mercredi 17 octobre 2018

E-TIEFENGRUND: Fusion Machines (2018)

“This is another wonder of minimalist and hypnotic beats carved in the wonderful art of sequencing”
1 Wendelstein 27:32
2 Tokamak 25:23
3 Sonolumineszenz 24:15

SynGate CD-R TI05 (CD-r/DDL 77:10)
(Retro Berlin & Düsseldorf Schools)
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   **Chronique en français plus bas**
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A reverberant canvas emits its rays of distortions to develop quietly the long minimalist structure of "Wendelstein". Suspended synth tears and thunderous sound effects feed an ambiospherical opening that picks up everything that prowls in its black hole, including tiny bells in sequencing mode, to weave a mosaic of sounds from deep into the cosmos. Tears become nice laments while the scenery is still densely deafening. A line of bass pulsations is born from this always tamed tumult, sculpting an ascending cadence that makes us forget this good permutation of bells for tones from a plump and nervous woodpecker. One clearly hears noises in a computer language as the duo Silvia and Michael Kempe take us to a rhythmic mishmash filled with percussive and sound elements, including fire shots which carve a rhythm line in the background. At this point, around the 11 minutes, the sequencer re-evaluates its rhythmic strategy by accelerating the pace of the woodpecker that drives the synth in its jazzman's coat and the reverberant undulations in its disillusioned singer's clothes. This tasty chaos lingers until about the 16th minute, moment when "Wendelstein" deploys its semi-slow form without altering anything of its sonic disorder.
These first 27 minutes, difficult to tame if I want to be honest, lead us, hypnotized by this sonic amplitude, into the fascinating universe where everything seems the same, but nothing is really is from E-Tiefengrund. From “Fusion Machines”! The model remains the same. Long structures sitting on minimalist rhythms built on analog sequencers which play with speeds and infinite rhythmic possibilities. From the same gesture formula, "Tokamak" is the most seductive and easy to tame title of E-Tiefengrund's 5th album, all on SynGate. The sound mass and its reverberant effects remain the core of its genesis, except that the sequences and the percussive elements, totally seductive by the way, sculpt a very Düsseldorf School approach which is hypnotically lively. The last part, which happens around the 15 minutes, is feed of a sound fauna as variegated as totally crazy. A sound fauna filled with graffiti and braids from synths as much dynamic as the sequencers and which adorn too the more languid rhythm of "Sonolumineszenz".
Well settled in its comfort zone, E-Tiefengrund managed to charm as much as Kraftwerk ... But in anonymity! And it's a shame because the German duo has this art of concocting a seductive and magnetizing minimalist music with just what is enough to amaze our ears every five minutes. The sound textures in this “Fusion Machines” are ultra rich and become as important than its rich textures of rhythms built in the wonderlands of the sequencing art intertwined in crossroads where the disorders are also sources of cohesions. This duo is always so good since Voltage Sessions back in 2013!
Sylvain Lupari (October 17th, 2018) ***¾**

synth&sequences.com
Available at SynGate Web Shop
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                                               CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Une toile réverbérante émet ses rayons de distorsions afin de développer bien tranquillement la longue structure minimaliste de "Wendelstein". Des larmes de synthé en suspension et des effets sonores tonitruants alimentent une ouverture ambiosphérique qui ramasse tout ce qui traîne dans son trou noir, y compris de fines clochettes en mode séquences, afin de tisser une mosaïque sonore venant de loin dans le cosmos. Les larmes deviennent de belles complaintes alors que le décor reste toujours aussi densément assourdissant. Une ligne de basses pulsations naît de ce tumulte toujours apprivoisé, sculptant une cadence ascendante qui nous fait oublier cette superbe permutation des clochettes pour des tonalités de pic-bois dodus et nerveux. On entend clairement des bruits gazouiller un langage informatique alors que le duo Silvia et Michael Kempe nous amène vers un micmac rythmique rempli d'éléments sonores et percussifs, notamment des coups de feu qui sculptent une ligne de rythme en arrière-plan. C'est à ce moment, autour des 11 minutes, que le séquenceur réévalue sa stratégie rythmique en accélérant la cadence des piciformes qui entraîne le synthé dans son manteau de jazzman et les ondulations réverbérantes dans leurs habits de chanteur désillusionné. Ce savoureux chaos traîne jusque vers la 16ième minute, moment où "Wendelstein" déploie sa forme semi-lente sans rien altérer à son désordre sonique.
Ces 27 premières minutes, difficiles à apprivoiser si je veux être honnête, nous entraînent bien hypnotisé par cette amplitude sonore dans le fascinant univers où tout semble pareil mais rien ne l'est de E-Tiefengrund. De “Fusion Machines”! Le modèle reste le même. De longues structures bien assises sur des rythmes minimalistes construit sur des séquenceurs analogues qui jouent avec les vitesses et les infinis possibilités rythmiques. Issu de la même formule gestative, "Tokamak" reste le titre le plus séduisant et le plus facile à apprivoiser du 5ième album d'E-Tiefengrund, tous sur SynGate. La masse sonore et ses effets réverbérants restent le cœur de sa genèse, sauf que les séquences et les éléments percussifs, totalement séduisants par ailleurs, sculptent une approche très Düsseldorf School qui est hypnotiquement entraînante. La dernière partie, qui arrive autour des 15 minutes, est nourrie d'une faune sonore aussi bigarrée que disjonctée. Une faune sonore remplie de graffitis et de torsades de synthés aussi dynamiques que les séquenceurs et qui ornent le rythme plus alangui de "Sonolumineszenz".
Bien installé dans sa zone de confort, E-Tiefengrund réussi à charmer autant que Kraftwerk… Mais dans l'anonymat! Et c'est dommage puisque le duo Allemand a cet art de concocter une musique minimaliste séduisante et magnétisante avec juste ce qu'il faut pour émerveiller nos oreilles à toutes les cinq minutes. Les textures sonores dans ce “Fusion Machines” sont ultra riches et deviennent aussi importantes que ses riches textures de rythmes construites dans le merveilleux art du sequencing et entrecroisés dans un carrefour où les désordres sont aussi sources de cohésions. Toujours aussi bon depuis Voltage Sessions en 2013!

Sylvain Lupari 17/10/18

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