lundi 12 mars 2018

JUTA TAKAHASHI: Light and Shadows (2017)

“Light and Shadows is an album of ambient music which accompanies your reveries while maintaining a level of curiosity for music”
CD 1
1 Heat Haze 16:56
2 Tangerine Blue 12:28
3 Escape Velocity 16:40
CD 2
1 Sun Shower 16:38
2 Deeper Skies 16:00
3 Autumn Bringer 17:10

Lunisolar Records ‎– LR015 (CD 96:28)
(Ambient music)
   **Chronique en français plus bas**
I'm always fascinated by these tonal painters who present year after year the fruit of their anagogic visions in sounds. The colors of their landscapes are particularly inspired by their environments, especially the lovers of the Zen culture, but often by a more or less gloomy perception of their circles of acquaintances. Always haloed with contrasting colors, the music of Juta Takahashi is situated between these roads. Here, the carmine red of a Japanese autumn bewitches the 6 essences of “Light and Shadows”. This 12th album of the Japanese synthesist regroups a series of titles which have appeared in 2017 on diverse compilations of the English label dedicated to the ambient and/or experimental music, txt Recordings. "Tangerine Blue" and "Deeper Skies" are new titles which fit very well in these transitional textures where the colors of summer move towards those of autumn. With its colors, its contrasting effects and its poetry of sounds, the music offered on this double album of Juta Takahashi respects literally the meaning of its title.
And this first duel of the colors of tones gets organized around the introduction of "Heat Haze". Dark and foggy waves flow like its dark sonic bed while some delicate lines more refulgence are whistling peacefully. Strange noises, a little like guitar loops badly tied up, stand out from this anesthetic contrast, teasing an attentive hearing to these small details which revolve around the soundscapes of this album. Without any rhythmic life, here as in the 5 other long titles of “Light and Shadows”, an intensity is taking shape inside the seraphic impulses of "Heat Haze", bringing a small bit of morphic intensity. "Tangerine Blue" is all the opposite. Here the essences of sounds are haloed with limpidity and the darker waves stay quite at the bottom in order to put down this sound cradle which forces the contrasts in the music of this last Mr. Takahashi's opus. The movement progresses with serenity, dropping some thin strands more crystalline which dance weakly around these waves of celestial hums in order to illuminate all the tenderness of "Tangerine Blue". Between the light and the twilights, the draftsman of idle layers from of Japan strolls our ears in the depths a bit darker of his last album with "Escape Velocity". The distance between both titles propels the listener towards a slow and perpetual fall which slips in a horizontal tunnel. Dark but not too much, the music here breathes of this introspective immersion from the series of the same name by Steve Roach, but with a light more sibylline touch that we owe to a strident line, like claws which squeal well in the walls of the descent.
Energized by an oblong wall of hummings, "Sun Shower" is a long journey on back of a drone where we discover a tonal universe of the most charming. Carillons ring as well as waves full of crystal tones retain our perception of well-being and drive it towards seraphic places which are preserved well by less sieved lines from where leak out soft rays from the sun. A very good, powerful and lyric title which is a surprise for an ambient music. Stealing the solar energy from "Sun Shower", "Deeper Skies" is all the opposite of "Escape Velocity" at the sound level, but not at the level of the shape. This long resounding tunnel travels between the slow implosions of its sound waves to the colors of steel blue and others more shadowy. It's like the fusion of two entities which keep their tonal instincts. The same goes for "Autumn Bringer" and its clearly shriller colors. The transition between the acuteness of some synth layers versus those which are darker can make us jump.
The power of the synth's multiple layers which don't stop coupling in order to spread out contrasting shadows and colors which are a challenge to the imagination make of “Light and Shadows” an album of ambient music which accompanies our reveries while maintaining a level of curiosity for music.

