vendredi 22 juin 2018

ALLUSTE: Alien Worlds (2018)

“Again, another good EM album from Alluste with his sequencing patterns which have now the company of good synth harmonies and solos”
1 Red Clouds 6:31
2 Mystery Cluster 13:22
3 Distant Voices 7:42
4 Space Lagoon 6:40
5 The Dark Place 7:32
6 Endless Mystery III 6:29
7 Alien Rain 4:57
8 Wormhole 8:01

Alluste Music (DDL 61:18)
(Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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It's with a shroud of sadness that "Red Clouds" crosses the silence to reach our ears. The first arpeggios are dark and they dance in the void with a veil of melancholy. A slight scented mist of humming embellishes the scene of an astral vision. And when the synth espouses the funeral march of the arpeggios, the music becomes more playful. Drum jingles lingers without thinking of a form of rhythm, leaving Alluste's magic fingers drawn harmoniously beautiful solos and engineer a movement of the sequencer which lays down these floating rhythms. Circular rhythms where the keys come and go and bounce meekly in the footprint of the melody. The layers of voice become more abundant and create a wall of atmospheres that a more accentuated movement of the sequencer tames, while it remains less than 2 minutes to "Red Clouds". The first thing that strikes me in this last opus of Alluste is this atmosphere very close to the first works of EM that the Italian synthesist manages to inject to “Alien Worlds”. Since a few albums, Piero Monachello is doing well by daring more and more synth solos. And on this album, they became as melodious as his ritornellos of minimalist sequences which have embroidered the dimensions of his first albums. Hence these influences that I related with the music of Software. Now, Alluste has become a complete musician and this is reflected in his compositions, as in the beautiful "Endless Mystery III" and his nostalgic piano which melts its emotions on a splendid ballet of rotating sequences. Mist slicks of the 70's and seraphic voices have become the passports of a world still in motion, but definitely more musical. Even dreamlike.

