vendredi 1 juin 2018

FRANK AYERS: Crossroads (2018)

“Melodious music built around short tracks, Crossroads has this little something that make you hooked on it”

1 Greenwich 4:35
2 Shibuya 4:31
3 El Raval 4:48
4 King's Cross 3:53
5 Biscayne 4:41
6 Hayes Valley 4:42
7 Mont Royal 4:46
8 Nanjing 5:00
9 Brandenburg 6:58

Frank Ayers Music (CD/DDL 44:00)
(Melodic E-Rock)

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  **Chronique en français plus bas**

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It's always a little bit daring to present an opus, no matter the musical genre, where short pieces are nesting, especially in a genre like EM where musical permutations and the twists toward rhythms are the food for more sophisticated ears, for more open minds and above all more starving of sounds and tones. Bands such as Yes, Genesis and, closer to EM style, Tangerine Dream have upset the habits of their legions of fans, while many have left their musical ships. For his third album, Frank Ayers decided to take up this risky bet by presenting 9 musical reflections on various parks in different cities where he set foot. Sharing his structures between very melodic rhythms and atmospheric textures stuffed with melodious elements which get tie easily to our soul, the French synthesist, known for his very classical approach, signs here an album whose audacity in his change of orientation is not without remember a certain Le Parc from Tangerine Dream. Even that some links of similarity bring the themetics of these 2 albums closer.
This last trip of Frank Ayers begins with multilayers of cosmic waves from which come out layers of astral voices which get embrace and merge under the songs of stars and sediments of prisms. It's like a moonlit evening where the tranquility of the areas can be heard in the very orchestral texture of "Greenwich". This slow movement, where the layers of voices become more dominant, goes towards a last minute agitated by a line of sequences from which the fast and constant jumps of its keys are overflowing with a bit of intensity, provided by a bass pulsation, in order to open "Shibuya". The correlation with the ambiances, in particular the synth riffs, with Le Parc cannot just be ignored here. Frank Ayers does a lot of work around his line of sequences whose minimalist flow remains just as much keen. Apart from these synth riffs, in fact they are layers of mists, the rhythm is supported by synthesized voice effects and other elements that burst like sonic buds. Good echo effects of percussion and a bass line, which plays with the intensity of movement, adorn this electronic rock filled of good harmonic solos. This is the kind of title that sticks to the eardrums. And there are plenty here! "El Raval" is a title of rich atmospheres with its orchestral textures which float to accommodate the ululations of a very emotional synth. The cries fade as the texture of ambiences becomes slower and finally silent, ushering in the vicious attack of "King's Cross" and its nervous rhythm, teeming of spasmodic rhythmic lines, and where nestles a very beautiful catchy melody that we can easily whistles. A huge worm-ear occurs here. Subsequently, "Biscayne" falls between our ears like a lost track from the sessions of Legend, or The Keep, which was retrieved by Frank Ayers. In fact, one could even quote Wavelength because of its rather cosmic ambient approach. Layers of voices are floating in a dark secret place, scarcely enlightened by some lost chords and bursts of luminous layers which come and go without soliciting an opening for any rhythm. These voices evolve in an emotional texture, like a spectral choir calling for light. After another swarm of ambient elements rich in cosmic textures, "Hayes Valley" drifts to the oscillating rhythm of "Mount Royal", a pure electronic ballad stuffed with sumptuous synth solos and where the keyboard riffs, and other very good and effective electronic effects, remain scented of Tangerine Dream's atmospheres of the Jive years. Beautiful, with a spirit of poetry in it, this title, whose park is very close to my hometown, will make you want to listen again and again. "Nanjing" proposes also some atmospheric textures which travel between planets. The synth writes its poetry on an invisible soundscape where multilayered of synths, sighs and orchestrations are hooking a tinge of nostalgia on our soul. The mix on this track between the analog period of EM and its more contemporary essences dominates more here than elsewhere in “Crossroads” which concludes its journey into sounds and effects with another inspiring electronic rhythm, "Brandenburg". Here again, the fragrances of Tangerine Dream float with this unique way that Frank Ayers has to transpose his influences with a vision that is very personal.
And this is one of the main reasons that gives this aspect so charming this album where the moods and rhythms follow in a mosaic of 44 minutes well thought out, well placed. A charm that will increase strongly as “Crossroads” will magnetize you, listen after listen. Because it's also this kind of album that we listen in a loop, so much it's beautiful, lyrical and stunningly musical for the genre. To recommend if you are a fan of the Jive period of Tangerine Dream. Otherwise, if beautiful music calls you out you!