Sylvain Lupari (March 12th, 2018) *****
You will find this album on Juta's own web
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CHRONIQUE en FRANÇAIS
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Je reste toujours fasciné par ces peintres tonals qui présentent année après année le fruit de leurs visions anagogique en sons. Les couleurs de leurs paysages musicaux sont particulièrement inspirés par leurs environnements, surtout les amants de la culture zen, mais souvent par une perception plus ou moins morose de leurs entourages. Toujours nimbée de couleurs contrastantes, la musique de Juta Takahashi se situe à la croisée de ces routes. Ici, le rouge carminé d'un automne nippon ensorcèle les 6 essences de “Light and Shadows”. Ce 12ième album du synthésiste Japonais regroupe une série de titres qui sont parus en 2017 sur diverses compilations du label Anglais dédié à la musique ambiante et/ou expérimentale txt Recordings. "Tangerine Blue" et "Deeper Skies" sont des nouveaux titres qui se moulent très bien à cette texture transitoire où les couleurs de l'été se poussent vers celles de l'automne. Avec ses couleurs, ses effets contrastants et sa poésie des sons, la musique offerte sur ce double album de Juta Takahashi respecte à la lettre la définition de son titre.
Et ce premier duel des couleurs des tons s'organise autour de l'introduction de "Heat Haze". Des ondes obscures et brumeuses coulent comme son sombre lit sonique alors que quelques délicates lignes plus nitescences sifflotent paisiblement. D'étranges bruits, un peu comme des boucles de guitares mal ficelées, ressortent de ce contraste anesthésiant, aguichant une ouïe attentive à ces petits détails qui gravitent autour des paysages sonores de cet album. Sans aucune vie rythmique, ici comme dans les 5 autres longs titres de “Light and Shadows”, une intensité se dessine à l'intérieur des élans séraphiques de "Heat Haze", amenant un petit brin d'intensité morphique. "Tangerine Blue" est tout le contraire. Ici, les essences soniques sont nimbées de limpidité et les ondes plus sombres restent tout au fond afin d'étendre ce berceau sonore qui force les contrastes dans la musique de ce dernier opus de Mr. Takahashi. Le mouvement progresse avec sérénité, échappant de minimes filaments plus cristallins qui dansent mollement autour de ces vagues de chants célestes et illuminent la tendresse de "Tangerine Blue". Entre la lumière et les pénombres, le dessinateur de couches oisives du Japon promène nos oreilles dans les entrailles un peu plus ténébreuses de “Light and Shadows” avec "Escape Velocity". La distance entre les deux titres propulse l'auditeur vers une lente et sempiternelle chute qui dérape dans un tunnel horizontal. Sombre mais pas trop, la musique ici respire de cette immersion introspective de la série du même nom par Steve Roach, mais avec une légère touche plus sibylline que l'on doit à une ligne acuité, comme des griffes qui pleurent bien plantés dans les parois de la descente. 
Énergisée par une oblongue muraille de bourdonnements, "Sun Shower" est un long voyage à dos de drone où l'on découvre un univers tonal des plus enchanteur. Des carillons tintent de même que des vagues pleines de cristallins refoulent notre perception de bien-être vers des lieux séraphiques qui sont bien entretenus par des lignes moins tamisées où filtrent les doux rayons du soleil. Un très beau titre puissant et étonnement lyrique pour une musique d'ambiances. Dérobant l'énergie solaire de "Sun Shower","Deeper Skies" est tout le contraire de "Escape Velocity" au niveau sonore, mais pas au niveau de la forme. Ce long tunnel claironnant voyage entre les lentes implosions de ses ondes sonores aux couleurs de bleu acier et d'autres plus ombreuses. C'est comme la fusion de deux entités qui conservent leurs instincts tonals. Idem pour "Autumn Bringer" et ses couleurs nettement plus criardes. La transition entre l'acuité de certaines couches de synthé et celles plus ombrageuses peut nous faire sursauter.
La puissance des multi nappes de synthé qui ne cessent de s'accoupler afin de diffuser des ombres contrastantes et des couleurs qui défient l'imaginaire fait de “Light and Shadows” un album de musique d’ambiances qui accompagne nos rêveries tout en maintenant un niveau de curiosité et d'éveil pour la musique.

Sylvain Lupari 12/03/18

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