"Mystery Cluster" is a long title which evolves in 3 phases. Alluste develops it with a delicate line of sequence which oscillates with a harmonious fluidity. The mysterious haze which has preceded this sluggish rhythm extends its hold with an even more opaque density coming from cavernous breezes as the arpeggios emerge to make tinkle a melody which flows faster than the rhythm but remains stationary. This first movement runs out of steam in an envelope of ambiances which has become more chthonic. Yet, a first ear worm is released. A mesh of bass pulsations, which go up and down, with sequences which hiccup while hopping in layers of mists and voices feed a second phase without a story which stops abrupt around the 10th minute. And it's after a brief appearance of a radiations' mass that "Mystery Cluster" will finish its long journey in elements of sequences and of ambiences very Franke and Tangerine Dream. "Distant Voices" navigates between the atmospheres of its heavy layers of fog and voices and its ambient rhythm built on small sequences with urgent palpitations. The electronic orchestrations are well drawn in this title which is closer to a lunar ballad with melodic sequences which shake the tranquility of those more rhythmic but which are still too frail to shake the atmosphere. There are a lot of emotions to the square thumb in this title which is still quite musical. Under these elephantine layers, "Space Lagoon" frees a skeletal structure of a fluid rhythm which is mounted on a bed of sequences with very tight woven oscillations. Sails of seraphic voices embrace this fragile approach which is swallowed up after 2 minutes by a gargantuan bass veil, giving the necessary impetus so that the title reaches the bases of a good catchy ballad. The atmospheres of "The Dark Place" are imaged in a black hole where a horde of electronic sparrow roams. The chirps are also as enchanting as imaginable in a setting that does not reflect the ambiances of the title. But whatever! Alluste succeeds in bringing back TD elements of the Jive years again on this shimmering bed of sequences which sparkles like a river and its stationary waters. Too little too late, another rhythm structure is born a few seconds before the final. After the very good "Endless Mystery III", "Alien Rain" accosts our earlobes with a rhythmic structure which goes from neutral to light speed in a movement that fans of the Italian synthesist will recognize as his sonic signature. Movement whose slowness, and especially its decor of ambiences, will seduce more than one with the imposing "Wormhole". Slowly oscillating between beautiful layers of lunar orchestrations, the rhythm gradually reaches its cruising speed without too much to do or put too much, bringing just some very good EM to our ears.
Sylvain Lupari (June 21st, 2018) *****
synth&sequences.com
Available on Alluste Bandcamp
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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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C'est avec une enveloppe de tristesse que "Red Clouds" traverse le silence pour atteindre nos oreilles. Les premiers arpèges sont sombres et ils dansent dans le néant avec un voile de mélancolie. Une légère brume parfumée de fredonnements embaume le décor avec une vision astrale. Et lorsque le synthé épouse la funèbre marche des arpèges, la musique devient plus enjouée. Des cliquetis de percussions traînent sans penser à une forme de rythme, laissant les doigts magiques d'Alluste dessinés de beaux solos harmonieux et machiner un mouvement du séquenceur qui étend ces rythmes flottants. Des rythmes circulaires où les ions vont et viennent et sautillent docilement dans l'empreinte de la mélodie. Les nappes de voix deviennent plus abondantes et créent une muraille d'ambiances qu'un mouvement plus accentué du séquenceur dompte alors qu'il reste moins de 2 minutes à "Red Clouds". La 1ière chose qui me frappe dans ce dernier opus d'Alluste est cette ambiance très près des premières œuvres de MÉ que le synthésiste Italien réussit à injecter à “Alien Worlds”. Depuis quelques albums, Piero Monachello tire son épingle du jeu en osant de plus en plus de solos de synthé. Et sur cet album, ils sont devenus aussi mélodieux que ses ritournelles de séquences minimalistes qui brodaient les dimensions de ses premiers albums. D'où ces influences que je liais avec la MÉ de Software. Maintenant, Alluste est devenu un musicien complet et cela se transpose dans ses compositions, comme dans le très beau "Endless Mystery III" et son piano nostalgique qui fond ses émotions sur un splendide ballet de séquences rotatives. Les nappes de brumes des années 70 et celles de voix séraphiques sont devenues les passeports d'un univers toujours en mouvement, mais nettement plus musical. Voire onirique. 
"Mystery Cluster" est un long titre qui évolue en 3 phases. Alluste le développe avec une délicate ligne de séquence qui oscille avec une fluidité harmonieuse. La brume mystérieuse qui précédait ce rythme fluet étend son emprise avec une densité encore plus opaque provenant de brises caverneuses alors que des arpèges émergent pour faire tinter une mélodie qui coule plus vite que le rythme mais tout en restant stationnaire. Ce premier mouvement s'essouffle dans une enveloppe d'ambiances devenue plus chthoniennes. Pourtant, un premier ver d'oreille est libéré. Un maillage de basses pulsations, qui montent et descendent, à des séquences qui hoquètent tout en sautillant dans des nappes de brumes et de voix alimentent une 2ième phase sans histoire qui s'arrête sec autour de la 10ième minute. Et c'est après une brève apparition d'une masse de radiations que "Mystery Cluster" terminera sa longue route dans des éléments de séquences et d'ambiances très Franke et Tangerine Dream. "Distant Voices" navigue entre les ambiances de ses lourdes nappes de brouillard et de voix et son rythme ambiant construit sur de petites séquences aux palpitations urgentes. Les orchestrations électroniques sont bien dessinées dans ce titre qui est plus près d'une ballade lunaire avec des séquences mélodieuses qui secouent la quiétude de celles plus rythmiques mais qui sont toujours trop frêles pour secouer les ambiances. Il y a beaucoup d'émotions au pouce carré dans ce titre qui est tout de même assez musical. Sous ces nappes éléphantesques, "Space Lagoon" libère une structure quasiment un squelettique d'un rythme fluide qui est montée sur un lit de séquences aux oscillations tissées très serrées. Des voiles de voix séraphiques embrassent cette fragile approche qui se fait engloutir après les 2 minutes par une nappe de basse gargantuesque, donnant l'élan nécessaire afin que le titre atteigne les bases d'une bonne ballade entraînante. Les ambiances de "The Dark Place" sont imagées dans un trou noir où rôde une horde de moineaux électroniques. Les pépiements sont d'ailleurs aussi enchanteurs qu'inimaginables dans un décor qui ne reflète d'ailleurs pas les ambiances du titre.  Mais peu importe! Alluste réussit à faire encore ressurgir des éléments TD des années Jive sur ce lit miroitant des séquences qui scintillent comme une rivière et ses eaux stationnaires. Trop peu trop tard, une structure de rythme naît quelques secondes avant la finale. Après le très bon "Endless Mystery III", "Alien Rain" accoste nos lobes d'oreilles avec une structure de rythme qui passe du neutre à vitesse légère dans un mouvement que les fans du synthésiste Italien reconnaîtront comme sa signature sonique. Mouvement dont la lenteur, et surtout son décor d'ambiances, en séduira plus d'un avec l'imposant "Wormhole". Oscillant lentement entre de belles nappes d'orchestrations lunaires, le rythme atteint graduellement sa vitesse de croisière sans trop en faire ni trop en mettre, amenant juste de la bonne MÉ à nos oreilles.
Sylvain Lupari 21/06/18

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