mardi 3 juillet 2018

TABOTAGO: Kymatica (2018)

“Here is a great find that brings us back to this beautiful era where the cosmic and floating electronic rock propelled the Berlin School style”
1 Blue Tang 6:53
2 Conductivity 11:32
3 Antares 10:16
4 Satyr 10:22
5 Kymatica 8:49
6 Vespertine 4:19

Iapetus Music (DDL 52:12)
(Krautrock & Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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Here is a great find. Ordinarily, the name of Bernhard Wöstheinrich is synonymous with an EM which flirts with jazz and with experimental music, not to say abstract, especially when he teamed up with his faithful accomplice Markus Reuter in the Centrozoon project. But one also forget that he made very good albums of a floating and drifting Berlin School style, like with the very good Live in Düsseldorf in 2006. This time, Bernhard teamed up with Andreas Von Garnier and guitarist Leander Reininghaus to form the trio TaboTago. The fruits of their work result in “Kymatica”. A first delicious and promising opus that brings us back to this beautiful era where the cosmic and floating electronic rock propelled the Berlin School style.
Electronic noises which stretch like the reverberations of a long corkscrew struggling to pull the cork open the first seconds of "Blue Tang". A series of hesitant pulsations beat these moods at the same time as anesthetic synth pads get melt into the stereo effect of reverberations. By stretching their analgesic scents which erode the fragility of certain lines intertwined in this oscillating pond, the dominant tablecloths are very Klaus Schulze. These tablecloths and their tonal differences will feed the different sonic panoramas of “Kymatica”. The pulsations that were lost in this mass return in a more accentuated pattern shortly before the 2nd minute, giving a very Berliner momentum to the rhythm of "Blue Tang". This continuous and minimalist flow is the perfect scenario for a flock of iconoclastic effects and noises to fly and float between the currents of these anesthetic layers. The rhythm is soft, hovering and linear. "Conductivity" is a very good track which plunges us into a Berlin School of the analog years. A title which makes this connection between the sound experiments of the Dream from the Electronic Meditation years to the sequenced models of the Virgin years. But before, you have to stuff your ears more than 6 minutes of an introduction that will certainly please fans of the Zeit period. The sound texture, especially these floating pads full of ether, is rich of its variegated tones that make our ears always look fashionable; but what is this? The 2nd phase is pure Tangerine Dream of the Franke-Froese-Baumann years with a sequencer which knits an evolving rhythm and its artistic zigzags which support this rich sound textures that bring Conrad Schnitzler's ingenuity to the fore. Delicious! "Antares" is an ambient track that makes us hovering in a still hallucinogenic setting which progresses with great intensity, provided by the lamentations knitted of distortions coming from the guitar of Leander Reininghaus. It's very Pink Floyd at times, especially in the 2nd part with floating solos which tickle our arms' hairs. After an intro in rhythm as fluid as the Berlin School structure of "Conductivity", "Satyr" plunges into a purely experimental phase, a cosmic-ambient-sonic genre. I think a little to Tomita, Snowflakes are Dancing, here. The title-track is the one which clings the fastest to our ears with a very TD's Berlin School style, the sequencers of Bernhard Wöstheinrich and Andreas Von Garnier are a pleasure for the ears, embellished with an Ashra vision, for the loops of guitar's riffs, where we even hear the melody of Phaedra floating in the scenery. If "Kymatica" is easy to approach, "Vespertine" is not left behind with another fluid and continuous sequenced structure. Anesthetic pads, so many synths and guitars, and fragments of melodies scattered in the cosmos adorn a soundscape less abrasive to the ear but still rich of its intentions. Beautiful music which crowns the 52 minutes of “Kymatica”. An excellent surprise of a trio who, I hope, could hold us surprises as the orientations of the 6 titles presented suggest horizons still ten times more attractive. TaboTago! Remember this name!