Sylvain Lupari (May 31st, 2018) ****½*
synth&sequences.com
Available via
Frank Ayers Bandcamp


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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Il est toujours un peu aventureux de présenter un opus, et ce peu importe le genre musical, où nichent de courtes pièces, surtout dans un genre, comme la MÉ, où les permutations musicales et les rebondissements vers les rythmes sont la nourriture d'oreilles plus sophistiquées, d'esprits plus ouverts et surtout affamées de sons et de tons. Des groupes tel que Yes, Genesis et, plus près du style MÉ, Tangerine Dream ont bouleversé les habitudes de leurs légions de fans, alors que plusieurs ont quitté leurs navires. Pour son 3ième album, Frank Ayers a décidé de relever ce pari hasardeux en présentant 9 réflexions en musique sur divers parcs dans différentes villes où il a posé les pieds. Partageant ses structures entre rythmes très mélodiques et des textures d'ambiances aussi bourrées d'éléments mélodieux qui s'attachent très bien à notre âme, le synthésiste français, connu pour son approche très classique, signe ici un album dont l'audace de ce changement d'orientation n'est pas sans rappeler un certain Le Parc de Tangerine Dream. Même que les liens de similitude rapprochent les thématiques de ces 2 albums.
Ce dernier voyage de Frank Ayers débute avec des multicouches de vagues cosmiques d'où se détachent des nappes de voix astrales qui s'enlacent et fusionnent sous des chants d'étoiles et des sédiments de prismes. C'est comme un soir de pleine lune où la tranquillité des espaces s'entend dans la texture très orchestrale de "Greenwich". Ce lent mouvement, où les nappes de voix deviennent plus dominantes, se dirige vers une dernière minute agitée par une ligne de séquences dont les rapides et constants sauts de ses ions débordent avec une touche d'intensité, fournie par une basse pulsation, afin d'ouvrir "Shibuya". La corrélation avec les ambiances, notamment les riffs de synthé, de Le Parc ne peut être ignorée ici. Frank Ayers fait tout un travail autour de sa ligne de séquences dont le débit minimaliste reste toujours aussi vif. Mise à part ces riffs de synthé, en fait ce sont des nappes de brumes, le rythme est appuyé par des effets de voix synthétisés et d'autres éléments qui éclatent comme des bourgeons soniques. De bons effets d'échos des percussions et cette ligne de basse, qui joue avec l'intensité du mouvement, ornent ce rock électronique remplie de bons solos assez harmoniques. Ça c'est le genre de titre qui colle aux tympans. Et il y en a plein ici! "El Raval" est un titre d'ambiances riches avec ses textures orchestrales qui flottent pour accueillir les ululements d'un synthé très émotif. Les cris s'estompent alors que la texture d'ambiances devient plus lente et finalement silencieuse, inaugurant la vicieuse attaque de "King's Cross" et de son rythme nerveux, grouillant de lignes rythmiques spasmodiques, où niche une très belle mélodie accrochante, qui se siffle aisément. Un immense ver-d'oreille se produit ici. Par la suite, "Biscayne" tombe entre nos oreilles comme une si session de Legend, ou The Keep, était récupéré par Frank Ayers. En fait on pourrait même cité Wavelength à cause de son approche ambiante plutôt cosmique. Des nappes de voix flottent dans un endroit sombre, à peine éclairé par quelques accords perdus et des élans de nappes lumineuses qui vont et viennent sans solliciter une ouverture pour du rythme. Ces voix évoluent dans une texture émotive, comme une chorale de spectres appelant la lumière. Après un autre essaim d'éléments d'ambiances riches en textures cosmiques, "Hayes Valley" dérive vers le rythme oscillatoire de "Mont Royal", une pure ballade électronique gavée de somptueux solos de synthé et où les riffs de clavier, et d'autres beaux effets électroniques, restent parfumés des ambiances de Tangerine Dream des années Jive. Beau, avec un esprit de poésie, ce titre, dont le parc est très proche de ma ville natale, vous donnera envie de l'écouter encore et encore. "Nanjing" propose aussi des textures d'ambiances qui voyagent entre les planètes. Le synthé écrit sa poésie sur un invisible paysage sonore où s'enlacent des multicouches de synthé dont les soupirs et orchestrations accrochent une teinte de nostalgie sur notre âme. Le mélange ici entre la période analogue de la MÉ et son essence plus contemporaine domine plus ici qu'ailleurs dans “Crossroads” qui conclut son voyage en sons et en effets avec un autre rythme électronique très inspirant, "Brandenburg". Encore ici, les parfums de Tangerine Dream flottent avec cette unique façon dont Frank Ayers à de transposer ses influences avec une vision qui lui est très personnelle.
Et c'est une des principales raisons qui donne cet aspect autant charmeur à cet album où les ambiances et les rythmes se suivent dans une mosaïque de 44 minutes bien pensées, bien placées. Et ce charme qui ira en décuplant à mesure que “Crossroads” vous magnétisera, écoute après écoute. Parce que c'est aussi ce genre d'album que l'on écoute en boucle, tant il est beau, lyrique et étonnement musical pour le genre. À recommander si vous êtes un fan de la période Jive de Tangerine Dream. Sinon, si la belle musique vous interpelle!

Sylvain Lupari 31/05/18

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