jeudi 6 décembre 2018

BERNHARD WÖSTEINRICH: Elsewhere (2018)

“Hard to tame? Of course! But it’s Bernhard Wöstheinrich and Elsewhere will take you to territories that you will have difficulty selling and justifying but only for you”

1 Weisses Venn 18:22
2 Quenhorn 17:30
3 Pixel 15:43
4 Sandknapp 17:09

Iapetus Music (LP/CD/DDL 63:48)
(Experimental & Modern Krautrock)
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 **Chronique en français plus bas**
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A fascinating electronic dialect chirps like an alien bird opens "Weisses Venn". This sung language of cyborg comes and goes again and again, multiplying its layers which form an endless loop from which other forms of synthesized chirping also escape. Muffled pulsations form a zone of resonance, thus covering with an electronic heat this strange concerto for babble of non-identifiable cherubim. This kaleidoscopic loop progresses between jingles and clouds of electronic fog where these voices without identities wander. Becoming insistent and amplified, the pulsations structure an ambient rhythm that undulates in these banks of syncretic fog while amphigouri without borders gradually loses its vitality and finally disappear around 9 minutes. Bernhard Wöstheinrich puts the listener in front of his ambiances identified as a source of the Berlin School with a round and juicy pulse which throbs in a setting very close to Klaus Schulze's. Percussive effects peck this bass line with strong hypnotic resonance, which puts my ears in appetite. This 2nd phase of "Weisses Venn" remains in full uncertainty, even if elements of rhythm attempt a rhythmic resuscitation. Chords ring like an ill-fitting carousel which is struggling to turn, while the decor still breathes from those analog years. These chords will become the last harmonic phase of this long title which opens a hard album to tame. Recorded live in studio sessions, “Elsewhere” is the album that the German musician absolutely wanted to do since he heard Zeit from Tangerine Dream in the late 80's. Pressed vinyl on a double-album, this album mixed by Markus Reuter, faithful companion of Bernhard Wöstheinrich for moons, offers nearly 70 minutes of an EM which flirts with Krautrock experiments. And when I mention experiments, I'm hardly exaggerating. This very progressive music is also inspired by the Berlin School model with 4 long evolutionary structures animated by sequenced beats whose minimalist forms welcome a plethora of sound effects that require some listening to defend their charms close to our ears. But are we really surprised at this, considering that Bernhard Wöstheinrich has always been on the sidelines of any commercialization of his works? An example? "Quenhorn"!
Its introduction is chloroformed of these oblong endless lamentations, like a fight between the melancholy of cello strings and the coldness of the synthesizer blades, which shear up the ambiences of a metallic tone. The sequencer gets into battle and boosts an anti-beat rhythm with inarticulate sequences that get grafted into spasmodic impulses as violent as wild horse kicks which are strongly intoxicated. Despite the din of the sound razor blades, a glow of comfort emerges with foggy caresses (I hear voices?) trying to breathe in a lull in this series of endless kicks. The desynchronization of this man-orchestra meets a moment of serenity around the 9th minute, with a music woven for an oasis, although a short moment of lost beats opposes it, which lasts up until the finale of "Quenhorn". "Pixel" is the most musical, and the silkiest, moment of “Elsewhere”. Acrimony, the movement unfolds its contradictory vision between its beats which refuse any form of symbiosis with the splendor of the seraphic layers waltzing with our conscience. Gradually, a form of mutualism ties up the two entities. "Sandknapp" is also made of strangeness and of eclectic sounds in its composition which is differentiated by its approach much more experimental of this last opus of Wöstheinrich. The line of rhythm crawls with its fascinating sequenced pulsations which try to appropriate a dialect as heterogeneous as that of "Weisses Venn". Except that its fluidity gives it a sensual aspect that can easily be compared to a spiritual dance of an implacable blackness. Here again, this mixture of haze and voice which surrounds this anesthetic dance gives a delicate and seraphic approach to ambiences which are also embellished by synth lines with an apocalyptic design. Finally, it's my vision and I'm sure yours will be different! But one thing is sure; the music of this “Elsewhere” will take you to territories that you will have difficulty selling and justifying to those who will look at you with frowning eyebrows and incredulous ears.
Sylvain Lupari (December 6th, 2018) *****