Sylvain Lupari (July 2nd, 2018) ****½*
synth&sequences.com
Available on Iapetus Bandcamp
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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Voilà une excellente trouvaille. Ordinairement, le nom de Bernhard Wöstheinrich est synonyme de MÉ qui flirte avec le Jazz et la musique expérimentale pour ne pas dire abstraite, surtout lorsqu'il fait équipe avec son fidèle complice Markus Reuter dans le projet Centrozoon. Mais on oublie aussi qu'il a fait de très bons albums du style Berlin School planant, comme avec le très bon Live in Düsseldorf en 2006. Cette fois-ci, Bernhard fait équipe avec Andreas Von Garnier et le guitariste Leander Reininghaus afin de former le trio TaboTago. Les fruits de leurs travaux résultent en “Kymatica”. Un premier opus délicieux et prometteur qui nous ramène à cette belle époque où le rock électronique cosmique et planant propulsait le style Berlin School.
Des bruits électroniques qui s'étirent comme les réverbérations d'un long tire-bouchon peinant à tirer son liège ouvrent les premières secondes de "Blue Tang". Une série de pulsations hésitante fait battre ces ambiances en même temps que des nappes de synthé anesthésiantes se fondent à l'effet stéréo des réverbérations. En étirant leurs parfums analgésiques qui étiolent la fragilité de certaines lignes entremêlées dans ce bassin ondoyant, les nappes dominantes font très Klaus Schulze. Ces nappes et leurs différences tonales nourriront d'ailleurs les différents panoramas soniques de “Kymatica”. Les pulsations qui s'étaient égaré dans cette masse reviennent dans un pattern plus accentué un peu avant la 2ième minute, donnant un élan très Berliner au rythme de "Blue Tang". Ce débit continu et minimaliste est le scénario parfait pour qu'une flopée d'effets et de bruits iconoclastes qui volent et flottent entre les courants de ces nappes anesthésiantes. Le rythme est doux, planant et linéaire. "Conductivity" est un très bon titre nous plonge dans un Berlin School des années analogues. Un titre qui fait ce joint entre les expérimentations sonores du Dream des années Electronic Meditation aux modèles séquencés des années Virgin. Mais auparavant, il faut se farcir plus de 6 minutes d'une introduction qui plaira assurément aux fans de la période Zeit. La texture sonore, notamment ces nappes flottantes gorgées d'éther, est riche de ses tons bigarrés qui font sourciller nos oreilles toujours en mode; mais qu'est-ce que c'est? La 2ième phase est du pur Tangerine Dream des années Franke-Froese-Baumann avec un séquenceur qui tricote un rythme évolutif et dont les zigzags artistiques servent d'appui à des textures sonores riches qui ramènent l'ingéniosité de Conrad Schnitzler en avant-plan. Délicieux. "Antares" est un titre ambient qui nous fait planer dans un décor toujours aussi hallucinogène et qui progresse avec une belle intensité, fournie par les lamentations tricotées de distorsions de la six-cordes de Leander Reininghaus. Ça fait très Pink Floyd par moments, surtout dans les 2ième partie avec des solos flottants qui nous chatouillent le poil des bras. Après une intro en rythme aussi fluide que la structure Berlin School de "Conductivity", "Satyr" plonge dans une phase purement expérimentale, genre cosmico-ambiant-sonique. Je pense un peu à Tomita, Snowflakes are Dancing, ici. La pièce-titre est celle qui accroche le plus vite à nos oreilles avec un Berlin School à la TD, les séquenceurs de Bernhard Wöstheinrich et Andreas Von Garnier sont jouissifs pour les oreilles, agrémenté d'une vision Ashra, pour les boucles de riffs à la guitare, où on entend même la mélodie de Phaedra flotter dans le décor. Si "Kymatica" est facile d'approche, "Vespertine" n'est pas en reste avec une autre structure séquencée fluide et continue. Des nappes anesthésiantes, tant de synthés que de guitares, et des fragments de mélodies éparpillées dans le cosmos ornent un décor panoramique moins abrasif à l'oreille mais toujours riche de ses intentions. De la belle musique qui couronne les 52 minutes de “Kymatica”. Une excellente surprise d'un trio qui, j'espère, pourrait nous réserver des surprises tant les orientations des 6 titres présentées laissent entrevoir des horizons encore dix fois plus séduisants. TaboTago! Retenez ce nom!
Sylvain Lupari 02/07/18

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