lundi 20 août 2018

BYSENSES: InSense (2014)

“This first opus from InSense may needs a little bit of time but in the end, it will flow nicely between your ears”

1 Can you Tell Me Why 7:34
2 Just Missed the Nightboat 8:51
3 Georgina Ciotti 7:52
4 Synthetic Clouds 18:26
5 The Brain Labyrinth 4:06
BySenseS Music (CD/DDL 46:49)
(Berlin School with Belgian elements)
====================================
  **Chronique en français plus bas**
====================================
Didier Dewachtere is a very talented artist. A creative artist who knows how to set the music the pictures he has in mind. Realized in 2014, “InSense” is a little gem which went under the radars. For this first album, BySenses evolves on the wings of the Berlin School while infusing this little ambient psychedelic side which has become the mark of a Belgian School which now preaches its own identity.
Between 2 too short phases of rhythms and long acts of misty ambiences, "Can you Tell Me Why" begins our journey in “InSense” with arpeggios tinkling in electronic mists. Nervous, they follow the echo of their jingles in a pattern too random to be minimalist, preferring to cling onto a line of bass sequences which offers a short approach of Berlin School. And as in the beginning, the chords tingle again without shadows of rhythms. One can imagine a sonic dialect for a deaf ear whereas the synth mist veil gets intensifying and whose emphasis in the effects throws an intense layer of Mellotron. The point of intensity reached, "Can you Tell Me Why" flees with a brief burst of oscillations from the sequencer and thereafter in a long uneasy silence. It's with a line of muffled bass sequences flowing with a soft fluidity that "Just Missed the Nightboat" scatters its chords of keyboard in a dichotomy which fades in an astonishing harmonious symbiosis. More curt and more felted beats are pecking at a rhythm structure which relies more on the subdivision of chords than on a line of rhythm which is smothered in fascination. "Georgina Ciotti" is an essential title in the colorful universe of “InSense” since it automatically captures our attention from the first listen. Its pace is like the approach of a drunken guy who staggers and seeks support to move forward. And its universe is made of sequences and percussive elements whose mesh is quite Berlin School and the harmonic portion is assumed by a keyboard which sings literally. Layers of ether and of astral voices cover this rhythm which reminds a little bit Révolutions from Jean-Michel Jarre. A very good track that leads us to the strange and more complex "Synthetic Clouds".
This long sound journey is an odyssey of synthetic clouds, for the little that our imagination accepts the description of the title. Its first 4 minutes consist of an avalanche of layers and breezes from a synth full of metal granules. This big sonic sediment comes between our ears with a crescendo effect which reaches its culminating point with wide organ pads. Percussive and spasmodic elements come and go, amplifying a violent tonal eruption which comes through a series of these organ layers. A swarm of pulsations gets in and only one will survive this broth of white noises and of quiet crackles which irradiate only a few tones. Its continual leap structures a simple stoic beat with a seductive minimalist gradation in its tone. The last sizzling key, "Synthetic Clouds" continues its procession in these screeching ambiences sometimes loaded of noises where ambient elements and metal tones merge into a frightful chant of synthesized clouds. "The Brain Labyrinth" concludes this first BySenses album with a more serene texture and always a little convoluted. Its first part is woven into a structure of atmospheres with celestial voices which are surrounded by rumbling effects and by organic pulsations, as well as huge synth layers still mournful. Hushed explosions and various sources of beatings, of clatters and of stray noises end up forging a fascinating up-tempo texture which guides the voices and the moods onto a journey towards infinity.
Audacious and difficult to tame, this first opus of BySenses is a journey in the imagination of an artist who developed this curious taste for the unexpected, for sound textures that we try to assemble such as puzzles of sounds and tones. As is often the case, creativity and daring don't necessarily rhyme with harmonies, even more with a commercial approach. So, the envelope and the sound aesthetics of “InSense” require a greater passion for sounds and for the unexpected in the listener. And these criteria are essential if we want to be coaxed by this first album of Didier Dewachtere whereas the sound is still the key to sonic chapters here with tones which express themselves better by listening to them than by describing them. There are magical moments that we instinctively love in “InSense” and others that will sharpen this instinct as we discover it.
Sylvain Lupari (August 19th, 2018) *****
synth&sequences.com
Available on BySenses' Bandcamp site

===============================================================================
                                         CHRONIQUE en FRANÇAIS
===============================================================================

