mardi 4 juin 2019

CHRIS RUSSELL: Presence (2019)

“This is for fans of Dark Ambient music where territories of fear and serenity are the purpose for strange musical phenomena's”
1 Amber Clouds 6:38
2 Dark Matter 6:24
3 Charon Base 6:04
4 Presence 16:24
5 Aphelion 8:06
6 Teide 1 8:38

7 Planemo Unfolding 16:04
Exosphere | exo08 (DDL 68:18)
(Dark Ambient)
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  **Chronique en français plus bas**
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After a last album on Spotted Peccary, Chris Russell carries his dark tales of spectral and astral mechanics in an opus rather difficult to tame, but in a sound fauna that can give shivers when a fragile balanced imagination defies it in the darkness. PRESENCE proposes a series of 7 titles of an unfathomable depth where the machines, like space monsters, dominate their habitat, like the first dinosaurs.
"Amber Clouds" begins this new chapter of Chris Russell with waves which drop cavernous breezes over an amusement park where one hears the rails of rollercoasters getting collide with crash. The moods are creepy, which doesn't prevent a seductive melody shear them with a ritornello that clings onto the ears. This melody rises above an industrial din and some hoarse, even threatening, breaths which gradually take back their rights submitted by the sculptor of American taciturn ambiences. The Dark Ambient is thick to cut at knife here, as in "Dark Matter" which hatches by sounds of a beehive buzzing of intensity. The sound masses agglutinate whereas staccato effects are roaming sneakily and are shaking the unfolding of the slices of ambiences. Obscure with a zest of sinister in its perfumes, "Dark Matter" is at the image of what we have about this matter with sounds that blow the enchantment like the fright, in particular in a 2nd part where the rails of "Amber Clouds "are even more lively and rowdy. The intro of "Charon Base" makes me think of the barking of Black Sabbath in E5150, the Mob Rules album. Instead of a loud Heavy Metal that shakes our ears, we instead have loads of heavy winds that crumble prismed particles while that sibylline breezes emit slightly intriguing songs. The finale plunges us into a black hole filled with hums that belong to the eye of an interstellar tornado.
The long title-piece is driven by roaring and hollow winds whose symbiosis results in a strange symphony of azure winds. Blowing in a bottle and waves that spread the wings of silence appear on the other side of "Presence" which introduces us into a long moment of serenity slightly jostled by the darker winds of its finale. For meditation or for a prelude to sleep! "Aphelion" returns with this feeling of tension felt around the gloomiest moods of PRESENCE. Garish layers tear out a panorama soaked of iconoclastic tones. The introductory elements of "Charon Base" return with more appetite for the paranormal and more voracity for the tympanums with dialogues between spectra, or these inhabitants of the Dark Matter, recluse in an industrial boiler about to explode. It's a mess in the bottom of this boiler that seems to connect to an Alien-controlled ship. The finale is more relaxing, but again the remains of the first 5 minutes are still menacing. "Teide 1" is the most melodious of the titles in PRESENCE with a piano that lays its pensive notes in an end-of-the-world setting. The metal is writhing, the sinister is crying, and the souls silenced while reaching for the door to another universe. In short, it's like a meeting between Nosferatu and Max Richter. "Planemo Unfolding" finishes Chris Russell's first album on Synphaera with a Bermuda Triangle winds storm that turns into metallurgical breezes, with a slight threatening passage, before returning to its original form. Borborygmus of insects and dull pulsations give a second wind to ambiences which sail on the transitory intensities of a music which can challenge this desire to listen it alone on the porch of darkness. And it's a bit much the story of PRESENCE.
Sylvain Lupari (June 4th, 2019) ***½**
Available at Exosphere's Bandcamp
