vendredi 26 mai 2017

BERND KISTENMACHER: Disintegration (2017)

“Always presenting EM with a creativity which has just no borders, Disintegration is a worthy suite of Paradise”
1 Disintegrated World 3:24
2 Lost in Time 6:23
3 Running Backwards 7:46
4 Sand in the Desert 2:54
5 Reflecting Ice 11:25
6 On the Edge of Existence 7:19
7 Frozen Magic 10:23
8 Disintegration 13:42

MIRecords ‎– MI10082 (CD/DDL 62:46) ****½
(Symphonic and cinematic EM)
A droning filled of smoke evaporates its opaque shell in a multitude of foggy lines which disintegrate and re-form in screams, like the furious shouts of angels of the apocalypse came bury the last vestiges of the mankind. It's throughout this nightmarish din which is shining of intensity that "Disintegrated World" introduces us to the last musical fresco of Bernd Kistenmacher and his very worried look on the direction and the future of our planet. First studio album of Bernd Kistenmacher since Paradise in 2014, “Disintegration” follows the paths of this album with a profoundly cinematic approach where the intensity and the orchestral gravity seems less stifling than Paradise. If "Disintegrated World" is heavy of burden, the opening of "Lost in Time" is all opposite with a fabulous dance of sequenced arpeggios which draw a melody, eater of ears, which loses of its glossiness in the veils of orchestrations soaked of mysteries, of a cloudiness which augments its presence with a dismaying heaviness. The synth lines divide a state of despondency with murmurs of absent voices and especially layers of apocalyptic clarions which clear a sinister perfume, otherwise of anxiety. "Running Backwards" rivets us to our chair with a delicate sequenced pace which dances with its more translucent shadow. Very hypnotic, this movement circulates such as in an allegorical carousel which goes up and goes down with a bewitching mockery. The layers are very aerial and release some little prisms which make the circular movement of the sequencer glitters. "Sand in the Desert" is a short title as intriguing as "Disintegrated World" with voices which whinge in a desert dirtied of dark dusts and by iodized particles. So many vibes and sounds in hardly 180 seconds!
This short track leads us to the wonderful "
Reflecting Ice". Its first steps are of an overwhelming heaviness. One would say a huge double bass which has difficulty in filtering its notes. But its movement and its nuances are completely delicious. A bass-drum supports with difficulty this pace with the delicate riffs of a synth and its trap of orchestral mists. Trapped in this double bass, the melody evolves with subtle variations in the tone, as in the movement, bringing even more this delicious lento movement towards our cerebral lands. Wonderful, fascinating and insidiously poignant! Afterward we enter into the very floating, ambiospherical domain of “Disintegration”. Orchestral layers, where float absent voices and tears of cellos of which the slow movements tear up the moods of "On the Edge of Existence", flow like a torrent which dives between our ears. This is poetry written on music partitions! "Frozen Magic" is more linear with a more implosive finale which goes out in silence. Now it's time for the title-track! The introduction of "Disintegration" begins with jingles and overstrung organic beatings, like a fauna of hexapods on total delirium. Powerful synth layers, like massive waves of organ, immerse this fauna and takes us by the feelings in order to make us waltz with the unknown. Without rhythm but knotted around violent impulses of layers and this always seductive line of bass, the first minutes of "Disintegration" swallow us in its whirlwind of emotions and in its memories of a session of Paradise. The variations in the multiple arches of the sound waves solidify an interest which increases as soon as our senses seized that the constant crescendo is not only a flash in the pan. One mesmerizing sequence sparkles at the edge of 8 minutes. Its wild blinkings espouse the placidity of a bass pulsations line in order to evaporate as soon as the synth spreads its charms with solos more ethereal than cabalistic. The movement is covered of an attractive hypnotic approach when some chords get stir with the notes of a sitar modelled by the electronic creativity, pushing the finale of “Disintegration” in a phase of domination of the specters which will continue to mop the vestiges of our passage on Earth. Hat to you Bernd for another brilliant opus of creativity, intensity and emotionalism!

