the rhythm hosts not 2 melodic strategies, but 3 with keyboard chords, orgasmic voice sings and synth sighs. These elements converge into a beautiful earworm that sticks to our eardrums and intertwine their magnetizing charms in a rhythmic whirlwind well surrounded by multiple orchestral arrangements, it's like in the days of Giorgio Moroder, and by that Elven siren voice who will bewitching in several places in “The Vast Expanse”. "Origins of the Universe" set the tone for a high-pitched album in tonal colors with catchy and sometimes magnetizing rhythms where chills for dreamy souls are at the turn of each title. The structures are in evolutionary modes, passing from openings paved with atmospheric elements to embryonic rhythms which progress towards a Berlin School a la Erik Wollo or a music which will bring your feet back to life. The title-track evolves in these parameters to rely on a pulsating rhythm where a river of orchestrations and fragments of lunar melody are clinging. Here again, it's very David Wright or Code Indigo, and it's especially comfortable to the ears. In fact, we are not very far of a Yanni style of melodic New Age. But there is more! A harmonic filament escapes from the title and overflows into the territories of "Emotion Strata" which is a superb melody nesting in the effects of vertical jerks from a bed of staccato orchestrations. The piano and keyboard are impregnated with tenderness, while the synth completes this trio of electronic romance with well-drawn dreams in a soundscape which gains in intensity.
"Space and Time" is my favorite title of this album. It's a beautiful, an intrusive Berlin School with a spiral of slow-motion sequences whose influences seem to come from Erik Wollo's floating sequential movements. The structure presents halftone sequences which spin with zigzags in a spheroidal race beneath the stars and under layers of cosmic mist and of astral voices. It's these zigzags that catch the magnetizing effect of this title of which the cosmic textures of David Helpling's guitar are floating like a large white cover to which is clinging a chant of Perseids. The first 3 minutes are ambient moves as I like them. With its sonic painting rich in different textures and additional sequences, the walking rhythm reaches a more intense level in its decoration than in its rhythm, sparing the various fragments of melodies and lyrical effects which mate on a path dominated by rather cinematic intensity changes, including a unique and delicate lunar moment. "The Beginning" walks on the ashes of "Space and Time", but with more grip, more dramatic emphasis in its rhythm while the decor is filled of multiple textures of ambiences and of seductive percussive effects. A beautiful melody, sculpted in the parameters of the album, clings to the different evolutions of this long title, both symphonic and cinematographic. "DNA (deoxyribonucleic acid)" is an atmospheric title with orchestral impulses guiding a slow staccato and its caramelized tone of metal writhing in a bath of scarlet magma. "Perfect Creation" is a title which sounds a bit like the title track. It's lively, not too much on the other hand, with a nice melodious envelope which flirts with the New Age essences, for the melody, and the Berlin School, for the sequences and some textures of well-garnished ambiences. "Abiogenesis" ends “The Vast Expanse” with a nice lunar ballad approach where Sverre Knut Johansen spreads all his talent of multi-instrumentalist. There is a good mix of electronics and acoustics on this title of which progression borrows the structures of "Space and Time" and "The Beginning", two of the very beautiful jewels of this last opus of Sverre Knut Johansen which is aimed mainly to fans of a more musical than complex form of EM with melodies and rhythms which remain tie to our senses all day long.
Sylvain Lupari (June 8th, 2018) *****
Available at Spotted Peccary Webshop

Quel bel artiste que ce Sverre Knut Johansen! Ses compositions sont mélodieuses avec une vision cinématographique qui n'est pas sans rappeler celle de Vangelis. Flanqué de David Helpling et de ses ombres de guitares spectrales, le multi musicien Norvégien signe ici une œuvre inspirée par la théorie du Big Bang et les écrits de l'astrophysicien Stephen Hawking. “The Vast Expanse” est le 3ième opus de SKJ sur le label américain Spotted Peccary. Il cimente sa réputation de mélodiste et d'arrangeur orchestral avec près de 60 minutes d'une MÉ où la complexité réside dans de belles textures d'ambiances riches en tonalités mais surtout en orchestrations où les genres de David Wright et Mike Oldfield ne sont qu'à un jet d'oreille.