synth&sequences.com
Available at Iapetus Music's Bandcamp
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                                 CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Un fascinant dialecte électronique pépie comme un oiseau extra-terrestre en ouverture de "Weisses Venn". Ce langage chanté de cyborg va et vient à répétition, multipliant ses strates qui forment une boucle sans fin d'où s’échappent aussi d'autres formes de gazouillis synthétisés. De sourdes pulsations forment une zone de résonnance, recouvrant ainsi d'une chaleur électronique cet étrange concerto pour babillages de chérubins non-identifiables. Cette boucle kaléidoscopique progresse entre des tintements et des nuages de brouillard électronique où errent ces voix sans identités. Devenant insistantes et amplifiées, les pulsations structurent un rythme ambiant qui ondulent dans ces bancs de brouillard syncrétique alors que l'amphigouri sans frontières perd peu à peu de sa vitalité pour finalement disparaître autour des 9 minutes. Bernhard Wöstheinrich met ainsi l'auditeur en face de ses ambiances identifiées comme une source de la Berlin School avec une pulsation ronde et juteuse qui palpite dans un décor très près de Klaus Schulze. Des effets percussifs picorent cette ligne de basse à forte résonnance hypnotique, ce qui met mes oreilles en appétit. Cette 2ième phase de "Weisses Venn" reste en pleine incertitude, même si des éléments de rythme tente une réanimation rythmique. Des accords tintent comme un carrousel mal-ajusté qui peine à tourner, alors que le décor respire toujours de ces années analogues. Ces accords deviendront la dernière phase harmonique de ce long titre qui ouvre un album très difficile à apprivoiser. Enregistré en direct lors de sessions studio, “Elsewhere” est l'album que le musicien Allemand voulait absolument faire depuis qu'il a entendu Zeit de Tangerine Dream à la fin des années 80. Pressé en vinyle sur un double-album, cet album mixé par Markus Reuter, fidèle compagnon de Bernhard Wöstheinrich depuis des lunes, propose près de 70 minutes d'une MÉ qui flirte avec les expérimentations du Krautrock. Et lorsque je mentionne expérimentations, j'exagère à peine. Cette musique très progressive s'inspire aussi du modèle Berlin School avec 4 longues structures évolutives animées par des battements séquencés dont les formes minimalistes accueillent une pléthore d'effets sonores qui demandent quelques écoutes afin de défendre leurs charmes auprès de nos oreilles. Mais sommes-nous vraiment surpris de ce fait, considérant que Bernhard Wöstheinrich a toujours été en marge d'une quelconque commercialisation de ses œuvres? Un exemple? "Quenhorn"!
Son introduction est chloroformée d'oblongues lamentations sans fin, comme un combat entre la mélancolie des cordes de violoncelles et la froideur des lames de synthé, qui cisaillent les ambiances d'une tonalité métallique. Le séquenceur se met en bataille et pistonne un rythme anti-beat avec des séquences inarticulées qui se greffent dans des élans spasmodiques aussi violents que des ruades de chevaux sauvages et qui sont fortement intoxiqués. Malgré le tintamarre des lames de rasoir sonore, une lueur de confort émerge avec des caresses brumeuses (j'entends des voix?) qui tentent d'insuffler une accalmie à cette suite de ruades sans fin. La désynchronisation de cet homme-orchestre rencontre un banc de sérénité autour de la 9ième minute, avec une musique tissée pour un oasis, bien qu'un court moment de battements égarés s'y oppose, qui dure jusqu’à la finale de "Quenhorn"."Pixel" est le moment le plus musical, et le plus soyeux aussi, de “Elsewhere”. Acrimonie, le mouvement déploie sa vision contradictoire entre ses battements qui refusent toute forme de symbiose avec la splendeur des nappes séraphiques qui valsent avec notre conscience. Peu à peu, une forme de mutualisme attache les deux entités. "Sandknapp" est aussi fait d'étrangeté et d'éclectisme sonore dans sa composition qui se différencie par son approche nettement plus expérimentale de ce dernier opus de Wöstheinrich. La ligne de rythme rampe avec ses fascinantes pulsations séquencées qui tentent de s'approprier un dialecte aussi hétéroclite que celui de "Weisses Venn". Sauf qu'ici sa fluidité lui donne un aspect sensuel que l'on peut aisément comparé à une danse spirituelle d'une noirceur implacable. Encore ici, ce mélange de brume et de voix qui enserre cette danse anesthésiante donne une approche délicate et séraphique aux ambiances qui sont aussi agrémentées par des lignes de synthé au dessein apocalyptique. Enfin, c'est ma vision des choses et je suis certain que la vôtre sera différente! Mais une chose est certaine, c'est que la musique de ce “Elsewhere” vous amènera dans des territoires que vous aurez de la difficulté à vendre et à justifier à ceux qui vont regarderont les sourcils froncés et les oreilles incrédules.

Sylvain Lupari 06/12/18

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