mardi 27 novembre 2018

STEVE ROACH: Mercurius (2018)

“Even after all those years to be the ultimate expert in the field of EM, Steve Roach manages to seduce after a new sonic chapter like on this Mercurius whose music flirts with a darker mood”

1 Liminal 7:27
(At the Threshold of the In-Between)
2 Immanent 27:58
(Innate, Intrinsic, Inborn)
3 Aeon 24:09
(Forever... And a Day)
4 Mercurius 14:23
(Alchemical Creation from the Realm of Opposites)

Projekt ‎| PROJEKT 354 (CD/DDL 73:57)
(Dark Ambient)
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   **Chronique en français plus bas**
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"Liminal" opens the portal of the sepulchral ambiences of “Mercurius” with dark shadows that drift slowly, like a concerto for souls frozen in stalagmites of the caves. The movement is slow, arrhythmic and buzzing. These sound particles, like the effects of rain on the burning rocks in the deserts, disintegrate in layers of dust and try to turn to an organic life. Steve Roach hasn't composed ambient music in 2018! After monumental albums inspired by the Berlin School style, our friend Steve returns to his sonic home with a work entirely covered by these long and slow veils of serenity. The music is a little dark, I would even say rather melancholic, with a tone where the two sound extremes compete in a fight whose only winner is the listener. And no, Steve Roach, despite his impressive discography, doesn't copy and paste some earlier works here. The nuances are imposing in this “Mercurius” which combines musicality and ambience on a long plateau of enveloping movements.
Slow and mysteriously mesmerizing, "Immanent" fills our senses with these choristers trapped in the caves of Steve Roach's desert. Their breezes reach levels of incantations, sometimes dark and austere, while unfolding these musical wings that intermingle in an ocean of tonal caresses. The buzzing gets refined by the smooth appearance of the sinuous corridors of the caves, bringing a more musical, even oneiric, side to the drifting chants of these natural walls. The slowness of the movement soon brings us to the doors of reflection with this ocean of sonic waves whose oblong impulses animate "Immanent" rhythmic reflux as much graceful as these flights of eagles scanning the basement of a crust emaciated by the burning sun and by the bipolar winds of the deserts. Built on 27 minutes, the music is ideal for relaxation and meditation such as suggested by the Zen masters. Me, the Zen vision isn't really my cup of tea. I like the ambient music of Steve Roach because it allows me to disconnect, to read or to guide me to the realm of Morpheus. And these 27 minutes passes like a good communion with serenity. Following this precept of long sound waves as floating as those waves gently caressing in an oceanic tumult, "Aeon" proposes on the other hand a more sibylline approach with spectral wave currents which float with sand in their incantations. Modeled following the Immersion series, the music floats with a renewed dynamism in its tunes, giving it a spectacular vision of tragedy that is as mysterious as abstruse. The title-track plays with the present nuances of “Mercurius” sonic panoramas. Its first part gets into us with its smoother, more lyrical movement. Subsequently, muffled implosions lead us to the more intense portion of Steve Roach's latest ambient opus. These silent impulses accelerate the momentary races without rhythms of "Mercurius" which always surround us with these dark and enveloping wings that bring us, at least for me, towards these doors where the peace re-energizes my silent and oh so necessary moments.
Sylvain Lupari (November 27th, 2018) ***¾ **

synth&sequences.com
Available at Projekt's Bandcamp
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                                 CHRONIQUE en FRANÇAIS
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"Liminal" ouvre le portail des ambiances sépulcrales de “Mercurius” avec des ombres sombres qui dérivent lentement, comme un concerto pour âmes figées dans stalagmites des grottes. Le mouvement est lent, arythmique et rempli de bourdonnements dont les particules sonores, un peu comme l'effet de pluie sur les roches brulantes des déserts, se désagrègent comme des nappes de poussières qui s’accrochent à une vie organique. Steve Roach n'avait pas encore composé de musique ambiante en 2018! Après de monumentaux albums inspirés du Berlin School, notre ami retourne à son bercail sonique avec une œuvre entièrement recouverte de ses longs et lents voiles de sérénité. La musique est un peu sombre, je dirais même assez mélancolique, avec une tonalité où les deux extrêmes sonores s'affrontent dans un combat où le seul gagnant est l'auditeur. Et non, Steve Roach, malgré son impressionnante discographie, ne fait pas de copier-coller de certaines œuvres antérieures. Les nuances sont imposantes dans ce “Mercurius” qui allie musicalité et ambiance sur un long plateau de mouvements enveloppants.
Lent et mystérieusement envoûtant, "Immanent" remplit nos sens avec ces chorales prisonnières des grottes des déserts de Steve Roach. Leurs brises atteignent des niveaux d'incantations, parfois sombres et austères, tout en déployant ces ailes musicales qui s'entremêlent dans un océan de caresses tonales. Les bourdonnements deviennent raffinés par l'aspect lisse des couloirs sinueux des grottes, amenant un côté plus musical, voire onirique, aux chants dérivants de ces murettes naturelles. La lenteur du mouvement a tôt fait de nous amener aux portes des réflexions avec cet océan d'ondes soniques dont les oblongues impulsions animent "Immanent" de reflux rythmiques aussi gracieux que ces vols d'aigles scrutant les sous-sols d'une croute terrestre émaciée par le soleil brulant et les vents bipolaires des déserts. Montée sur 27 minutes, la musique est pour la relaxation et le recueillement suggérés par les maîtres Zen. Moi le zenisme n'est pas ma tasse de thé. J'aime la musique ambiante de Steve Roach parce qu'elle me permet de me déconnecter, de lire ou de me guider dans le domaine de Morphée. Et ces 27 minutes passent comme une belle communion avec la sérénité. Suivant ce précepte de longues ondes sonores aussi flottantes que ces vagues qui se caressent doucement dans un tumulte océanique, "Aeon" propose en revanche une approche plus sibylline avec des courants d'ondes spectrales qui flottent avec du sable dans leurs incantations. Calquée sur le modèle de la série Immersion, la musique flotte avec un dynamisme refoulé dans ses airs, lui donnant ainsi une spectaculaire vision de tragédie aussi mystérieuse qu'absconse. La pièce-titre joue avec les présentes nuances des panoramas soniques de “Mercurius”. Sa 1ière partie nous pénètre avec son mouvement plus lisse, plus lyrique. Par la suite, de sourdes implosions nous amène dans la portion plus intense de cette dernière œuvre d'ambiances de Steve Roach. Ces impulsions muettes accélèrent les courses momentanées et sans rythmes de "Mercurius" qui nous enserrent toujours de ces ailes sombres et enveloppantes qui nous amènent, à tout le moins pour moi, vers ces portes où la quiétude réénergise mes silencieux et oh combien nécessaires momentums.

Sylvain Lupari 27/11/18

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