dimanche 15 juillet 2018

SON OF OHM: Blackbirds (2018)

 “Blackbirds is the perfect example of how EM was made in the early 70's”
 
1 Morning Dew 11:47
2 Blackbirds 27:52
3 Velvet Sky 10:13

Son of Ohm Music (DDL/CD-r 50:00)
(Early Berlin School)
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  **Chronique en français plus bas**
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A sound effect inspired by the sound of a jet airplane torturing the firmament opens the first seconds of "Morning Dew". The hesitant movement of a sequencer which makes a key wandering around emerges slowly and gains fluidity, while the reactor propulsions stretch their effects which become layers trapped in a distress approach. Hypnotic and magnetizing, the gamboling rhythm turns into a ritornello as rhythmic as harmonic which hops in a sound fauna speckled by stigmatized long mechanical sighs. The rout of the sober movement is organized around the 4th minute while dozens of marbles tinkle on an ill-fitting conveyor. Despite this rain of unruly rhythmic marbles, the rhythm is still as primary with the same movement which now flows under good, well-tuned synth solos and the distortions of an old organ which capture "Morning Dew" in a retro approach. Composed in a gust of wind, for the needs of the Electric Spectrum Experience held at the end of this last June 2018 Groningen, “Blackbirds” is an album which breathes this promiscuity between the basic instruments that carved a minimalist EM bare of complexity in its long sonic journeys. As in the Syrinx and Astronaut albums, Son of Ohm's music clings to the Berlin School model of the early 70's with minimalist rhythmic structures which roll in loops and serve as a bed for a cloud of experimentations from synths and organs. Moreover, the first two titles were recorded live in Leonardo Wijma's studio, we can hear the murmurs of blackbirds in the title track, reflecting this close creative collaboration between the musician and his instruments.
The title track is a good example. It plunges us into the ethereal world of Klaus Schulze with organ pads which drift between electronic effects and these boosted winds which propel a movement of linear rhythm after the point of 6 minutes. The sequencer deploys a structure which lays down long harmonic zigzag under nice electronic effects of the analog years. The rhythm is fluid and bypasses those charming effects which stick to it, some from Kraftwerk in Autobhan. Hypnotic and catchy, "Blackbirds" is a real tribute to the old Berlin School. The rhythm shifts to a fluidity around 13 minutes with guitar riffs, helping to maintain the basis of this rhythmic structure. Good synth solos follow the bends of the organ pads while the guitar accentuates its presence with such good solos, awakening reminiscences of Ashra and adding a touch of psychedelism to this title which draws its inspirations from the songs of the blackbirds during its genesis. Composed in 2016 with a similar approach, "Velvet Sky" is an ambient track worthy of the belle époque. The mesmerizing structure is sculpted on oscillating loops of low frequencies that roll on a long minimalist course where whistle a panoply of sound effects which embrace the borders of psychedelism and occultism.
Simple and minimalist, we can't avoid the many traps of bewitchment that seizes our ears while listening to “Blackbirds”. In the end, this is the perfect example of how EM was made in the early 70's. With equipment reduced to a minimum, Son of Ohm shapes a music built to be played in close connection with the listener, both in our living room and/or in concert. At this level, “Blackbirds” flows equally well with or without headphones. A beautiful album which will seduce the fans of the first works of Ashra Tempel and Klaus Schulze, whose improvisation sessions in the early 70's still make their fans talking about...some 50 years later.
Sylvain Lupari (July 15, 2018) *****
synth&sequences.com

Available on Son of Ohm's Bandcamp
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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Un effet sonore inspiré par le bruit d'un avion réacteur torturant le firmament ouvre les premières secondes de "Morning Dew". Le mouvement hésitant d'un séquenceur qui fait dandiner un ion émerge doucement et gagne en fluidité, alors que les propulsions de réacteur étirent leurs effets qui deviennent des nappes piégées dans une approche de détresse. Hypnotique et magnétisant, le rythme gambadeur devient une ritournelle autant rythmique qu'harmonique qui sautille dans une faune sonore tachetée de longs soupirs mécaniques stigmatisés. La déroute du sobre mouvement s'organise autour de la 4ième minute alors que des dizaines de billes tintent sur un convoyeur mal ajusté. Malgré cette pluie de billes rythmiques indisciplinés, le rythme reste toujours aussi primaire avec ce même mouvement qui coule maintenant sous de beaux solos de synthé bien affutés et les distorsions d'un vieil orgue qui emmurent "Morning Dew" dans une approche rétro. Composé en coup de vent, pour les besoins du Electric Spectrum Experience qui s'est tenu en à la fin de Juin dernier Groningen, “Blackbirds” est un album qui respire cette promiscuité entre les instruments de base qui sculptaient une MÉ minimaliste dénudée de complexité dans ses longs parcours. Comme dans les albums Syrinx et Astronaut, la musique de Son of Ohm s'accroche au modèle Berlin School du début des années 70 avec des structures de rythmes minimalistes qui roulent en boucles et servent de lit à une nuée d'expérimentation des synthés et des orgues. D'ailleurs, les 2 premiers titres ont été enregistrés en direct dans le studio de Leonardo Wijma, on peut entendre les murmures de merles dans la pièce-titre, témoignant de cette étroite collaboration créative entre le musicien et ses instruments.
La pièce-titre est un bon exemple. Elle nous plonge dans l'univers d'éther de Klaus Schulze avec des nappes d'orgue qui dérivent entre des effets électroniques et ces vents vitaminés qui propulsent un mouvement de rythme linéaire après la barre des 6 minutes. Le séquenceur déploie une structure qui étale de longs zigzagues harmoniques sous des effets électroniques des années analogues. Le rythme est fluide et contourne de charmants effets qui s'y collent, dont certains de Kraftwerk, Autobhan. Hypnotique et entraînant, "Blackbirds" est un véritable hommage à la vieille Berlin School. Le rythme transite vers une fluidité autour des 13 minutes avec des riffs de guitare qui roulent en boucles, aidant à maintenir la base de cette structure rythmique. De bons solos de synthé épousent la courbe des nappes d'orgue tandis que la guitare accentue sa présence avec d'aussi bons solos, ajoutant une touche de psychédélisme et éveillant des réminiscences d'Ashra à ce titre qui puise son inspiration dans les chants des merles lors de sa genèse. Composé en 2016 avec une approche similaire, "Velvet Sky" est un titre ambient digne de la belle époque. La structure envoûtante est sculptée sur des boucles oscillatrices de basses fréquences qui roulent sur un long parcours minimaliste où sifflent une panoplie d'effets sonores qui embrassent les frontières du psychédélisme et de l'occultisme.
Simple et minimaliste, on ne peut éviter les nombreux pièges d'envoûtement qui s'empare de nos oreilles en écoutant “Blackbirds”. Au final, c'est le parfait exemple qui illustre la façon de faire de la MÉ au début des années 70. Avec de l'équipement réduit à son minimum, Son of Ohm façonne une musique construite afin d'être jouée en étroite connexion avec l'auditeur, tant dans notre salon qu'en concert. À ce niveau, “Blackbirds” coule aussi bien avec ou sans écouteurs. Un bel album qui séduira sans détours les fans des premières œuvres d'Ashra Tempel et de Klaus Schulze dont les sessions d'improvisations au début des années 70 font encore parler les fans quelques 50 ans plus loin.

Sylvain Lupari 14/07/18

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