Didier Dewachtere est un très bel artiste, un artiste créatif, qui sait mettre en musique les mots qu'il veut imager. Réalisé en 2014, “InSense” est un petit bijou qui est passé sous les radars. Pour ce premier album, BySenses évolue sur les ailes de la Berlin School tout en insufflant ce petit côté psychédélique ambiant qui est devenu par la suite la marque d'une École Belge qui prône maintenant sa propre identité.
Entre 2 trop courtes phases de rythmes et de long actes d'ambiances brumeuses, "Can you Tell Me Why" débute notre voyage dans “InSense” avec des arpèges tintant dans des brumes électroniques. Nerveux, ils suivent l'écho de leurs tintements dans un schéma trop aléatoire pour être minimaliste, préférant s'accrocher à une ligne de basse séquences qui propose une courte approche de Berlin School. Et comme au début, les accords tintent à nouveau sans ombres de rythmes. On imagine alors un dialecte sonique dans une sourde oreille alors que s'intensifie le tapis de brume synthétisée dont l'accentuation dans les effets jette une intense nappe de Mellotron. Le point d'intensité atteint, "Can you Tell Me Why" s'enfuit avec un bref élan d'oscillations du séquenceur et par la suite dans un long silence malaisant. C'est avec une ligne de basses séquences étouffées qui coule avec une douce fluidité que "Just Missed the Nightboat" éparpille ses accords de clavier dans une dichotomie qui s'efface dans une étonnante symbiose harmonieuse. Des battements plus secs, plus sentis picorent une structure de rythme qui s'appuie plus sur la subdivisons des accords que sur une ligne de rythme étouffé dans la fascination. "Georgina Ciotti" est un titre essentiel dans l'univers très coloré de “InSense” puisqu'il capte automatiquement notre attention dès la première écoute. Son rythme est comme la démarche d'un type saoul qui titube et qui cherche un appui pour avancer. Son univers est fait de séquences et d'éléments percussifs dont le maillage fait assez Berlin School et la portion harmonique est assumée par un clavier qui chante littéralement. Des nappes d'éther et de voix astrales recouvrent ce rythme qui rappelle un peu Revolutions de Jean-Michel Jarre. Un très bon titre qui nous amène vers l'étrange et plus complexe "Synthetic Clouds".
Ce long périple sonore est une odyssée de nuages synthétiques, pour le peu que notre imagination accepte la description du titre. Ses 4 premières minutes sont constituées d'une avalanche de couches et de brises de synthé pleines de granules métalliques. Ce gros sédiment sonique s'amène entre nos oreilles avec un effet de crescendo qui atteint son point culminant avec de larges nappes d'orgue. Des éléments percussifs et spasmodiques vont et viennent, amplifiant une violente éruption tonale qui arrive par une série de ces nappes d'orgue. Un essaim de pulsations s'implante et une seule survivra de ce bouillon de bruits blancs et de tranquilles grésillements qui irradient seulement quelques tonalités. Son saut continuel structure un simple battement stoïque avec une séduisante gradation minimaliste dans son ton. Le dernier ion grésillant, "Synthetic Clouds" continue sa procession dans ces ambiances de crissements parfois tintamarresque où les ambiances et les métaux fusionnent dans un effroyable chant de nuages synthétisés. "The Brain Labyrinth" conclut ce premier album de BySenses avec une texture plus sereine et toujours un peu alambiquée. Sa première partie est tissée dans une structure d'ambiances avec des voix célestes qui sont ceinturées par des effets de grondements et de pulsations organiques, de même que de larges nappes de synthé toujours aussi lugubres. Des explosions feutrées ainsi que diverses sources de battements, de cliquetis et de bruits errants finissent par forger une fascinante texture d'up-tempo qui guide les voix et les ambiances dans un voyage vers l'infini.  
Audacieux et difficile à apprivoiser, ce premier opus de BySenses est un voyage dans l'imagination d'un artiste qui a développé ce curieux goût pour l'inattendu, pour des textures sonores que l'on tente d'assembler tel des casse-têtes de sons. Comme c'est souvent le cas, la créativité et l'audace ne riment pas nécessairement avec harmonies, encore moins avec une approche commerciale. Donc, l'enveloppe et l'esthétisme sonore de “InSense” demandent une plus grande passion pour les sons et pour l'inattendu chez l'auditeur. Et ces critères sont essentiels si on veut bien amadouer ce premier opus de Didier Dewachtere alors que le son reste toujours la clé des chapitres soniques ici avec des tonalités qui s'expriment mieux en les écoutant qu'en les décrivant. Il y a des moments magiques que l'on aime d'instinct dans “InSense” et d'autres qui aiguiseront cet instinct au fil de sa découverte. 
Sylvain Lupari 19/08/18

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Remarque : Seuls les membres de ce blogue sont autorisés à publier des commentaires.