Sylvain Lupari (May 25th, 2017)
synth&sequences.com


-CHRONIQUE EN FRANÇAIS-
Un bourdonnement bourré de boucane évapore sa carapace opaque en une multitude de lignes brumeuses qui se désagrègent et se reforment en cris stridents, comme les cris rageurs des anges de l’apocalypse venu enterrer les derniers vestiges de l'homme. C'est au travers ce tintamarre cauchemardesque reluisant d'intensité que "Disintegrated World" nous introduit à la dernière fresque musicale de Bernd Kistenmacher et de son regard très inquiet sur la direction et l'avenir de notre planète. Premier album studio de Bernd Kistenmacher depuis Paradise en 2014, “Disintegration” suit les sentiers de cet album avec une approche profondément cinématographique où l'intensité et la pesanteur orchestrale semble moins étouffante que Paradise. Si "Disintegrated World" est lourd d'inquiétude, l'ouverture de "Lost in Time" est tout son contraire avec une fabuleuse danse d'arpèges séquencés qui tracent une mélodie mangeuse d'oreille qui perd de sa luisance dans des voiles d'orchestrations imbibées de mystères, d'une nébulosité qui décuple sa présence avec une lourdeur consternante. Les lignes de synthé divisent un état d'accablement très lourd avec des murmures de voix absentes et surtout des nappes de clairons apocalyptiques qui dégagent un parfum sinistre, sinon d'angoisse. "Running Backwards" nous rive à notre chaise avec une délicate mesure séquencée qui danse avec son ombre plus translucide. Très hypnotique, ce mouvement circule comme dans un carrousel allégorique qui monte et descend avec malice envoûtant. Les nappes sont très aériennes et dégagent de petits prismes qui font chatoyer le mouvement circulaire du séquenceur. "Sand in the Desert" est un court titre aussi intrigant que "Disintegrated World" avec des voix qui lyrent dans un désert maculé de poussières ténébreuses et de particules iodées. Beaucoup d'ambiances et de sons en à peine 180 secondes!

Cette courte pièce nous amène au superbe "Reflecting Ice". Ses premiers pas sont d'une lourdeur écrasante. On dirait une contrebasse géante qui peine à filtrer ses notes. Mais son mouvement et ses nuances sont tout à fait exquis. Un bass-drum soutient péniblement cette marche avec les délicats riffs d'un synthé et de son piège de brumes orchestrales. Piégée dans cette contrebasse, la mélodie évolue avec de subtiles variations dans le ton, comme dans le mouvement, amenant encore plus ce délicieux mouvement lento vers nos terres cérébrales. Superbe, passionnant et insidieusement poignant! Par la suite nous entrons dans le domaine très planant, ambiosphérique de “Disintegration”. Des nappes orchestrales, où flottent des voix absentes et des larmes de violoncelles dont les lents mouvements déchirent les ambiances de "On the Edge of Existence", affluent comme un torrent qui se déverse entre nos oreilles. C'est de la poésie écrite sur des partitions de musique! "Frozen Magic" est plus linéaire avec une finale plus implosive qui s'éteint dans le silence. Place à la pièce-titre! L'introduction de "Disintegration" débute avec des cliquetis et des battements organiques surexcités, comme une faune d'hexapodes en plein délire. De puissantes nappes de synthé, comme d'immenses vagues d'orgue, immergent cette faune et nous prend par les émotions afin de nous faire valser avec l'inconnu. Sans rythme mais nouer autour de violentes impulsions des nappes et d'une toujours séduisante ligne de basse, les premières minutes de "Disintegration" nous avalent dans son tourbillon d'émotions et dans ses souvenirs d'une session de Paradise. Les variations dans les multiples courbes des vagues sonores solidifient un intérêt qui s'accroit dès que nos sens ont saisi que le constant crescendo n'est pas un feu de paille. Une envoûtante séquence scintille à l’orée des 8 minutes. Ses féroces clignotements épousent la placidité d'une ligne de basse pulsations pour s'évaporer dès que le synthé déploie ses charmes avec des solos plus éthérés que cabalistiques. Le mouvement est recouvert d'une séduisante approche hypnotique lorsque des accords s'agitent avec les notes d'un sitar modelé par l'électronique, poussant la finale de “Disintegration” dans une phase de domination des spectres qui continueront à éponger les vestiges de notre passage sur la Terre. Chapeau Bernd pour un autre opus éclatant de créativité, d'intensité et d'émotivité!
Sylvain Lupari (25/05/2017)

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