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                              CHRONIQUE en FRANÇAIS                           
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Après un dernier album sur Spotted Peccary, Chris Russell transporte ses sombres contes de mécaniques spectrales et astrales dans un opus plutôt difficile à apprivoiser, mais d'une faune sonore qui peut donner des frissons lorsqu'une imagination fragile la défie dans les pénombres. PRESENCE propose une série de 7 titres d'une profondeur insondable où les machines, comme les monstres de l'espace, dominent leur habitat, comme les premiers dinosaures.
"Amber Clouds" débute ce nouveau chapitre de Chris Russell avec des ondes qui échappent des brises caverneuses au-dessus d'un parc d'amusements où l'on entend les rails des manèges s'entrechoquer avec fracas. Les ambiances sont glauques, ce qui n'empêche pas une séduisante mélodie les cisailler avec une ritournelle qui s'agrippe aux oreilles. Elle se lève au-dessus d'un tintamarre industriel et des souffles rauques, voire menaçants, qui reprennent peu à peu les droits soumis par le sculpteur d'ambiances taciturnes américain. Le Dark Ambient est à découper au couteau ici, comme dans "Dark Matter" qui éclot par des bruits d'une ruche bourdonnante d'intensité. Des masses sonores s'agglutinent alors que des effets de staccato rôdent sournoisement et secouent la propagation des vagues d'ambiances. Obscur avec un zest de sinistre dans ses parfums, "Dark Matter" est à l'image de ce que nous avons de cette matière avec des sons qui soufflent l'enchantement comme la frayeur, notamment dans une 2ième partie où les rails de "Amber Clouds" sont encore plus vivants et tapageurs. L'intro de "Charon Base" me fait penser aux aboiements de Black Sabbath dans E5150, Mob Rules. Au lieu d'un gros Heavy Métal qui secoue nos oreilles, nous avons plutôt des charges de vents lourds qui émiettent des particules prismiques alors que les brises sibyllines émettent des chants légèrement intrigants. La finale nous plonge dans un trou noir remplie de fredonnements qui appartiennent à l'œil d'une tornade interstellaire.
La longue pièce-titre est poussée par des mugissements et des vents creux dont la symbiose résulte en une étrange symphonie de vents azurés. Des soufflements dans une bouteille et des ondes qui étendent les ailes du silence apparaissent à l'autre versant de "Presence" qui nous introduit dans un long moment de sérénité légèrement bousculé par les vents plus sombres de sa finale. Pour méditation ou pour un prélude au sommeil! "Aphelion" revient avec cette sensation de tension que nous avons ressenti dans les moments les plus sombres de PRESENCE. Des strates criardes déchirent un panorama imbibé de tonalités iconoclastes. Les éléments introductifs de "Charon Base" reviennent avec plus d'appétit pour le paranormal et plus de voracité pour les tympans avec des dialogues entre spectres, ou ces habitants d'une matière noire, reclus dans une chaudière industrielle sur le point d'exploser. C'est la pagaille dans le fond de cette chaudière qui semble connecter à un vaisseau piloté par un Alien. La finale est plus reposante, mais encore là les vestiges des 5 premières minutes sont encore menaçantes. "Teide 1" est le plus mélodieux des titres dans PRESENCE avec un piano qui couche ses notes pensives dans un décor de fin du monde. Le métal se tord, le sinistre pleure et des âmes réduites au silence tendent les bras vers la porte d'un autre univers. Bref, c'est comme une rencontre entre Nosferatu et Max Richter. "Planemo Unfolding" termine ce premier album de Chris Russell sur Synphaera avec une tempête de vents du triangle des Bermudes qui se métamorphose en brises métallurgiques, avec un léger passage menaçant, avant de revenir dans sa forme originale. Des borborygmes d'insectes et des pulsations sourdes donnent un second souffle à des ambiances qui voguent sur les intensités passagères d'une musique qui peut challenger cette envie de l'écouter seul sur le portique des ténèbres. Et c'est un peu beaucoup l'histoire de PRESENCE.

Sylvain Lupari (04/06/19)

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