Un bourdonnement et des strates multicolores qui se déforment au gré de leurs tonalités ouvrent le décor d'ambiances de "Origins of the Universe". La valse lente des effets sonores donne une sensation de ralenti aux 90 secondes d'ouverture où s'ajoutent des souffles de voix et des éléments sonores plus agressifs, dont des larmes de synthé (guitare?) qui semblent mettre les freins afin de ne pas écraser les origines de l'univers. Des crépitements de bruits blancs, des pulsations et des murmures organiques remplissent ces ambiances tout en se dirigeant vers un rythme pulsatif très vif, mais dont la course est nettement ralentie par la masse d'effets sonores très bigarrés et des rugissements d'un synthé aux couleurs acérées. C'est au bord des 4 minutes que le rythme se sauve dans une approche semi danse avec ses séquences, ses percussions et ses cliquetis. Les talents de mélodiste remplissent la seconde portion de "Origins of the Universe". Toujours enveloppé dans des arrangements qui le font tournoyer de vitesse, le rythme accueille non pas 2 stratégies mélodiques, mais 3 avec des accords de clavier, des fredonnements de voix orgasmiques et des soupirs de synthétiseur. Ces éléments convergent en un beau ver-d'oreille qui colle à nos tympans et entrelacent leurs charmes magnétisants dans un tourbillon rythmique bien cernée par les multiples arrangements orchestraux, on se croirait à l'époque de Giorgio Moroder, et cette voix de sirène Elfique qui ensorcèlera à plusieurs endroits dans “The Vast Expanse”. "Origins of the Universe" donne le ton à un album haut en couleurs tonales avec des rythmes entraînants et parfois magnétisants où les frissons pour âmes rêveuses sont aux tournants de chaque titre. Les structures sont en modes évolution, passant d'ouvertures pavées d'éléments d'ambiances à des rythmes embryonnaires qui progressent vers du Berlin School à la Erik Wollo ou une musique idéale pour dégourdir les pieds. La pièce-titre évolue dans ces paramètres pour s'appuyer à un rythme pulsatif où s'accroche une rivière d'orchestrations et des bribes de mélodie lunaires. Encore ici, ça fait très David Wright ou encore Code Indigo, et c'est surtout très confortable pour les oreilles. En fait, on n'est pas très loin d'un New Age à la Yanni.  Mais il y a plus! Un filament harmonique s'échappe du titre et déborde dans les territoires de "Emotion Strata" qui est une superbe mélodie nichant dans les effets de saccades verticales d'un lit d'orchestrations en staccato. Le piano et le clavier sont imprégnés de tendresse, tandis que le synthé complète ce trio de romance électronique avec des songes bien dessinés dans un panorama sonore qui gagne en intensité.
"Space and Time" est mon titre préféré de cet album. C'est un superbe Berlin School très intrusif avec une spirale de séquences qui tourne au ralenti et dont les influences émanent des mouvements séquencés planants d'Erik Wollo. La structure propose des séquences en demi-teintes qui tournoient avec des zigzagues dans une course sphéroïdale sous les étoiles et sous des nappes de brume cosmique et de voix astrales. Ce sont ces zigzags qui accrochent l'effet magnétisant de ce titre dont les textures cosmiques de la guitare de David Helpling flottent comme un grand drap blanc où s'accrochent un chant de Perséides. Les 3 premières minutes sont à l'image des titres ambiants tel que je les aime. Avec son tableau sonique riche en différentes textures et en séquences additionnelles, le rythme ambulant atteint un niveau plus intense dans son décor que dans son rythme, épargnant les diverses bribes de mélodies et d'effets lyriques qui s'accouplent sur un parcourt dominé par les changements d'intensité assez cinématographique, dont un délicat moment lunaire. "The Beginning" embrasse un peu l'approche de "Space and Time", mais avec plus de poigne, plus d'emphase dramatique dans son rythme alors que le décor est garni de multiples textures d'ambiances et de séduisants effets percussifs. Une belle mélodie, sculptée dans les paramètres de l'album, s'accroche aux différents évolutions de ce long titre à la fois symphonique et cinématographique. "DNA (deoxyribonucleic acid)" est un titre d'ambiances avec des impulsions orchestrales qui guident un lent staccato et sa tonalité caramélisée dans du métal se tordant dans un bain de magma écarlate. "Perfect Creation" est un titre qui ressemble à la pièce-titre. C'est vivant, pas trop, avec une belle enveloppe mélodieuse qui flirte avec les essences du New Age, pour la mélodie, et du Berlin School, pour les séquences et certaines textures d'ambiances bien relevées. "Abiogenesis" termine “The Vast Expanse” avec une approche de ballade lunaire où Sverre Knut Johansen étale tout son talent de multi instrumentaliste. Il y a un beau mélange d'électronique et d'acoustique sur ce titre dont la progression emprunte les structures de "Space and Time" et "The Beginning", deux des très beaux joyaux de ce dernier opus de Sverre Knut Johansen qui s'adresse principalement aux amateurs de MÉ plus musicale que complexe avec des mélodies et des rythmes qui nous restent collés aux sens toute la journée.

Sylvain Lupari 08/06/18