dimanche 11 mars 2018

P'FAUN: sp'roque (2018)

“sp'roque is what I call a breath of freshness with a musical vision a bit apart but well anchored in the roots of Berlin School of the 70's”

1 sp'roque - part 2 10:16
2 only one life 11:01
3 sp'roque - part 1 12:41
4 at first sight 6:54
5 sequencer improvisation (bonus track) 18:39

P'Faun Music (CD/DDL 59:33)
(Cosmic Prog Rock)
   **
Chronique en français plus bas**

During the last years, I learnt that when Michael Brückner's name was affixed on a project, it catches instantly my attention. This new band, P'Faun, doesn't make an exception. P'Faun is the new name of Betzler & Brückner, whereas initially the first name of Betzler & Brückner on stage was P'Faun. Strange story isn't it? Co-founder of the legendary German rock band P'Cock, Tommy Betzler always seems to have a spiritual link of attraction, of affection for this name. And we have to admit that phonetically P' Faun is not that far from P'Cock. “sp'roque”, for space rock, is in the continuity of the album Triplet where the German duet recorded this album with Sammy David and Fryderyk Jona. Except that this time, the musical vision is more into rock with Sammy David on guitar and bass.
Tommy Betzler's drum hits our loudspeakers solidly by not missing to make us jump with raw and incisive strikes. "sp'roque - part 2" starts things up with keen oscillations before being snatched up by curt and hatched riffs. These riffs bite as much than the percussions these oscillating lines which the background structure of this crazy progressive rock hymn. Progressive rock? Absolutely! And I would add even rather experimental. Krautrock maybe, because of the electronic effects and the some phases of ambiences, I like this layer of chthonian voices around the 6 minutes, but the rock side of "sp'roque - part 2" is resolutely anchored with this dynamic trio which delivers here a whole impressive piece of heavy cosmic rock. The music is heavy and lively. I think of a mixture between MorPheuSz, Deep Purple, E.L.P. and Van Halen with some great soloes of synth and guitar a la Frank Dorittke which make dual over an intensive bludgeoning of the percussions, exception made of the short ambient phases. Absolutely the wildest title in the sphere of EM this year, and 2018 is more than juicy at this level. I am one of those who thinks that a drummer and a guitarist multiply the charms and open new horizons to EM. They serve very well the cause in the Country Cosmic opening of "only one life". The tones of the clogs from Tommy Betzler's percussions are candy for my ears. Here, it's totally the opposite of "sp'roque - part 2" while the phases of rhythm, rather intense all the same, are also brief than those phases of atmospheres on the opening track. An ambient ballad with Arabic perfumes, "only one life" evolves between its electronic fineries, among which some good circular stroboscopic strands and nice harmonies murmured by foggy voices, and its theatrical den sewn by a guitar as much vaporous than misty as well as percussions in mode tribal.
A little slower, and just as much wild than its part 2, "sp'roque - part 1" is really in the spirit of a more experimental cosmic rock a la Ozric Tentacles. The percussions are sustained and animated while the duels between synth and guitar are going over a bed of bass which refuses the anonymity. The idea to insert a quieter title between these two parts is very judicious. After a brief introduction weaved in the art of astral nebulosity, Sammy David lays down slow and long laments on a structure which has all the looks of Pink Floyd's Wish You Were Here reinvented. A line of sequences begins skipping with more swiftness in a very electronic decor. Little by little, "at first sight" gives itself ammunitions to explode in a heavy mixture of cosmic rock and blues. Sammy David fills our ears up to the top with great solos which remain very attached to harmonious bases while the duet Betzler and Brückner hangs onto a good semi-slow, ideal structure for a dance of underfed Zombies, forged in a good complicity between the percussions and the sequencer. Michael Brückner meets Sammy David's challenges with synth solos which are a little less harmonious but charmingly daring. "sequencer improvisation (bonus track)" is a little delight to any fan of sequencer creator of motionless and always enticing rhythms.
Offered both in downloadable format and in manufacture pressed CD mixed by Michael Brückner and masterised by none other than Hans-Dieter Schmidt, “sp'roque” is what I call a breath of freshness which circulates rather well between the beautiful discoveries that I heard and reviewed recently (Beyond Berlin, Banks&Smith, Mutagenese and Galactic Underground). This is rock cosmic at its best with an experimental touch which remains profoundly anchored in the roots of Berlin School, of the 70's with an Ashra in full expanding artistic. A must!

Sylvain Lupari (March 10th, 2018) *****
You will find this album on P'Faun Bandcamp page
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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Au cours des dernières années, j'ai appris que lorsque le nom de Michael Brückner est apposé sur un projet, cela mérite notre attention. Cet autre groupe, P'Faun, ne fait pas exception. Pour la petite histoire, P'Faun est le nouveau nom de Betzler & Brückner, alors qu'initialement le premier nom de scène de Betzler & Brückner était P'Faun. Drôle d'histoire n'est-ce pas? Co-fondateur du légendaire groupe de rock Allemand P'Cock, Tommy Betzler semble avoir toujours eu un genre d'attrait, d'affection spirituel pour ce nom. Et il faut avouer que phonétiquement, P'Faun n'est pas si loin de P'Cock. “sp'roque”, pour Space Rock, est dans la continuité de l'album Triplet où le duo Allemand recrutait les services de Sammy David à la guitare et Fryderyk Jona aux synthés. Sauf que cette fois-ci la vision musicale est plus dans le rock avec Sammy David aux guitares et à la basse.
La batterie de Tommy Betzler percute nos haut-parleurs en ne manquant pas de nous faire sursauter avec des frappes brutes et incisives. "sp'roque - part 2" démarre avec de vives oscillations avant d'être happé par des riffs secs et hachurés. Ces riffs mordent autant que les percussions ces lignes oscillantes qui meublent la structure de fond de cet hymne de rock progressif déjanté. Rock progressif? Absolument! Et j'ajouterais même assez expérimental. Du Krautrock peut-être, à cause des effets électroniques et des quelques phases d'ambiances, j'aime bien cette nappe de voix chtoniennes autour des 6 minutes, mais le côté rock de "sp'roque - part 2" est résolument ancré avec ce trio dynamique qui livre ici tout un impressionnant morceau de heavy rock cosmique. La musique est lourde et vive. Je pense à un mélange entre MorPheuSz, Deep Purple, E.L.P. et Van Halen avec de très bons solos de synthé et de guitare à la Frank Dorittke qui se font duel sur un intensif matraquage des percussions, sauf pour quelques phases, très courtes, plus ambiantes. Absolument le titre le plus sauvage dans la sphère de la MÉ cette année, et 2018 est plus que juteuse à ce niveau. Je suis l'un de ceux qui pense qu'un batteur et un guitariste multiplie les charmes et ouvrent de nouveaux horizons à la MÉ. Ils servent très bien la cause dans l'ouverture d'un genre country cosmique de "only one life". Les tonalités de sabots des percussions de Tommy Betzler sont du bonbon pour mes oreilles. Ici, c'est tout à fait le contraire de "sp'roque - part 2" alors que les phases de rythme, assez intenses tout de même, sont aussi brèves et rarissimes que les phases d'ambiances. Une ballade ambiante avec des parfums Arabes, "only one life" évolue entre ses parures électroniques, dont de beaux filaments stroboscopiques circulaires et de belles harmonies murmurés par des voix brumeuses, et son repaire théâtral cousu par une guitare aussi vaporeuse et nébuleuse ainsi que des percussions en mode tribales.
Un peu plus lent, et tout autant féroce que sa partie 2, "sp'roque - part 1" est véritablement dans l'esprit de rock cosmique plus expérimentale à la Ozric Tentacles. Les percussions sont soutenues et enlevantes alors que les duels entre synthé et guitare se font sur un lit de basse qui refuse l'anonymat. L'idée d'insérer un titre plus tranquille entre ces deux parties est très judicieuse. Après une brève introduction tissée dans l'art de la nébulosité astrale, Sammy David étend de lentes et longues complaintes sur une structure ayant les apparences d'un Wish You Were Here, de Pink Floyd, réinventé. Une ligne de séquences se met à sautiller avec plus de vélocité dans un décor très électronique. Peu à peu, "at first sight" se donne des munitions pour exploser dans un lourd mélange de rock et de blues cosmique. Sammy David nous en met plein les oreilles avec de bons solos qui restent très attachés à des bases harmoniques alors que le duo Betzler & Brückner accroche une bonne structure semi-lente, idéale pour une danse de Zombies sous-alimentés, forgée dans une belle complicité entre les percussions et le séquenceur. Michael Brückner relève les défis de Sammy David avec des solos de synthé qui sont un peu moins harmonieux mais délicieusement osés. "sequencer improvisation (bonus track)" est un petit délice pour tout amateur de séquences tisseuses de rythme stationnaire et toujours magnétisant.
Offert tant en format téléchargeable qu'en CD mixé par Michael Brückner et masterisé par nul autre que Hans-Dieter Schmidtsp'roque” est ce que j'appelle un vent de fraîcheur qui circule assez bien entre les belles découvertes que j'ai entendu et chroniqué récemment (Beyond Berlin, Banks&Smith, Mutagenese et Galactic Underground). C'est du rock cosmique à son meilleur avec une touche expérimentale qui reste profondément ancrée dans les racines de la Berlin School, de la MÉ des années 70 avec un Ashra en pleine croissance artistique. Un incontournable!

Sylvain Lupari 10/03/2018

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